CHAPITRE XIll
clergé, aux domestiques, elc , les différents legs que leur faisait la défunte, puis il gratifia celle-ci d'un pleur fade parce qu'elle avait été aussi généreuse pour lui que bonne pour les autres, et d'une critique intérieure parce qu'elle avait été aussi testamenteuse que codicillante.
Les obsèques furent simples; cinq ou six parents, peu d'amis, plusieurs hommes d'affaires, de courtes prières; la doyenne de la Régence gagnait sa dernière demeure.
Le silence se fit vite autour de ce mince événement, et l'oubli enveloppa de son ombre cette existence qui avait excité plus de sourires que de larmes. Seuls quelques vieillards se rappelèrent l'enchanteresse d'un monde étourdissant où, succombant à la tentation de Tesprit et des sens, elle s'était jetée avec l'excès et la frénésie de sa nature. Ah ! l'âme de ces femmes du siècle galant ! Aucune d'elles ne voulut exercer « le métier de cruelle », aucune d'elles ne consentit à l'amour platonique des d'Angennes ou des Sablé; leur caractère vif étant naturellement assoiffé de passion, elles eurent la franchise et. l'élégance de la chute.
Parmi ces élues de la volupté, notre duchesse, avec sa double nature d'amoureuse et de procédurière, figure sans réclamer des circons-
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tances atténuantes, tout en demandant pourtant à l'histoire qui désirera la juger de remettre Tarrêt à quinzaine. Si la postérité leur cherche une excuse, elle la trouvera dans la naïveté, dans la rusticité de la morale du temps; fidèles à des principes élémentaires, elles admirent toujours qu'une transaction exigeait des arrhes et que la plus belle victoire est de faire vaincre son cœur.
Et sous la terre où elle fut légère, la duchesse de Fallary dort en attendant l'heure qui lui permettra de faire opposition au jugement dernier.