LÉGENDE DE LA FIGURE
tr. Trias (Dolomie do Rothi, cargneules, Quartenschiefer); Ji. Jurassique inférieur (Lias, Doppcr. Oolitho ferrugineuse): Js. Jurassique supérieur (Oxfordien, Malm); Jl. D<* écrasé (Lochseitenkalk : er. Crétacé (Néocomion, Urgonien, Gault, couches de Seeven); e. Éocène (Nummoli tique. Grès de Taveyannaz, schistes); m. Moraines, éboulis. — Les lignes horizontales I-V définissent la base (niveau de la mer) dos profils successifs, disposés de l'Est à l'Ouest dans Tordre suivant : M Qemsfayerstock-Glatton ; II-II. Kammlistock-Halmalp ; III-lII. iScheerhprn-SchAchenthaler Windg&lle;lV-lV. Klein Ruchen-Griosstock ; V-V. Gross Ruchen-Brunnialp. — Échelle de 1 : jO 000 (longueurs et hauteurs).
« Cl
du Mürtschenstock, une zone de Flysch s'intercale dans cette série et isole un paquet de couches jurassiques et crétacées (Kerenzenberg) occupant un niveau encore plus élevé (nappe de Mürtschen, Arnold Heim)*. A TKst, près de Walenstadt, on signale une disposition analogue (fig. 148) ^
Ensuite, on voit arriver de très loin, vers le S.W., une nouvelle bande de Flysch ; elle atteint le Lac de Walenstadt près de Wesen et plonge sous les escarpements des Churfirsten. Elle jalonne une troisième surface de contact anormal, et supporte les puissantes formations crétacées des Churfirsten et des plis étroitement serrés du Säntis (nappe du Säntis). Ce Crétacé diffère par sa nature de celui de la nappe sousjacente de Mürtschen.
Puis vient un dernier redressement, et un refoulement des plis les plus septentrionaux ou même de lambeaux discontinus vers la bande externe de Flysch et la Mollasse. On atteint alors, à 45 kilomètres de la vallée du Rhin antérieur, le front du grand pli couché.
Albert Heim raconte quels doutes profonds assaillaient Escher, avant
1. Arn. Heim, Zur Kenntniss der Glarner Überfallungsdecken (Zeitschr. Deutsch. Geol. Gesellsch., LVII, 1005; Monatsber., p. 89-118, 1 pl. coupes, BD particulier p. 94).
[2. Voir Arn. Heim und J. Oberholzer, Geologische Karte der Gebirge am Walensee, 1 : 25000, 1903-1906 (Beilr. zur Geol. Karte der Schweiz, N. F., XX, Spezialkarte Nr. 44); Arn. Heim, Monographie der Churfirsten-Mattstock-Gruppe. 1. Einleitung und Stratigraphie vom Tertiär bis zum mittleren Kreide. In4'', x-272 p.; Atlas, 16 pl. phot., coupes et cartes, Bern, 1910(Beitr. zur Geol. Karte der Schweiz, N. F., XX).]
So Ù3 .^. ..
as
hl op
^ Si
tu .
fc
tu
SÜESS — III.
que ce savant se décidât à publier ses idées sur le double pli. Aujourd'hui, la voie s'est ouverte à des conceptions encore plus grandioses: et le Hausstock, ce lambeau qui couronne le dôme et qui établit la liaison de ses deux bords, s'élève comme un monument du travail consciencieux par lequel ces deux hommes ont précisément permis à la science d'entrer dans cette voie nouvelle.
De la vallée de la Linth, on voit se poursuivre vers l'Ouest le Flysch, que nous avions rencontré dans la profondeur sous le vaste dôme. Il s'élève à une hauteur considérable sous le Glacier des Clarides, et son bord septentrional atteint, près de Fliielen, le pourtour du Lac des Quatre-Cantons. Toute l'aile méridionale du double pli, qui se trouvait au-dessus de ce Flysch, a été enlevée par l'érosion. Des traces de Yerrucano se montrent, sous forme d'un long ruban, au pied de la falaise septentrionale; et, à partir de là, on retrouve les plis couchés vers le Nord '. Le Jurassique est déjà étiré près de Fliielen ; et toutes les chaînes situées plus au Nord appartiennent au Crétacé, qui est également divisé par des bandes de Flysch, indiquant des surfaces de contact anormal. Là, à l'Est du Lac des Quatre-Cantons, les nappes crétacées prennent davantage les caractères de nappes plongeantes, attendu qu'elles tournent vers le bas le front de leurs anticlinaux ^
Près d'Iberg, des lambeaux de la masse de recouvrement du Chablais reposent sur les bandes les plus avancées du Flysch, au Nord du pli couché glaronnais (fig. 149). Sur le Rhin, entre Buchs et Grabs. une zone de Flysch s'intercale entre les Churfirsten et le Säntis; c'est sans doute la même que celle qui sépare la nappe du Säntis de la nappe de Miirtschen. Elle devient très large et porte le Berglittenstein '. Vers l'Est, les prolongements des Churiirsten plongent sous le Falknis.
