S I. A L'OUEST DU NIL ! 1. MAREA - 2. APIS
fois dans le texte d'Hérodote : « Sous le roi Psammétichos, des garnisons furent établies à Eléphantine..., à Daphnae pélusienne.., et à Maréa. Aujourd'hui aussi les Perses ont des garnisons dans les mêmes lieux où Psammétichos en avait placé, car il y a garnison perse à Éléphantine et à Daphnae » (1). Pourquoi, après avoir dit que les Perses tenaient garnison dans les mêmes lieux que les soldats de Psammétichos, nomme-t-il seulement Éléphantine et Daphna3, à l'exclusion de Maréa? Il suffit, pour expliquer cette omission, de signaler que, d'après son ouvrage, il a visité la première et la seconde de ces villes (2), tandis qu'il ne laisse rien entendre de tel pour la dernière. Il y a donc quelque raison de penser que les noms des garnisons frontières lui ont été connus d'abord par le témoignage d'autrui, et qu'il a eu l'occasion ensuite d'en vérifier l'exactitude pour Éléphantine et Daphnae, mais non pour Maréa (3).
Peut-être faudrait-il ajouter que notre auteur a nié qu'il y eut des vignobles en Egypte (4), alors que les cantons de Maréa et d'Apis ont toujours été considérés, depuis les premières dynasties jusqu'à l'époque romaine, comme fournissant les vins les plus renommés (5) ; toutefois il est possible que l'inondation l'eût empêché d'y constater l'existence de la vigne. Ce qui est certain, c'est que l'itinéraire décrit par lui de Ganope à Memphisne contient aucune mention de ces deux localités, situées sensiblement plus à l'ouest, et il est hors de toute vraisemblance qu'il ait fait un voyage spécial pour s'y rendre en partant du sud. D'autre part il ne nous en a dit que fort peu de chose; encore ce peu de chose ne lui a-t-il pas été communiqué dans ces villes mêmes. Bien
(i) II, 3o.
(2) Hérodote a visité la région de Péluse (III, 12, cf. 10) où se trouvait Daphme, et il a déclaré formellement être allé à Éléphantine (II, 29).
(3) Les autres hypothèses émises pour expliquer ce passage ont été écartées plus haut, p. 3, note 2. — (4) II, 77. Cf. Wiedemann, Herodots zweites Bach, p. 172- 174.
(5) On trouvera des références à ce sujet dans Mallet, Les premiers établissements des Grecs en Eyijple, p. 347~35o.