Hill, U. S. Geol. Survey, 2ist Ann. Rept., pt. 7, p
ARMORIQÜE ET ALÏAÏDES AMÉRICAINES. 649
le long du pied Ouest de la Lampasas Cut Plaiu et de la Grand Prairie, de 31° 30' à 33° 30'; sous cette dernière, les sondages Font atteint audessous de la Craie encore à 64 kilomètres de distance du bord (Cb, fig. 128).
A l'Ouest de cette zone carbonifère, on trouve des couches de plus en plus récentes. Toutes s'inclinent doucement vers TOuest. On rencontre d'abord les termes supérieurs du Carbonifère, puis les grès rouges et les marnes du Permien. C'est dans ces marnes que se trouvent, à divers niveaux, les curieux Reptiles décrits par Cope; dans l'un des termes supérieurs apparaît une faune marine {Popanoccras, Medlicotlia, etc.) qui est tout à fait étrangère à l'Est de l'Amérique*. Plus haut encore viennent des argiles rouges avec du gypse, dont l'âge permien est indiqué par la présence du genre Pleurophorus, Ces couches rouges constituent une bonne partie du Bassin supérieur du Colorado et de la Rivière Rouge, et c'est à elles que ces deux cours d'eau doivent leurs noms. L'attribution au Trias des couches les plus élevées, vers l'Ouest, ne repose que sur l'existence de bois fossiles (P, fig. 128).
Le Texas présente donc, sous une série crétacée doucement inclinée vers TE. ou le S.E., une autre série plus ancienne, qui est doucement inclinée vers TW. L'inclinaison, toujours très faible, est originelle, et, à part quelques failles, on n'observe pas de perturbation tectonique postérieure au grès cambrien de Potsdam. On a supposé qu'il y avait eu des mouvements de bascule de l'ensemble du continent; mais il y a une explication plus simple, et répondant mieux aux faits.
Le Conte, Dana et d'autres savants ont depuis longtemps reconnu que certains caractères pacifiques s'étendent sur le versant oriental de la Cordillère. Perrin Smith parle en propres termes d'une Mer Pacifique carboniférienne et permienne dans TArkansas*. Par contre, tout le Crétacé du Texas s'insère dans l'étroite bordure atlantique du Nord, et c'est une formation atlantique. La plaine intérieure du Texas, entre le Llano Estacado et la Grand Prairie y est comme une fenêtre qui laisse
i. G. A. White, The Texan Permian and Us Mesozoic Types of Fossils (U. S. Geol. Survey Bull, n" 77, 1891, 51 p., 4 pi.); W. F. Cummins, Report on ihe Geology of Northwestern Texas (2d Ann. Rept. Geol. Survey of Texas, 1890, p. 394-430, pi. XVl, XVIU : coupes et carte). Un résumé des publications récentes est donné par Ch. S. Prosser, Notes on tlie Permian Formations of Kansas (Amer. Geélogist, XXXVl, 1905, p. 142-161). [Voir aussi Ch. S. Prosaer. The Anthracolithic or Upper Paleozoic Rocks of Kansas and related Regions (Journal of Geol., $V111, 1910, p. 125-161); G. H. Girty, The Fauna of theCaney Shale of Oklahoma (II. S. Geol. Survey, Bull. 377, 106 p., 13 pi.. 1909); Willis T. Lee and G. H. Girty, The Manzano Group of the Rio Grande Valley, New Mexico (Id.. Bull. 389, 141 p., 12 pi., 1909). [Sur le Permien marin du Texas Occidental, voir la monographie de G. U. Girty, The Guadalupian Fauna (Ü. S. Geol. Survey, Professional Paper 58). ln-4*, 651 p., 31 pi., Washington, 1908.]
