‹ La duchesse de Chateauroux drame en quatre actesChapitre 44 sur 52 · LA DUCHESSE, SI 11 * HÉBERT · texte numérisé non relu

LA DUCHESSE, SI 11 * HÉBERT

M 11 ' Hébert, portant une jupe, un bonnet et un capuchon de paysanne. Tout est prêt, madame; voici le bonnet, la robe, le cupucbon deToinette; j’ai sur moi la clef de la porte du jardin qui donne sur la petite rue. Personne ne nous verra sortir, car tous les gens de la maison sont à regarder les illuminations. La foule, que le canon vient d’attirer dans le faubourg Saint-Antoine , nous permettra de gagner la place du Palais-Royal; c’est là seulement que j’ai pu trouver des fenêtres à louer... Mais vous ne m’écoutez pas, madame; vous êtes plus souffrante, j’en suis sûre ? Ah ! renoncez à ce projet ; si vous alliez vous trouver mal au milieu de cette foule...

la duchesse, sortant de sa rêverie. Non, je me sens mieux , soyez tranquille ; mais pressons-nous... pressons-nous. (Elle détache les nœuds de sa coiffure et de sa mantille.) Car on m’a prévenue , qu’on peut venir m’arrêter d’un instant à l’autre !...

m 11 * Hébert. Comment! le roi pourrait...

la duchesse. Qucvoulez-vons! entouré de mes ennemis , aveuglé par leur haine, irrité par de nouvelles calomnies; ils lui disent., ils lui disent que je conspire.

m 11 ' iiérert. Mais si madame avait tenté de désabuser le roi par quelques mots T

LA duchesse. Moi, m’abaisser à me justifier envers lui! jamais... Ali I que je le revoie encore, que mon regard lui dise un dernier adieu... et je mourrai satisfaite.

M 11 " Hébert va vers la porte, met le verrou, puis elle revient dégrafer la jupe de soie de la Duchesse, et agrafer la jupe d’indienne. Ah ! je crains que madame ne soit point encore assez déguisée sous ces habits.

( Elle lui met son bonnet.) Ce bonnet lui va trop bien !...

la duchesse, prenant le capuchon. Ce capuchon me cachera entièrement ; donnez vite; il me semble entendre le roulement du tambour.

M u * HÉBERT, attachant le tablier de la Duchesse. Oh! le cortège ne saurait être encore près d’ici; notre concierge, qui est revenu à la bâte du faubourg Saint-Antoine, dit que le carrosse du roi s’arrête à chaque instant pour répondre aux acclamations du peuple et lui jeter de l’argent, ce qui ralentit beaucoup sa marche.

la duchesse, vivement. Cet homme a vu le roi ?

M 11 * Hébert. Oui, madame, plus beau que jamais, souriant au peuple, qui le bénit avec un sourire qui lui gagne tous les coeurs. Mais

Page 1