‹ La face de la terreChapitre 117 sur 137 · CI · texte numérisé non relu

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Peut-être le Massif du Grand Saint-Bernard doit-il en être exclu ou convient- il d*en restreindre Textension.

Le terme le plus profond reste la nappe I de Lugeon (gneiss d'Antigorio), rencontrée dans le Sud du tunnel et considérée comme représentant le plus ancien gneiss visible (A fig. 150), si Ton excepte toutefois un petit massif qui apparaît près de Crodo. Les nappes II (Lebendun) et III (Monte Leone) (e, fig. 130) sont celles qui, dans le tunnel, enfoncent, à la manière de nappes plongeantes, leurs têtes anticlinales dans le long synclinal mésozoïque. Leur extension en surface est moindre que celle des autres nappes.

La nappe IV ( Saint-Bernard) s'étend très loin vers l'Ouest, en longeant au Sud l'éventail houiller ; et elle affecte nettement, en approchant de la Doire Baltée *, une structure

[I. Voir Em. Argand, ^ ine vallée tectonique. La Doire ^ Baltée en aval iTAoste (Revue

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oblique : le gneiss plonge, en effet, d'abord vers TEst, conformément a Tallure générale des nappes, mais ensuite, au Sud, il s'incline vers rOuest, en passant sous la bande houillère. Ce fait, établi par les géologues italiens, montre le commencement de la structure en éventail. qui s'accuse de plus en plus vers le Sud.

La nappe V (Mont-Rose) s'élève vers le N.E. et s'intercale au-dessous des nappes suivantes. La Dent Blanche (nappe VU) est un lambeau de recouvrement qui s'avance sur la large région mésozoïque de Zermatt- Chàtillon. La longue bande du gneiss de la Sesia (nappe YI) est en même temps considérée comme la partie orientale enracinée de la nappe VU; nous verrons qu'elle se subdivise encore davantage.

Cette conception est, dans ses parties essentielles, celle de Lugeon et d'Argand (fig. 153) *.

C'est le grand mouvement d'ensemble vers l'extérieur qui, par suite de la courbure des Alpes, passe ici de plus en plus de la direction S.-X. à la direction S.E.-N.W. Les plis couchés s'entassent les uns au-dessus des autres. Mais déjà, au Saint-Bernard, commence la structure en éventail. Un large segment se tourne maintenant vers la plaine piémontaise, c'est-à-dire vers l'Est, en subissant un plissement à rebours (Rückfaltung).

Zone d'Ivrée et Massif de la Dent Blanche. — Les sédiments mésozoïques des Dinarides occidentales entourent les lacs italiens. Avec le porphyre permien du Val Trompia et le terrain houiller d'eau douce de Manno, ils reposent, soit normalement, soit sous forme de lambeaux isolés par des failles, sur un substratum qui comprend des schistes argileux micacés, puis des micaschistes avec gneiss à muscovite, enfin le gneiss à biotite du Strona.

Près du bord occidental du gneiss de la Strona apparaît une bande discontinue de calcaire, longue de près de 100 kilomètres, qui croise la Toce près d'Ornavasso et présente dans cette localité des carrières de marbre. On ne connaît pas de bandes calcaires analogues dans les Dinarides. Celle dont nous parlons a tout à fait les caractères des bandes de marbres mésozoïques des Alpes. A l'Ouest de cette traînée, on atteint une large bande de roches basiques qui est désignée tantôt sous le nom de bande des amphibolites, tantôt sous celui de bande des diorites d'Ivrée. Sa largeur est variable; sur la carte de Gerlach, elle

de Géogr. annuelle, de Ch. Vélain, III, 1909, p. 381-391, esquisse tectonique, p. 383).] [i. Sur la structure des régions frontières entre IMtalie et le Valais, voir surtout Em. Argand, L'exploration géologique des Alpes Pennines Centrales. JVole préliminaire (Bull. Soc. Vaudoise Se. Nat., XLV, n° 166, 1909, p. 217-276, pi. 111 : coupes; réimpr. Bull. Laboral. Géol. Univ. Lausanne, n» 14, 1909,64 p., 1 pi.]

atteint jusqu'à 9 kilomètres. Elle sort près de Pavone, au Sud d'Ivrée. delà plaine lombarde, et s'étend, en décrivant une vaste courbe, jusqu'à l'extrémité Nord du Lac Majeur et même au delà. Cette bande jalonne la limite dinarique; une disposition très régulière en arc de cercle règne dans cette région, aussi bien dans les Alpes que dans les Dinarides.

Gerlach, puis Artini et Melzi ont clairement décrit les traits principaux de la région*. Les deux géologues italiens considéraient la bande d'Ivrée comme représentant une énorme fente de l'écorce terrestre. En partant d'une idée analogue, on Ta regardée comme un filon-couche intrusif ; et l'on a cru y trouver une liaison avec les roches vertes des Alpes Piémontaises, liaison qui avait été déjà soupçonnée antérieurement. De même, on a cherché à établir une relation de cause à effet entre sa présence et les mouvements orogéniques. Des objections ont été élevées contre ces hypothèses par les savants italiens, en particulier par Franchi et Novarese *.

Au témoignage de ces excellents observateurs, la succession des roches comprend, de l'Est à l'Ouest, le gneiss du Strona, puis la bande de diorite et, par-dessus, du Trias. Le gneiss du Strona (y compris les roches désignées sous le nom de stronaliles) se relierait intimement à la diorite par l'intermédiaire de gneiss kinzigitiques, et il serait impossible de séparer les deux types l'un de l'autre, de sorte que leur âge serait, par conséquent, très ancien. Au Nord de Varallo, on pourrait même suivre une bande de gneiss kinzigitique à travers toute la bande de diorite. Par contre, à l'Ouest, une puissante dislocation séparerait la diorite du Trias.

Pour arriver à une conclusion ferme, nous devons ajouter tout d'abord les observations suivantes :

Une première bande calcaire, la bande d'Ornavasso, celle que nous venons de mentionner, apparaît déjà à l'Est de la bande dioritique.

1. H. Gerlach, Die Penninischen Alpen (réimpr., Beitr. zur GeoL Karle d. Schweiz, XXVll, 1883. In-4*, 159 p., 1 pi. coupes); et Die Bergwerke des Kantons Wallis nebst einer kurzen Beschreibung seiner geologischen Verhältnisse in micksicht auf Erz- und Kohlenlagerstätten (Ibid., 79 p.). A comparer avec la feuille XXII de la Carte géologique de la Suisse, due au même auteur. E. Artini e G. Melzi, Ricerche petrografiche e geologiche sulla Valsesia (Mem. Ist. Lombardo Se. ed Art.,XVIll, 1900, p. 219-392, pi. 1-XX, 1 carte géol.etl pi. de coupes).

2. S. Franchi, Appunti geologici sulla zona diorilo-kinzigitica lurea-Verbano e salle Jormazioni adiacenti {BoM. R. Gomilato Geol. dlUlia, XXXVI, 1905, p. 270-298) ; V. Novarese, A proposito di un Trattalo di Petrograßa di E. Weinsclienk e sulpreteso rapportofra le rocce delta zona d'Ivrea e le piètre verdi délia zona dei calcescisti (Ibid., p. 181-191); le même, La zona (Tlorea (Boll. Soc. Geol. Ital,, XXV, 1906, p. 176-180). Pour ce motif. Ton indique ici de plus nombreux détails. L'opinion combattue est exprimée dans E. Suess, Sur la nature des charriages (C. R. Acad. Se. Paris, GXXXIX, 1904, 2« sem., p. 714-716); les résultats obtenus par Argand concordent essentiellement avec elle : Ém. Argand, Sur la tectonique du massif de la Dent- Blanche (Ibid., CXLU, 1906, 1" sem., p. 527-529); Sur la tectonique de la zone d'Ivrée et de la zone du Strona (Ibid., p. 666-668); Contribution à Vhistoire du géosynclinal piémontais (^Ibid., p. 809-811).

jLe gneiss kinzigitique (gneiss à grenat, sillimanite, biotite et graphite, par endroits à cordiérile) est probablement, comme dans la vallée de la Kinzig, le résultat d'une transformation du gneiss par métamorphisme de contact. Ce métamorphisme ne peut avoir été provoqué que par la -diorite ; et la question reste ouverte de savoir si la diorite elle-même ne proviendrait pas d'un magma plus basique, par digestion du gneiss '. •Ces faits, de même que la direction transversale de la bande de kinzigite AU Nord de Varallo, nous indiquent déjà que la bande dlvrée n'est pas le produit d'un épanchement, mais un filon-couche intrusif.

Des roches kinzigitiques ne sont point rares dans cette partie des Alpes; Hammer mentionne des faits analogues à Ulten, dans le Tyrol occidentale L'Adda supérieure coupe au Sud de Bormio le batholilhe de la Serra di Morignone, dont Stäche dit que les roches comprennent tous les types, de la tonalité jusqu'au gabbro, et dont la liaison avec l'Adamello avait été soupçonnée déjà par Theobald. Le Poschiavino traverse, en amont de Tirano, le batholithe analogue, quoique plus petit, de Brusio. Stella confirme que dans l'auréole de contact se rencontrent des roches qui ressemblent aux kinzigites et aux stronalites d'Ivrée'.