2. J. Perrin Smith, Marine Fossils from the Coal Measures of Arkansas (Proc. Amer. Phil. Soc, XX.W, n* 152, 1896, p. 213-285, pi. XVI-XXIV, en particuUer p. 228 et suiv.).
voir, sons la série atlantique inclinée vers VEst, la série pacifique inclinée vers rOuest,
Les sédiments pacifiques se poursuivent vers le Nord, dans TOklahoma et le Kansas, mais leurs caractères pacifiques ne s'observent que dans la faune marine. Dans le Kansas, on voit déjà apparaître, un peu au-dessous des Red Beds typiques, Callipteris conferla, indice de la flore permienne de Dunkard, laquelle représente, dans la Virginie Occidentale, le Sud-Ouest de la Pennsylvanie et jusque dans le Nouveau-Brunswick, le Rothliegende inférieur d'Europe. En Allemangne, on pourrait dire que cette série est la couverture post-varisque. Elle entoure en discordance les Monts Ouachita, au Nord de la Rivière Rouge, et en atteste ainsi TAge anté-permien.
Transportons-nous de 8 à 10 degrés de latitude plus au Nord, entre 43<» et 45** de lat. N., dans le Minnesota, où la bordure occidentale du bouclier canadien se cache sous les accumulations glaciaires. Par 96*30' de long. W., à la limite de cet État et du Dakota du Sud, sur la Grande Rivière des Sioux, on voit affluer, sous les amas morainiques et sous des lambeaux crétacés, un quartzite ancien et, en outre, plus au Nord, du granité. Plus à l'Ouest encore, au moins jusque par 98*^30', les sondages révèlent la présence de quartzite ancien et de granité sous les grès aquifères du Dakota*.
Plus loin encore vers TOuest, entre les 103'' et 104* méridiens, on arrive aux Black Hills (I, p. 751). Nous suivrons les récentes indications de Ward et de Darton *. Sur du granité ancien et des schistes reposent en discordance, comme dans le Massif de Burnet, des Grès cambriens. Vient ensuite le Calcaire carbonifère, puis une série rouge à gypse et Bakewellia, tout à fait semblable au Permien du Kansas et
1. N. H. Darton, Preliminary Report on Artesian Waters of a Portion of the Dakotas {V. S. Geol. Survey, i7lh Ann. Hept., 1895-96, pt. 2, p. 003-604, pi. LXIX-CVII; en particulier carte C, p. 072); et Preliminary Report on the Geology and Underground Water Resources of the Central Great Plains (U. S. Geol. Survey, Prof. Pap. n*» 32. ln-4*, 433 p., 72 pi. dont 1 grande carte géol... 1905). Voir aussi S. W. Beyer, The Sioux Quartzite cuid certain associaled rocks {Iowa Geol. Survey, VI, 1890, p. 07-112, 2 cartes). [Voir en outre N. H. Darton, Geology and Underground Waters of South Dakota (Ü. S. Geol. Survey, Watcr-Supply Paper 227). ln-8*, 156 p., 15 pi., 1909; en particulier certes l, X et XI.]
2. Lester F. Ward, The Cretaceous Formation of llie Black Hills as indicated by tfte Fossil Plants (Ü. S. Geol. Survey, 19lh Ann. Rept., 1897-98, pt. 2, p. 521-940, pi. Llll-CLXXII), et G. R. Wieland {in Monograph LXVIII, 1905, pt. I, p. 317-320); N. H. Darton, Preliminary Description of the Geology and Water Resources of the Southern Half of the Black HUls and adjoining régions in South Dakota and Wyoming (2 Ist Ann. Rept., 1899-1900, pt. 4, p. i3^99, pi. LVIll-CXll, cartes); le même, Jurassic Formations of the Black Hills of South Dakota {Eui\, Geol. Soc. of America, X, 1899, p. 383-396, pi. 42-44), et Comparison of the Stratigraphy of the Black Hills, Bighorn Mountains, and Rocky Mountain Front Range (Ibid., XV, 1904, p. 379- 448, pi. 23-30). [Voir aussi N. H. Darton, Geology and Water Resources of the Northern Portion of the Black Hills and adjoining Régions in South Dakota and Wyoming (U. S. Geol. Survey, Professional Paper 05). In-4% 103 p., 24 pi. dont 1 carte géol , 1909.]
du Texas, sur laquelle repose une formation nettement pacifique, le Grès jurassique à Cardioceras (étage de Sundance). Après un grès dépourvu de fossiles viennent les marnes feuilletées des couches à Atlanlosaurus, qui ont fourni les Reptiles géants et que Marsh rapporte au Jurassique.
