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STRUCTURE DES MOUSSES ET DES ÉMULSIONS

la visibilité à l'œil nu, nous voyons bien qu'on ne peut pas parler de « molécules albuminoïdes vivantes » au sens où Ton prend le terme de molécule en physique. La plus petite partie de l'œuf d'oursin qui soit capable de développement est encore un mélange de substances dilTérentes, ses divers éléments sont morphologiquement différents, de sorte que la notion de molécule ne lui est guère plus applicable qu'elle ne Pest à un animal tout entier.

H. — Structure DES mousses et des émulsions.

Nous avons appris à connaître les principaux composants chimiques de la substance vivante : nlbuminoïdes, hydrates de carbone, graisses, sels. Il nous reste à étudier Sa structure physique, qui est l'objet de nombreuses contestations.

Beaucoup d'auteurs prétendent que le « protoplasma » est constitué par un réseau fibrillaire. Mais il est probable que cette structure, lorsqu'on l'observe, est due à une coagulation /)05/ mortem. On sait, en effet, que les albuminoïdes qui composent le protoplasma peuvent passer, dans certaines conditions, de Tétat liquide à l'état précipité et que cette précipitation peut faire apparaître une différenciation physique, une structure qui n'existait pas pendant la vie. Hardy a montré qu'il se produit des précipitations de ce genre lorsqu'on traite les tissus vivants par les fixateurs employés en histologie (1) ; d'autre part, la mort suffit souvent à en déterminer.

L'hypothèse de Bùtschli, d'après laquelle le protoplasma vivant posséderait une structure microscopique analogue à celle des mousses, présente un degré de vraisemblance bien plus élevé (2). Wilson et d'autres auteurs acceptent

(1) Hardy, Journal of Physiology, vol. XXIV, p. 158, 1899'.

(2) BuTSCHLi, Untersuchungen iiber mikroskopische Schàume und das Protoplasma. Leipzig, 1892.

cette hypothèse; Hardy, Pauli font des réserves. En tout cas, la théorie de la structure des mousses et des émulsionsr peut être considérée comme ayant une importance pour la dynamique des phénomènes de la vie : aussi indiqueronsnous ici les grands traits de cette théorie.

Emulsion et mousse, d'après Quincke, sont deux noms^ différents pour un même objet physique. Une emulsion^ telle que le lait, par exemple, est composée d'un grand nombre de gouttelettes de graisse, sphériques, en suspension dans un liquide aqueux (1). Nous employons l'expression de mousse quand il s'agit d'une emulsion de gaz dansun milieu liquide. La mousse de savon, par exemple, se compose de masses d'air sphériques contenues dans un liquide aqueux. Dans les deux cas, la structure physique est la même.

La propriété physique qui nous intéresse dans les mousses, c'est leur stabilité. D'après les recherches de lord Rayleigh (2), un liquide absolument pur ne peut pas former une mousse stable. Une bulle de gaz qui s'élève dan& de Teau pure est entourée d'une membrane, d'une lamelle liquide; mais cette lamelle n'est pas stable, elle se rompt. Mais si on mélange k Teau une autre substance, si Feau cesse d'être pure, ces lamelles liquides deviennent plusstables. L'influence exercée dépend de la-nature des impuretés introduites. De petites quantités de substances colloïdales (V. même leçon, 3® partie) : savon, saponine, solution de gélatine, etc., rendent très stables les pelliculea liquides des mousses formées dans i'eau et leur assurent une longue durée.

Cette influence des impuretés sur la stabilité des lamelles liquides résulte du rôle que joue la tension superficielle dans ces phénomènes. Des expériences ont démontré que toutes les impuretés qui rendent plus stables les pelli-

(1) Quincke, Pflugers Archiv, vol. XIX, p. 129, 1879.

(2) Lord Rayleigh, Scientific Papers, vqI. III, p, 351, 1902.

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