TESTAMENT DE LA DUCHESSE DE FALLARY
Par-devanl les conseillers du roi, notaires au Châtelet de Paris, soussignés, fut présente très haute et très puissante dame Madame Marie-Thérèse d'Haraucourl, veuve de très haut et très puissant seigneur Monseigneur Pierre-François Gorge d'Anlraigues, duc de Faiiary, demeurante à Paris, rue Basse-du-Remparl, n"* 19, paroisse de la Madeleine de la Ville-rEvéque, étant en bonne santé de corps, saine d'esprit, mémoire et entendement ainsi qu'il est apparu auxdils notaires soussignés par ses discours et actions, s'élant transportée à cet effet des présentes en Tétude de M^Brichard, l'un desdits notaires, où M® de Caux, son confrère, pour ce mandé, s'est exprès rendu.
Laquelle, dans la vue de la mort, a fait et dicté auxdits notaires soussignés son testament ainsi qu'il suit :
Je recommande mon âme là Dieu. Je veux-ètre enterrée dans la paroisse sous laquelle je décé-
derai sans aucune cérémonie; je donne et lègue aux pauvres de ladite paroisse une somme de cinq cents livres pour prier Dieu pour le repos de mon àme, laquelle somme sera remise entre les mains de M. le curé sur sa simple quittance.
Je veux quMl soit dit dans la huitaine de mon décès cent messes basses pour le repos de mon àme, dont je fixe l'honoraire à cent livres.
Je veux qu'il soit remis une somme de dix mille livres entre les mains de M. le curé de Saint-Sulpice, pour èlre par lui employée à l'établissement qu'il a fait pour les pauvres de la paroisse.
Je donne et lègue à la nommée le Comte, ma première femme de chambre, si elle est encore à mon service au jour de mon décès, la somme de cinq mille livres une fois payée.
Je donne et lègue à chacun de mes autres do^ niestiques qui se trouveront à mon service au jour de mon décès une année de leurs gages, outre ce qui pourra leur être dû sur leurs gages.
Je donne et lègue la somme de dix mille livres, une fois payée, à W. le marquis de la Blache, mon cousin germain.
Je donne et lègue pareille somme de dix mille livres, une fois payée, à M. le comte de Kuflfo, mon parent, colonel en second du régiment de Corse.
Je donne ei lègue pareille somme de dix mille livres, une fois payée, à M. de Gévaudan le fils, demeurant à Montpellier.
Je donne et lègue à M. le marquis de Foucauld, ancien capitaine de vaisseaux, un diamant de la valeur de douze mille livres, et je le prie de se charger de l'exécution de mon testament.
J'entends expressément que tous les legs cidessus soient payés sur les deux contrats que j'ai sur le clergé, l'un de cent mille livres et l'autre de quarante-cinq mille livres, que j'y affecte limitativemenl, en sorte qu'il sera donné à chacun de mes légataires une portion dans le capital de Tun ou Taulre contrat, pareille à la somme que je lui ai léguée, et ils auront la jouissance à compter du premier jour d'avril ou de celui du jour d'octobre qui suivra mon décès, attendu que ce sont les époques des paiements, à l'exception cependant de ceux de mes domestiques à qui je ne donne qu'une année de leurs gages , lesquels seront payés en deniers comptants.
Au moyen de cet arrangement, le surplus de mes deniers comptants, mes bijoux, ma vaisselle d'argent et la totalité de mon mobilier se trouveront libres dans ma succession si je n'en dispose pas par la suite.
Je révoque tous testaments et codicilles que je pourrais avoir faits jusqu'à celui-ci, auquel seul je m'arrête comme contenant mes dernières volontés.
Ce fut ainsi fait et dicté par ladite testatrice auxdits notaires soussignés et à elle par l'un
d'eux, Taulre présent, relu ce qu'elle a dit avoir bien entendu et y persister. A Paris, en Télude dudit MM3richard susdésigné, Tan mil sepX cent quatre-vingt-un, le sept juin après midi sur les cinq heures, et a signé la minute des présentes demeurée à M® Brichard, Tun des notaires soussignés, qui a délivré ces présentes cejourd'hui vingt-neuf août mil sept cent quatrervingt-deux. Sur le premier reclo de la minute dudit testament est la mention donl la teneur suit : Vu au bureau des insinuations sous réserve des droits à Paris, le dix-neuf juillet mil sept cent quatre-vingl-deux.
Signé Durey.
De Caux. Brichard.
Et le vingt-cinq juin audit an mil sept cent quatre-vingt-un, heure de midi, est comparue par-devant les conseillers du roi, notaires au Chàtelet de Paris soussignés, madame dame duchesse de Fallary y dénommée, qualifiée et domiciliée en son testamentdes autres parts, étant en bonne santé de corps, saine d'esprit, mémoire et entendement, ainsi qu'il est apparu auxdils notaires soussi^^nés par ses discours et actions, s'élant transportée à l'effet des présentes en l'élude de M" Brichard, l'un d'eux, où ledit M* du Caux, son confrère pour ce mandé, s'est exprès rendu.
