SCÈNE II
Les mêmes, l’Éveilleur, un Agent.
* LE SERGENT
Qu’est-ce que vous nous amenez-là?
l’agent.
J’ai cueilli ce particulier sur la voie publique où il dormait; il était au milieu de la Halle, en travers d’un ruisseau. 11 va achever la nuit au poste.
LE SERGENT
Attendez-un peu, l’officier est occupé en ce moment. (Rî-
beyron rentre au corps-de-gardo. Le sergent reprend en montrant l’Eveilleur.) A-t-il des papiers, l’homme ?
l’éveIlleur.
Je n’en ai qu’à cigarette.
LE SERGENT
Très-bien ! Comment s’appelle-t-il ?
l’Éveilleur.
l.’Éveilleur.
LE SERGENT
C’est le nom de M. votre père?
l’Éveilleur.
Je n’ai pas eu de père.
LE SERGENT
C’est celui de votre mère?
l’Éveilleur.
J’ai eu encore moins de mère.
LE SERGENT
Alors, pourquoi dites-vous que vous vous appelez l’Eveilleur ?
l’Éveilleur.
Parce que c’est mon métier : j’éveille.
LE sergent. '
Et qui éveillez-vous ?
l’éveillëur.
Les maraîchers qui viennent à la halle de minuit à trois heures du matin, vu qu’on les volerait s’ils s’amusaient à dormir en attendant l’heure du marché. Dès que je les vois fermer les volets, je les pince, et ils s’éveillent. J’ai un sou par homme que j’éveille.
LE SERGENT
Vous n’avez pas d’autre profession ?