INFLUENCE DES CONDITIONS EXTÉRIEURES
lige pat rapport à la pesanteur. On ne peut pas songer à admettre que ces phénomènes soient dus au développement d'ébauches préexistantes de tiges ou de racines, comme c^est le cas chez le saule. Car si on laisse les tiges dans leur orientation normale, ces phénomènes ne se produisent pas. Un fragment de la tige d'une Antennu-
FiG. 60. — Influence de la pesanteur sur la régénéralion d'un tronçon d'Antennularia. Le tronçon ab est suspendu horizontalement dans raquariuni. Sur la face supérieure, en c, une tige nouvelle cd se forme et croit verticalement. Les rameaux de la face inférieure continuent leur croissance comme racines.
laria antennina, placé normalement dans l'eau, forme à son extrémité supérieure une nouvelle tige, à sa partie inférieure des racines. Si on lui donne une orientation inverse, les organes de chaque exlrémité peuvent changer de nature.
Dans d'autres cas, ce n'est plus la pesanteur, c'est le
LOEB 25
ma
contact d'un corps solide qui a un effet du même' genre. Si l'extrémité d'une tige de Margelis ou d'Eudendrium, (Hydroïdes) vient à toucher le fond dans lequel elle se développe, elle continue sa croissance sous forme de racine (%• 61).
Quand une tige latérale d'Antennularia est orientée la pointe en bas, avant qu'elle commence à croître comme racine, il se produit une modification que nous n'avons pas encore signalée : les polypes qu'elle portait sur sa face
FiG. 61. — Hétéromorphose chez Eudendriiim. La lige primitive (dessinée en noir) était posée sur le fond de l'aquarium. Les deux extrémités étant en contact avec le verre formant des racines.
supérieure disparaissent. Les matériaux qui composaient ces polypes sont-ils perdus pour Tanimal, ou sont-ils employés pour la formation des racines ? On n'a pas encore fait de recherches sur ce point.
J'ai fait, sur un autre Hydroïde, des observations qui semblent térooigner en faveur de la réversibilité des processus du développement : il s'agit, en effet, d'organes déjà différenciés qui se transforment en matériaux non différenciés. Ces observations ont été faites sur une Campannlaria^'flydroïde qu'on trouve en grand nombre à Woods Hole (1). Les stolons de cet Hydroïde se dévelop-
(1) LoEB, Am. Journal of PhysioL, vol. IV, p. 160, 1900.
co
ce S
pent à la surface de corps solides ; les tiges se forment du côté libre des stolons, juste à l'opposé de la région qui est en contact avec le support solide. La précision avec laquelle ces tiges se produisent dans la direction exacte du diamètre du stolon qui passe par son point de contact avec le support indique que des facteurs stéréotropiques interviennent dans le phénomène. Si on détache des tiges et qu'on les dépose, en leur assurant un apport suffisant d'oxygène, dans un petit cristallisoir, on peut observer que les polypes qui ne tombent pas (fig. 62) subissent une série de modifications qui constituent une véritable transformation régressive. Les tentacules se replient (fig. 63), les différentes parties du polype se confondent en une masse plus ou moins informe, qui finit par s'écouler dans la cavité du pédoncule (fig. 64). — La disparition de la structure semble indiquer que certains éléments solides, — par exemple, les parois des cellules, — retournent à l'état liquide. Y a-t-il, en outre, une décomposition chimique plus complète des tissus ? c'est ce qu'il faudrait rechercher. Il s'agit peut-être là d'un cas analogue à celui que Miescher a observé chez le saumon, et dans lequel le tissu musculaire se résout en matériaux qui servent à la formation des cellules sexuelles.
11 est remarquable, en effet, que les substances qui sont rentrées, à Pétat indifférencié, dans la tige de Campanularia, peuvent en ressortir sous la forme de polypes ou de stolons. Ces phénomènes amènent à penser que la formation des organes est, ici, un processus réversible, — que la même quantité de protoplasma peut passer alternativement à l'état différencié et à l'état indifférencié.
CauUery et Giard ont observé, chez les Synascidies, des transformations régressives profondes des tissus, précédant la période d'hivernage. D'après ces auteurs, les fentes branchiales de ces Ascidies subissent une régression complète, et les muscles du sac branchial se résolvent en