A la suite des couches k Atlantosaurus vient une période d*érosion, pendant laquelle Talluvionnement fut si considérable qu'on trouve, intercalées dans les dépôts, des veines de houille exploitables contenant la flore du Potomac inférieur (étage de Lakota). Cette époque marque le début de la série des couches de la bordure atlantique. Ici encore, le contraste des formations pacifiques et atlantiques est limité aux dépôts marins. C'est l'époque du Wealdien et du Néocomien, et en même temps l'expression de la phase négative qui sépare le Jurassique du Crétacé, phase qui est aussi manifeste ici que dans la Presqu'île de Purbeck, par exemple.
Des forêts de Cycadées ont également laissé des traces dans les Black Hills. Plus haut, des arbres à feuilles sont enfouis dans les grès du Dakota. Vient ensuite, là encore, la transgression du Crétacé supérieur marin.
Nous n'irons pas plus loin pour le moment. Nous avons voulu seulement, en rapprochant la bordure atlantique de l'Est, la fenêtre du Texas et l'intercalation de la flore du Potomac (étage de Lakota) dans les sillons d'érosion des Black Hills, rappeler une fois de plus l'amplitude et l'uniformité extraordinaire des phénomènes qui annoncent le passage d'une formation à la suivante.
Les Appalaches au delà du Misslssipi. — Lorsque le premier rapport du Service géologique de l'Arkansas parut, en 1888, il annonça l'existence d'une chaîne de hauteurs atteignant 600 à 700 mètres qui, commençant au Sud de Little Rock, s'étend du voisinage de 92° à 100° de long. W., en formant la ligne de partage entre la Rivière Canadienne prolongée par l'Arkansas au Nord et la Rivière Rouge au Sud. Branner la nomma Ouachita Mountains. Aucune carte n'en avait donné jusqu'alors une image même approximativement correcte. On indiquait tout au plus, loin à l'Ouest, dans l'Oklahoma, le Mont Scott, signalé par des expéditions antérieures. Les géologues qui visitèrent ces montagnes, Branner, Hill et Griswold, furent étonnés de leur ressemblance avec les Appalaches. On vit le plissement dirigé vers le Nord, conformément à l'inflexion des Appalaches; on vit le Carbonifère plissé, avec ses surfaces de chevauchement, et à côté le Permien rouge non plissé. Il n'y avait de désaccord que sur un point, la question de savoir si les Monts Ouachita devaient être considérés comme un pro-
longement de la chaîne maîtresse des Appalaehes, ou, à cause de leur [position un peu plus septentrionale, comme une réapparitiou plu^ accentuée des plis du Cincinnati Uplift *.
Ces montagnes suivent d'abord une direction E.-W., passant peu â peu à N. TO** W. Elles sont bien boisées dans TEst, mais complètement dépourvues d'arbres et couvertes d'une herbe haute dans l'Ouest. Elles se composent de trois coulisses. La première et la plus vaste est form«'^fpar les Ouachita Mountains au sens restreint, le Massem Range de Hill; la deuxième, qui, au point de vue orographique, se rattache assez
FiG. i29. — La région des Novaculiles de l'Arkansas, d'après L. S. Griswold.
Si. Silurien; Ca. Carbonifère; Cr. Crétacé; To. Tertiaire. Les taches noires désignent d'anciens pointomcnts intrusifs. — Échelle de I : 1 600 000 environ.
