III. — DESCRIPTION DU RÉTROCEPS
La construction du rétroceps a passé par bien des phases. Le principe qui a présidé à sa construction, toutefois, ainsi que je l’ai déjà fait remarquer, n’a jamais varié. Les modifications n’ont jamais porté que sur le mode d’articulation des branches, mode que j'ai eu constamment en vue de perfectionner, en le simplifiant.
Dans mes mod les primitifs, dont l’instrument construit par Guéride peut être tenu comme le type le moins imparfait, le manche élait unique et amovible. Il présentait deux grands défauts. Il était hérissé d’aspérités, de boutons destinés à assurer à chaque branche un mouvement propre.
Ges mêmes aspérités avaient pour inconvénient de contusionner la main au cours des manœuvres. De plus, cette complexité de la poignée rendait très compliquée l’articulation des branches. Celle de la branche gauche, ou bascu-
lante, se faisait en cinq temps. La droite, ou pivotante, en comportait huit : en tout treize temps.
Le modèle actuel, que j’ai fait construire par Aubry, habile fabricant auquel le jury de l’exposition universelle vient de décerner une médaille d’or, sera, je l’espère, définitif.
Ce modèle, en effet, me semble avoir réalisé la perfection. La poignée ne présente plus une seule aspérité. Toujours facile, quelle que soit la nature de la présentation, l'articulation des deux leviers se fait en deux temps.
Voici la description et la figure de cet instrument :
Il est constitué par deux branches. Chacune d’elles est montée sur un tronçon de manche, dont la réunion constitue la poignée transversale de l’instrument.
La longueur des branches, depuis l’extrémité des cuillers jusqu’au point d’implantation des tiges sur la poignée, est de 0""26. Celle des cuillers est de 0m16. Leur profondeur maximum mesure 0ra45 pour le bord antérieur, 0m06 pour le bord postérieur. Leur courbure sur le champ est de 0m07. Leur plus grande largeur n’est que de 0n,04.
Un mouvement particulier est dévolu à chacune des branches.
La bran he droite, ou basculante, BM, ainsi que l’indique son nom, bascule librement en dedans et en dehors, dans le sens de l'axe de la poignée.
La branche gauche, ou pivotante, PM, est disposée de manière à exécuter un mouvement de rotation sur son axe. Ce mouvement est produit au moyen d’un système d’engrenage, placé dans l’intérieur du tronçon de manche qui lui sert de support. Ce mouvement, qui a pour objet d’ouvrir ou de fermer la cuiller, est obtenu au moyen d’une clef. E, qui fait tourner la tige sur son axe.
Ces deux mouvements ont pour but de permettre aux cuillers de s’appliquer aussi exactement que possible sur l’organe en présentation, en s’adaptant à son volume.
On pourrait craindre que la mobilité latérale de la ^branche basculante devienne unecondition de dérapement. füe serait à tort. La cuiller est. suffisamment maintenue par
les orifices vulvaire et cervical, qui font l’effet des tenailles dites à anneau.
L’articulation des deux leviers se fait en quelque sorte d’une façon automatique, tant elle est prompte et aisée, même dans les présentations les plus défavorables.
Les deux cuillers posées sur l’organe, pour articuler l’instrument, il suffit de faire pénétrer le gougeon C, du tronçon de la branche droite, dans lainortaise, D, du tronçon de la branche gauche. Ce premier temps effectué, reste le second, qui consiste à fermer le plus possible la cuiller gauche, P, afin de bien saisir la tête. Le second temps s’effectue aussi instantanément, en faisant tourner de bas en haut la clef, E.
Ce système d’engrenage comporte trois arrêts, qui per-
mettent de serrer les cuillers selon le volume de l’organe sur lequel elles sont appliquées. La direction de la clef indique le degré de striction
Lorsque la cuiller gauche, P, est ouverte au maximum, (précaution qu’on doit toujours prendre au moment de l'application de cette branche), la clef présente une direction oblique et presque perpendiculaire par rapport à la tige. Lorsque cette branche est serrée au maximum, condition dans laquelle les deux cuillers affectent un placement approchant de la symétrie, ainsi qu’on le voit figuré par le dessin ci-dessous, la clef est parallèle à cette même tige.
Quand on imprime à cette clef un mouvement de bas en haut, de manière à faire tourner la branche sur son axe en vue de serrer les cuillers, on ressent à la main, aux deux derniers temps d’arrêt, un mouvement de ressaut, qui se perçoit également à l’oreille.
Lorsque la branche gauche, P, est ouverte, au moment de ['application des deux leviers, les deux tronçons se trouvent dans un état de parallélisme, qui permet de faire pénétrer, avec la plus grande facilité, le gougeon, C, dans la mortaise, D. Lorsque cet engagement ne peut pas s’effectuer, c’est que l’on n’a pas pris la précaution d'ouvrir la branche P. On peut aisément l’ouvrir in situ , c’est-à-dire sans la retirer. En cette vue, on applique deux doigts de la main gauche à la partie la plus inférieure de la tige, en M, au dessus du tronçon du manche ; deux doigts de la main droite saisissent les deux olives de la clef, et on tire en sens inverse. Dans ce mouvement, on fait tourner la branche sur son axe, de gauche à droite, et le plan de la cuiller se met dans celui de l’axe du manche.