‹ La Du BarryChapitre 120 sur 154 · CHAPITRE SEIZIEME · texte numérisé non relu

CHAPITRE SEIZIEME

drice de Portugal (née Ganillac), parente de La Fayette, l'une des plus acharnées ennemies de la Révolution, avec la ci-devant duchesse de Brancas, ie ci-devant marquis de Nesle, le ci-devant marquis de la Vaupalière, avec le ci-devant chevalier de Durfort, avec la femme d'Angiviller, avec la femme Vougny, émigrée à Londres, dont le mari était Vam: de Brissac, avec Boissaison, émigré, ci-devant majoi du régiment des dragons de Gondé, qui avait épousé la nièce de madame du Barry, avec Breteuil, avec Galonné, avec Berthier, avec d'Aiguillon mère et fils, avec la famille Rohan-Rochefort, avec la princesse polonaise Lubomirska, dont une lettre contenait ce passage : « La Reine est encore à la Conciergerie ; il est faux qu'on ait le projet de la ramener au Temple ; sois tranquille [\) .»

Et Greive adressait àFouquierses chefs d'accusation avec ce post-scriptum :

« Je ne sais si le comité vous a fait passer un petit travail de trois heures que j'ai fait l'autre jour, i'après la demande de Vouland , pour vous aider dans votre opération, — En tout cas, en voici une copie. Il est bien loin d'être complet, mais, s'il vous aide tant soit peu, occupé comme vous l'êtes, mon but sera atteint.

« Greive ,

« Chargé de mission à Louveciennes.

« 4 frimaire de l'an II de la République (24 novembre 1793). »

(1) Bulletin du tribunal révolutionnaire, seconde partie. Affaire d'Espréménil et autres.

Ces chefs d'accusation, auxquels viendra bientôt se joindre la liste des témoins assassins que Greive était en train de rédiger, et qu'il appelle par euphémisme la liste des témoins nécessaires, nous révèlent, en cette affaire du Barry, tout le travail souterrainement homicide, toute la manipulation secrète d'une condamnation à mort du temps.

Déjà cinq jours auparavant, le 29 brumaire (19 novembre), le comité de sûreté générale avait pris l'arrêté suivant :

i< Du 29' de brumaire, l'an second de la République française une et indivisible.

«Le comité de sûreté générale ayant pris connoissance des diverses pièces trouvées chez la Dubarry, mise en état d'arrestation par mesure de sûreté générale comme personne suspecte, aux termes du décret du 17 septembre dernier, considérant qu'il résulte de l'ensemble desdites pièces que la femme Dubarry est prévenue d'émigration et d'avoir, pendant le séjour qu'elle a fait à Londres, depuis le mois d'octobre 1792 jusqu'au mois de mars dernier, fourni aux émigrés réfugiés à Londres des secours pécuniaires et entretenu avec eux des correspondances suspectes sera traduite au tribunal révolutionnaire pour y être poursuivie et jugée à la diligence de l'accusateur public (1). »

Le 2 frimaire (22 novembre), madame du Barry, amenée de la maison d'arrêt dite Pélagie, où elle

(1) Dossier du Barry. Archives nationales, W 16.

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