étroitement à la précédente, est représentée par les Arbuckie Mountains; la troisième, séparée par une lacune de 40 à 50 kilomètres qu'occupe du Permien rouge horizontal, porte le nom de Wichita Mountains; c'est de celle-ci que fait partie le Mont Scott.
Le noyau delà coulisse orientale, le Massern Range (fig. 129), répond aux Whetstone Mountains (Novaculite Range). Au Sud de Little Rock, elles sont coupées obliquement par le bord des montagnes, qu'elles forment sur une longueur d'environ 43 kilomètres. De là, elles s'étendent, en se rétrécissant en forme de coin, et accompagnées d'un grand nombre de petits plis subordonnés, sur plus de 160 kilomètres vers rOuest. Elles sont constituées par des roches siluriennes inférieures peu
1. Rob. T. Hill, yotes on a Reconnaissance of Ihe Ouachita Mountain System inindian Territory (Amer. Journ. of Se. 3d ser., XLII, 1891, p. 111-124, carte de la p. 112); L. S. Griswold, Origin of the Lower Mississippi (Proc. Boston Soc. Nat. Hist., XXVI, 1895, p. 474-479): J. C. Branner, The former extension of th-i Appalachians across Mississippi^ Louisiana, and Texas (Amer. Journ. of Se, 4th ser., IV, 1897, p. 357-371).
résistantes, associées à des bancs siliceux de pierre à aiguiser (Novaculite) qui, fortement redressés, font ressortir les différents plis par des zigzags très brusques. Griswold en a donné une carte (lîg. 130) K
Au Nord et au Sud, les Whetstone Mountains sont accompagnées d'un épais manteau de Carbonifère qui, près d*Atoka, dans le pays des Indiens Choctaw, fait le tour de leur extrémité occidentale. Il est également plissé ; les plis sont déversés vers le Nord, et l'abondance des couches de houille y a provoqué des études plus précises. Le côté Nord a été décrit par Winslow, Drake, et, avec le plus de détails, par Taff, le côté Sud par Ashley . On y connaît des dépôts marins du Carbonifère inférieur et supérieur, ainsi que la flore de Schatzlar et celle d'Ottweiler^ (Ca, fig. 129).
La coupe, du Nord au Sud, se présente ainsi qu'il suit :
Au Nord de TArkansas River, les Boston Mountains sont faites de Calcaire carbonifère; elles sont la continuation de la série horizontale du Sud du Missouri. D'après les coupes de Winslow, elles s'abaissent par une flexure peu accusée jusqu'à la rivière. Au Sud de l'Arkansas viennent les croupes boisées du Carbonifère, plissé vers le Nord, puis les chevrons du bord septentrional des Whetstone Mountains, leur partie centrale moins résistante, appartenant au Silurien inférieur, les sinuosités analogues du bord méridional, enfin la zone carbonifère méridionale, boisée, à laquelle se relient, un peu au Nord de la Rivière Rouge, les Trinity Sands, qui marquent le début du Crétacé.
Tout contre le bord méridional des Whetstone Mountains, entre
1. L. S. Griswold, WheUtones and the NovMuliies of Arkansas (Ann. Rept. Geol. Survey or Arkansas, 111, 1800). In-8% xviii-4i3 p., 9 pi., 2 cartes géol., 1802.
