IV. — MODE D’APPLICATION, MANŒUVRE DU RÉTROCEPS
La manœuvre du rétroceps est à ce point facile que, sur ce chef, aucun agent de préhension ne pourrait lui être comparé. Pénétrant invariablement au lieu d’élection, c’est-à-dire dans la partie la plus aisément perméable de l’organe gestateur, en avant de la lèvre cervicale posté-
rieure, les cuillers vont, comme d’elles-mêmes, prendre place au siège où doit porter leur action Placées l’une à côté de l’autre, on n'a nullement à s’occuper de la position qu’elles occupent. Quelle qu’elle puisse être, cette position est toujours la bonne. Les leviers une fois posés, on n'a plus qu’à les articuler, dernier temps qui s’effectue avec une incomparable facilité. Ainsi que je l'ai déjà fait observer, ce placement, cette articulation n’entraînent aucune difficulté, fût-ce dans les positions les plus irrégulières de l’organe en présentation.
Pour appliquer l’instrument, même au détroit supérieur, en dehors des conditions de nature à rendre le placement des cuillers difficile, il n’est pas besoin de déranger la patiente.
On se contente de relever le siège, autant que possible, au moyen d’un oreiller. L’accoucheur se tient au bord du lit, du côté opposé au point où doit être appliquée chacune des cuillers.
Il m’arrive souvent, pour faciliter la manœuvre, de poser un genou sur le bord de la cquche, ou entre les jambes écartées de la patiente.
Un ou deux doigts suffisent pour guider sûrement les cuillers au sein de l’utérus, au travers du col que l’on écarte avec soin.
Il est indifférent de placer telle ou telle branche la première. Généralement, et par habitude, on commence par la gauche. Si, celle-ci'posée, on éprouve de la difficulté à appliquer la seconde, on se trouve quelquefois bien de l’enlever, et de changer cet ordre d’introduction.
Les deux leviers en place, il n’y a plus qu’à les articuler selon le mode décrit plus haut. On engage le goujon, G, dans la mortaise, D, et on serre la clef, E, au maximum.
Le mode de préhension de l’organe en présentation, au moyen du rélroceps, n’a rien de commun avec celui qui est le propre de tous les agents symétriques. Les cuillers de ces derniers s’appliquent invariablement sur les points extrêmes d’un diamètre quelconque. Les cuillers du rétroceps n’embrassent l’organe que selon une étendue d’un tiers ou d’un quart de sa circonférence.
Cet instrument, en principe, est donc asym < trique. Il peut cependant être utilisé en tant que symt trique. lien est ainsi lorsque la tête, descendue au sein de l’excavation, présente son diamètre occipilo-frontal dans le sens du diamètre antéro-postérieur du bassin. Ainsi, dans la position occipito-pubienne directe, les deux cuillers peuvent s’appliquer symétriquement sur la région frontale. Elles peuvent se poser de même sur l'occiput, dans les présentations occipito-postérieures.
Dans les cas les plus ordinaires, on retrouve les stigmates des cuillers d'une façon tout à fait caractéristique, qui permet, à posteriori, de reconnaître exactement la position de la tête, au moment où elle a été sollicitée par le rétroeeps.
Dans tes occi pito-anté rieur es , de beaucoup les plus fréquentes, on releve toujours une stigmate temporal, un stigmate frontal.
J’ai fait figurer une application de rétroeeps dans la présentation la plus commune (U I G A), figure II (i). On voit que la cuiller basculante repose sur le front, la cuiller pivotante, représentée en pointillé, prenant appui sur le temporal postérieur.
Je le répète, ce mode de préhension est caractéristique et le seul propre du rétroeeps.
Il va de soi que, dans les présentations occipito-postérieures, une des cuillers repose sur l’occipital, l’autre cuiller prenant appui sur le temporal postérieur.