‹ La durée et l'étendue du voyage d'Hérodote en ÉgypteChapitre 29 sur 93 · Mendès · texte numérisé non relu

Mendès

Hérodote n'a pas indiqué avec précision où se trouvait Mendès. Il a nommé une branche mendésienne du Nil déri-

(0 II, i54. — (2) II, 6i.

(3) Il est une donnée qui à première vue pourrait faire croire qu'HÉROdote n'a pas été le témoin à Sais des grandes fêtes du mois de Khoïak. Il nous dit en effet que la vache de bois où reposait la fille de Mykérinos était transportée hors du palais tous les ans, à l'époque où les Égyptiens se frappaient en l'honneur du dieu qu'il se refuse à nommer en cette circonstance (II, i32), c'est-à-dire précisément lors des fêtes du mois de Khoïak. Or il a vu la vache à l'intérieur du palais (II, i3o-i3i), par conséquent, semble-t-il, à une époque autre que celle qui vient d'être indiquée. Mais remarquons que la durée de l'exposition est nettement précisée par la légende : la fille de Mykérinos « avait demandé en mourant à son père de lui faire voir le soleil une fois par an » (II, i32), c'est-à-dire pendant une seule journée. Comme les fêtes de Khoïak duraient 18 jours, du 12 au 3o, l'objection signalée n'a pas de valeur. C'est même vraisemblablement parce que le séjour d'HÉRODOTE à Sais a coïncidé avec ces fêtes qu'il a eu l'occasion de pénétrer à l'intérieur du palais, dans l'enceinte du temple.

vée de la branche sébenny tique (1), et il a mentionné le nome mendésien après celui de Tanis, avant celui de Sébennytos (2) ; ces renseignements indiquent seulement que ville et nome étaient dans le Delta. Les documents égyptiens sont plus explicites : ils nous permettent de fixer le site de Mendès, capitale du 16e nome de la Basse Egypte, à quelque distance à droite de l'ancienne branche sébennytique, à l'est et à peu près à la hauteur de Semennoûd (Sébennytos) (3).

Hérodote s'est-il rendu dans cette ville ?

Voici ce qu'il nous en fait savoir. Le dieu en était Pan, qui s'appelait en égyptien Mendès, comme la cité. Les Mendésiens le comptaient « parmi les huit dieux, nés antérieurement aux douze dieux » (4). Peintres et sculpteurs le représentaient « à la manière des Grecs, avec une tête et des jambes de bouc » ; ce n'était pas, ajoute notre auteur, qu'ils se l'imaginassent sous cette forme: ils le croyaient «semblable aux autres dieux» ; quant à la raison pour laquelle ils le représentaient de la sorte, c'était un secret. Tous ceux qui possédaient un temple de ce dieu ou qui habitaient le nome mendésien s'abstenaient de sacrifier boucs et chèvres ; ils tenaient surtout les boucs en grande vénération, même l'un de ces animaux jouissait d'honneurs particuliers au point qu'à sa mort tous les dévots de Pan prenaient le deuil. Hérodote raconte que « de son temps », dans le nome mendésien, un bouc eut publiquement commerce avec une femme, aventure qui obtint une grande notoriété (5).

Il faut remarquer tout d'abord que les gens dont il rapporte

(0 II, 17- -(2)»> l66«

(3) En réalité le site n'en est déterminé qu'à une douzaine de kilomètres près. On le reconnaît (J. de Rougé, Géographie anc. de la Basse Egypte, p. i io) dans l'un des deux monticules de décombres du village de Tmaï ou Tmoui el Amdîd ou al Mondîd; Tmoui est l'ancienne Tbmouis des auteurs classiques, et dans El Amdîd ou Al Mondîd il faudrait reconaître Mendès. Une difficulté résulte de ce qu'HÉRODOTE distingue le nome thmouite du nome mendésien ; aussi a-t-on placé parfois Mendès un peu plus au nord, à Tell Dibleh. Cf. J. de Rougé, 1. 1., p. 108-110.

(4) II, 46* L'historien dit ailleurs que les douze dieux sont nés des huit dieux (II, 43). —(5) 11, 40, cf. 42.

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