Ces localités sont situées au Nord des Dinarides. La limite des Dinarides suit la ligne giudicarienne jusqu'à Dimaro, au Sud de Male; elle tourne ensuite vers l'W.S.W. et enfin vers l'W. Elle passe, d'après les indications de Salomon, au Nord du Col du Tonale et elle atteint l'Adda près de Stazzone, au-dessous de Tirano *. Au Monte Padrio.

1. H. Proiswerk, Malchite und Vintlite im • Sirona • und im - Sesia • Gneiss (Fcslsrhrill H. Rosenbuscli gewidmet, ln-8", Sluttgort, 1906, p. 322-334). Novorese (Boll. R. Comilnlo Geöl. d'italia, XXXVII, 1906, parle ufflc.,p. 30) signale un ras où le gneiss du Strona (st afTrde de structure cataclastique, tandis que les schistes à sillimanite appartenant ù la kinzigite ne le sont pas. H. Fischer a donné le nom de Kinzigite au gneiss grenatifère de lavallicde la Kinzig (Neues Jahrb. f. Min., 1860, p. 796-797, et 1861, p. 041-654 : Über den Kinzigil). Hebenstreit montra la teneur en graphite (Inaug. Diss., Würzburg, 1877, in-8% 74 p.); Sauer A introduit le nom de Kimigitgneiss dans la Carte géologique détaillée du Grand-Duché de JSixAe [Erläuterungen zu Blatt Oherwolfach-Schenkenzell^ 1895, p. 18). Ce gneiss à graphite et à grenat s'est formé sous l'action de la granitite, aux dépens d'un paragneiss (H. Thüracli, Beziehungen der Granitit-Gûnge zum Nordracher Turmalingranit und zu dem Kimigitgneiss ; Mitlbeil. Badisch. Geol. Landesanst., HI; 1899, p. 637 et suiv.).

2. W. Hammer, Die Krystallinen Alpen des ültenthales (Jahrb. k. k. Geol. Rcichsanst., UI, 1902, p. 114).

3. G. Stäche, Verhandl. k. k. Geol. Reichsanst., 1870, p. 357; Linck, Pegmatite des oberen Veltlin (Zeilschr. f. Naturwiss., Jena, XXXH, 1899, p. 345-360); 0. Hecker, Petrographisehe Untersuchung der Gabbrogesteine der oberen Veltlin (Neues Jahrb. f. Min., Beilage-Bd. XVll, 1902, p. 313-354, pl. XVIII-XXIII); Stella, Boll. R. Comilato Geol. d'ltalia, XXXVlll, 1007, Parte ufdciale, p. 35; pour ces batholithes, voir surtout W. Salomon, Ueber Älter, Lagerungsform und Entstehungsart der periadriatischen granitisch-körnigen Massen (Tschermak, Mineralog.-petrogr. Mittheil., XVII, 1897, p. 243 et suiv.).

4. W. Salomon, Die alpino-dinarische Grenze (Verhandl. k. k. Geol. Reichsanst., 1905, p. 341-343); la localité de Dimaro est visible sur la Tcuille de Cles, coloriée géologiquenient par M. Vacek et W. Hammer {Geologische Specialkarte von Oesterreich, Zone 20, Col. IV, 1903).

entre TOglio et TAdda, une bande de marbre est indiquée comme le commencement probable d'une longue zone de Trias, qui s'étend le long de la Valteline; Theobald, Rolle et Melzi ont suivi ses traces; Uolle la mentionne encore au Col de Jorio*.

Cette longue bande de Trias, d'ailleurs discontinue, appartient aux Alpes. Au Col de Jorio commence le Val Morobbia, qui suit la même direction E.-W. et atteint le Tessin non loin de Bellinzona au Sud, et qui correspond à la limite dinarique.

Indépendamment des batholithes déjà signalés de la Serra et de Brusio, il s'en trouve encore un troisième sur la même ligne au Nord de Ponte, et un quatrième au Nord du Lac de Mezzola; et on rencontre encore une de ces intrusions récentes près de Bellinzona. Toutes sont situées dans les Alpes et elles se relient peut-être vers l'Est avec des liions de différente nature (ortlerite, suldenite, etc.), qui sont connus jusque bien au delà de l'Ortler et qui montrent quelle grande extension ont atteint par moments de tels phénomènes.

Près de Bellinzona, Klemm a rencontré, en venant du Nord, des «a^ranites récents, englobant des paquets de schistes, sur ceux-ci des sédiments fortement redressés, puis des amphibolites, des schistes et des cornes à silicate de chaux, des marbres à grenat, etc., avec quelques veines de pegmatite. Des serpentines et des péridotites accompagnent les amphibolites, et Klemm considère ces dernières roches comme appartenant à la zone d'Ivrée. Déjà près d'Arbedo, au Nord de Bellinzona, on rencontre dans cette série de nombreuses surfaces de glissement, qui se multiplient vers le Sud; et dans le Val Morobbia, que nous avons indiqué déjà comme formant la limite, les roches d'Ivrée se montrent dans un état d'écrasement complet. Au Sud vient le substratum normal des Dinarides*.

Là, par conséquent, la dislocation ne se trouverait pas à l'extérieur mais à l'intérieur (au Sud) de la zone d'Ivrée; et Novarese pense que ce serait une erreur de regarder les roches de Bellinzona, qui seraient

[Voir aussi la feuille Bormio und Passo del Tonale (Zone 20, Col. III) de la môme carte, par \V. Hammer et G. B. Trener, i908; et W. Salomon, Geologische Karle der Adamello-Gruppe, 1 : 75000 (Abhandl. k. k. Geol. Reichsanst., XXI, Heft 1, 1908). |

1. La lücalite la plus connue est Dubino, pri»s de rcmbouchure de TAdda; F. Rolle, Reitr. zur freol. Karte d. Schweiz, XXIU, 1881, p. 18 et suiv.; G. Melzi, Ricerche microscopiche sulli rocce del versante Valiellinese della Catena Orobica Occidentale (Giornalc di Mineralogia, II, 1891, p. 1-34); le in^nie, Bicercke geologiche e petrografiche suUa Valle de Masino (Ibid., IV', 1893, p. 89-134, carte); W. Salomon, Neue Beobachtungen aus den Gebietendes Adamello und ric's St. Gotthard (Sitzunpsber. k. Preuss. Akad. Wiss. Berlin, 1899, I. Halbbd., p. 27-41).

2. G. Klemm, Bericht über Untersuchungen an den sogenannten • Gneissen ■ und den f netamorphen Schief ergesteinen der Tessiner Alpen, JIl, IV (Sit/ungsber. k. Preuss. Akad. Wiss. Berlin, 1900, I. Halbbd., p. 429. et 1907, I. Halbbd., p. 251-258). 11 n\v a pas lieu, d'ailleurs, 4M1 se fondant sur ces batholithes isolés, de conclure au caractère intrusif récent de renseniblc <ies gneiss du Tessin.

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en effet intrusives, comme la continuation de celles d'Ivrée*. Ces dislocations sont cependant plus récentes que l'intrusion des roches qui ont été écrasées sous leur influence.

Vers l'Ouest fait suite maintenant, sur une distance de 12 kilomètres, jusqu'à Textrémité septentrionale du Lac Majeur, la large vallée du ïessin, qui masque le sous-sol; mais quand, à 8 kilomètres plus loin, près d'Ascona, les rochers reparaissent, ce sont de nouveau des amphibolites avec intrusions granitiques; et cellesci se continuent sans interruption jusqu'à la bande principale J*Ivrée.

C'est vers elle que nous nous tournons maintenant. Le nom de « bande dioritique » n'indique pas sa grande complexité. Dans le Sud, autour de Pavone et dlvrée, on a signalé comme roches dominantes la norite, le gabbro à hornblende et la diorite quartzifère à hypersthène*. Près de Biella, Franchi énumère comme faisant partie de cette prétendue bande dioritique toute une série de roches, depuis le granité jusqu'à la tonalité, et depuis la diorite micacée jusqu'à des roches riches en amphibole et en pyroxène'. On a de plus remarqué que, surtout au Nord de la Sesia, les roches très basiques, comme les péridotites, se groupent vers l'Ouest, tandis qu'à l'Est les diorites prédominent*. Gerlach cite sur un parcours de 25 kilomètres sept localités où l'on a exploité, dans la péridotite, des pyrites magnétiques nickélifères ^

A l'Ouest, tout au moins dans la partie moyenne, la bande dioritique est suivie par une profonde dislocation; puis vient une bande de calcaire triasique. Celle-ci est également d'une grande longueur; et elle est suivie vers l'Ouest par les schistes de Rimella, considérés comme permo-carbonifères et connus vers le N.E. jusqu'à la frontière suisse,

1. Novnrese, Boll. R. Comitato Geol. dltalia, XXXVIII, 1907, parte uff., p. 29.

2. Frank R. van Horn, Pelrographische Untersachungen über die norilische Gesteine der Umgegend von Ivrea in Oberitalien Tschermak (Bccke), Mineralog. MiUheil., XVII, 1897, p. 391-420, pl. Vlll : carte).