Aucun doute ne subsiste plus aujourd'hui sur le fait que la grande
[I. Voir les coupes jointes au mémoire de J. Oberhoizer. Die Überfaltungsdecken aufdfr Westseite des Linlhtales (Eclogai Geol. Helv., X, 1908, p. 531-555, pi. 11-13 : coupes).]
[2. Sur les plis couchés et les nappes plongeantes de la région voisine du Lac de» Quatre-Cantons, voir J. J. Pannekoek, Geologische Aufnahme der Umgebung von Seelisbrrg (Beitr. zur Geol. Karte der Schweiz, Neue Folge, XVll, 1905, 25 p., carte à 1 : 2o000k P. Ârbenz, Geologische Untersuchung des Frohnalpstockgebietes, Kanton Schwyz (Ibid., Neue Folge, XVIII, 1905, ix-82 p., 1 pl. coupes, carte à 1 : 25000); P. Arbenz. Zur Geologie des Gebietes zwischen Engelberg und Meiringen (Eclog.i* Geol. Helv., IX, 1907, p. 464-483, pl. 5 : coupe): A. Buxtorr, Zur Tektonik der Zentral-Schweizerischen Kalkalpen (Zeitschr. Deutsch. Geol. Gesellsrh., LX, 1908, p. 163-197, pl. XU-XIll : coupes, avec carte tectonique p. !82>: H. Schardt, Géologie du Groupe de VAa (Alpes d' Unterwald). Article extrait du • Dictionnaire Géographique de la Suisse ». In-S", 8 p., 6 coupes, Neuchâtel, 1909; A.Buxtorf, Erläuterungen zur Geologischen Karte des Bärgenstocks, Basel, 1910. In-S**, 48 p., 2 pl. dont 1 carte tectonique générale (Beitr. zur Geol. Karte der Schweiz, Spezialkarte Nr. 27 a; résumé, Ecloga* Geol. Helv., XI, 1910, p. 286); P. Arbenz, Über die tektoniaehe Stellung der Urirotstockgruppe (Eclog.rGeol. Ilelv., XI, 1910, p. 287).]
[3. Arn. Heim, Ueber den Berg Utenstein und die Grabser-Klippe (Eclog«e Geol. Helv., IX. 1907, p. 425-437).]
zone des lambeaux exotiques repose, par quelques restes isolés, sur des formations qui appartiennent au pli glaronnais.
Et maintenant, tandis que les Churfirsten obliquent vers le S.E., le Säntis conserve la direction N.E. et pénètre sous forme d'une large rangée de plis crétacés, entre Feldkirch et Dornbirn, dans la zone du Flysch des Alpes Orientales. Les détails de la liaison sigmoïde sur la rive gauche du Rhin sont surtout connus grâce aux travaux de Blumer\
Roggenttock.lTSl*!!
Guggertn .1261?
FiG. 149. — SchémA de la Klippe du Roggeostock (Environs d'ibcrg), d*après Edm. G. Quereau (Beiträge zur Geol. Karte der Schweiz, XXXIU, 1893, pl. IIL Hg. 1).
Terrains autochtones : Cn. Néocomien; Cii. Urgonien; Ca. Aptien; Cg. Gault; Cs. Sénonion (Couches de Seewen); e. Éocène. — Terrains exotiques : n. Néocomien; j. Tithonique; tr. Couches do Raibl; td. Dolomio principale ; p. Porphyrito diabasique. — gl. Dépôts glaciaires.
Simplon et Tessin. — Entre la zone du Mont-Blanc et la limite dinarique, les roches sont affectées à un haut degré par le métamorphisme. Des sédiments mésozoïques sont transformés en marbre ou en schistes lustrés, le Permien et le Carbonifère en schistes graphiteux, la diabase, le gabbro et la péridotite en schistes verts ou en amphibolites; et il est souvent très difficile de préciser la limite entre les sédiments carbonifères normaux et le gneiss. Dans cette région existait sans doute autrefois au-dessous du Trias, en concordance, une puissante série de formations argileuses et gréseuses permo-carbonifères, qui, sur quelques points, par exemple dans l'éventail houiller, sont demeurées reconnaissables grâce à des empreintes de plantes et à d'autres traces;
1. Alb. Heim, Das Säntisgebirge. I. Texlband. In-4", x-654 p.; 11. Atlas. In-4°, 32 p., 42 pl. phot., coupes, 3 cartes géoI. à 1 : 25 000 (Beitr. zur Geol. Karte der Schweiz, neue Folge, XVI, 1905); Hl. Theil,E. Blumer, Östlicher Teil des Säntisgebirges (Ibid., p. 518-638). [Voir aussi Alb. Ueïm, Das Säntisgebirge. Kor/ra^ (Verhandl. Schweiz. Naturforsch. Gesellsch., 88. Jahresversamml., Luzern, 1905, p. 97-121, 9 flg. dans le texte); Arn. Heim. Beziehungen zwischen Faltung und Denudation im Säntisgebirge (EcXogod Geo\. Helv., IX, 1906, p. 147-155).]
