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III. — Galvanotropisme

Il est d'autant plus naturel de rattacher Pétude du galvanotropisme à celle du géotropisme que les phénotnènes galvanotropiques ont été découverts en faisant passer des courants à travers les parties de la tête qui possèdent la sensibilité géotropique, c'est-à-dire l'oreille et la moelle allongée. C'est Purkinje qui, le premier, a trouvé que, si on fait passer un courant galvanique à travers l'encéphale, il se produit une sensation de vertige (1827). Mais c'est Brenner qui reconnut le premier que le phénomène a un caractère de polarité. Il a observé, et tout le monde a confirmé depuis, que, si Tintensité du courant est suffisante, le sujet fen expérience chancelle vers l'anode, lors de la fermeture, — vers la cathode, lors de l'ouverture. Mach, le premier, a répété ces expériences sur des animaux : il a établi que chez des poissons traversés par un courant constant, la chute a lieu du côté de l'anode. Il a reconnu également que le courant électrique, dans ces expériences, provoque les mêmes réactions qu'un déplacement passif (1). Chez un homme dont un courant suffisamment intense traverse la tête de l'oreille droite à

(1) Magh, Grandlinien der Lehre von den Bewegungsempfindungen» Leipzig, 1875. Les observations de Mach ont été confirmées et étendues par sius et Schweizer, Pfliigers Archiv^ vol. LUI, p. 493, 1893.

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Toreille gauche, les réactions sont semblables à celles qui auraient lieu si le sujet était incliné passivement du côté gauche. Et le sujet, dans les conditions indiquées, a en en éifet l'impression de tomber à gauche.

De même que les réactions géotropiques se retrouvent chez des organismes qui n'ont ni oreilles ni cerveau, les réactions galvanotropiques se rencontrent chez les organismes les plus différents, quoiqu'elles soient moins fréquentes.

La découverte du galvanotropisme proprement dit et son introduction dans la littérature scientifique datent des travaux de J. MûUer-Hettlingen, dans le laboratoire de Hermann. Il observa que, si on soumet des graines de Vicia faba, en voie de germination, à l'action d'un courant constant, les pointes des racines s^orîentent suivant la direction du courant, et vers le pôle négatif (1).

Hermann, à son tour, observa que des têtards de grenouille, placés dans un vase que traverse un courant galvanique d'une intensité suffisante, s'orientent suivant la direction du courant, et la tête tournée vers l'anode (2). C'était là un cas typique de tropisme. Mais je dois faire remarquer que je n'ai jamais réussi à répéter cette observation de Hermann sur les têtards, et que d'autres observateurs ne me paraissent pas toujours avoir mieux réussi.

Blasius et Schweizer (3) ont trouvé que beaucoup d'animaux, placés dans un vase rempli d'eau et traversé par un courant constant, tendent à se transporter vers l'anode. Ils admettent que le courant, en traversant le système nerveux central, y provoque de la douleur quand sa direction est ascendante par rapport à l'animal et n'en provoque pas, quand elle est descendante. Par suite, Tani-

(1) J. MiiLLER-HETTLiNGEN, P/lugcrs Archîv, vol. XXXI, p. 193, 1883.

(2) Hermann, Pflugers Archiv, vol. XXXVII, p. 457, 1885 ; vol. XXXIX, p. 414, 1886.

(3) BLASiua et Schweizer, loc. cif,

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274 TROPISMES ET PHÉNOMÈNES QUI s'y RATTACHENT

mal devrait se placer, le plus souvent, dans la position qui ne lui cause pas de douleur, c'est-à-dire la tête vers Tanode. Mais les expériences faites sur l'homme montrent que les mouvements provoqués par le passage du courant (chute vers l'anode) sont obtenus directement et non par une réaction secondaire, telle que la recherche de la position la moins douloureuse. D'autre part, comme je Tai indiqué, dans ma Physiologie cérébrale comparée et dans mes travaux sur Théliotropisme, on fait une hypothèse

PiG. 30 (d'après Bancroft).

Courbure galvanolropique du manubrium et des tentacules d'une méduse, Po-

lyorchis. Le manubrium et les tentacules s'infléchissent vers la cathode.

inutile, et on aboutit sûrement à des contradictions, quand, à propos des plantes ou des animaux inférieurs, on insère des sensations, et en particulier des sensations de douleur, comme intermédiaires nécessaires entre une excitation externe et ses effets. Car on ne peut pas prouver l'existence de ces sensations chez les animaux inférieurs. D'ailleurs, dans le cas qui nous occupe, l'étude de la question chez l'homme montre qu'il est inexact de supposer qu'elles interviennent.

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