3. S. Franchi, Boll. R. Coraitalo Geol. d'Italia, XXXII, 1901, parte uff., p. 39.

4. Les documents les plus importants sont : E. Artini e G. Meizi, Sulla Iherzolite di Balmuccia in Val Sesia (Kendic. R. Accad. Lincei, ser. 5% IV, sem. 2*, 1895, p. 87-92); K. W. Schaefer, Der basisclie Gesieinszug von Ivrea im Gebiete des Mastallone-Thales (Tschermak (Becke), Mineralog. Miltheil., XVll, 1898, p. 495-517, pl. IX : carie); G. Porro, Geognostische Skizze der Umgegend von Finero (Zeitschr. Deutsch. Geol. Gesellsch., XLVII, 1895, p. 377-422, pl. XV. XVI : carte et coupes); et les travaux déjà cités de Franchi, Stella et Novarese; Schaefer compare les schistes dioriliques aux schistes verts du Valais; il pense que toutes ces roches, de la péridotite à la diorite, proviennent d'un magma commun et signale Pimpression d*une faille longitudinale alpine, comme Artini etMelzi. D'après Novarese (Boll. R. (Comitato Ceci. dMtalia, XXXVI, 1905, parte uff., p. 32), les minerais de nickel s'élèveraient en gros fllons. Des gisements plus petits de péridotile sont également signalés dans l'Est de la bande.

5. G. Tschermak, Mineralog. Mittheil., 1874, p. 285; Stelxner, Berg- und HûUeom. Zeitschr., 1877, p. 86; Gerlach, mém. cité, p. 134; J. H. L. Vogt, Zeitschr. f. prakt, Geol., 1, 1893, p. 257.

dans les Cento-Valli, comme accompagnant la traînée dioritique. Ensuite, vers TOuest, on atteint le gneiss'.

Sur le trajet même de la dislocation, Franchi décrit de la prasinite à glaucophane, qui résulte de la transformation de la diorite sous rinfluence de la compression*. Au Sud, on arrive à une zone d'éclogite et de micaschistes; et, près de Traverselle, à TOuest dlvrée, apparaît dans cette bande une diorite pauvre en quartz, qui atteint la couche de calcaire triasique et la métamorphise au contact, en y faisant naître des filons métallifères'.

Le gneiss situé à TOuest des schistes de Rimella diminue de largeur au Nord de la Sesia et se termine au voisinage du haut Mastallone. Mais, vers le Sud-Ouest, il s'élargit et forme l'important massif gneissique Sesia- Val di Lanzo, dont la terminaison méridionale, en forme de coin, accompagnée de calcschistes mésozoïques, atteint la Stura près de Viu et disparaît entre deux puissants affleurements de roches vertes. Dans le Nord, entre la Sesia et la Toce, surgit une deuxième bande dioritique (Ivrée II), qui reproduit les caractères de la zone principale (kinzigite, diorite, gabbro). Gerlach Ta figurée comme se dirigeant d'au delà de la Toce vers le S.W., sur plus de 30 kilomètres de longueur, avec une largeur pouvant aller jusqu'à 2 ou 3 kilomètres. A Franchi revient le mérite d'avoir montré que cette deuxième bande se prolonge encore plus loin vers le S.W., accompagnée de schistes de Rimella, qu'elle s'éloigne en même temps de plus en plus de la zone principale et qu'on peut encore la reconnaître sous forme d'affleurements isolés de diorite et de gneiss kinzigitique jusque dans la vallée de Loo, en amont de Gaby, dans le Gressoney *.

Dans la mesure où la zone d'Ivrée II s'éloigne de la zone principale, la largeur du massif Sesia-Val di Lanzo augmente, comme nous l'avons dit, entre l'une et l'autre. Plus au Sud-Ouest, la localité de Traverselle, déjà mentionnée, se trouve dans l'éclogite de la bande principale. Ces roches rejoignent alors la grande traînée de piètre verdi qui atteint elle-même, avec la direction S.W., le versant méridional du

1. Pour les détails de la bordure occidentale, voir S. Franchi, Appunii geologici salla zona diorito-kinzigitica Ivrea-Verbano c suUe formazioni adiacenii (Boll. R. Comitato Geol. d'italia, XXXVl. 1905, p. 273 et suiv.).

2. Franchi, Boll. R. Comitato Gcol. d'Italia, XXXV, 1904, p. 242-2i7.

3. V. Novarese est même disposé û attribuer à cette diorite un âge tertiaire moyen, parce qu*elle n*a pas subi de transformations dynamiques; L'origine dei giacimenti métalliferidi Brosso e Traversella in Piemonte (Boll. R. Comitato Geol. d'Italia, XXXII, 1901, p. 73- 93); et Die Erzlagerstätten von Brosso und Traversella in Piémont (Zeitschr. f. prakt. Geol., X, 1902, p. 179-187).

4. Franchi, Boll. R. Comitato Geol. d'Ilalia. XXXVIII, 1907, parte uff., p. 30. C'est peutêtre à ce gisement qu'appartient la vintlite de Gaby, dans le Val Gressoney, signalée par Preisvverk.

Grand Paradis, en passant par Chialamberto; l'analogie d'aspect des deux bandes est si complète qu'elles n'étaient pas distinguées sur les cartes, il y a seulement quelques années. Là, en effet, les roches d'Ivrée semblent se relier aux grands affleurements de roches basiques très variées qui s'étendent vers le Sud jusqu'au delà de la Stura et qui, vers l'Ouest, débordent la frontière française; celles-ci renferment, dans de la serpentine, des roches à grenat et de la magnétite

N.W. Matterhorn S.E.

4505" Zmuttgrat PicTyndall

Zmuttgletschep j^^^^^s. Ghiacciaio

o 1 2 Km.

FiG. 154. — Coupe géologique du Mont Cervin, d'après Emile Argand {Bull, Laboratoire de Géol. Université de Lausanne, n" 14, 1909, p. 49, flg. 2).

Terrains pré-triasiques do la nappo de rocouvrement : ar. Série d'AroUa; e. Groupe des Euphotidcs; vp. Série de Valpellino. Terrains mésozoïqnes du snbstratum : si. Schistes lustrés; pv. • Rocitcs vertes »; tr. Trias. Los charnières sont construites d'après les données observées sur la paroi occidentale. — Échelle do 1 : &0 ÛOO (longueurs et hauteurs).

et elles servent également de gangue aux gîtes minéraux bien connus d'Ala*. Il est probable qu'on doit encore rattacher à la bande principale dlvrée elle-même les nombreux affleurements de roches vertes qui accompagnent au delà dlvrée, sur le bord de la plaine lombarde, le flanc Est du massif gneissique Sesia-Val di Lanzo, jusqu'aux montagnes de serpentine et de péridotite qui s'étendent au Sud de Lanzo.

Vers rOuest se trouve une vaste région de sédiments mésozoïques et de roches vertes, que Lugeon a appelée Fenêtre de Châtillon-Zermatt. Elle dépasse au Sud la Doire Baltée et comprend au Nord le Val Challant, le Val Tournanche et le Val de Saint-Barthélémy. Au Nord, ses

1. Voir E. Mallirolo, Su di una carta geo-litologica délie Valli di Lanzo (Boll. R. Comitato Geol. d'italia, XXXVl, 1905, p. 191-211, carte géol. [extraite de : Le Valli di Lanzo {Alpi Graje). Pubblicazione délia Sezione di Torino del G. A. I.]

roches plongent sous le gneiss du Mont Rose. La question de savoir si ces hautes montagnes gneissiques se partagent en quatre ou six nappes de recouvrement, ou davantage, n a qu'une importance secondaire, et le plissement local intervient seul pour déterminer le .nombre plus ou moins grand des intercalations de roches vertes.

Une de ces intercalations dues au plissement {Einfaltung) s'étend vers l'Est depuis le haut du Val Gressoney, par Alagna, jusqu'au voisinage immédiat de la zone d'Ivrée II, près de Rima, sur la haute Sermenza. Gerlach et Traverso en ont suivi une autre depuis le Val Anzasca jusqu'au Val Bognanco, à l'Ouest de Domo d'Ossola*. Si l'on traverse la fenêtre, on rencontre, posé sur le gneiss du Mont Mary (Mont-Chatalaizena), un lambeau de roches basiques; et au delà d'une longue bande de Trias et de la chaîne gneissique du Monte Faroma, dans un territoire appartenant au Massif de la Dent Blanche, une bande de diorite et de kinzigite s'étend le long du Valpelline; elle est accompagnée de calcaire triasique'^

Ce cortège de calcaire triasique se présente de la même manière que dans les deux bandes d'Ivrée; et il n'y aucun argument certain qui permette de distinguer, par exemple, la péridotite de la zone principale d'Ivrée du massif considérable de péridotite qui affleure en amont de Gressoney et qui s'étend par le Breithorn vers Zermatt, en séparant le Mont Rose de la Dent Blanche ^.

Argand insiste sur ce fait que les roches basiques des synclinaux secondaires de la Dent Blanche sont identiques à celles d'Ivrée; d'après lui, la Dent Blanche elle-même fait partie d'un grand synclinal et la « queue » de ce synclinal n'est autre que la zone d'Ivrée elle-même. Au Nord-Ouest de la Dent Blanche, près d'Evolène (Val d'Hérens), Argand croit avoir trouvé le front du pli couché. Si Ton accepte cette manière de voir, on aurait du S.E. au N.W. la coupe suivante : (Trias) bande de marbre d'Ornavasso — Ivrée I — (Trias et permien?) bande de Rimella — gneiss de la Sesia — Ivrée II (probablement un synclinal) — gneiss — roches vertes de la fenêtre de Châtillon — sur celles-ci, le petit lambeau de recouvrement du Mont Pillonet (gneiss) — retour des roches vertes de Châtillon avec du Trias

i. s. Traverso, Geologia deW Ossola. ln-8', 275 p., H pL et 1 carte géol. Genova, 1895. La bande principale est décrite p. 148.

