‹ La Dyssomnie: Dans La DyshypophysieChapitre 7 sur 33 · THÉORIE TOXIQUE DU SOMMEIL · texte numérisé non relu

THÉORIE TOXIQUE DU SOMMEIL

En s Ft à l'expérimentation, Piéron a cherché à obtenir des phénomènes dé sommeil par injection, à des chiens sains, de sérum et de liquide céphalo-rachidien de chiens rendus insomniques. Il a, de plus, analysé histo-

logiquement les cerveaux de ces animaux injectés. Les

résultats sont intéressants et prouvent l'existence d’une . 0 . Æ . v | e Te # hypnotoxine d’origine encéphalique, à action encéphali-

que, action plus nette avec l'injection de liquide céphalo-

râchidien, qu'avec celle de sérum. |

« Le résumé des observations, dit l’auteur, permet des conclusions très fermes relativement à l'existence d’une propriété hypnotoxique du sérum sanguin, du liquide céphalo-rachidien et du plasma cérébral des animaux insomniques, entraînant les mêmes altérations, dans les mêmes cellules nerveuses que celles que l’on rencontre après une longue période d’insomnie, altérations également réparables après un court laps: de temps. »

Dans des expériences très précises, Piéron a noté que tous les animaux ayant reçu des injections de sérum ou de liquide céphalo-rachidien, provenant des chiens insomniques, ont présenté, à des degrés divers, de la somnolence, du besoin plus ou moins irrésistible de sommeil.

« Chez aucun des quatre animaux témoins, ajoute-t-il,

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ayant reçu des injections de sérum ou de liquide céphalo-rachidien normal, il n’y eut de somnolence ni d’altérations cellulaires, mais seulement dans deux cas, une certaine inertie et une réaction inflammatoire, cas dans lesquels il pouvait y avoir eu une légère compression par suite d’un excès de 4 et de 6 cc. de liquide introduit dans les ventricules, faute d’un prélévement suffisant de liquide céphalo-rachidien.

« D'autre part, tous, sauf deux, à côté d’une réaction “inflammatoire très variable ont subi des altérations cellulaires à peu près identiques à celles trouvées. chez les animaux insomniques. Chez les deux chiens qui ne pré-sentèrent pas d’altérations, la somnolence fut aussi très peu marquée ; ils avaient reçu l’un du sérum, l’autre du liquide céphalo-rachidien d’une chienne qui se montra très résistante à l’insomnie, chez qui le besoin de somneil n’était pas très impérieux encore et dont les altérations cellulaires étaient presque nulles.

« Cette exception semble donc fournir une véritable

expérience témoin montrant la relation qui existe entre.

le besoin de sommeil et les altérations cellulaires . chez l’animal insomnique et chez l'animal qui a reçu des produits insomniques.

« Il existe à coup sûr, conclut l’auteur, dans la partie du sérum provenant d'animaux insomniques' qui est insoluble dans l’alcool et soluble dans l’eau distillée, une propriété toxique provoquant un besoin de sommeil irrésistible auquel l’animal cède en général ; on note alors un sommeil profond, avec respiration ronflante.

« La propriété hypnotoxique paraît liée à un vecteur, à une hypnotoxine. » i

Piéron a observé que cette action toxique disparaissait . par oxydation et sous l’action de la chaleur à 65°.

PVR) A

« Ces caractères rapprocheraient des diastases le corps

hypothétique auquel serait liée cette action toxique.

Celle-ci ne peut se rapporter ni à l’acide lactique, ni à la névrine, ni aux produits de l'urine qui sont solubles dans l'alcool.

« Cette action se manifeste avec plus d'intensité dans

le liquide céphalo-rachidien que dans le sérum et cela est une indication précieuse. Le cerveau paraît donc le

laboratoire où s’élabore l’action hypnotoxique.

« Et si les grandes cellules pyramidales de la région préfrontale sont électivement atteintes, rien ne prouve que cette action toxique ne peut s'exercer sur d’autres régions, suffisamment pour paralyser l’activité fonction-

nelle, insuffisamment pour entraîner une dégénérescence ” f we i

histologiquement révélable. »

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