‹ La Durée du Travail: Dans le Commerce & l'IndustrieChapitre 14 sur 90 · OES M · texte numérisé non relu

OES M

3) Journal, 4 nov. 1919.

4) Journée Industrielle, 10 mai 1919.

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Pour les jardins ouvriers, la constitution d’une société civile immobilière à capital variable a été prévue. Cette société aurait pour objet l’achat, la vente et la location de terrains ainsi que la construction de maisons à bon marché sur ces terrains. Le capital initial prévu est de 200.000 fr., divisé en 4.000 actions de 50 francs, ce qui permettrait aux plus modestes ouvriers et employés d’être actionnaires de cette société et de participer à son

administration.

Dans les salles de réunions, les ouvriers et employés trouveraient des bibliothèques, des journaux, des jeux divers. Ils y consommeraient des boissons chaudes, mais pas d’alcool. Des conférences instructives y seraient données sur les questions de droit usuel, d'électricité, d’horticulture, de sciences appliquées et surtout d'histoire des métiers. Ces conférences, faites par des praticiens, constitueraient une base excellente d’enseignement mutuel.

Le foyer de l’apprenti comprendrait des cours à l'usage des garçons et des filles. Pour les garçons ce seraient des cours complémentaires d'instruction primaire, de dessin, de démonstration du métier qui leur prépareraient une carrière d'autant plus fructueuse qu'ils se seraient montrés meilleurs élèves, plus attentifs aux leçons de leurs maîtres et plus désireux d’en profiter.

Aux filles on enseignerait les travaux ménagers, les travaux d’aiguille, la cuisine, l'hygiène, en un mot ce que doit savoir et connaître la jeune fille qui sera plus tärd une excellente mère de famille. |

Enfin ce beauplan serait complété par des subventions accordées aux œuvres déjà existantes qui s'efforcent de réaliser le

même but.

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Un syndicat d'initiative s’est formé à Nantes afin d'organiser des fêtes et des réunions pour intéresser spécialement les ouvriers. 11 a été décidé qu’il serait créé dans chaque quartier de Nantes un véritable centre de distractions utiles.

Partout on s'inquiète de procurer à l’ouvrier de saines distractions, de créer des salles de réunions, des terrains de jeux et de sports. On demande des espaces libres, des parcs, des jardins, des avenues, de l'air.

L'Union syndicale des techniciens du commerce, de l’industrie et de l’agriculture (U. $. T. I. C. A. ) a établi un programme de réforme des cadres de la vie sociale (1) : maisons de vie sociale,

maisons du peuple, terrains de jeux agencés, groupements artistiques et musicaux, cours de gymnastique rythmique. Ce programme de réformes comporte trois grandes catégories.

La Cité, cadre de l’activité sociale.

La Formation du citoyen.

Les Cadres de la vie collective.

__ La première catégorie qui nous intéresse spécialement ici a pour objet les sites et emplacements, la distribution des éléments ‘ urbaïns (quartiers, voies, places, carrefours), la circulation, les édifices d'intérêt public et social, l'habitation, l'atelier et l’usine les espaces libres (jardins, plantations, terrains de jeux), l’esthétique urbaine (pittoresque et agrément).

Le sport constituera une excellente utilisation des loisirs de J'ouvrier. M. Henry Cézanne, secrétaire général de la Chambre

syndicale des constructeurs d'automobiles, préconise pour Paris

EyÉGr ue

la création de centres de jeux ouvriers dans des parcs de dix, quinze, vingt hectares, situés au bord d’une rivière, et à une certaine distance de la capitale. Dans ces parcs l’ouvrier aurait la possibilité de se livrer à toutes les branches de l'athlétisme : football, course à pied, poids, saut à la perche, canotage, natation, etc. Il y trouverait des boissons hygiéniques et des salles de douches bien installées.

Signalons enfin, sur le même sujet, l’appel lancé par la :Fédération sportive populaire (1) :

« Faisons en sorte, camarades, que ces quelques heures de » liberté, n’aillent pas à l'encontre des aspirations ouvrières. » Evitons à la jeunesse laborieuse qui souvent n’a ni le foyer, » ni l’intérieur familial qu’elle serait en droit d’avoir, de se lais- » ser entraîner vers les plaisirs malsains — danger tant physique » que.moral— où la santé s’étiole par l'alcoolisme et le cerveau » devient la proie facile des défenseurs du passé.

» Donnons-lui le moyen de se divertir en s’éduquant physi- » quement. Donnons-lui en un mot le goût des sports et de la » gymnastique. »

Avec le concours de toutes ces bonnes volontés le problème des loisirs de l’ouvrier sera résolu, n’en doutons pas.

Aussi n'est-ce point l'argument que nous retiendrons parmi ceux qui ont été fournis contre la journée de huit heures. Celui qui nous paraît le plus important et le plus digne de retenir l’attention c’est l'argument qui fait état d’une crise probable de

sous-production. Nous subissons actuellement une crise semblable

(1) Journée Industrielle, 11 sept. 1919. Ÿ

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sans, qu’en toute justice, on puisse en faire remonter l’origine: à la journée de huit heures : celle-ci est appliquée depuis trop: peu de temps. La guerre en est la cause initiale. Mais il est à crain-

dre que la journée de huit heures n’aggrave momentanément

cette crise déjà si angoiïssante.

Exprimons encore une fois l'espoir que ces craintes ne se réali-seront pas. ‘

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