ASPINVAL, LA DUCHESSE, INÈS
Ah ! le voici I
ASPINVAL, saluant.
Madame la duchesse !
LA DUCHESSE, de même.
Monsieur le comte!... (a Inès.) Avant d’entrer au château, je désirerais respirer là, quelques instants; si tu veux, en attendant, voir un peu la fête, tu me retrouveras ici. "
INÈS, à part, en sortant.
Dieu veuille que M. de Clavière n’y soit pas, lui!
ASPINVAL.
Vous voyez, madame, l’exactitude de mon obéissance.
Je vous en sais gré, monsieur, car j’espère pouvoir parler ici en toute sécurité... (Avec intention.) Ce qui ne m’est pas souvent permis chez moi. (Elle s’assied.)
ASPINVAL.
Je suis à vos ordres.
Monsieur le comte, permettez-moi d’abord do vous apprendre, si vous l’ignorez, que l’immense fortune dont M. ie duc dispose, vient de mon chef, do moi seule.
ASPINVAL.
Je le savais, madame.
Alors, vous devez comprendre que les actes de générosité qu’il lui plaît de faire, je puis, non pas les amoindrir, ma déférence pour son autorité est trop grande pour cela, mais du moins les imiter, et les surpasser même, si tel était mon bon plaisir. (Aspinral saine.) Or, parmi les largesses de M. le duc, j’ai dù remarquer plus particulièrement celles dont vous êtes l’objet, depuis que vous êtes devenu le... familier de la maison.
ASPINVAL.
Grâce à certain service que sa bienveillance exagère, M. le duc, en effet, a bien voulu se constituer mon bienfaiteur, et