‹ La duchesse de Montemayor drame en cinq actesChapitre 45 sur 87 · ACTE TROISIÈME · texte numérisé non relu

ACTE TROISIÈME

vous traiterait en criminelle sur un soupçon qu’il lirait dans . mes yeux, sur le simple doute de ma parole hésitante...

Pareille chose ne se renouvellera plus, je te le promets. Es-tu rassurée?

Je le suis, mais...

Mais, tu es triste...

INÈS

Oui!

Pourquoi triste, conscience pure, âme loyale?

INÈS

Madame, dans cette France qui est l’orgueil de l’Europe et le désir de tous les étrangers, je regrette ma patrie, et plus encore le couvent de ma jeunesse où m’avait fait entrer votre père. Pourquoi ne m’y a-t-il pas laissée toujours puisqu’il m’aimait?

Moi aussi, je t’aime ; ne t’ai-je pas toujours traitée en sœur?

INÈS

Oui, oui!... merci!

Pour quitter le monde sans regrets, je sais trop qu’il su (lit "de le connaître, mais, toi, tu ne le connais pas.

INÈS

Je l’ai entrevu ; il me fait horreur! En devinant ses hypocrisies, ses lâchetés, ses mensonges, je comprends bien que des existences entières se passent à prier pour lui, et tous les jours je me sens le cœur étreint davantage par la nostalgie du cloître.

A ton âge, et si belle !

INÈS

Qu’importe! ,

Je t’admire!

INÈS. •

Envie/.-moi, plutôt! Vous ne soupçonnez pas les austères voluptés des longues heures de silence où l’on implore le ciel pour le monclo qui s’égare, et où l’on croit, où l’on sent

que le ciel VOUS entend, (s’animant pea à pen jusqu'à onblier où elle est et qui l'écoute.) Souvent [tendant qu’un tribunal jugeait un coupable, nous>avons prié pour lui; souvent, dans les temps de guerre, on apportait à notre couvent des blessés, des mourants, des morts!... Français ou espagnols : on priait; je me souviens... Ah! j’en ai vu, de ceux-là!... j’en ai vu!... Je me souviens... tenez!... encore un! inanimé!... Respire-t-il encore?... alors, tous les soins que ses propres sœurs lui eussent donnés... et l'on se penchait, on épiait son souffle... inutile! Voyant qu’il était mort, on tombait à genoux en disant : « Prions!

LA DUCHESSE, s’écriant.

INÈS, revenant à elle.

Pardon! pardon, madame! vous allez au bal, et moi... je...

Tu m’as tonte troublée!... Oui, je vais au bal, il le faut...

{ jour M. de Montemayor, pour son crédit, pour le monde, il efaut!... ah! tu m’âs troublée... voyons!... (Comme se rappelant.) Ah! va dans ma chambre, ouvre le secrétaire, en voici la clé, et prends trois, mille francs, tu les mettras dans ce

{ jortefeuillô.... (Elle lai remet une clé et un portefeuille.) C’est pour aire le jeu du roi, cette nuit, au château, (inè* prend les diamants et les emporte.) J’ai gagné mille francs à Sa Majesté la semaine dernière, je lui dois sa revanche... (Après avoir roçn lo portefeuille des mains d’Inès.) Je te remercie, ma chère «Inès. Maintenant, envoie sans plus tarder chez la duchesse.

Inès soit.

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