‹ La Duchesse de Fallary (1697-1782), d'après des documents inéditsChapitre 9 sur 92 · CHAPITRE n · texte numérisé non relu

CHAPITRE n

homme (0. Pierre Gor/çe occupa en effet les diverses situations de caissier aux vivres avec les sieurs Berthelot et Jacquier, de commis à la recette générale des vivres, de caissier général de la douane, de fermier général des fermes unies de France, et enfin de secrétaire du Roi, qui lui conféra la noblesse; noblesse un pefti fraîche, qu'il trouva bon de renforcer, le 21 juiK let 1651, par une charge de conseiller au parlement de Metz W.

(1) Pierre Gorge eut un frère cadet, chanoine de la cathédrale de Nantes, et quatre sœurs.

(2) Bibliothèque nationale» Ms. Dossiers bleus 321. — Archives nationales^ Ms. MM 818^ — Histoire du parlement de Metz. Biographie^ id., par Emmanuel Michel.

Chose curieuse, un grand nombre de familles des quatre coins de la France comptent à leurs débuts dans la noblesse nn conseiller au parlement de Metz. Les offices déliTréa, moyennant finances étaient héréditaires et transmissibles ; celui de conseiller lui valait 36,000 livres. Avant d'acquérîr une charge, le postulant devait montrer les documents étftrblissant qu'il réunissait, sous le rapport de la naissance, de la famille, de la bonne conduite, les conditions nécessaires. Le roi accordait des dispenses d'&ge, de service, de parenté ou d'alliance; bonne précaution en faveur des candidats du genre Gorge. Pour rehausser son lustre, la haute compagnie se montrait assez facile pour attirer à elle la vertu et le talent ; vis-à-vis de la fortune, elle était tout à fait coulante.

Quant & la charge de secrétaire du roi, voilà ce qu'en dit le Tableau de Paris : a Le nouvel anobli qui vient d'acheter cette charge, tout étonné de sa génération, est presque honteux d'avoir été roturier. 11 s'éloigne de toutes ses forces de

36 LA DUCHESSE DE rALLART.

Parti de rien, cet homme expert en affaires, ne reculant pas devant les moyens à employer, arriva à une position financière superbe et, après avoir commencé à porter la livrée, finit par endosser la toge (^). Comme d'Haraucourt, il pensa que le mariage couronnerait sa carrière, mais fut obligé de s*y prendre à deux reprises pour atteindre son but. La première fois, le 31 janvier 1671, il épousait Marguerite de Moley, fille d'un avocat au conseil et secrétaire du roi, qui le laissa veuf au bout de quatre ans; la seconde fois, il fit mieux et trouva le moyen de convoler, le 12 février 1685, avec Julie d'Estampes. Ce fut presque un scandale. La nouvelle mariée portait un des grands noms du royaume ; elle était la cinquième fille de Dominique d'Estampes, marquis de Valençay, et de Marie-Louise de Montmorency ; l'ancien trîpoteur d'affaires devenait ainsi le neveu du maréchal de Luxembourg et de la duchesse de Mecklembourg. Par un de ses coups familiers.

la chose dont il sort.... Le fils d'un secrétaire da roi sera plas noble que son père, aussi Tachetenr de la charge n*enyisage-t-il qu'avec un certain respect ce fils qui, épurant la race, devient la tige d'une famille de gentilshommes. »

(1) Journml et mémoires de Matthieu Marais, t. II. Paris, 1863. — Journal du marquis de Dangeau, t. II. Paris,,

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