LIB
/mp. Jht/r^rury . J^iris .
Gopgle
ALTAIDES AFRICAINES. 691
Un des plus importants de ces anticlinaux est le Djebel el Hadid (la « Montagne de Fer »; 666 mètres d'alt. ; direction S.W.), entre l'Oued Tensift et Mogador. Son axe est, d'après Lemoine*, constitué par du Trias vertical; d'autres anticlinaux lui succèdent; ils sont moins aigus, mais ils laissent affleurer aussi, sous le Crétacé, du Trias ou du Permien, et tous diminuent de hauteur dans la direction de l'Océan. L'un de ces anticlinaux atteint le Cap Tafetneh, un second le Cap R'ir, un troisième Agadir n Irir *.
D'après ce qui précède, une branche puissante des Altaïdes, parfois masquée, il est vrai, ou interrompue, mais toujours nettement reconnaissable, et venant du Sud-Ouest de l'Europe avec une direction N. 20° E. (cette direction tourne au N. dans la partie orientale), atteint Casablanca, les Djebilet, Marrakech et le Haut-Atlas et s'étend au moins jusqu'à l'Oued Sous, et jusqu'aux sources du Draa et au méridien de Demnat. Beaucoup de témoins permiens et crétacés se trouvent sur le Haut-Atlas; ses sommets les plus élevés sont constitués
dans le Haut-Âtias, les plis du substratum ancien paraissent être déjetés vers le Sud, ceux de la couverture secondaire qui les surmonte sont déversés vers le Nord: un régrime d^anticlinaux et de synclinaux s'est établi parallèlement à la direction générale de ta chaîne actuelle, dont Tallure a été déterminée par les failles qui ont recoupé les bandes successives de terrains primaires. Ces plis forment au Sud de Demnat, au pied de la plaine du Sous, des imbrications qui, de môme que les anticlinaux du Gap R'ir et d'Agadir n Irir, regardent vers le N. Les mêmes mouvements ont eu leur répercussion jusque dans la région du Haouz, auprès de Marrakech. On peut donc dire qu'il y a eu tendance, pour l'Atlas, à s^écraser contre la Mesela marocaine demeurée exempte de plissements depuis le début des temps secondaires (L. Gentil, Nouvelles Archives des Missions Scientifiques, XVIII, 1909, p. 43 et suiv.). Après la grande phase des plissements tertiaires, il s'est produit des tassements de part et d'autre du Massif Central de l'Atlas : ainsi ont pris naissance les régions effondrées, d'architecture tabulaire, du Haouz de Marrakech, au Nord, du Sous et du Draa. au Sud; l'apparition du grand volcan pliocène, dont L. Gentil a révélé l'existence au Djebel Siroua, parait être en rapport avec ces eiïondremcnts. Ce massif volcanique, de même que les principaux affleurements de roches eruptives permiennes, coïncide, d'ailleurs, avec la rég-ion de convergence des plis carbonifères, qui est aussi celle où le métamorphisme des terrains anciens acquiert sa plus grande intensité ; L. Gentil, Les mouvements tertiaires dans le Haut-Atlas marocain (C. R. Acad. Se, CL. 1910, T' sem., p. 1465-1468); Contribution à Vétude tectonique du Haut-Atlas marocain (Bull. Soc. Géol. de Fr., 4« sér., X, 1910, p. 162-163).]
1. P. Lemoine, Sur la constitution du Djebel Hadid, Maroc occidental (C. R. Acad. Se, CXL, 1903, 1*' sem., p. 393-394).
[2. Ces plis, en s'abaissant vers l'Ouest, vont s'ennoyer sous l'Océan pour se relever peutêtre aux Iles Canaries, où la présence d'Échinides cénomaniens a été récemment signalée par J. Cottreau et P. Lemoine, d'après les récoltes du botaniste Pitard (Bull. Soc. Géol. de Fr., 4* sér., X, 1910, p. 267-271). La séparation du Continent Africain et de l'Archipel Canarien serait de date récente, si l'on en juge d'après l'âge probable des plis de l'Atlas : ceux-ci sont, en effet, postérieurs au Tortonien à Ostrea erassissima et ont même offecté, dans la zone littorale, le Plaisancien. L'aire d'ennoyagequi sépare les Iles Canaries et la Côte Sud-Marocaine n'aurait donc été submergée qu'à partir du Pliocène supérieur, et ce chenal, au point de vue tectonique, deviendrait ainsi comparable au Détroit de Gibraltar, considéré également comme une aire d'ennoyage des plis de la chaîne qui s'étend du Rif à la Cordillère Bétique; L. Gentil, Sur la formation du détroit de Gibraltar (C. R. Acad. Se, CXLVIII. 1909, 1" sem., p. 1227-1230; voir aussi Bull. Soc. Géol. de Fr., 4« sér., IX, 1909, p. 55-56; et X, 1910, p. 271).]
SuESs — in. 45
par des roches eruptives surajoutées, tantôt permiennes (par exemple au Djebel Likoumt), tantôt beaucoup plus récentes (Djebel Siroua).
Les montagnes situées plus à TEst sont presque inconnues; il y a là aussi de hauts sommets, tels que le Djebel Bou Ourioul (4 250 mètres). De même, on ne possède encore sur l'Anti-Atlas, dans le Sud, que très peu d'observations. Gentil l'a vu du Nord-Est et a cru y reconnaître une chaîne plissée. D'après les descriptions et les dessins de Lenz, on pourrait supposer que la structure du Haut-Atlas continue à y régner, à rOuest et au Sud. A Foum el Hossan (28*^ 30' de lat. N.), il existe des couches verticales de grès quartzeux d'âge inconnu. Le Carbonifère inférieur a été signalé par Lenz', au moins jusqu'à 26°. D'après Flamands la Hammada el Aricha, au Nord de Taoudenni (21° 30'), est constituée par du Carbonifère inférieur, qui s'y montre horizontal.
Gentil annonce que, d'après les renseignements fournis par Dereims, on trouve dans le Nord du Tagant du Dévonien gréseux, plissé suivant une direction N. un peu E.; la même disposition serait réalisée, d'après les observations de Gérard, près de Tijikja (Tagant, 19° de lat. N., 9° 30' de long. W.). D'après le même observateur, GruveP aurait reconnu le même grès * sous les dunes de Baja del Galgo, à l'intérieur du Cap Blanc (21° de lat. N.). Pour compléter ces renseignements, il faut ajouter que Dupont a signalé au Congo, entre 5° 13' et 4° 45' de lat. S. environ, des schistes plissés et des calcaires, ces derniers contenant des Stromatopores^
Ces points sont si éloignés les uns des autres que l'on ne peut formuler aucune conclusion certaine; mais il paraît probable que. de même qu'on observe dans le Sahara Central une virgation antépermienne s'étendant très loin vers le Sud, de même, en Mauritanie, des rameaux avancés anté-permiens peuvent également exister.
1. 0. Lenz, Timbuktu. In-8% Leipzig, 1884, II, p. 3, 16, 21, 49, et aiUeurs.
2. G.-B.-M. Flamand, Sur la présence du terrain carboniférien aux environs de Taoudeni. Sahara sad-occidental (G. R. Acad. Se, GXLIV, 1907, 1" sera., p. 1387-1390.) [Voir aus>i L* Mussel et L' Niéger, Observations géologiques faites au cours de la tournée dû Lieutenanl- Colonel Laperrine du Touat à Taoudeni par Achourat (Renseignements coloniaux et Documenl5. Comité de l'Afrique Fr., XVII, 1907, p. 142-155, coupes, 1 carte géol., p. 173-174;.]