2. A. Winslow, The Geotectonic and Physiographic Geology of Western Arkansas (Bull. Geol. Soc. of America, II. 1891, p. 225-242, pi. 8 : carte); N. F. Drake, A geological Reconnaissance of the Coal Fields of the Indian Territory (Proc. Amer. Phil. Soc, Philadelphia, XXXVI, 1897, p. .326-419, pi. I-IX, dont 3 cartes); G. H. Ashley, Geology of the Paleozoic Areas of Arkansas South of the Novaculite Region, with an Introduction by J. G. Branner (Ibid., p. 217- 318, cartes). La bordure méridionale apparaît aussi sur la carte du mémoire de Hill (21st Ann. Rept., pt. 7, pi. LXVI); J. A. TalT, Geology of the Me Alester-Lehigh Coal Field, Indian Territory [accoinp. by a Report on the Fossil Plants by D. White and a Report on the Paleozoic Invertebrate Fossils by G. H. Girty] (U. S. Geol. Survey, 19lh Ann. Rept., 1897-98, pt. 3, p. 423-600, cartes); J. A. TalT and G. 1. Adams, Geology of the Eastern Choctaw Coal Field, Indian Territory (Ibid., 2lstAnn. Rept., 1899-1900, pt. 2, p. 257-311, pi. XXXV-XXXVII : cartes); G.I. Adams, Stratigraphie Relations of the Red Beds to the Carboniferous and-Permian in Northern Texas (Bull. Geol. Soc. of America, XIV, 1903, p. 191-200, cartes). [Voir aussi J. A. Taff, The Southwestern Coal Field [Indian Territory, Arkansas, Texas] {U. S. Geol, Survey, 22d Ann. Rept., 1900-1901, pt. 3, p. 367-413, pi. XXV-XXVIII). et Progress of Coal Work in Indian Territory (Id., Bull, n* 260, 1905, p. 382-401, pi. I : carte); A. J. Collier, The Arkansas Coal Field (Id., Bull, n« 316, 1907, p. 137-160, pi. IX : carte), et Tfie Arkansas Coal Field, with Reports on the Paleontology by David White and G. H. Girty (Id., Bull. n° 326, 1907, 158 p., 6 pi ); et les folios 74 {Coalgate), 70 (Atoka), 98 (Tishomingo) du Geologie Atlas of the Unitjd States, avec coupes et notices explicatives, par J. A. TalT. Washington, 1901-1903.]
Hot Springs etMalvern, mais encore au Nord d'une arête secondaire de novaculite, se trouve le massif de Magnet Cove, décrit en dernier lieu par Washington; c'est une série complexe de roches eruptives, basiques dans la partie médiane, qui contiennent en leur centre une masse de magnétite *.
Dans la plaine tertiaire, au S. et au S.W. de Little Rock, se trouvent en outre deux massifs de syénite éléolithique. Fourche Mountain et Bryant; Hayes les a étudiés à cause de leur richesse en bauxite *.
Les Arbuckle Mountains (fîg. 131) sont rattachées par le Carbonifère au Massern Range. Elles consistent, d'après Taff, en plusieurs horsb* accompagnés de failles longitudinales, constitués par du granité précambrien et entourés d'une bordure paléozoïque. Ces horsts sont les restes d'une chaîne de montagnes qui fut plissée à la limite du Carbonifère inférieur et de l'étage de Schatzlar. Des conglomérats se déposèrent par-dessus en discordance, et, à la fin du Carbonifère supc^rieur, contenant la flore d'Ottweiler, des plissements importants se produisirent de nouveau. Le Permien et le Crétacé ne sont pas dérangés.
La longueur totale dépasse 90 kilomètres ^
Plus loin encore vers le N.W. se trouvent les Wichita Mountahis qui, longues également d'un peu plus de 90 kilomètres, s'étendent suivant la direction N. 70° W. *. Elles consistent en un très grand nombre de croupes et de dômes isolés et plus ou moins longs, surgissant brusquement du milieu de la plaine ; Taff en compte 250. Le groupe nord-occidental porte aussi le nom de Raggedy Mountains. L'alignement principal, qui commence près de Fort Sill, ne présente que du granité précambrien et du gabbro, cette dernière roche étant la plus ancienne. Du côté du N.E. se trouve un alignement parallèle, qui prolonge les sédiments paléozoïques des Arbuckle Mountains. Le Permien rouge recouvre en discordance quelques-unes de ces croupes.
