‹ La Dysenterie Ambienne À ParisChapitre 4 sur 8 · HISTORIQUE · texte numérisé non relu

HISTORIQUE

La dysenterie amibienne signalée pour la première fois en 1870, par Lewis et Cunningham, dans les déjections de dysentériques de l'Inde, reconnue ensuite

comme entité morbide grâce aux travaux de Kartulis en

Égypte (1885), confirmée par Kruse et Pasquale quel-

ques années plus tard, et démontrée par les expériences du médecin français Marchaux était considérée, jusqu’à ces dernières années, comme une affection essentiellement exotique, apanages des régions chaudes ou tropicales.

Les expéditions effectives aux Indes, en Chine, au Sénégal lui ont payé un lourd tribut.

Mais si la dysenterie amibienne était, à juste titre, jugée très redoutable dans ces régions où elle sévit à l’état endémique et épidémique,on croyait généralement

ces foyers non susceptibles de s’étendre aux régions

tempérées d'Europe et de s’y acclimater.

On savait, par contre, que la dysenterie bacillaire existait dans tous les climats, sous toutes les latitudes.

CQ JE

La découverte de Chantemesse et Widal en 1888, les travaux de Celli, de Kruse et Pasquale, et la réaction agglutinante de Shiga en 1898, avaient permis d'isoler un bacille spécifique de la dysenterie et de créer une entité morbide : la dysenterie bacillaire.

On savait en outre que le bacille de Shiga, le bactérium coli ou tout autre microbe para-colibacillaire qui fait partie de la flore intestinale, pouvait, dans les pays chauds, voisiner avec l’'amæba hystolyÿtica et créer ainsi des formes pathogéniques mixtes de la dysenterie.

Au cours de leurs nombreuses recherches sur la dysenterie observée en France, Roger, Lemoine, Peyrot, Morel, Rieux, Sacquépée, avaient essayé de différencier des bacilles correspondant à des formes diverses de dysenterie. Le caractère spécifique de chacun des bacilles isolés, malgré un grand nombre de travaux sur ce sujet, n’est pas nettement démontré. La pluralité des dysenteries nostras est un fait bien établi.

En tout cas, les auteurs sont d’accord pour dire que la dysenterie observée en France est une dysenterie bacillaire.

Chantemesse, Roger, ont trouvé parfois des amibes dans les selles des dysentériques qu’ils ont examinées, mais ces amibes, hôtes habituels de l'intestin, ne possédaient pas les caractères morphologiques de l’amæba hystolytica indiqués par Schaudinn et qui lui ont permis de diftérencier l’amœæba coli banale, de l’amæba hystolytica.

On ne connaissait donc pas de cas de dysenterie amibienne né en France ; tous étaient originaires des

AVR colonies. Nous avons pu les observer très fréquemment à Marseille et à l’hôpital maritime de Saint-Mandrier, dans le service de M. Galliot, médecin-chef de la marine.

Nous avons assisté souvent à la scène lugubre du débarquement des soldats ou fonctionnaires rapatriés des pays chauds. |

Après de longs mois de traitement à l’hôpital, ils partaient enfin en congé, dans leurs foyers, les uns guéris, les autres améliorés mais ayant encore trois ou quatre selles par jour, molles et légèrement glaireuses.

C’est ainsi qu’on a pu observer, à Paris, quelques cas de dysenterie amibienne contractée aux colonies. En 1903, M. Vincent a rapporté l’histoire d’un matelot qui ayant contracté la dysenterie sur les côtes d’Indo-Chine avait élé rapatrié en France.

Parti en convalescence non guéri, il vint à Paris, fit une rechute grave et c’est ainsi que M. Vincent fut appelé à le soigner à l'hôpital militaire du Val-de-Grâce.

Nous rapportons ici l'observation de ce malade, publiée par M. Vincent dans la Presse médicale en 1903 :

Un cas de dysenterie amibienne

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