C. SOURDILLE
66 CHAPITRE lï. — HÉRODOTE DANS LA BASSE EGYPTE
lement une tête et des jambes de boue ne l'est pas davantage, non plus que cette idée qu'il « était semblable aux autres dieux » : cette répartition des dieux dans les séries divines, cette substitution d'un Pan-satyre àl'Osiris-bouc ou bélier (1) et des dieux anthropomorphes de la Grèce aux dieux-animaux de l'Egypte, tout cela appartient, comme les prétendus mystères égyptiens (2), comme la légende d'Osiris elle-même, du moins celle que nous rapporte Hérodote (3), à un vaste et cohérent système de spéculations grecques sursaturées d'orphico-pythagorisme, dont nous n'avons aucune raison de chercher spécialement l'origine à Mendès (4). Si l'on ajoute maintenant à ces considérations que notre auteur n'a rien, absolument rien mentionné de cette ville, ni monument, ni fête, ni quoi que ce soit qui lui fût tombé sous les sens, qu'il n'a pas fait allusion à une seule information qu'il aurait obtenue personnellement des gens du pays, on estimera comme infiniment probable qu'il n'a pas visité, qu'il n'a pas même vu la ville de Mendès.