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LES MEMBRANES DE PRECIPITATION* DE TRAUBE

Si une partie de la masse de la substance vivante se présente sous forme de solution colloïdale, c'est une règle générale que toute cellule libre est entourée d'une membrane solide. L'existence de cette membrane ressort de l'étude des pseudopodes formés par les protozoaires. Toute une série do protozoaires forment de longs pseudo-

* Niederschlagsraembranen.

formation des lamelles superficielles solides : on trouvait là une explication satisfaisante de la mort rapide des fragments de cellule non nuclées. Il ne serait pas impossible que, dans certains cas, les processus d'oxydation contribuent à la formation de ces lamelles.

Mais il y a aussi, dans d'autres cas, production de membranes solides au contact de deux solutions colloïdales, et il est probable que ce processus joue un grand rôle en» biologie. La découverte et la vérification expérimentale de ce fait sont encore dues à Moritz Traube. Traube n'a pa& seulement découvert les membranes de précipitation; il a encore signalé une propriété physique fondamentale de ce& membranes, leur semi-perméabilité. Sa découverte a conduit Pfeffer à ses mesures de la pression osmotique et de Vries à ses observations sur la plasmolyse, et ces deux dernières séries de travaux, à leur tour, ont servi de base à van't Hoir pour démontrer l'identité de la pression gazeuse et de la pression osmotique.

Traube étudiait le mode de formation des membrane» cellulaires des végétaux : ses recherches ramenèrent à conclure que la formation de la membrane et la croissance de la cellule résultent d'un processus physique simple» Certaines solutions colloïdales, lorsqu'elles sont en contact Tune avec l'autre, forment à leur surface de séparation un dépôt imperméable pour les deux colloïdes. Ce dépôt doit prendre, en conséquence, la forme d'une membrane mince^ et cette membrane empêche désormais toute action des deux colloïdes l'un sur l'autre. C'est la membrane formée par ce précipité qu'il a appelé « Niederschlagsmerabran »►

Citons l'exemple suivant pour faire connaître la méthode qui permet d'obtenir ces membranes. Traube prélève, au moyen d'une baguette de verre, une goutte d'une solution très concentrée de gélatine p (voir le travail de Traube pour les détails de la préparation de cette gélatine), et, après l'avoir laissée à l'air pendant plusieurs heures, il la dépose dans une solution d'acide tannique à 5 p. 100. En dix

plus élevée que la solution environnante qui représente Tautre, la formation de la membrane est suivie d'une croissance de la goutte. Traube a fondé sur ces découvertes la théorie de la croissance cellulaire qu'on enseigne aujourd'hui encore en botanique, et qui attribue la croissance de la cellule à une absorption d'eau résultant d'une augmentation de la pression osmotique à l'intérieur de la cellule.

Traube inclinait à expliquer la semi-perméabilité par la petitesse des interstices de la membrane, en admettant que ces interstices ne laissaient passer que les plus petites molécules. Sur ce point, des travaux plus récents ont fait abandonner son interprétation. Les recherches d'Overton ont établi que des molécules volumineuses, par exemple celles des alcools supérieurs, diffusent dans les cellules vivantes plus vite que les sels les plus simples. Aujourd'hui, on admet généralement avec Nernst que les corps qui traversent les membranes semi-perméables doivent, pour cela, entrer en solution dans la membrane : on s'explique ainsi que les corps qui traversent le plus rapidement ces membranes soient ceux qui sont les plus solubles dans les substances qui les constituent.

Overton a découvert, d'autre part, que les cellules végétales et animales qui apparaissent comme semi-perméables sont, en général, d'autant plus pénétrables à des substances données que ces substances se dissolvent mieux dans la graisse (alcool, éther, etc.). Il conclut de là que les cellules sont recouvertes d'une couche de substances analogues aux graisses : lécithine, cholestérine, — et que ce sont ces substances qui déterminent la semi-perméabilité du protoplasma (1).

Auparavant, Quincke était arrivé à la même conclusion par d'autres considérations. Voyant que le protoplasma

(1) Overton, Vierteljahrsschr. d. naturforsch. Gesellsch, in Zurich^ vol. XLIV, p. 88, 1899. — - On trouve une exposition d'ensemble excellente dans HôBER, Physikalische Chemie der Zelle und Gewebe^ Leipzig,

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