2. Mattirolo, ßoll. R. Ck)mitato Geol. d'italia, XXXIII, 1902, parte ufT., p. 26 et suiv. ; Novarese, Ibid., XXXII, 1901, p. 34; XXXÜI, 1902, p. 32; XXXIV, 1903, p. 30; Franchi, Ibid., XXXIV', 1903, p. 33; Franchi, ilppunft geologici sulla zona diorito-kimigiiicalvrea-Verbano (Ibid., XXXVl, 1905, p. 293), et ailleurs. [Voir aussi S. Franchi, / terrent secondaria « faciès » piemontese ed i calcari cristallini a Crinoidi intercalati nei calcescisti presso Villeneuve, in Valle d'Aosta (Boll. R. Comitato Geol. d'Italia, XL, 1909, p. 520-551, pi. XVI, XVll).]

3. E. Argand, Sur la tectonique du massif de la Dent-Blanche (G. R. Acad. Se, CXLII, 1906, l^sem., p. 527-529); elSurla tectonique de la zone d'Ivrée et de la zone du Strona {\bïd,, p.M^Q&S).

— au-dessus, le grand lambeau de recouvrement de la Dent Blanche

— et enfin, sur ce lambeau, second retour des roches vertes. Dans cette hypothèse, les retours successifs de roches vertes et de Trias représenteraient autant de répétitions de la zone d'Ivrée.

Ivrée II et le Pillonet serviraient d'intermédiaires.

Tandis qu'Argand déduit de ce qui précède la liaison des />/Wr^ verdi et de la zone dlvrée, C. Schmidt, quoique considérant également la Dent Blanche comme faisant partie de la zone dlvrée, regarde en revanche celle-ci, d'accord avec les géologues italiens, comme différente des piètre verdi et comme beaucoup plus ancienne : d'après sa manière de voir, la Dent Blanche serait une sorte d'apophyse (Uebergreifen) des Dinarides*.

Pour nous, la bande de marbre d'Ornavasso est un élément alpin authentique. De telles bandes de marbre se retrouvent ailleurs dans les Alpes, mais non dans les Dinarides. La zone dlvrée fait réellement partie de la cicatrice limite, écrasée et injectée (III, p. 447), et les roches vertes se continuent dans les Alpes, mais non dans les Dinarides.

L'ensemble formé par la Dent Blanche, réunie au Mont Mary et au MontEmilius, près d'Aoste, et s'étendant de là jusqu'au Cervin (fig. 154) et au Weisshorn (au Nord-Ouest de Zermatt), devient, par suite, un lambeau de recouvrement provenant delà région limite la plus interne et la plus orientale des Alpes; c'est en même temps la région tectoniquement la plus élevée de toute cette partie de la chaîne *.

On rencontre également des intrusions basiques au Nord-Est du tunnel du Simplon. Dès qu'elles ont eu atteint la limite supérieure des gneiss, les intrusions basiques ont cherché, selon toute vraisemblance, les zones de moindre résistance dans les calcaires triasiques et les calcschistes jurassiques, en s'introduisant le plus souvent le long des joints de stratification. Cette interprétation s'applique également bien

1. c. Schmidt, Veher die Geologie des Simplongebietes und die Tektonik der Schuyelzeralpen (Eclogœ Geo!. Helv., IX, 1907, p. 484-584, pi. 7-14, dont 1 carte géol.); C. Schmidt und H. Preiswerk, Geologische Karte des Simplon Gruppe ^ 1 : 50 000, 1907 (Beitr. zur Geol. KartP der Schweiz, Lietg. XXVI, Spezialkarte Nr. 48). C. Schmidt sépare, il est vrai, la zone d'Ivree des piètre verdi méâozoïques, mais pense qu'elle se prolonge le long de TAdda : il Tattribue aux Dinarides, mais reconnaît qu'une relation génétique parait exister entre cette zone dUvrée et les ophioliles des schistes des Grisons : en effet, quand on trouve du gabbro dans les schistes des Grisons, des roches basiques se montrent aussi, d'ordinaire, dans les terrains primitiTs du voisinage {Ueber die Geologie der Simplongebietes y p. 547, note 1). L. âiiich {Ueberden Granitgneiss vom Roc Noir, Massiv der Dent Blanche, Südwestliches Wallis; Neues Jahrb. f. Min., 1001, 1, p. 49-88) trouve que cette roche était à Torigine un granité à hornblende éruptir se rapprochant par endroits d'une diorite quartzifère, modifiée dynamiquement dans la suite, et d'âge probablement carbonifère.

[2. Voir la belle Carte géologique du Massif de la Dent Blanche {moitié septentrionale). Levé géologique par Ëm. Argand, 1905-1907. 1 : 50000. Publiée par la Commission Gèolologique Suisse, 1908 (Matériaux pour la Carte géol. de la Suisse, Nouv. sér., Livr. XXIIl. Carte spéciale n*^ 52).]

aux coupes des schistes verts qui ont été décrites d'une façon si complète, dans la région du Simplon, par Preiswerk. C'est pour cela que ces intercalations se superposent si fréquemment les unes aux autres dans les schistes mésozoïques; c'est pour cela aussi que, dans le Binnen- Thal, le contact des lentilles de gabbro avec les calcschistes jurassiques est accompagné de roches qui contiennent du grenat, du titane et du zircon. Les schistes verts résultent de la transformation, par métamorphisme dynamique, d'une série de roches allant, d'après Preiswerk, du gabbro et de la diorite à la dunite et à la picrite^

Relativement aux roches vertes, on arrive en définitive aux résultats suivants :

On ne connaît pas, associés à ces roches, de cendres ou de tufs certains, si tant est que les tufs diabasiques qui se rencontrent sporadiquement dans le Flysch de Taveyannaz ne puissent passer pour des formations de ce genre. Des laves vacuolaires ou des scories sont également inconnues. On trouve pour la première fois des galets de roches vertes dans le Flysch oligocène. Les roches vertes forment des filonscouches; l'es filons ascendants, comme au Mont-Genèvre, sont rares *. Il y a quelquefois des cornéennes à leur contact, mais rarement; on doit également regarder comme formation primaire de contact les grenats, principalement dans les calcschistes.

Franchi a distingué fort ingénieusement les plis empilés, du type du Simplon, des mouvements subhorizontaux des nappes les unes au-dessus des autres, comme on peut en voir des exemples dans l'Engadine. Mais la conception de 1' € ultrapiega » ou du pli-faille ne suffit pas. Des mouvements du genre de celui de l'ensemble des Dinarides vers le Nord ne résultent pas d'un plissement, et Termier a séparé avec raison de tels mouvements en masse des plis couchés des nappes plongeantes '.

A une grande distance à l'Ouest, dans le Val Savaranche, à l'Ouest du Grand Paradis, Novarese a décrit une bande qui est formée à l'Est de diorite quartzifère et à l'Ouest de diorite normale, et que Rosenbusch

i. H. Preiswerk, Die Grünschiefer in Jura und Trias des Simplongebietes (Beitr. zur GeoL Karte d. Schweiz, XXVI, i. Teil, xvii-42 p., 1907).

2. M. Bertrand, Études dans les Alpes Françaises (Bull. Soc. Géol. de Fr., 3" sér., XXII, 1894, p. 160): Tauteur y compare ces roches aux tufs des schistes de Wengren, dans les Dinarides. Preiswerk rappelle les mélaphyres du Tyrol méridional. De même Kilian et Termier, Matériaux pour Cétude des gabbros et de leur cortège de roches cristallines dans le Queyras et dans le Briançonnais (Bull. Soc. Géol. de Fr., i^ sér., I, 1901, p. 39); Grenville A. J. Cote et J. W. Gregory signalent également au Mont-Genèvre des fllona de dolérite et d'andésite augitique : The Variolitic Rocks of Mont Genèvre (Quart. Journ. Geol. Soc. London, XLYI, 1890, p. 295-332, pi. XIII).

3. Voir notamment : Sur la nécessité d^une nouvelle interprétation de la tectonique des Alpes Franco-Italiennes (Bull. Soc. Géol. de Fr., 4* sér.. Vil, 1907, p. 188).

rapproche des tonalités*. La zone d'Irrée a évidemment des rapports très intimes avec la zone tonalitique des régions orientales. Des roches aussi diverses que le granité, la diorite quartzifère et la tonalité, les roches gabbroïdes jusqu'à la péridotite nickélifère, y compris la serpentine et la prasinite, ne sont peut-être pas contemporaines; mais elles ont une origine commune et elles forment sur toute la longueur de la chaîne des Alpes ce que, dans TAmérique du Nord, on réunit, par un terme commun, sous le nom de zone de granodiorite.

De la Doire Baltée au Gesse — Cette région est limitée vers l'Ouest par la Chaîne de Belledonne, les Grandes Rousses et le Pelvoux, et vers le Sud par le Mercantour. Entre ces deux derniers massifs se trouve, au Sud-Ouest, la grande lacune, utilisée par le Guil, à travers laquelle la zone interne du Flysch a débordé, sous forme de nappes, sur les Alpes Helvétiques *.