Laquelle, après que lecture lui a été faite par l'un desdits notaires soussignés en présence de
son confrère, de son teslamenl des autres parts qu'elle a déclaré approuver et confirmer, a par les présentes dicté auxdits notaires soussignés, par forme de codicille, ce qui suit :
Je donne et lègue à M"® de la Blache, ma filleule, fille de M. le comle de la Blache, mon cousin issu de germain, la somme de quarante mille livres à prendre limilativement sur mes deux contrats, Tun de cent mille livres et Taulre de quarante-cinq mille livres sur le clergé de France, dont il lui sera donné une portion jusqu'à due concurrence, comme je l'ai déjà ordonné par mon testament pour mes autres légataires, avec la jouissance du premier jour d'avril ou de celui du mois d'octobre qui suivra mon décès, le surplus de ces deux contrats demeurant libre en ma personne pour en disposer comme bon me semblera.
Je donne et lègue à M. de Vauvré, ancien maître des requêtes, les douze mille livres que j'ai prêtées à M. le duc de Charost, mon petit-neveu, sans intérêts, suivant le titre que j'ai entre les mains et qui sera remis à M. de Vauvré après mon décès.
- Je donne et lègue tous mes meubles meublants qui se trouveront dans mon appartement, au jour de ma mort, à Mgr de Ruffo, évêque de Saint- Flour, mon parent.
Je donne et lè^ue à M™' la duchesse d'Ancenis,
ma nièce, toutes mes porcelaines sans aucune exception, comme ne faisant point partie de mes meubles meublants ci-dessus légués.
Je donne et lègue à la nommée le Comte, ma première femme de chambre, et à la nommée Richard, ma seconde femme de chambre, si elleë sont à mon service au jour de mon décès, tous les habits, linge et dentelles (sans autre exception que les toiles de Perse et les étoffes en pièces) qui composeraient ma garde-robe au jour de mon décès, à partager entre elles, savoir deux tiers à ladite le Comte et le dernier tiers à ladite Richard.
Je leur donne encore^ ainsi qu'aux autres domestiques qui seront à mon service au jour de mon décès, les lils dans lesquels ils couchent, lels qu'ils se trouveront garnis et même tous les meubles qui se trouveront garnir lesdiles chambres ; le tout, sans préjudice du legs que j'ai fait à ladite le Comte par mon testament et de Tannée de gages que j'ai donnée à tous mes domestiques qui se trouveront à mon service le jour de mon décès.
Je me réserve, comme je l'ai déjà exprimé par mon testament, mes deniers comptants, mes bijoux, ma vaisselle d'argent, ainsi que les portions de mes contrats sur le clergé dont je n'ai point disposé par mondit testament el le présent codicille auxquels seuls je m'arrête comme contenant mes dernières volontés.
Ce fut ainsi fait et diclé par madame dame codicillanle auxdils notaires soussignés et à elle par l'un d'eux, l'autre présent relu ce qu'elle a dit avoir bien entendu et y persévérer. A Paris, en l'étude dudit M" Brichard, ledit jour vingt-cinq juin mil sept cent quatre-vingt-un, heure de midi, et a signé la minute des présentes et ensuite de celle du testament dont expédition est des autres paris, le tout demeuré audit M* Brichard, notaire, qui a délivré les présentes ledit jour vingt-neuf août mil sept cent quatre-vingt-deux.
De Caux. Brichard.
Et le quatorze août audit an mil sept cent quatre-vingt-un, est comparue par-devant les conseillers du roi, notaires au Châtelet de Paris, soussignés, madame dame duchesse de Fallary, dénommée, qualifiée et domiciliée en son testament des autres parts.
Laquelle étant en assez bonne santé, saine d'esprit, mémoire et jugement ainsi qu'il est apparu auxdits notaires par ses discours et actions et après que lecture lui a été faite par l'un d'eux de son testament et de son codicille étant ensuite des autres parts a, par ces présentes, fait, dicté et nommé par forme de codicille auxdits notaires soussignés ce qui suit.
Je confirme les legs que j'ai faits par mesdits testament et codicille aux nommées le Comte et
Itoï LA DUCIlESSe DE FaLLARY.
Richard, mes feiiiines de chambre, el en y ajoulanl, je lègue el donne à la nommée le Comte ma belle écuelle d'argent ciselée avec le couvercle et le plaleaii aussi d'argent, plus deux cuillers et deux fourchettes d'argent et un couteau à manche d'argent.
Et à la nommée Richard, mon aulre écuelle commune avec le couvercle et le plaleau d'argent, plus deux cuillers et deux fourchettes d'argent et un couteau à manche d'argent.
Le tout pourvu qu'elles soient encore à mon service au jour de mon décès.
.le déclare que j'ai déjà remis par anticipation à M. de Vauvré le billet de douze mille livres sur M. le duc de Charosl et que j'ai légué à M. de Vauvré, pour en recevoir le montant quand bon lui semblera.
.le déclare que lous les meubles et effets mobiliers (}ui sont dans l'appartement que M. de Vauvré occupe chez moi lui appartiennent.
.le révoque purement et simplement le legs que j'ai fait par mon codicille des autres parts à Mgr de Uuffo, évèque de Saint-Flour, de lous les meubles meublants qui se trouveraient dans mes appartements au jour de mon décès.