1. H. S. Washington, Igneous Complex of Magnet Cove, Arkansas (BuU. Geol. Soc. of .\merica, XI, 1900, p. 389-416, pi. 24 : carie) [et : The Foyaile-Ijolite Séries of Magnet Cove : A Chemical Study in Differentiation (Journal of Geol., IX, 1901, p. 607-622, 645-670).]
2. C. W. Hayes, Geology of the Bauxite Region of Georgia and Alabama (U. S. Geol. Survey, 16th Ann. Rept., 1894-95, pt. 3, p. 551-597, pi. XX-XXIII); et The Arkansas Bauxite Deposits (Id., 21st Ann. Rept., 1899-1900, pt. 3, p. 433-472, pi. LX-LXIV, dont 3 cartes).
3. R. T. Hill, Notes on a Reconnaissance of the Ouachita Mountain Systemy p. 121, carte; T. W. Vaughan, Geological Notes on the Wichita Mountains, Oklahoma, and the Arbuckle Hills^ Indian Territory (Amer. Geologist, XXIV, 1899, p. 44-55; et surtout J. A. Taff, Preliminary Report on the Geology of the Arbuckle and Wlchita Mountains in Indian Territory and Oklahonta (Ü. S. Geol. Survey, Prof. Pap. n" 31. In4% 97 p., 8 pi. dont 2 cartes géol., 1904).
4. H. Poster Bain, Geology of the Wichita Mountains (BuU. Geol. Soc. of America, XI, 1900. p. 127-144, pi. 15-17, carte de la p. 129). Les opinions diffèrent sur Tage relatif du gabbri« et du granité; j'ai suivi les résultats des observations faites sur les culots éruptifs de PEst, qui ont été les mieux étudiés.
ARMOHIQUE ET ALTAIDES AMÉRICAINES. 659
Par So'* de lat. N. et 9Q^ 28' de long. W., à 9 kilomètres à TOuest de la branche Nord de la Rivière Rouge, TafT indique la dernière bosse de granité. C'est là que plonge sous la plaine aride l'un des derniers rameaux des Altaïdes Occidentales, après que les discordances caractéristiques des Altaïdes et la longue traînée de couches de houille se sont montrées encore une fois dans les Arbuckle Mountains.
Un deuxième rameau apparaît plus au Sud.
Entre le Rio Grande et le Pecos, des Sierras allongées courent d'abord vers le S., puis vers le S.S.E., et enfin vers le S.E. Entre 31° et 30° 30' de lat. N., près du bord oriental, les Davis Mountains se dressent à 2500 mètres; elles sont constituées par des roches volcaniques récentes et se terminent vers le Sud par des escarpements abrupts. La Sierra Santiago, faite de calcaires crétacés plissés, court ensuite vers le S.E. jusqu'au voisinage du Rio Grande. Le Rio Pecos est encaissé sur une distance considérable dans les argiles rouges permiennes ; plus au Sud s'élève, sur sa rive occidentale, le plateau de Stockton, déjà mentionné comme faisant suite au plateau d'Edwards. C'est là, un peu à l'Ouest du Pecos, que la Craie horizontale du Texas et la Craie plissée des Cordillères entrent en contact.
Hill distingue deux tronçons montagneux, la Sierra Comanche et la Sierra Calmllos, moins importante, qu'il considère comme des éléments exotiques (fig. 132). Ils sont situés à l'Est des Cordillères, et devraient être par conséquent rattachés à la région des plateaux crétacés. La Sierra Comanche est dirigée S.W.-N.E., et rencontre au voisinage de Marathon la Sierra Santiago, plissée et dirigée N.W. -S.E. La Sierra Comanche se compose de calcaires et de grès paléozoïques inclinés vers le N., sur lesquels reposent peut-être en outre des lambeaux horizontaux de calcaire crétacé. La Sierra Caballos est si tuée plus au Sud; ses couches sont redressées verticalement suivant une direction parallèle, et appartiennent, croit-on, à l'étage inférieur de Ilelderberg. Elle est bordée au Sud par une lisière de Crétacé horizontal *.
