‹ La duchesse de Montemayor drame en cinq actesChapitre 57 sur 87 · I ' LA DUCHESSE · texte numérisé non relu

I ' LA DUCHESSE

Il peut s’en présenter d’autres. Venez donc ! d’heure nous presse. *

CLAV1ÈRE.

Vous êtes impitoyable !

C’est moi que vous accusez?...

CLAV1ÈRE.

Oui I

AhI

CLAVIÈRE

Je n’ai qu’un instant de bonheur et vous me le disputez, vous me chassez de chez vous.

Je ne suis pas chez moi, je suis chez M' de Monteraayor. Le duc'cst absent, mais son honneur est ici !

CLAVIÈRE

Vous avez tort de mettre cet homme entre nous !... Ah! je suis chez lui!... Eh bien, je reste alors !

Mon ami, la passion vous égare.

CLAVIERE.

Je ne l’ai pas assez écoutée, ma passion !... J’aurais dû lui obéir quand elle me disait de passer par-dessus les ordres d’un Roi qui vous arrachait de mes bras pour vous jeter dans ceux d’un autre. Nous étions unis par ce qu’il v a de plus beau sur la terre aux yeux de Dieu lui-même... L’amour vrai, libre, pur... l’amour..-.

L’amour 1

CLAVIÈRE, s’animant toujours.

Et parce que aans la vie où nous ne demandions rien, où

GO

LA Dl’CHESSE DE MONJEMAYOR -

nous ne voulions, moi que vous, vous que moi, il s’est rencontré un grand d’Espagne ruiné, protégé par un roi, parce qu’il a plu à co roi de réparer cette ruine et de faire un heureux avec mon bonheur, il faudra que nous soyons séparés et toujours malheureux pour jamais!... Allons donc! Est-ce que je lui dois obéissance, moi, à ce roi?... Est-ce que je suis son sujet?... Et quand môme .. Est-ce qu’il aurait le droit de me prendre mon bien le plus sacré, mon cœur vivant, ma femme?...

LA DUCHESSE, troublée.

Taisez-vous !

CLAVIÈRE

Quels désespoirs une fois séparés!... quels regrets une fois bannis de ce paradis où nous allions vivre!... quels souvenirs !...

y LA DUCHESSE.

Ah!... Laissez-ntoi !

CLAVIÈRE

Vous rappelez-vous le soir de nos adieux ?... Vous n’aviez pas la force de me quitter; vous vouliez fuir avec moi, gagner la Franco... J’aurai dû vous emporter, serrée contre mon cœur, sans regarder en arrière... je no l’ai pas fait, j’ai été stupide, j’ai mérité mon sort.

Fernand !

CLAVIÈRE

Oui, je l’ai mérité, car l’absence a fait son œuvre, vous m’avez moins aimé; peut-être ne m’aimez-vous déjà plus que comme un rôve, ou par pitié; et, le jour n’est pas loin sans doute, où...

LA DUCHESSE, éclatant.

Ah ! vous mentez !

CLAVIÈRE

Vous m’aimez donc encore?... vous ne l’avez donc pas oubliée, cette soirée de nos adieux qui recommence sans cesse au fond de mon âme ?

Et moi! croyez-vous donc qu’elle soit morte mon âme?

CLAVIÈRE

Dites-le moi donc, alors que vous m’aimez ! j’en ai assez douté, j’en doute toujours!... Que je vous entende m’avouer votre amour avec cette voix frémissante, dont mon cœur s’enivrait, avec ces yeux qui pour moi éclairaient le monde, et je vous obéis, je pars !

LA DUCHESSE, hésitante. .

Vous partez?

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