mais ailleurs, ces formations ont retenu, comme étant le terme le plus mobile de la série des roches, la plus grosse part de l'influence dynamique, et elles se sont ainsi transformées en schistes de Casanna, en schistes argileux micacés et en gneiss talqueux. Sur cet ensemble repose le Trias inférieur, encore reconnaissable aujourd'hui et concordant, tandis que la limite avec le soubassement du Carbonifère est difficile ou tout à fait impossible à discerner.
D'accord avec ce qui précède, la carte géologique générale de la France au millionième représente tous lés grands massifs situés à l'intérieur de la zone du Mont-Blanc, depuis le Simplon jusque dans le Sud (Mont-Rose, Dent Blanche, Grand Paradis, etc.), non en gneiss, mais en Carbonifère et en Permien, par opposition avec le Mont-Blanc ou le Pelvoux. 11 y a aussi des roches granitiques; elles sont regardées en partie comme carbonifères. La question reste ouverte de savoir si. dans cette région, à côté du processus mécanique, d'autres influences, par exemple une élévation de la température, n'ont pas également agi sur les roches K
Le tunnel du Simplon*, long de 19 kilomètres 7, traverse perpendiculairement à la direction des couches, avec une altitude maximum de 705 m., le massif du Monte Leone, qui s'élève lui-même à 3 338 m. On pouvait attendre de cette entreprisé des renseignements importants; elle n'a pas manqué de les fournir. Schardt a retracé rhistorique des opinions changeantes et exposé, dans une vue d'ensemble, les résultats définitifs. La coupe donnée par ce géologue en 1907 est reproduite à une échelle réduite dans la fig. 150, avec son aimable autorisation ^
On rencontre au Simplon différentes sortes de gneiss (gneiss d'Antigorio, gneiss du Monte Leone, etc.) et des formations mésozoïques. Ces
1. Pour l'opinion contraire, on peut renvoyer à T. G. Bonney, On the Crystalline Schhts and their Relation io the Mesozoic Bocks in the Lepontine Alps (Quart. Journ. Oeol. Soc. London, XLVI, 1800, p. 187-240); le même, Schists and Schistose Rocks in the Lepontine Alpes Reply to Criticisms by Professor A. Heim (Geol. Magazine, Dec. i, VIH, 1901, p. 161-1G6), puis On the Southern Origin attributed to the Northern Zone in the Savoy and Swiss Alps [Quari. Journ. Geol. Soc, LXII, 1007, p. 204-307).
[2. Voir la Geologische Karte der Simplon-GruppCf von C. Schmidt und H. Preiswerk. 1802-1005. Mit Verwertung der Aufnahmen von A. Stella, 1808-1006. 1 feuille, 1 : 50000 (Beitr. zur Geol. Karte der Schweiz, Lfg. XXVI, Spezialkarte Nr. iS); Erläuterungen, elc. In-S**, viii-72 p., 8 pl., carte, coupes et panoramas, Zürich, 1008 (Geol. Karte der Schweiz^ Nr. 6).]
3. Voir aussi II. Schardt, Note sur le profil géologique et la tectonique du massif du Simplon comparés aux travaux antérieurs (Eclogœ Geol. Helv., VIII, 1004, p. 173-200, pi. 10: coupe), et du même : Die wissenschaftlichen Ergebnisse des Simplondurctistichs (Verhandl. Schweizer. Naturforsch. Gesellsch., 87. Jahresversamml., Winterthur, 1004, p. 172-211, 2 pi.). [Éd. Trançaise : H. Schardt, Les résultats scientifiques du percement du tunnel du Simplon. Géologie-Hydrologie-Technique, In-8% 46 p., 5 pi. Lausanne, 1003. Tirage à part du Bulletin Technique de la Suisse Romande.] Avec un admirable coup d'œil, Gerlach avait reconnu, dès 1860, la pénétration horizontale de ranticlinal du gneiss d'Antigorio.
