CHAPITRE III
« J'ai vu par moi-même jusqu'à Éléphantine, où je me suis rendu » (1). Par là Hérodote déclare avoir atteint au sud la limite de l'Egypte, car Éléphantine, jusqu'où les Perses avaient étendu leur domination effective (2), était le point le plus méridional de ce pays.
Est-il vraiment allé jusque-là ? Un certain nombre de difficultés soulevées par des données d'ordres divers ont paru rendre douteuse la réalité d'un voyage aussi étendu, et l'on a pu prétendre que la Haute Egypte n'avait pas été visitée par lui. Déjà, semble-t-il, son affirmation était contestée implicitement par Diodore de Sicile : « Depuis les temps anciens, dit celui-ci, jusqu'à Ptolémée surnommé Philadelphe, aucun Grec n'avait pénétré dans l'Ethiopie, ni nes'était même avancé jusqu'aux frontières de V Egypte » (3). Or, pour lui comme pour Hérodote, l'Egypte était bornée au sud par « les Cataractes » d'Éléphantine (4). L'assertion de Diodore est inexacte, comme en témoignent les inscriptions grecques
(i) Hérod., II, 20 : [J-ÉXP1 V^ 'EXeqpavuvYjç iroXcoç amÔTiT-^ç, èX6a>v.
(2) Gambyse, s'il avait échoué dans son expédition contre lesEthiopiens- Macrobiens (III, 26), avait du moins subjugué les Ethiopiens voisins de l'Egypte (III, 97); mais ces derniers n'étaient pas soumis au tribut (ibid.), et la dernière garnison perse se trouvait à Eléphantine (II, 3o).
(3) Diodore, I, 87. — (4) Cf. Diodore, I, 32.
LA QUESTION DU VOYAGE d'hÉRODOTE EN HAUTE EGYPTE 101
d'Ipsamboul (1); du moins voyons-nous par là quelle était l'opinion courante de son temps. Aristide le Rhéteur, s'il n'a pas été dès lors le premier à contester le voyage d'Hérodote jusqu'à Eléphantine (2), a été du moins le premier à le faire explicitement et à donner ses raisons (3). Mais c'est surtout de nos jours que cette question a été spécialement discutée, et l'on a voulu démontrer que notre auteur n'était pas allé audelà du Fayoum, emplacement actuel de l'ancien lac de Mœris (4). Il importe donc de réunir les renseignements qu'il nous a fournis sur cette partie de la vallée du Nil, de consta-
(i) Ou Abou-Simbel, à 280 kilomètres par le Nil au sud d'Éléphantine et d'Assouân. On sait que la principale de ces inscriptions fut gravée sur un des colosses du grand temple par des soldats grecs envoyés très vraisemblablement par Psammétichos Ier à la poursuite des soldats égyptiens qui fuyaient en Ethiopie (vers 668 av. J.-C).
(2) Contrairement à ce qu'on croit généralement; ainsi Am. Hauvette. Hérodote historien des guerres médiques, p. 16.
(3) Aristide le Rhéteur, Aegyptiaca oratio, dans l'édition Jebb (1730), t. II, p. 34i-345, ou plutôt dans l'édition critique beaucoup plus correcte donnée par Bruno Keil (Berlin, 1898), t. II, Alyûniioç [Xdyoç], ch. 4I 52. J'aurai plus loin l'occasion de revenir sur ces textes.