Ces Sierras n'appartiennent pas à la grande Cordillère, car elles offrent une direction opposée et sont antérieures à la Craie. Elles n'appartiennent pas non plus au Massif de Burnet, dans lequel les sédiments cambriens sont restés horizontaux. Leur direction passe au Nord de ce massif.
Hill retrouve, dans la Sieira Comanche et dans la Sierra Caballos, le type des Appalaches. Ce type reparaît ici, au bord même de la Cordillère du Nouveau-Mexique. Quant au Diablo Plateau, vaste compartiment de Calcaire carbonifère inférieur, situé déjà en dedans de la
1. R. T. Hill, Topographie Atlas of tke United Slates, folio 3, p. 4.
SUESS — ni. 43
Cordillère, au delà des Davis Mountains, on a émis à son sujet la même hypothèse. Mais les faits sont moins convaincants, et nous considérerons provisoirement la Sierra Comanche comme la trace la plus occidentale des Appalaches. Le point de rencontre avec les Cordillères mexicaines se trouve par 30^13' de lat. N. et 103M3' de
long. W.
Dans le Nord, au delà du Burnet County, du côté des Monts Ozark, se trouve un vaste espace où les sédiments paléozoïques doivent atteindre une grande épaisseur. Daus cet espace, les Appalaches se sont
1D4» vrestl.L.v.Greenw.
FiG. 132. — La Sierra Comanche et les Davis Mountains, d'après la carte de R. T. Hill
{Topographie Atlas of the United States, folio 3, Washington, 1900. In-folio, Sheet XI).
Échelle do 35 milles au pouce ou 1 : 1 581 000. ÉquidistaDce des courbes : &00 pieds anglais (15*2 m. .
étalées en donnant naissance à plusieurs branches divergentes. A l'Ouest de cette virgation, cette chaîne puissante vient mourir sous la forme de fragments isolés de coulisses. Ce soni les extrémités libres du plus long rameau des Altaïdes Occidentales.
Les mouvements intra-carboniféres de TAsie Centrale se sont propagés jusque-là. La poussée des Altaïdes vers le Nord, qui apparaît à rapproche du horst d'Azov, est demeurée caractéristique jusqu'au voisinage des Cordillères du Nouveau-Mexique.
Conclusion. L'Océan Atlantique Nord. — Les faits que nous avons exposés jettent quelque lumière sur l'histoire de l'Atlantique Septentrional.
ARMORIQLE ET ALTAÏDES AMÉRICAINES. 66d
Un vaste continent dévonien, TEria, occupe le Nord. Au Sud de celui-ci, une côte à rias se montre à TEst, de la Dingle Bay à La Rochelle, et les plissements armoricains plongent sous la mer. A l'Ouest, une côte h rias semblable apparaît à Terre-Neuve, et les Appalaches émergent. Les Monts Wichita et la Sierra Comanche en sont les extrémités libres.
La Chaîne Armoricaine et la Chaîne des Appalaches sont Tune et Tautre plissées vers le Nord. En Europe, à mesure que la première s'avance, avec les plis varisques, vers Tavant-pays, la mer du Carbonifère supérieur est refoulée; le Zechstein marque le premier retour de la mer dans les pays du Nord. En Amérique, à mesure que les plis des Appalaches s'approchent de leur avant-pays laurentien, la mer, à partir du Calcaire carbonifère, est chassée définitivement, depuis Terre-Neuve jusque bien loin au Sud. Les formations marines mésozoïques et tertiaires font défaut sur le flanc Nord et Ouest des Appalaches.
