‹ La Durée du Travail: Dans le Commerce & l'IndustrieChapitre 24 sur 90 · DONS, I UE · texte numérisé non relu

DONS, I UE

» unanimement ratifiée par le premier Congrès Syndical interna. » tional, qui affirmerait ainsi et définitivement que les longues » journées ne sont pas le corollaire nécessaire à l'augmentation » de la production ».

A cette déclaration précise, M. Legien, chef de la délégation

allemande (1), fit, en séance plénière du Congrès la réponse suivante : | :

« Je ne puis pas comprendre comment en France on peut pro- » pager les affirmations apportées par le camarade Jouhaux. » Tous les ouvriers allemands ont la journée de huit heures; il » existe une exception pour les ouvriers agricoles qui, pendant » la moisson, peuvent faire dix heures.

» Ce qui a donné naissance à la campagne dont a parlé Jouhaux, » c’est un article de Dernburg, ancien ministre, dans lequel il » préconisait de travailler une heure de plus par semaine et de » verser le produit de cette heure dans la caisse de l'Etat pour le » paiement de la dette de guerre. Les organisations s’y opposè- » rent et il y eut de telles protestations dans les milieux ouvriers » que l’auteur de la proposition n’eh a jamais reparlé ».

M. Legien termina en donnant l’assurance qu’ «il était impossible d’abolir en Allemagne la journée de huit heures et que si pareilles tentatives étaient faites, les ouvriers allemands comme leurs organisations s’y opposeraient de toutes leurs forces ».

Une enquête faite par le ministre des affaires étrangères auprès de la mission militaire française à Berlin aboutit à l'envoi du document suivant :

\ (1) La délégation allemande du Congrès d'Amsterdam représentait __5,400.000 membres. V, I, O. S., n° 148, ) i

LEE Te

« Berlin, 25 septembre 1919.

»M. Dernburg, lors de son passage au Ministère des Finances, » à proposé que les travailleurs versent à l'Etat le revenu d’une » heure de travail supplémentaire. Quelques industriels de la » Ruhr, d’autre part, ont émis récemment l’idée que les ouvriers ) puissent s'acquitter d’une partie de l'impôt sur le revenu par » une heure de travail supplémentaire. Toutes ces propositions » ont rencontré l'opposition des milieux ouvriers et n’ont abouti

. » jusqu'ici à aucune réalisation (1) ».

Cette réponse fort nette aurait dû clore le débat, mais divers articles parus dans la presse française affirmèrent à nouveau que les huit heures par jour étaient souvent dépassées dans l'industrie allemande (2). Il serait souhaitable qu’une enquête précise établisse les véritables conditions du travail dans l’industrie allemande. La question est en effet d’une haute importance pour notre industrie et cette indécision risque d’apporter le trouble dans

l'application de la loi française.

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