CHAPITRE DIX-SEPTIEME
nyver, qui les a prêtées à Rohan-Ghabot, lors logé rue de Seine , à l'hôtel de La Rochefoucauld. »
A la suite de trois ou quatre questions posées par Dumas au témoin, relativement à la négociation de ce prêt, l'accusateur public se lève :
« Attendu que le sieur d'Escourt, dans sa déclaration, n'a cessé d'être manifestement en contradiction avec lui-même, desquelles contradictions il résulte qu'il est évident que les déclarations dudit Escourt sont fausses; que ces tergiversations ont pour but de couvrir la complicité qui existe entre lui et les accusés et autres complices dans une correspondance criminelle, l'accusateur public requiert et ordonne que par le président il sera dressé procèsverbal des contradictions, dépositions, tergiversations et faussetés avancées par ledit témoin dans sa déclaration, et que ledit Escourt sera mis en arrêt pour être conduit en la maison de la Conciergerie au lieu de celle de la Force, à l'effet d'être poursuivi comme prévenu de faux et de complicité dans une correspondance criminelle et con tre- révolutionnaire (1), »
Dumas, vice-président, à l'accusée.
D. « Par quel hasard avez-vous fait connoissance du témoin?»
(1) Le 21 frimaire aa II (11 décembre 1793), sur les dépositions des femmes de chambre de madame Dubarry, sur la déposition de François- Denis Née, graveur, qui déclarait l'avoir entendu décrier les assignats, plaindre le Roi et la famille royale, Bernard Escourt était condamné à. mort et exécuté le même jour.
R. « J'en ai fait connoissance chez M. de Brissac, dont il é toit aide de camp. »
Alors commençait la déposition des témoins recommandés, patronnés par Greive. Ceux-ci, — car il fallait que toutes les bassesses et jusqu'aux bassesses de l'anticliambre fussent raccolées par la Terreur et servissent la guillotine, — ceux-ci étaient des domestiques chassés pour vol et pour patriotisme, passés de l'office au comité de surveillance de l'endroit, se vengeant par la délation et apportant au procès des rancunes si viles, que seule la justice de la Révolution pouvait les ramasser sans se salir.
« François Salenave, âgé de trente-huit ans, né
à département des Basses-Pyrénées, ci-devant
officier chez l'acusée, actuellement employé au comité de surveillance de Versailles, dépose avoir vu venir chez l'accusée Lavaupalière, Brissac, Labondie, d'Escourt, le ci-devant marquis Donissant, l'exvicomte de Pons, la ci-devant marquise de Brunoi, la ci-devant duchesse de Brancas, avec laquelle elle a fait le voyage de Londres et qui depuis y est restée , le ci-devant chevalier de Maussabré ; ajoute qu'en sa qualité de patriote il étoit mal vu par les autres domestiques de la maison, qui étoient aristocrates et qui l'ont desservi dans l'esprit de l'accusée, qui l'a renvoyé de chez elle. »
L'accusée : « J'ai à dire sur cette déposition que la dame de Brancas n'a point émigré^ au contraire, elle a même été de retour en Finance plus tôt que moi. Quant au témoin, je ne l'ai point mis à la pointe pour ses opinions.