dernières comprennent du Trias (arkoses gneissiques, quartzites, gypse, dolomie, marbre) et du Jurassique (schistes lustrés, schistes gris argileux, calcaires graphiteux avec calcaires grenus, phyllades a grenat). On trouve également des traces de schistes verts. Ces couches mésozoïques pénètrent, à partir du Nord, au milieu desgneiss, sousla formed'un synclinal écrasé qui occupe presque toute la longueur du tunnel, c'est-à-dire plus de 19 kilomètres; et, en projetant vers le milieu de la coupe une forte branche ascendante, qui remonte au Sud (branche de Vallé), elles séparent complètement les masses gneissiques supérieures, y compris le sommet du Monte Leone, d'avec le gneiss inférieur ou gneiss d'Antigorio. La partie supérieure, formant le toit, est à son tour divisée par une intercalation mésozoïque.
Dans la moitié Nord du long synclinal, les multiples anticlinaux de gneiss formant la masse de recouvrement pénètrent de haut en bas, comme autant de nappes plongeantes. Un coin puissant de gneiss d'Antigorio.
long de 4 à 5 kilomètres, s'avance du Sud entre l'extrémité du long synclinal et la branche de Vallé.
♦^♦S' 32vaorj£ OZZIJ
En d'autres termes, le gneiss d*Antigorio a tout d'abord été replié du Sud au Nord dans la série mésozoïque, puis, par-dessus cette masse plissée, le gneiss du Monte Leone, venant également du Sud, a été transporté; le Monte Leone lui-même est formé de deux parties, qui ont dû venir se superposer Tune à l'autre (fig. 151). Le tout résulte cependant du plissement simultané des gneiss et des sédiments mésozoïques.
Des observations acquises, C. Schmidt et A. Stella ont déduit des coupes différentes. Mais toutes possèdent un trait commun : la pénétration profonde, par plissement (Einfaltung), des sédiments mésozoïques sous les gneiss, et de ce fait résulte une clef nouvelle pour la séparation des massifs gneissiques. Tout d'abord, on doit se rappeler que le repli sédimentaire pénétrant dans le tunnel à partir du Nord, du cùté de la vallée du Rhône, n'est pas autre chose qu'une partie de la bande mésozoïque qui, de Brigue, se dirige vers Airolo, sur le flanc méridional du Saint-Gothard, et qui représente le prolongement tectonique de la zone interne du Flysch et du Briançonnais au sens restreint *. Sur le côté Sud du tunnel du Saint-Gothard, on peut nettement discerner un plissement à rebours {Rückfall U7i g) K Les mouvements observés dans le tunnel du Simplon correspondent au déversement vers l'avant {Vorfaltung) des Alpes Méridionales ou Alpes Piémontaises.
Portons-nous maintenant plus à l'Est. Au Sud de la ligne d'Andermatt, le Saint-Gothard a disparu et le pays s'est ouvert. Il en est de même au Sud de la ligne d* Airolo ; et les zones sédimentaires internes débouchent dans la large contrée, recouverte de schistes des Grisons, qui, par les vallées de Lugnetz et de Safien et par Coire, s'étale jusque dans le Prättigau. A partir de la ligne d' Airolo, des langues de roches mésozoïques s'intercalent vers le Sud au milieu des gneiss. Elles ont été décrites par Alb. Heim '.
Les massifs gneissiques sont ici partagés en plis couchés qui s'avancent vers le Nord ; en même temps, chacun des tronçons successifs repose sur celui qui lui fait suite à l'Ouest. La direction des plis reste la même que celle des Alpes, mais chaque élément plonge en se dirigeant vers l'Est. Dans TAverser-Thal, les schistes des Grisons s'appliquent contre le gneiss du Suretta ou le recouvrent. Ce gneiss repose à son tour sur
[1. Voir L. DesbuissODS, La Vallée de Binn {Valais), Étude géographique, géologique^ minéralogique et pittoresque. In-8°, Lausanne, 1909, p. 23*46, 1 carte géol., 1 pi. profils par H. Schardt].
2. D'après F. M. StapfT {Generelles geologisches Profil in der Ebene des Golthardlunnels: Spezialbeilage zu den Quartal berichten des Sch\v'eizerischen Bundesrathes. In-f^, 60 p.,1 pl.. Zürich, 1880), la cuvette du Tessin est le résultat de ce plissement à rebours; elle est mésozoïque et ren Terme aussi des amphibolites.
3. Alb. Heim, Über die nordöstlichen Lappen des Tessinermassives (Geol. Nachlese, Nr. 17; Vierteljahrsschr. d. Naturforsch. Gesellsch. Zürich, LI, 1906, p. 397-402, pl. U).
^ hl
Ort © M