Le Grand Paradis est un large dùme; Lugeon le considère comme le dos recourbé d'une nappe (carapace) ^ Ce sont probablement des bombements du même gneiss qui forment à TOuest le Mont Pourri, au Sud-Ouest le noyau de la Vanoise, et au Sud le Massif d'Ambin (Petit Mont-Cenis), Dans cette région, les Schistes lustrés et les formations de la zone du Briançonnais se touchent. Ces deux séries participent à des plis communs, empilés les uns sur les autres; et Ton a de plus signalé entre elles des passages latéraux. Une lame puissante de Schistes lustrés s'étend, en particulier, du Val Savaranche à la Grande Sassière (à TEst du Mont Pourri); et les choses se présentent comme si ces plis

\. H. Rosenbuscli, Mikroskopische Physiograyhie der Mineralien und Gesteinefi. Aufl. In-S\ II, 1. Hälfte, 1907, p. 282.

2. Outre les travaux déjà meatioanés de M. Bertrand, Kilian, Termier et Haug:, voir en particulier VV. Rilian, Nouvelles observations géologiques dans les Alpes Delphino-Provencales (Bull. Service Carte Géol. de la Fr., XI, 1809-1900, n* 75, p. 259-277, 1 pi.), et Notice explicative de la feuille de Lärche de la Carie géologique détaillée de la France (Annales de lUniv. de Grenoble, XVII, 1905, p. 1-12 [roprod. ïrav. Laborat.Géol. Fac. Se. Grenoble, Vil, 1904-l«û5, p. 370-381]); W. Kilian et P. Termier, Nouveaux documents relatifs à la géologie des Alpes françaises (Bull. Soc. Géol. de Fr., 4* sér., 1, 1901, p. 385420), et P. Termier, Quatre coupes à travers les Alpes Franco- Italiennes (Ibid., 4" sér., Il, 1902, p. 411-433, pi. XII-XIII : coup«^s). Pour la région italienne des Schistes lustrés, voir I). Zoccagna, Sulla geologia délie Alpi occidentale (Boll. R. Gomitato Geol. d'italia, XVIll, 1887, p. 346-417, pi. ÏX-Xl : coupes et carte géol.); le même, liiassunto di osservazioni gcologiche faite sut versante occidentale délie Alpi Graje (Ibid., XXIIl, 1802, p. 175-244, 311404, pi. V-VI : coupes et carte géol.; voir aussi D. Zaccagna, Alcune osservazioni sugli idtimi lavori geologici intorno aile Alpi Occidentali (Boll. R. Comil. Geol. d'italia, XXXII, lÙOl, p. 4-74, 129-150; XXXIII, 1902, p. 149-160; XXXIV. 1903, p. 297-332, pi. V). Consulter enfin S. Franchi, AncorasulV età mesozoica délia zona deUe piètre verdi nette Alpi Occidentali (Ibid., XXXV, 1904, p, 125-179, pi. Il-III, coupes), et surtout la note du même auteur : Sulla tettonica delta zona del Piemonte (Ibid., XXXVK. 1906, p. 118-144, pi. lU : coupes).

3. Ces diverses hypothèses sont soumises à un examen critique par G. Roverdo, Geomorfologia del gruppo del Crwi i*aradiso^ Torino, 75 p., 24 flg., 1907 (extr. du Boll. Club AIp. Ital., XXXVllI, 1906). [Sur la structure du versant septentrional du Massif du Grand

empilés avaient passé par-dessus les divers massifs gneissiques cités plus haut^

A rOuest vient ensuite Téventail houiller. Vers le Sud, il s'étend jusqu'au delà de Briançon et même d'Argentière. Il va se perdre dans la trouée du Guil; et en ce point, aux environs de Mont-Dauphin, sur les bords de la Durance, apparaît précisément, fait assez curieux, un

Fui. 155. — Les Alpes Cottiennes, d'après S. Franchi (Boll. R. Comitato GeoL (Tltalia, XXIX,

1/es parties laissées en blanc représentent à l'Ouest l'ëventail, à l'Est l'extrémité méridionale du massif gnoissique do la Doire-Maira. — Échelle de 1 : 500 000.

minuscule fragment de granité du Pelvoux, qui est sans doute le reste d'un ennoyage des plis (Verfaltung), C'est seulement plus au Sud, à partir du Col de Longet, que réapparaît Téventail ; deux bandes secondaires se réunissent près d'Acceglio et, à partir de là, Téventail s'étend, sous forme d'une bande permo-carbonifère continue, sur le côté Nord- Est du Mercantour.

Paradis, voir V. Novarese, H projilo délia Grivola {Alpi Graje) (Boll. R. Comit, Geol. d*Ilalio. XL, 1909, p. 497-525, pi. XV : coupes).]

1. P. Termier, Sur la nécessité d'une nouvelle interprétation de la tectonique des Alpes Franco- Italiennes (Bull. Soc. Géûl. de Fr., 4*^ sér., Vli, 1007, p. 174-190, pi. IV-V : coupes); on peut suivre cette étude sur les esquisses de M. Bertrand (Ibid., 3" sér., XXII, 1894, pi. IV-Vll).

Cette disparition dç Téventail, à l'endroit où une résistance vers rOuest fait défaut, prouve que cet éventail n'est pas autre chose qu'une zone de refoulement latéral (Stauung). La fig. 155, extraite d'un travail déjà ancien de Franchi, traduit d'une manière très nette l'inflexion et la disparition graduelle des zones successives. Du côté français, sur la feuille de Lärche, levée par Kilian, le terrain houiller (laissé en blanc sur la fig. 155) ne se montre pas au delà de la Tête de Cialancion ; mais sur cette ligne tombe d'ailleurs la limite principale entre la zone du Briançonnais et les Schistes lustrés. Ces derniers s'étendent jusqu'au Col de Longet.

Dans le Massif d'Ambin, en amont de Suse, se termine, à part quelques traces plus méridionales, toute la zone médiane de gneiss qui vient du Grand Paradis. A l'Est, le gneiss de la Sesia atteint, comme nous l'avons dit, la Stura, parle Val di Lan^o. Vers la plaine lui succède une sorte de liséré de roches vertes, qui sont probablement la continuation de la bande principale d'Ivrée. Entre le gneiss de la Sesia et le gneiss du massif Doire-Maira (partie orientale des Alpes Cottiennes), il existe une lacune. Par cette lacune, et aussi en franchissant le Massif Doire-Maira, les roches vertes pénètrent avec une largeur consid«'^ rable dans la zone du Mont Viso, qui est lui-même une puissante pyramide de serpentine. Dans ses grandes lignes, la zone du Mont Viso est une zone de Trias, de Schistes lustrés et de roches vertes déversée vers l'E. Elle tourne, en direction, comme toute la chaîne et disparaît sous la plaine entre la Maira et le Gesso.

Jusqu'ici, Franchi nous a servi de guide; nous allons maintenant suivre Stella *.

Un éperon de gneiss du Massif Doire-Maira s'avance vers la plaine, au Nord du Pô, près de Revello (laissé en blanc sur la fig. 155). Une bande arquée de Permo-Carbonifère graphitique accompagne ici le bord méridional de la vallée du Pô ; c'est probablement la continuation d'une bande analogue qui atteint une première fois la plaine, au Nord, près de Pignerol et sur le Pellice. Elle se relie à un deuxième éperon gneissique, qui s'élève entre le Pô et la Varaita (gneiss de Venasca). Un arc important de Trias, avec un peu de roches vertes, enveloppe son versant méridional, arrive à la plaine et atteint même, orienté N.N.E., le voisinage de Saluces. Un troisième éperon de gneiss (Monte San Bernardo, gneiss de Dronero) vient ensuite. Il disparaît le long de la Maira. Puis viennent les Schistes lustrés et les roches vertes de la zone du Mont Viso. Mais ce faisceau se subdivise. Une partie disparaît du côté

i. A. Stella, Calcare fossilifère e scisii cristallini dei monti del SalazzesCf nel eosideito elUssoide gneissico Dora-Maira (BoU. R. Gomitato Geol. d'Italia, XXX, 1800, p. 120-160, pi. l : carie et coupes).

de la plaine de Coni (Cuneo), une autre reste fidèle à la direction normale du Permo-Carbonifère et atteint avec ces terrains les Alpes Ligures, en passant le long du Mercantour. Toutes ces roches, depuis Revello jusque dans la zone du Mont Viso» sont affectées d'un plongement isoclinal vers l'W., le S.W. ou le S. et ne plongent au S.E. qu'à Textrémité de la bande.

Kilian pense que le pendage général des Alpes Piémontaises, qui reste constant jusqu'à l'éventail houiller, doit provenir d'un plissement de retour {Rückfaltung).

Dans ce cas, ces éperons de Revello, de Venasca et de Dronero seraient les extrémités libres du plissement de retour, dont les éléments se détacheraient à la manière de coulisses.

Termier a décrit la €Oupe de l'éventail, depuis le Pelvoux jusque vers la plaine (fig. 156)*.

Kilian en fait ressortir

1. En particulier dans sa note : Quatre coupes à travers les A Ipes Franco -Ital iennes . Voi r Aussi : Sur la nécessité (Tune nouvelle interprétation de la tectonique des Alpes Franco-Italiennes.

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la dissymétrie : la partie occidentale est fortement redressée et envoie des lambeaux de recouvrement dans la région helvétique; la partie orientale est constituée par des paquets beaucoup plus larges et plus voisins de Thorizontale. Au Col de TEvchauda, à l'Ouest de Briançon, col qui n'est séparé du Pel voux que par la vallée du torrent de TE ychauda, se trouve un lambeau de recouvrement qui, en opposition apparente avec cette structure, semble provenir de TEst (fig. 157). Termier a établi que ce lambeau vient bien en effet de l'Est, mais qu'il n'a pas une origine très lointaine et qu'il était déjà en place avant le façonnement définitif de l'éventail ^ Kilian suppose que tous les plis piémontais étaient originairement déversés vers l'Ouest et que le plissement à

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Fig. 157. — Zoae du Briançonnais. Coupe des lambeaux de recouvremeot de rEychaada et de Serre-Chevalier, d'après P. Termier {Le& montagnes entre Briançon et Vallouise. in-4% Paris, 1900, coupe V de la pi. en couleurs).

