SCÈNE CINQUIÈME
Et puis la campagne^ les causeries par-dessus la haie, le parfum des aubépines, la saveur, nouvelle pour vous, d'une sorte do petit roman pastoral... «
JACQUES
Je Tadore, je vous dis! . . . vous consentez? ..
LARIVIÈRE, riant.
Mais non... Mais non...
JACQUES
Ce serait si gentil... Pourquoi ne voulez-vous pas?..
LARIVIÈRE
Tout uniment parce que si je laissais faire ce mariage, il viendrait un jour où vous nous en voudriez mortell'^ment, à la petite Simonne et à moi...
Comment?
JACQUES
LARIVIÈRE
Eh l oui, le jour oti Paris, d'un signe, vous annoacerait que voire exil est fini, et que vous pouvez revenir, . . , ,
Paris?... Qu'est-ce que c'est que ça, Paris?
LARIVIÈRE
Une grande ville qui est là-bas, à l'autre bout du chemin de fer.
18 LÀ DUCHESSE MÂRTKN
JACQ0E8
Vous lavez bien que j'en ai fini avec Paris.
L4aiTiÈai.
Hum... £a tout cas, je ne suis pas du tout sûr qu'il en ait fini avec vous. Paris est beau joueur, tôt eu tard il vous offrira une revanche... t6t on tard une occasion se présentera pour vous de faire une rentrée brillante. . . Comme vous seriez furieux alors, comme vous haïriez la personne qui vous empêcherait de profiter de cette occasion 1... Or, si à ce momont-là vous étiez marié, marié avec ma fille, ce serait tout justement elle qui serait cett3 personne...
JACQUES
D^abord l'occasion que vous dites ne se présentera pas... et puis, quand elle se présenterait!... vous ne m'avez donc pas entendu... je vous ai dit que j'aimais. ..
LARIVIÈRE
Ça continue?...
JACQUES
Ah ! Si vous pouviez voir... vous m'accorderez bien qu'en présence d'un amour vrai, d'un amour absolu, dun amour immense, toutes les séductions de Paris auraient beau faire...
En présence d'un amour vrai, d'un amour absolu?..
JACQUES
Oui.