Les Tarichées de Péluse
Au rapport d'Hérodote, les « Ioniens », qui bornaient l'Egypte au Delta et assignaient à la Libye ou à l'Arabie tout ce qui s'en trouvait à l'ouest ou à l'est, considéraient les Tarichées de Péluse comme la localité la plus orientale de l'Egypte (3). C'est sans doute que Péluse, étant située sur la rive droite de la branche pélusienne, n'appartenait pas selon eux au Delta (4). Les Tarichées, comme l'indique le nom, étaient un établissement de salaisons ; Hérodote en cite encore un près de Ganope (5). On ne saurait voir là des localités autonomes : c'étaient des sortes de faubourgs dépendant des villes dont ils portaient le nom. Qu'Hérodote ait ou
(i) Cf. Wiedemann, Herodots zweites Buch, p. 494- Brugsch {Die Aegijptologie, p. 453) considère la région égyptienne (K)h-n-s comme un district du 20e nome (Arabie), « peut-être le nome Séthroïte ou Séthraïte avec Hérakléopolis parva comme capitale » . Mais alors le nome Séthroïte serait à l'est de la branche pélusienne, comme l'indiquent en effet Strabon, (XVII, i. 24) et Ptolémée (IV, 5. 24). Pourtant Strabon (ibid.) signale qu'ARTÉMiDORE comptait le même nome parmi les dix du Delta, et l'Itinéraire d'Antonin (éd. Wesseling, 1735, p. i52.5 : Herakleus), Josèphe {Bell. Judaïc, IV, 5. 11), Etienne de Byzance (s. v.) placent Hérakléopolis entre Tanis et Péluse. En somme la situation exacte d'Hérakléopolis reste à déterminer.
(a) Cf. II, 42-45, 83, n3, i45-i46. - (3) II, i5. -- (4) Voir ci-dessus, p. 09. — (.")) II, 1 i3. Cf. ci-dessus p. 35.
n'ait pas traversé le Nil pour visiter les Tarichées de Péluse, c'est un point non-seulement impossible à élucider, car il n'a fait mention de celles-ci qu'en reproduisant une théorie qui n'est pas la sienne, mais encore tout accessoire : s'y fût-il rendu, qu'on ne regarderait pas cette excursion comme une étape particulière de son voyage en Egypte, elle se confondrait avec son arrêt à Péluse. La seule question qui importe, — question qui sera examinée plus loin, — est donc de savoir s'il a vraiment séjourné à Péluse même.
S IV. Villes situées entre le Nil et la frontière orientale
de l'Egypte.