1. Granite da Pelvoux; *2. Terrain hoiiillor; 3. Calcaire & Oyroporelles (Trias); 4. Malm; 5. Marbres cd plaquettes do la Cucumelle (Crétacé?); 6. Micaschistes de rSychauda: 7. Conglomérats éoftones à f^alots de micaschistes; 8. Flysch et calcaires & Nummulitos. — Échelle de 1 : 80 000 (longuoars et hauteurs).

rebours est un phénomène postérieur, déterminé peut-être par l'affaissement de la plaine lombarde *.

L'hypothèse de Kilian montre quelles tâches difficiles se présentent dans les Alpes.

Jusqu'à la mer. — Les Alpes de Ligurie représentent une chaîne de montagnes assez étroite, disposée en arc de cercle, qui, entre le Var et Gênes, ménage la jonction avec TApennin, Elles sont constituées par des terrains alpins, dont la direction est oblique relativement à celle de

1. C'est la •• quatrième écaille • de Termier {Les montagnes entre Briançon et Vallouise^ p. 110-127 et 167-182; voir surtout p. 127 et 173).

2. W. Kilian, Les phénomènes du charriage dans les Alpes delphino-provençales (Congrès Géol. Internat., Compte rendu IX* Sess., Vienne, 1903, p. 473). [V^oir aussi W. Kilian, Sur le rôle des charriages dans les Alpes delphino-provençales et sur la structure en éoentail des Alpes briançonnaises (C. R. Aead. Se, CXXXVII, 1903, 2" sem., p. 536-537); ot Sur les phases de plissèment des zones intra-alpines françaises (Ibid., p. 621-622).]

la chaîne. Vers le Nord, ces roches s'enfoncent sous un manteau tertiaire discordant; vers le Sud, leur direction est coupée par la mer.

Nous avons déjà signalé la rencontre des plis provençaux, des plis helvétiques et des plis piémontais sur la Vésubie et sur le Var inférieur. Dans les Alpes de Ligurie, il faut nous attendre à ne rencontrer que des plis piémontais, affectant des terrains de faciès briançonnais ou de faciès piémontais. Toute la côte, depuis Nice jusqu'à Albenga, ainsi qu'un triangle situé dans l'intérieur des terres dont le sommet se place au voisinage de Limone ou du Col de Tende, correspond, comme nous l'avons déjà dit, à un large épanouissement des terrains venant du coté N.E. du Mercantour et surtout de la zone interne du Flysch. Les couches mésozoïques tournent autour de l'extrémité du Mercantour et forment le bord septentrional de cette région. En outre, elles apparaissent fréquemment au-dessous du Flysch. Puis leurs plis, conservant la direction S.E. qui les caractérisait sur le côté interne du Mercantour, courent presque en ligne droite, ou en s'infléchissant légèrement, jusqu'à la mer. En particulier, une bande puissante de calcaire triasique atteint la côte non loin d'Albenga, au Nord*, et des affleurements analogues se répètent jusqu'à Bergeggi, au Sud de Savone. En même temps que la zone s'élargit, elle laisse apparaître çà et là des bandes de roches à demi cristallines, parfois même gneissiques (bésimaudites), qui font partie de la série permienne, etmême, au-dessous de celles-ci, près de Viozene, sur la ligne de partage des eaux du Tanaro, du terrain houiller contenant de l'anthracite. Rovereto a figuré, sur une carte très instructive (fig. 158), les lignes directrices de la région ^

Comme dans les Alpes Françaises et Piémontaises, une longue zone permo-carbonifèï'e vient à l'Ouest. Les anticlinaux permiens séparés des Alpes Cottiennes (fig. 155) se réunissent en une bande de largeur variable qui, entre Démonte et Borgo San Dalmazzo, pénètre avec une

[1. Voir, sur la structure de cette région : D. Zaccagna, Conformazione straiigrafica fra H torrente Neva ed il Pennavaira in territorio di Albenga, Liguria Occidentale (Boli. R. Comitato Geol. d*ltalia, XL, 1009, p. 4-38, pi. Mil : carte et coupes); J. Boussac, Les grands phénomènes de recouvrement dans les Alpes Maritimes italiennes et la « fenêtre * de Casteluecchio (C. H. Acad. Se, CLI, 1010, 2* sem., p. 1163-1165). Ce travail met en lumière le charriage partiel, dans TOuest de la Ligurie, du prolongement de la zone du Briançonnais sur la zone du Flysch.]

2. G. Hoverelo, Carta tcttonica dei Monti Liguri (dans sa Geomorfologia délie Valli Liguri, .Vtti d. H. Universita di Gcnova, XVUl, 1004. Gr. in-8», 226 p., 4 pi.); voir aussi du mémo auteur : Arcaico e Paleozoico nel Savonese (Boll. Soc. Geol. Ital., XIV, 1805, p. 37-75, pi. II-V : cartes et coupes; notamment pi. 11); A. ïssel e S. Squinabol, Carta geologica délia Liguria, Genova, 1891, 2 feuilles; et Issel e Traverso, Nota sul litoralefra Vado e Spotorno (Atti Soc. Ligust. Se. Nat. e Geogr., Genova, V, 1804, p. 302-320). Les fossiles triasiques et la succession des couches près de Noli, aux environs de Spotorno, ont été décrits par G. Rovereto : Sulla stratigrafia delta Valledel Neva (Boll. Soc. Geol. Ital., XVI, 1807, p. 83) etÂ. Tornquist (Neues Jahrb. f. Min., 1000, I, p. 176).

direction E.S.E. dans les Alpes de Ligurie, près du bord de la plaine, au Sud-Ouest de Coni (Cuneo)*. Des gîtes d'anthracite s'étendent, sur près de 30 kilomètres, perpendiculairement aux affluents supérieurs de la Bormida. Au Nord de Calizzano, sur la Bormida de Millésime, Zaccagna indique un éventail, comme dans les Alpes Françaises*. Ce fait est d'autant plus remarquable qu'au Sud de ce point, près de Calizzano même, Issel et Rovereto ont décrit un petit massif gneissique indépendant ^ On pourrait, d'après cela, songer à une répétition complète des circonstances réalisées plus au Nord.

L'anthracite de la Bormida se termine, en tant que formant une bande continue, près de Mallare, à 14 kilomètres à l'Ouest de Savone; mais ses traces sont encore visibles sous les roches permiennes près de Quiliano, à 5 kilomètres seulement de Savone. Ensuite, au Nord de Mallare et de Quiliano, apparaît un massif de gneiss beaucoup plus important. Si l'on tient compte d'un petit pointement granitique annexe, le contour de ce massif se présente en forme de coin. La pointe du coin se trouve à 16 kilomètres à l'W.N.W. de Savone; et, de part et d'autre de cette ville, ces roches anciennes, sur une largeur de 12 kilomètres, arrivent à la mer. Elles font partie, sans qu'il puisse y avoir de doute à ce sujet, d'un massif plus étendu, submergé par la mer. Leur direction est indiquée par Rovereto et Franchi, d'après des bancs intercalés d'amphibolites, comme étant N. 60^* E.; la limite Sud est nettement tranchée, et résulte peut-être d'une fracture*.

Les deux massifs, celui de Calizzano et celui de Savone, sont constitués par des roches qui ne ressemblent pas à celles du massif Doire-Maira, pas plus qu'à celles des Alpes Piémontaises, mais bien à celles du Mercantour et du Mont-Blanc. On les qualifierait de varisques si la direction des plis n'était différente. Sur l'un et l'autre, le Carbonifère est discordant. 11 y a toutefois cette différence que le massif gneissique de Savone ne se trouve pas à l'extérieur, mais bien à l'intérieur, c'est-à-dire non au S.W. mais au N.E. de la zone principale

1. F. Sacco, / Monti di Cuneo, Ira il gruppo délia Besimauda e quello deW ArgenUra (Atli Accad. Se. Torino, XLll, 1906-1907, p. 01-78, 1 pi. carte).

2. U. Zaccagna, Studio geologico aul Carbonifero délia Liguria Occidentale (Memorie descritt. délia Carla Geol. d'ital., XII, 1903, p. 147-161, pi. X ; carte); des cartes du tronçon de jonction au Nord du Vallone deir Arma (voir la parlie Sud-Ouest de la llg. 155, p. 747) sont données par Franchi et De Castro dans le même vol., pi. XII, et par Zaccagna, Bell. R. Comitalo Geol. d'ital., XXXIV, 1903, pi. V.

3. A. Isscl, Note spiccalCy IL Valle di Calizano^ con appunti e sezioni di G. Rovereto (Atti Soc. Ligust. Se. Nat. e Geogr., XV, 1904. p. 3-30).