Si l'on compare les travaux de Stur, de Zeiller, de Kidston, de David White sur les flores carbonifères de la Moravie et de la Silésie, du Nord de la France, des Iles Britanniques et de l'Amérique du Nord, on observe un accord étonnant dans la composition de ces flores et dans leur ordre de superposition, du Culm au Rothliegende et de la Vistule à rOklahoma. Ce parallélisme permet de dire qu'il existe en Europe, à la base du Culm, une discordance qui reparaît à Terre-Neuve, dans le Nouveau-Brunswick et dans la Nouvelle-Ecosse. Sur toute cette distance, les plissements avaient pris fin avant le dépôt du Permien : ce terrain est horizontal, à l'exception de quelques ondulations peu marquées, qui courent du Nouveau-Brunswick dans l'Ile du Prince Edouard.
On peut suivre aussi des mouvements intermédiaires de part et d'autre de l'Océan. Il est manifeste que les transgressions limniques de l'époque de Schatzlar se sont étendues — en Bohême, dans le Bassin de la Sarre, dans le Plateau Central — sur les parties déjà arasées du flanc interne de la chaîne, en même temps qu'elles recouvraient, dans le bassin de Narragansett, les équivalents du Piedmont Plateau. A l'extrême Est, près d'Ostrau, la série des couches houillères se termine par l'étage de Schatzlar. Sur le dôme dévonien de Debnik, qui s'élève près de Cracovie en dehors du bassin houiller, repose en discordance le singulier calcaire à empreintes végétales de Karniowice. Il contient, d'après Raciborski, la flore d'Ottweiler *. Elle y est séparée de la flore de Schatzlar par des modifications physiques. A l'extrême Ouest, dans
1. M. Raciborski, Permokcarbönska flora karnioœickiego wapienia (Rozpr. Akad. Uni., Cracovie, 2« sér., I, 1891, p. 353-394, pi. V-VII).
le Territoire Indien, les couches de Mac Alester, qui contiennent la flore d'Ottweiler, sont plissées avec le reste des assises houillères ((jrady Goal = Schatzlar), et c'est seulement avec le Permien que commencent les couches horizontales. De nouvelles études nous apprendront peutêtre si l'observation faite ailleurs se vérifie ici, suivant laquelle le plissement dure plus tard à mesure qu'on se rapproche des extrémités libres.
Nous passons maintenant à une phase plus récente de révolution. Au Sud de 41°, c'est-à-dire au Sud de la directrice qui reliait jadis l'Amérique et l'Europe, la nature de la côte n'est plus ce qu'elle était au Nord. Sur le flanc intérieur (oriental) des Appalaches, on rencontre les flores de Schatzlar (Narragansett), du Keuper (Newark), du Néocomien (Potomac) et du Vraconnien (Raritan); c'est seulement avec le Sénonien que les dépôts marins apparaissent. Avec le Potomac commence une bordure plus continue, que nous avons désignée sous le nom de bordure atlantique.
Les plateaux du Texas sont la continuation élargie de cette bordure, malgré leur altitude plus grande et malgré les indices marins qui apparaissent dès le Potomac (Trinity Sands).
La phase négative du Wealdien afi'ecte d'immenses espaces de part et d'autre de l'Océan, de la Vistule au Dakota. Vient ensuite un mouvement positif. Dans le Nord de la France, on voit très clairement l'invasion progressive du Gault. Au Texas, les premières traces s'en trouvent dans les Trinity Sands. Alors intervient la grande transgression cénomanienne, qui édifie les reliefs calcaires du Karst, de la Syrie, de l'Arabie, du Sahara, du Texas et du Mexique. Le Sénonien, franchissant partout les limites extrêmes de cette transgression, s'esl avancé au Nord jusqu'à l'Ile de Disko, au Sud jusqu'aux régions antarctiques, à l'Est jusqu'à la Mer d'Aral, et a même laissé ses traces sur les côtes pacifiques. Le Sénonien du Maryland fait partie de cette série débordante.
Ajoutons que la Craie, du Groenland à l'extrême Sud, présente, sauf dans les Antilles, une horizontalité complète, dérangée tout au plus par quelques aiïaissements locaux (Balcones Escarpment).