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III. — La réaction des liquides dans lesquels se

PASSENT LES PHÉNQ;HÈNES VITAUX»

Non seulement la vie des animaux marins, mais celle de tous les animaux en général se passe dans une solution d'électrolytes, car toute cellule est baignée de solutions salines, et en contient. Naguère, on admettait que ces solutions avaient en général une réaction alcaline chez les animaux, acide chez les plantes. On soutenait, en particulier, que le sang était alcalin, notion basée sur les recherches titrimétriques.

La chimie physique nous a conduits à une autre conception de Talcalinité, en nous apprenant que ce qu'il faut prendre pour mesure de Talcalinité, c'est la concentration des hydroxylions libres dans la solution. La méthode titrimétrique n'est point appropriée à la mesure de cette grandeur. L'application des nouvelles méthodes physico-chimiques a conduit à de tout autres résultats. Hôber (1), le premier, a fait usage de ces méthodes pour le sang. Employant des électrodes à gaz, il trouva que le sang était très faiblement alcalin. Sa méthode n'était pas à Tabri de toute objection et, ultérieurement, Friedenthal (2), Fraenckel (3), Farkas, puis Hôber lui-même montrèrent que dans le sang, la concentration des hydroxylions n'est pas plus grande que dans l'eau distillée. Nous devons en conclure qu'en général, les phénomènes de la vie se passent dans un liquide non alcalin, ou à peu près neutre.

Nous avons exposé dans la première leçon, que la production d'àcîdes, par exemple, de COg, est au nombre des phénomènes les plus généraux qui s'accomplissent dans les organismes. Il y a donc constamment mise en liberté d'ions H dans les liquides des tissus. L'expiration permet

(1) Hôber, Pfiag. Archiv, vol. LXXXI, p. 535, 190(>.

(2) Friede;nthai., Zeilschrifl fiir allgeni. Physiol.^ vol. I, p. 56, 1902.

(3) Fraenckel, P/îiigers Archiv, vol, XCVI, p. 601, 1903.

rélimination d'une partie du COg, mais non des autres

acides : de sorte que Torganisrae périrait finalement par

accumulation de ces acides*, si ce danger n*était évité grAce

aux carbonates du sang, qui empêchent la teneur des

tissus en acides de s'élever. Les albuminoïdes du sang

peuvent aussi rendre les ions H inoffensifs, en les faisant

entrer en combinaison (1). L'expérience suivante le montre

d'une façon frappante. Dans une solution d'eau physiologi-

N que (NaCl à 8 p. 1000) rendue, par HCl, d'une acidité-^— ,

un muscle de grenouille meurt en une heure ou moins. Si l'on remplace la solution de chlorure de sodium par du sang de bœuf défibriné, le muscle reste plusieurs jours en vie, même pour une acidité plus forte. Un troisième moyen, destiné à rendre inoffensifs les ions H produits dans le métabolisme, consisterait en une production de bases compensatrices. Il semble qu'il vaille la peine de mieux établir le bilan des ions H et OH dans l'organisme. Si ce travail n'est pas encore fait, c'est qu'il doit d*abord être rendu possible par le travail des physico-chimistes.

Chez les animaux marins, il est facile de se convaincre que les phénomènes de développement et de croissance ne peuvent s'accomplir avec leur vitesse normale que si la solution environnante est en état de neutraliser Tacide formé. Si on sépare de leur polype des tronc? de Tubularia crocea (Hydroïde), ils en forment un nouveau en deuxjours environ, à 20°, et, peu de temps après, la tige commence à croître à partir d'une région située immédiatement au-dessous du polype. Si on prépare une solution contenant NaCl, KCl, MgCl^, CaCl^ et MgSO^, dans le rapport et à la concentration où ces sels se trouvent contenus dans l'eau de mer, et si l'on prend bien garde à ce que la solution soit neutre, la régénération du polype est retardée et

(1) BuGARSZKY et LiEBERMANN, PflîXgers Archiv, vol. LXXII, p. 51, 1898. Spiro et Pemsel, Zeitschrift fur physiol. Chem., vol. XXVI, p. 233, 1898.

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