(4) A. -H. Sayce, The ancient Empires of the East, Herodotos /-///(Londres, i883), Introd., p. xxvi et xxvn, et notes des chap. 3, 29 du livre II. Le même auteur a repris le même sujet et l'a traité avec des proportions plus étendues dans le Journal of Philology, XIV (i885), p. 257-286: The season and eœtent of the travels of Herodotos in Egypt. Les conclusions de M. Sayce sont approuvées par M. Wiedemann (Aegyptische Geschichte, Supplément [1888], p. 8). M. Heath s'est efforcé de répondre à cette attaque (Journal of Philology, XV [1886], p. 2i5-24o: Herodotus en Egypt): il a insisté avec raison sur ce fait qu'HÉRODOTE n'avait pas eu la prétention d'écrire une relation de voyage proprement dite, mais dans le détail sa réfutation porte généralement peu. Krall (Sitzungsberichte der philos. histor. Classe der Kaiserl. Akad. der Wissensch., Wien, CXVI [1888], p. 695 : Zu der àgypt. Reise Herodots), M. Alfred Croiset (Revue des Études grecques, 1888 : La véracité d'Hérodote, notamment p. 159-162), puis M. Am. Hauvette (Hérodote historien des guerres médiques, p. 16-20) ont montré, les deux derniers surtout, avec beaucoup plus de vigueur et de succès la faiblesse de quelques-uns des arguments invoqués contre la véracité d'HÉRODOTE. Il reste toutefois que les principales difficultés, dont toutes n'ont pas été signalées ou n'ont pas été mises dans tout leur jour, n'ont pas été résolues d'une manière satisfaisante. Je m'attacherai ici, non point à suivre pas à pas l'argumentation de M. Sayce, mais à chercher dans le texte de l'historien grec les difficultés sérieuses qu'il présente en ce qui concerne la géographie de la Haute Egypte ; les explications et démonstrations qui vont être fournies suffiront amplement à indiquer pourquoi il n'y a pas lieu, à mon sens, d'adopter les conclusions du savant anglais.
ter les difficultés qui s'y présentent, et d'examiner si ces difficultés sont explicables seulement par le fait qu'il n'aurait pas visité tout le pays qu'il déclare avoir parcouru.
§ I. — Evaluation des distances.
« A remonter d'Héliopolis à Thèbes, il y a neuf jours de navigation, soit 4860 stades.., et 1800 stades de Thèbes à Eléphantine » (1). Tout d'abord il est nécessaire de rechercher ce qu'Hérodote entend par stade, afin de juger de l'exactitude des chiffres ici rapportés par lui.
Pour l'époque romaine la valeur du stade itinéraire peut se déterminer avec une approximation suffisante, à cause des équivalences établies entre cette unité et le mille romain. Pour les époques antérieures il n'en est plus de même. On admet aujourd'hui que les anciens écrivains grecs, au premier rang desquels il faut compter Hérodote, ont pris pour évaluer les distances géographiques, non pas le stade ordinaire fondé sur le pied, mais un stade plus court fondé sur le pas : ce dernier aurait été tantôt de 165 mètres, tantôt de 148, sans qu'on sût du reste quand il est fait usage de l'un ou de l'autre (2). Ces conclusions sont d'une excessive fragilité ; en
(i)II,9-
(2) La question de la longueur du stade, et en particulier du stade d'HÉrodote, a été fort débattue (cf. Larcher, note i3 sur le Livre II d'Hérodote). Elle a été traitée d'ensemble, avec références aux textes anciens et aux ouvrages composés sur la matière, par Jomard, dans son volumineux Mémoire sur le système métrique des anciens Égyptiens {Description de l'Egypte, Antiquités : Mémoires, in-folio, 180g, I, p. 49^-802), notamment chap. VIII (Du stade en général, p. 5q5 sqq.). Jomard admet (p. 598-699) que les Égyptiens et les Grecs se servaient du stade olympique, évalué par lui à i85 m. (exactem. 184 m. 72 ; on sait aujourd'hui qu'il était de 192 m. 27), tandis qu'ARiSTOTE (De Caelo, libr. II, cap. 1 4), Hérodote, Mégasthène, etc., auraient fait usage d'un stade de 100 m. (exactem. 99 m. 75). Depuis, le sujet a été repris surtout par la science allemande, sans que la question du stade itinéraire des anciens auteurs grecs ait été résolue d'une manière à peu près satisfaisante. Je renvoie ici au résumé de H. Nissen, Griechische und rômische Métrologie (dans le Handbuch der Klassischen Altertumswissenschaft d'IwAN v. Mùller, I, 2e éd. [1892], p. 833-890», particulièrement p. 888-890 {Das Wegemass). J'indique ci-dessous dans le texte