4. S. Franchi, Nota preliminare mlla formazione gneissica e suite roceie granitiche del massiccio cristallino Ligure (BoH. R. Comitato Geol. dMtalia, XXIV, 1893, p. 43-69); G. Rovereto, Arcaico c Paleozoieo nel Savonese (BoU. Soc. Geol. Ital., XIV, 1895, p. 37-75, pi. ll-V : cartes et coupes). [Voir aussi G. Rovereto, La zona di rieoprimento del Savonese e laquestione dei calcescisti (Boll. Soc. Geol. Ital., XXVUI, 1909, p. 389-418, pi. XII, XIII : coupes et carte géol.; carte tectonique p. 403, flg. 8).]

ALPES OCCIDEiNTALES. 755

d'anthracite de la haute Bormida. Du reste, des roches carbonifères et surtout des roches permiennes se rencontrent également ailleurs, en plusieurs endroits. Le terrain houiller de Quiliano et tous les plis au Sud du massif gneissique de Savone sont déjetés vers le Sud*. Au, Monte Moro, près de Cadibona, dans le voisinage immédiat du bord méridional du gneiss, qui est nettement tranché, je n'ai pas rencontré seulement du calcaire (probablement le même que celui dans lequel De Stefani signale des Dactylopores et des Gyroporelles), mais aussi de la serpentine; et il reste à établir si ce bord méridional ne correspond pas à une dislocation très importante, le long de laquelle le Carbonifère aurait été redressé et poussé vers le Sud*.

A TEst du gneiss, les roches vertes s'ajoutent, de plus en plus abondantes, aux formations permiennes et triasiques; et en même temps, la direction des plis change.

A partir du Mont Viso, les roches vertes et les Schistes lustrés se dirigent vers TE.S.E.; ils apparaissent en quelques points sur le bord de la région montagneuse; ils pénètrent ensuite dans les Alpes de Ligurie et s'étendent à travers celles-ci jusqu'à Sestri Ponente, non loin de Gênes, à l'Ouest. En suivant la côte à partir du massif gneissique, on rencontre tout d'abord, aux ruines du château de Donegale près de Cogoleto, du calcaire triasique en bancs verticaux, dirigés S.W. ; plus loin, près d'Arenzano, on traverse de grandes dalles de schistes, de direction S.S.W. ; puis, vers Voltri, en même temps qu'apparaissent des serpentines, la direction devient N.-S. et persiste sous cette forme jusqu'à Sestri Ponente. Là se termine brusquement, le long du torrent de Chiaravagna, toute la zone des Schistes lustrés et des roches vertes, en bordure d'une bande N.-S. de calcaires triasiques, longue de plus de 20 kilomètres; elle est remplacée par la grande zone crétacée et tertiaire de l'Apennin, accompagnée elle aussi de roches vertes tout à fait analogues '. Dans ces bandes orientales, on peut voir la réapparition d'une partie de celles que nous avons perdues de vue à l'Ouest de Coni. A des témoins de jonction appartiennent eh outre les roches à Radiolaires qui affleurent près de Montenotte, non loin de Cairo*.

1. G. De Stefnni, VApennino fra il Colle deW Aliare e la Polceveru (Boll, Soc. Geol. Jtal VI, 1887, p. 222-263, pi. VII : coupes).

2. Mes excursions dans ces régions ont été faites en 1872; elles ont été entreprises en vue de rechercher si le prolongement des Alpes se trouve dans la dépression tyrrhénienne; Ed. Suess, Leber den Bau der italienischen Halbinsel (Sitzungsber. k. Akad. Wiss. Wien* Mathem.-naturwiss. Cl., LXV, 1, Abth., 1872, p. 217-221).

3. L. Mazzuoli ed A. Issel, Nota sulla zona di coincidenza delle formazioni ofiolitiche eocena e triasica della Liguria occidentale {^W, R. Comitato Geol. d'Italia, XV, 1884, p. 2-23, pl. I, II : carte ot coupes).

4. C. F. Parona e G. Rovereto, Diaspri permiani a radiolarie di Montenotta, Liguria Occidentale (Atti R. Accad. Sc. Torino, XXXI, 1895-9«, p. 167-181, 1 pl.); ces roches sont méso-

Ainsi, la courbe de la côte ligure recoupe la direction des Alpes de la manière suivante : le Sud-Ouest appartient à la zone du Briançonnais et à la zone interne du Flysch (Aiguilles d'Arves). A partir de Port- Maurice, la direction est S.E., puis E.S.E. A 5-15 kilomètres environ au Sud-Ouest de Savone, les traces de la bande carbonifère principale semblent se rapprocher de la mer (par Ouiliano). Ensuite vient, sur 12 kilomètres, le gneiss de Savone, avec la direction S. 60° W. Au delà de ce gneiss, on rencontre des schistes permiens, du Trias, des roches vertes et des Schistes lustrés. Puis la direction dévie peu à peu de S.W. à S.-N. Cette zone se termine, ainsi orientée, près de Sestri Ponente.

Les Alpes en Corse. — La Sardaigne et la Corse doivent être considérées comme une unité. Les bases de la connaissance de la Sardaigne * ont été fournies par La Marmora. Ce savant a montré qu'à partir de la Baie de Cagliari, une plaine allongée récente, le Campidano, s'étend vers le N.W. jusqu'au Golfe d'Oristano et sépare un groupe de hauteurs occupant le Sud-Ouest de l'île (Iglesias et Sulcis). Dans le prolongement tout à fait septentrional de cette plaine, au Nord du Golfe d'Oristano, s'élève le volcan du Monte Ferru, décrit par Doelter. et suivi près de la cote par une rangée de pointements éruptifs récents-. En s'avançant encore plus loin vers le Nord, on trouve une nouvelle plaine analogue à la précédente, mais moins large, qui s'étend jusqu'au Golfe de l' Asinara et isole de la même manière, vers l'Ouest, un groupe de hauteurs, la Nurra. A l'Est est située la région volcanique de l'Anglona. Tornquist pense qu'un fossé (Graben) traverse la Sardaigne occidentale, depuis le Golfe de Cagliari jusqu'au Golfe de l'Asinara'.

zoïques et en relation avec les piètre verdi. Pour toute celte région, voir notamment S. Franchi, Il Trias a faciès mista con calcescisti e piètre verdi net versante padano dette Alpi Ligure (BoU. Soc. Geol. Ital., XXV, 1906, p. 128-132).

[1. Voir la Carta geologica d'Italia, nella scala di 1 : 1 000 000, pubblicata pcT cura dol R. Ufflcio Geologico. Roma, 1889, feuille méridionale.]

2. G. Doelter, Der Vulcan Monte Ferru auf Sardinien (Denkschr. k. Akad. Wiss. Wion. Malhem.-naturwiss. Gl., XXXVIII, 1877, 2. Abth., p. 193-214, carte); et Die ProducUdes Vuleans Monte Ferru (Ibid., XXXIX, 1878, p. 41-96); A. Dannenberg, Die Deckenbasalte Sardiniens (Gentrabl. f. Min., 1902, p. 331-342); G. Deprat, Les volcans du Logudoro et du Campo itOderi (C. R. Acad. Sc, GXLIV, 1907, 1" sem., p. 1182-1185). [Voir aussi G. Deprat, Les formations néovolcaniques antérieures au Miocène dans le Nord-Ouest de la Sardaigne (Ibid., GXLV, 1907, 2* som., p. 208-210); Les produits du Volcan Monte Ferru (Ibid., p. 820-823); Paramètres magmatiques des séries volcaniques de VAnglona et du Logudoro (Ibid., GXLVI, 1908, T' st^mp. 591-593); Paramètres magmatiques des séries du Volcan Monte Ferru (Ibid., p. 702-704): F. Millosevich, Studi suite rocce vulcaniche di Sardegna, /. Le rocce di Sassari e di Porto Torres (Mem. R. Accad. Lincei, ser. 5', VI, 1906, p. 405-438, 1 pi.); A. Serra, Sa aleuni basalti delta Sardegna settentrionale (Rendio. R. Accad. Lincei, ser. 5*, XVII, 1908, sem. l^ p. 129-137), et Studio dei basalti délie piattaforme dei dintorni di Tiesi, Sardegna settentrimaU (Ibid., XVIU, 1909, sem. 1% p. 399-405).]

3. A. Tomquiât, Ergebnisse einer Bereisung der Insel Sardinien (Sitzungsber. K. Prcuss.

Bornemann a depuis longtemps remarqué que le Trias du Sud- Ouest ressemble au Trias germanique (I, p. 306); et Tornquist a fait la même constatation dans le Nord-Ouest, dans la Nurra. Or, comme on rencontre au delà de l'ancien massif sardo-corse, dans le Nord-Est (le la Corse, un développement tout différent du Trias, l'opinion s'est fait jour que ce massif pourrait bien représenter un fragment de la barrière qui devait séparer, sur une grande longueur, le Trias germanique et le Trias alpin*.

Cette manière de voir a été Tamorce d'une discussion pleine d'intérêt. Il est certain que le Jurassique moyen de la Sardaigne diffère de celui de lltalie continentale et qu'il renferme des espèces du Bathonien français et anglais. C'est ce qu'ont établi Fucini et Dainclli; mais il ressort de leurs travaux que ces mêmes couches, au delà du Campidano, reposent également en transgression sur le massif ancien*. En outre, Bassani a établi, grâce aux fossiles découverts par Lovisato, la présence de la faune ichthyologique de Claris (Palœorhynchus glarisianxis, etc.) dans la partie septentrionale du Campidano ^

Le Sud-Ouest et le Nord-Ouest de la Sardaigne présentent donc une succession de couches dans laquelle se combinent des caractères différents. La série repose au Sud-Ouest, dans l'Iglesiente, sur des roches précambriennes, cambriennes et siluriennes, La discordance commence avec le Carbonifère supérieur. Les deux groupes, le sub-

Akftd. Wiss. Berlin, 1902, p. 808-829, en particulier p. 828), et J. Deprat, Sur les rapports entre les terrains tertiaires et les roches volcaniques dans VAnglona (C. R. Acad. Se, CXLIV, 1007, 1" sem., p. 107-109).