J'avais nommé M. le marquis de Foucault mon exécuteur testamentaire; des raisons particulières me font révoquer cette disposition, mais je le prie toujours de vouloir bien garder le legs de douze
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mille livres que je lui ai fait par moiidil leslamonl.
Quant au surplus de tous mes biens, en quoi qu'ils consistent, j'en fais don et legs à M. le duc de Charosl, mon petit neveu, ou, à son défaut, à M. le comte de Charosl, son fils, que je nomme et institue à cet effet mes légataires universels.
Je prie aussi M. le duc de Charost de vouloir bien être mon exécuteur testamentaire et de me donner cette dernière marque d'amitié.
Je confirme, au surplus, inesdits testament et codicille auxquels je m'arrête ainsi qu'au présent codicille révoquant toutes les dispositions antérieures.
Ce fut ainsi fait et dicté et nommé par ladite dame codicillante auxdits notaires soussignés et à elle par l'un d'eux, l'autre présent relu ce qu'elle a dit, avoir bien entendu et y persévérer. A Paris, en l'étude de M" Bricliard, ledit jour quatorze août mil sept cent quatre-vingt-un, sur les cinq heures un quart après midi, et a signé la minute des présentes étant ensuite de celles du testament et codicille dont expédition sont des autres parts, le tout demeure audit M« Bricliard, notaire, qui a délivré ces présentes ce jourd'hui vingt-neuf août mil sept cent quatre-vingt-deux. De Calx. Brichaud.
Elle Irf^ize juillet mil sept cent quatre-vingt-
256 LA DUCHESSB DB FALLAKY.
deux est comparue par-devant nous les conseillers du roi, notaires au Chàtelet de Paris, soussignés, madame dame duchesse de Fallary, dénommée et qualifiée en son testament des autres parts, demeurant à Paris, rue Basse-du- Rempart, n'' 19, paroisse de la Madeleine de la Ville-rÉvèque, dans une maison appartenant à M. le chevalier du Kousset, trouvée par les notaires soussignés dans une chambre à coucher au premier étage d*un corps de logis, au fond de plusieurs autres bâtiments, ladite chambre ayant vue sur la cour et le jardin, madame la duchesse au lit, malade de corps, mais saine d*esprit, mémoire et bon jugement, ainsi qu'il est apparu auxdits notaires soussignés en conversant avec elle.
Laquelle, après que lecture lui a été faite par Uun des notaires, en présence de son confrère, de son testament et de ses deux codicilles des autres parts, a, par ces présentes, fait, dicté et nommé par forme de codicille, auxdits notaires soussignés, ce qui suit.
En ajoutant au legs que j*ai fait par mon codicille du vingt-cinq juin mil sept cent quatre-vingtun des autres parts à M"' de la Blache, ma filleule, fille de M. le comte de la Blache, d'une somme de quarante mille livres, je veux que ledit legs soit augmenté de cinq mille livres, en sorte que je lui donne et lègue la somme de quarante-
cinq mille livres, toujours à prendre limitativement sur mes deux contrats sur le clergé avec la jouissance du premier jour d'avril ou de celui du mois d'octobre qui suivra mon décès.
L'écuelle, le couvercle et le plateau d'argent que j'avais légués à la nommée Richard, ma seconde femme de chambre, par mon codicille du quatorze août mil sept cent quatre-vingt-un, des autres parts, n'étant plus en nature, je veux que ladite Richard soit indemnisée de la valeur desdits objets, suivant que mon exécuteur testamentaire arbitrera cette valeur.
Je donne et lègue à M"*' la duchesse d'Ancenis, ma nièce, toutes mes toiles de Perse et étoffes étrangères, ainsi que toutes les étoffes qui se trouveront en pièces.
Je confirme, au surplus, la nomination de M. le duc de Charost pour mon exécuteur testamentaire.
Ce fut ainsi fait, dicté et nommé par madame dame duchesse de Fallary auxdils notaires soussignés et à elle par l'un d'eux, son confrère présent, relu ce qu'elle a dit avoir bien entendu et y persévérer. A Paris, en la chambre susdésignée, ledit jour treize juillet mil sept cent quatrevingt-deux, heure de midi, et a signé la minute des présentes étant ensuite de celle des testament et codicille dont expédition sont des autres parts, le tout demeure audit M" Brichard, notaire, qui
%8 LA DUGHIÎSSË D(£ FALLART.
a délivré ces présentes ce jourd*hui vingl-nei août mil sept cent quatre-vingt-deux.
De Caux. Bbichard.
Et madite dame duchesse de Fallary, s*étai mise en devoir de signer, n*a pu former en difft rentes reprises que les caractères ci-dessus, ain: qu'elle l'a déclaré auxdits notaires soussigné par eux de ce enquise suivant l'ordonnance aini qu'il est dit en fin de la minute des présentes.
Insinué à Paris, le six septembre mil sept cei quatre-vingt-deux. Reçu sept cent trente-lroi livres dix sols, compris les dix sols pour livn sans préjudice du 100' denier à payer dans le délais des règlements.