tant qu'elles s'appuient sur l'œuvre d'Hérodote, il n'est guère douteux qu'elles ne soient fausses. D'abord il n'y a chez notre auteur aucune allusion à des stades de longueurs diverses : celle qu'on croit y trouver repose sur une interprétation erronée du texte (1). Au contraire la manière dont il lui arrive de s'exprimer exclut cette diversité. «Les pyramides [situées au centre du lac de Mœris] ont, dit-il, chacune cent brasses [de hauteur]; cent brasses font un stade de six plèthres, la brasse ayant six pieds ou quatre coudées, le pied étant de quatre palmes et la coudée de six » (2). Ainsi, voulant donner une haute idée de l'altitude de ces pyramides, il affirme que cette altitude atteint la longueur non pas d'un petit ou d'un grand stade, mais du stade, dont il détaille les sous-multiples à la fois pour montrer qu'il n'y a pas erreur de sa part et pour en mieux faire ressortir toute la valeur. Au fond, c'est le désir de concilier les données de l'historien avec la réalité telle que nous la connaissons aujourd'hui qui a fait attribuer à Hérodote différentes unités de mesure désignées d'un même nom (3). Mais l'entreprise est vaine : les distances in-
pourquoi ses conclusions, en tant qu'elles concernent le stade cTHérodote, me paraissent complètement inadmissibles.
(i) Nissen, 1.1., p. 889: «Hérodote distingue la mesure normale de la mesure courte [le stade de i48 m.] par l'épithète de 81'xcaoç » (II, i4p,). Voici le texte d'HÉRODOTE : o{ixu> ou jùv TnjpajAtSsç [les deux pyramides situées au centre du lac de Mœris] sîai éy.ocxbv op-fviéoav, aï 8' éxaxbv ôpYuiat Stxatac etai arâSiov É£àirX£6povv.. ». Comme Stein le remarque justement, « Stxatat eSa-c paraît être une expression, du reste désuète, signifiant faai etcrt ; c'est ainsi que Socouoç a fréquemment dans Hippocrate la valeur de îaoç, ojxoioç (Erotian. s. v, ; Bekk. Anecd. 90 Scxcuov (xéxpov, xb i'o-ov. 'HpdSoxoç Sevxspw) ; mais la construction est celle de l'expression synonyme Suvavxat (voir ch. 3o) ». L'autre argument signalé par Nissen (1. 1., p. 889) est purement empirique. Voir ci-dessous note 3.
(2) II, i^9 (voir note précédente).
(3) Nissen, 1.1., p. 889: Le stade de 148 mètres « nous est connu par les évaluations romaines ; qu'en Italie on ait attribué au stade 200 pas, soit i48 mètres, c'est ce qui est expressément attesté : dans la description du pays faite par Strabon, beaucoup de données doivent être rapportées à ce type de mesure. Mais Hérodote et Xénophon ont aussi le même en vue: quand ils évaluent les marches en parasanges de 3o stades, ils comprennent par là, comme on l'a remarqué depuis longtemps, un type plus petit, sans doute un parasange moindre d'un quart. » Les considérations qui vont suivre montreront que l'argument ne porte pas : on ne peut détermi-
diquées par lui, lorsqu'il est possible de les contrôler, établissent des stades très divers, qui ne sont réductibles à aucun type déterminé. Par exemple, si nous nous fions à ses évaluations, nous trouvons que la route d'Ephèse à Sardes donne de onze à douze stades au mille géographique, celle d'Olympie (Pise) à Athènes treize stades et demi, et la longueur du Pont-Euxin un nombre encore beaucoup plus considérable (1). La raison en est toute simple : le compte par stades n'est qu'une évaluation indirecte, basée sur le nombre de jours nécessaires pour parcourir une distance donnée, alors que ce nombre de jours varie non seulement avec la longueur effective de la route, mais encore avec les conditions atmosphériques, géographiques et autres du voyage (2).
ner la valeur du stade d'HÉRODOTE d'après des évaluations indiquées par lui, soit que ces évaluations aient été son œuvre propre (p. 107), soit qu'elles lui aient été fournies par d'autres (cf. p. 110). Le rapport établi entre le stade itinéraire romain et celui d'HÉRODOTE est arbitraire.
