‹ La Duchesse de Fallary (1697-1782), d'après des documents inéditsChapitre 10 sur 92 · CHAPITRE II. â · texte numérisé non relu

CHAPITRE II. â

la fortune souriait à Theureux représentant des Gorge, cette triste famille de partisans nantais sortis de la boue, à qui les trésors amassés par la concussion ouvraient le chemin des plus hautes alliances et qui ne brilla un instant d'un éclat trompeur que pour s'éteindre honteusement (*).

Le ciel montra autant de faiblesse que le parlement de Metz vis-à-vis du fils du marchand d'eau-de-vie ; il daigna bénir ses deux unionsë. De la première naquit, le 25 mai 1675, un fils, Chrétien-François, qui se nomma baron de Roise et fut conseiller au parlement ; de la seconde naquirent quatre enfants, deux filles et deux fils, parmi lesquels Pierre-François, qui vit le jour en 1685. C'était le futur duc de Falary.

En même temps que cette paternité glorieuse, la célébrité arrivait à Gorge. Boileau, avec lequel il était fort lié et qui était son voisin à Auteuil, le prit pour type du bourgeois épousant une fille de qualité (^) ; il le peint ainsi dans sa X* satire :

(1) Bulletin de la Société d'archéologie de la Drôme, t. X : JLa vie de province aa xviii* siècle, par M. de Gallier.

(2) Correspondance entre Boileau et Brossette, Paris,

Savez-vous que Tépouse aveo qui je me lie Compte entre ses parents des princes d'Italie? Sort d*aïeux dont les noms.... Je t'entends et je voi D'où vient que tu t'es fait secrétaire du roi. Il fallait de ce titre appuyer ta naissance.

Pendant une dizaine d'années, Tancien traitant jouit en paix de la fortune qu*il avait mai acquise «t du bonheur qu'il n'avait pas mérité. Il était devenu seigneur d'Entraigues en Berry, baron de Roise, de la Ciiapelle, la Porte, etc., et avait vendu en 1701, à Michel de Saint- Blaize, sa charge de conseiller au parlement de Metz(0. Vivant tantôt à Paris, tantôt dans sa terre de la Chapelle en Brie, il coulait les jours paisibles auxquels donnent droit ici-bas Tintrigue et la prévarication récompensées, lorsque deux événements vinrent bouleverser sa quiétude : la mort de sa femme, qui survint le 23 décembre 1705, et la triste adolescence de son fils François. Celui-ci allait bientôt faire évanouir la qualification d'heureux père dont avait pu se prévaloir jusqu'alors l'auteur de ses jours. Continuellement en instance d'échafaud ou de potence, pour le public il apparut

(1) Biographie du Parlement de Metz, par Ëmmanael Michel.

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