(1) Hérodote compte 54o stades d'Ephèse à Sardes (V, 54), et i5oo de la mer à Héliopolis (II, 7) ; quant au Pont-Euxin, il lui attribue la longueur par trop invraisemblable de 11. 100 stades (IV, 86), et comme il indique la base de son calcul, il est impossible d'incriminer les manuscrits. J'emprunte le rapport du stade au mille géographique à Leake, On the Stade as a linear measure, dans le Journal of the royal geographical Society of London, IX, i839, p. 11.
(2) Hérodote dit expressément (IV, 86) que c'est du nombre de jours de navigation qu'il a déduit le nombre de stades pour les longueurs du Pont-Euxin, du Bosphore et de PHellespont; il ne paraît du reste pas douteux qu'il a opéré de la même manière sur terre, en estimant la journée de route à i5o stades (V, 53, cf. 54). Leake (1. 1. [note précédente], p. 9-1 1), dans une page méconnue ou inconnue des métrologues, a très bien montré, à mon sens, la raison des inexactitudes dans l'évaluation des distances en stades. « Comme les anciens n'avaient aucun instrument portatif pour mesurer les parties du jour, et par suite ne pouvaient pas se servir de l'heure pour évaluer avec facilité et précision le chemin parcouru, la journée de voyage était leur mesure itinéraire la plus exacte sur mer et sur terre, même à une époque aussi postérieure que celle de Ptolémée le géographe. Sans doute nous ne connaissons qu'un nombre relativement restreint de distances exprimées de la sorte; c'est que les anciens géographes et historiens, visant à une précision supérieure, ont converti les jours en stades, et en rapportant les stades sans mentionner le nombre de jours, nous ont généralement donné, au lieu d'un fait, le résultat d'un calcul sans précision. — Ce fut naturellement dans le bassin oriental de la Méditerranée, et aux alentours de la Crète, — là où commença l'expérience maritime des Grecs, — qu'ils arrivèrent d'abord à connaître des distances approxi-
Ce n'est pas en comparant les distances indiquées par Hérodote avec celles que nous mesurons exactement qu'on arrivera en cette matière à des résultats présentant quelque précision.
mativement exactes. » L'auteur de l'article rappelle ensuite que, suivant Homère, les Cretois mettaient cinq jours à faire le voyage d'Egypte, ce qui est très raisonnable. Cinq siècles après, les Grecs étaient assez peu familiarisés avec les côtes de la Sicile pour en estimer la circumnavigation à huit jours, au lieu de six et demi, suivant la proportion fournie par les vaisseaux crétois, ou cinq, suivant le calcul de Strabon, lorsque la Sicile fut devenue aussi bien connue qu'elle l'est aujourd'hui. «Cette diminution dans le compte du nombre de jours, sur une côte ou sur une route, à mesure que cette côte ou cette route devenaient plus explorées, avait sa raison d'être dans la réalité ; car, à mesure que Fexpérienee surmontait les difficultés ou les craintes, l'entreprise devait s'accomplir en un moindre temps. Mais même lorsque le temps eut été réduit au minimum, les gens qui faisaient le voyage pour la première fois s'imaginaient souvent qu'ils parcouraient une distace plus grande par jour qu'il n'était vrai, et ainsi se produisait une estimation exagérée de la journée de route, qui se réduisait à mesure que les mers et les pays devenaient mieux connus, sans cependant atteindre, sauf quelques rares exceptions, la véritable valeur du stade grec de 600 pieds, ou de 600 stades au degré, parce que les géographes grecs, suivant l'autorité d'Eratosthène, étaient d'accord pour considérer 700 stades comme la vraie proportion. — Hérodote nous a laissé le plus remarquable exemple d'exagération relativement au nombre de stades d'une journée de navigation ; c'est dans sa description des dimensions du Pont ou Mer Noire. La longueur de cette mer, du Bosphore au Phase, aurait été d'après lui, mesurée par le temps, de neuf jours et huit nuits (IV, 86). Cette évaluation, comparée à celle qu'Homère établit pour les vaisseaux crétois, est dans un juste rapport avec la réalité; mais quand Hérodote convertit sa navigation d'un jour d'été en 700 stades et celle d'une nuit en 600 (IV, 85), — ce qui fait au total par vingt-quatre heures i.3oo stades, — nous sommes contraints d'en inférer ou qu'il a extrêmement exagéré le nombre de stades, ou que, par stade, il a en vue une mesure plus de moitié moindre que le stade grec. Il est évident cependant que son évaluation de la navigation d'un jour ou d'une nuit dans le Pont n'est rien de plus qu'une extravagante conjecture personnelle provenant sans doute de l'idée exagérée qu'il se faisait de la grandeur de cette mer, décrite par lui comme la plus étonnante de toutes (^elayéiov à7râvT(ov OomaTiarraxoç), car. en admettant, contrairement à toute probabilité, que dans d'autres parties de son œuvre il n'ait pas toujours employé le stade qu'il a, — sans la plus petite allusion à quelque autre. — défini comme étant de 600 pieds grecs, il est impossible qu'il ait, en même temps [dans le même chapitre], eu en vue deux mesures différentes sans les distinguer l'une de l'autre... Nous pouvons conclure que dans leurs estimations les anciens ont eu réellement en vue exclusivement le stade de 600 pieds grecs. Plus fréquentée était la route, ou plus populeux le pays traversé, ou plus civilisés et lettrés les gens, et plus nous trouvons que la distance rapportée se rapproche de près de ce type de stade... »
Il n'en reste pas moins qu'en se servant d'un stade unique Thistorien avait en vue une mesure d'une valeur théoriquement précise. Etait-ce un stade fondé sur le pas ou un stade fondé sur le pied ? Lui-même nous le fait savoir dans le passage déjà cité : « Cent brasses, déclare-t-il, constituent un stade de six plèthres, la brasse ayant six pieds ou quatre coudées, le pied étant de quatre palmes et la coudée de six » (1). Mais de quel pied ou de quelle coudée s'agit-il ? Il ne s'agit sûrement pas de la coudée des Egyptiens (2), car, ayant eu l'occasion d'y faire une fois allusion, il a très nettement spécifié qu'il parlait en ce cas particulier de « la coudée égyptienne » et il n'a pas manqué d'en donner un équivalent grec (3). D'ailleurs, sans considérer nécessairement comme démontré qu'il ait récité une partie de ses Histoires devant les Grecs assemblés pour les jeux Olympiques, on doit croire qu'il s'est servi de la mesure la plus généralement admise à son époque dans les principaux pays de langue grecque. Ce n'était pas le pied olympique (0m32045) (4), car ce pied ne paraît pas avoir été employé en dehors du Péloponèse ; au reste en disant de Phidon, tyran d'Argos, « qu'il fonda le système de mesures établi chez les Péloponésiens » (5), Hérodote a laissé suffisamment entendre que ce système n'était pas celui dont il avait fait choix. Ce n'était pas non plus le pied de Samos ou pied ionien, car, cherchant à donner une idée de la coudée égyptienne, il a précisé qu'elle était égale à la coudée de Samos (6). L'hésitation dès lors
(i) II, i49-
(2) Les Égyptiens reconnaissaient deux sortes de coudée (meh) : la coudée royale et la petite coudée. D'après les calculs de Lepsius (Die altàgyptische Elle und ihre Eintheilung, dans les Abhandlungen der kôniglichen Akademie der Wissenschaften zu Berlin, i865), la première était de o m. 525, la seconde de o m. 45.
(3) II, 168 : « L'aroure est de cent coudées égyptiennes en tous sens, et la coudée égyptienne se trouve égale à celle de Samos ».
(4) D'après la longueur du stade olympique, fixée par les découvertes de l'Institut allemand d'Athènes à 192 m. 27. Cf. Nissen, 1.1., p. 873.