1. A. Tornquist, Die Gliederung und Fossilfuhrung des ausseralpinen Trias auf Sardinien (SiUunpsber. K. Preuss. Akad. Wiss. Berlin, 1904, p. 1098-1117); voir aussi E. Philippi, Erwiderung (Centralblatt f. Min., 1901, p. 551-557); Dom. Lovisato, Appunti ad una .\ota del Sig. Tornquist (Rendic. È. Inst. Lombarde Se, ser. 2% XXXVl, 1903, p. 216-228); C. De Stefani, Atti R. Accad. Lincei, ser. i", VII, 1891, 1« sem., p. 427-431 ; A. Tornquist, Die carbonische Granitbarre zwischen dem oceanischen Triasmeer und dem europäischen Triasbinnenmeer. Die Entwicklung der Trias auf Corsica (Neues Jahrb. f. Min., Beilage-Bd. XX, 1905, p. 466-507); K. Deninger, Die mesozoischen Formationen auf Sardinien {Id., BeWa^e-Bd. X\ll\, 1907, p. 435- 473, pl. XllI-XV : carte et coupes). Dans la basse vallée de l'Èbre, on trouve encore Trachyceras, Pinacoceras, etc. (E. v. Mojsisovics, VerhandL k. k. Geol. Reichsanst., 1881, p. 105-107). [Voir aussi A. Tornquist, Über die ausseralpine Trias auf den Balearen und in Katalonien (Sitzungsber. K. Preuss. Aknd. Wiss. Berlin, 1909, p. 902-918).] II semble, d'ailleurs, que la Téthys ait été fermée pendant une partie de la période triasique du cùté du domaine actuel de TAtlantique. On ignore s'il a existé une communication temporaire avec le Mexique. — Sur les Baléares, voir ci-après, chap. XV.

2. A. Fucini, Sopra alcuni Fossili oolitici del Monte Timoleone in Sardegna (BolL Soc. MalacoL ItaL, XX, 1897, p. 150-160); G. Dainelli, Fossili batoniani délia Sardegna (BoH. Soc. Geol. ItaL, XXII, 1903, p. 253-347, pl. XI, Xll); A. Tornquist, Die Pflanzen der mitteljurassischen Sandsteins Ostsardiniens {yeue<> Jahrb. f. Min., Beilage-Bd, XV, 1904, p. 149-158, pl. IV). On peut rappeler ici que cet étage reparaît loin dans PEst, dans les Carpathes sud-orientales, avec le faciès de la Normandie; Éd. Suess, Der braune Jura in Siebenbürgen (VerhandL k. k. Geol. Reichsanst., 1867, p. 28-31).

3. Fr. Bassani^ Avanzi di Clupea (Meletta) cr nata nelle marne di Aies in Sardegna (Rendic. H. Accad. Se. Napoli, VI, 1900, p. 156-158 et 191-194).

Stratum ancien et sa couverture, ont été plus tard affectés par un plissement commun, datant probablement du début de l'ère tertiaire. La direction des plis concorde dans l'Iglesiente avec le tracé général de cette zone Ouest de la Sardaigne.

La région qui se trouve de l'autre coté du Campidano est considérée par Tornquist comme Tavant-pays ( Vorland) de cette chaîne plissée. Toute la partie moyenne et tout TEst de la Sardaigne sont constitués, en effet, par un massif montagneux dont la structure ressemble tout à fait à celle du soubassement de l'Iglesiente, mais où l'on n'observe pas de traces d'un plissement récent. Il y a dans cette région de la houille datant du Permien inférieur; on y constate également des transgressions correspondant à différents niveaux de la série mésozoïque; leurs dépôts, qui commencent avec le Bathonien,nesont pas plissés, de telle sorte que, dans la partie méridionale de Tile, se montrent, sur le soubassement ancien, des montagnes tabulaires suprajurassiques, analogues aux Causses du Midi de la France et dontraspect extérieur rappelle celui du Karst. Dans le Gerrei, au Nord du Sarrabus, il existe également un lambeau crétacé transgressif, qui semble appartenir au type africain, comme en Sicile et en Calabre*. Pampaloni a donné une bonne description des environs de Seui, au Sud du Gennargentu (1793 m.), le point culminant de la Sardaigne. Sur les terrains anciens repose de l'anthracite à Cyathocarpus arborescens et Wakhiapiniformis. Par-dessus viennent les bancs calcaires jurassiques avec Ceromya concentrica, Modiola imbricata et autres formes, identiques, en particulier, aux espèces des couches à Mytilus des Alpes Suisses ^

Plus au Nord, nous manquons de données sur les transgressions mésozoïques. Le soubassement ancien se prolonge en Corse ' avec toute sa largeur; il forme cette île tout entière jusqu'à une ligne très sensiblement droite qui, depuis l'embouchure de la Solenzara sur la côte orientale, s'étend vers le N.N.W. jusqu'au voisinage de Tlle Rousse sur la côte septentrionale (fig. 159). Sur la côte occidentale, on a signalé par-dessus des dépôts carbonifères marins, et aussi des dépôts contenant de la houille*. Le Centre et l'Ouest de la Corse, réunis à la région

\ . St. Tra verso, Calcare fossilifero nel Gerrei (Sardegna). Gr. in-S**, 21 p., 1 carte, Torino, 1891.

2. L. Pampaloni, / terreni carboniferi di Seui e oolitici délia Perdaliana in Sardegna (Rendic. U. Accad. Lincei, ser. 5% IX, 1900, 1*" sem., p. 345-349).

[3. Sur la géologie do cotte grande île, consulter le récent mémoire do J. Deprat. Élude analylique du relief de la Corse (Revue de Géogr. Annuelle, de Ch. Vélaio, il, 1908. p. 1-200, pi. Mil : cartes et profils); ce travail renferme une bibliographie. Voir aussi la Carie géologique délaillée de la France à 1 : 80000, feuilles d'Ajaeeio (264) et Vico (262). par J. Deprat, 1006, 1008; Baslia (261) et Luri (259), par E. Maury, 1008, 1909.]

4. Par exemple la découverte du Productas semireliculalus par £. Maury, à Galeria (Bull. Service Carte géol. do la France, XVI, 1904-1905, n» 105, p. 185).

médiane et orientale de la Sardaigne, appartiennent ainsi à une branche puissante des Altaïdes se dirigeantvers le S.S.E., le rameau corso-sarde^

Le Nord-Est de la Corse jusqu'au Cap Corse est formé de roches alpines présentant les caractères de la zone du Briançonnais et des Alpes Piémontaises *; la direction des plis sur la côte ligure et l'orientation dominante en Corse, qui va du S. au S.S.E., de même que ridentité des terrains, montrent que ce sont bien les Alpes Piémontaises qui réapparaissent au Cap Corse.

A la base reposent des schistes anciens, probablement permiens; quant à la série de couches qui fait suite aux quartzites du Trias inférieur, nous indiquerons seulement que Rovereto y a trouvé des traces de Gyroporelles'et que des fossiles rhétiens y sont connus depuis longtemps (I, p. 305). A un niveau stratigraphique plus élevé viennent des Schistes lustrés, puis des couches nummulitiques transgressives et le Flysch. La carte donnée autrefois par Hollande montre déjà des lambeaux épars de ces transgressions * ; et lés levés plus récents de Nentien nous apprennent que la ligne limitative de la partie alpine de la Corse est jalonnée, depuis la côte Nord jusqu'à la côte Est, c'est-à-dire sur environ 100 kilomètres, par une zone de calcaire nummulitique interrompue sur quelques points et subissant ailleurs des élargissements notables ^

Nous sommes presque conduits à voir dans ces affleurements l'équivalent de la zone interne du Flysch, qui, en Corse, serait devenue une zone externe. Le Flysch, par endroits, se superpose directement au granité, de la même manière que sur le versant oriental du Pelvoux. Ses couches sont fortement redressées et s'étendent sur la côte orientale, au Sud du Port de Favone, jusqu'au delà de l'embouchure de la

[1. A. Tornquist, Der Gebirgsbau Sardiniens und seine Beziehungen zu den jungen, cirkummediterranen Faltemügen (Sitzungsber. K. Preuss. Akad. Wiss. Berlin, 1003, p. 685-699; carte flg. 2, p. 693); et Alpen und Apennin auf Sardinien und Korsika (Gool. Rundschau, Zeitschr. f. aUg. Geol., Leipzig, 1, 1910, p. M2; carte p. 6).]

[2. Voir E. Maury, Sur la présence de nappes de recouvrement au Nord et à VEst de la Corse (C. R. Acad. Se, CXLVI, 1908, 1" sera., p. 945-947); P. Termier et E. Maury, Sur les nappes de la Corse Orientale (Ibid., p. 1426-1428); P. Termier et J. Deprat, Le granité alcalin des nappes de la Corse Orientale (Ibid., GXLVII, 1908, 2* sera., p. 206-208); E. Maury, Nouüelles observations sur les nappes de laCorse Orie/ifa/e (Ibid., CXLVIU, 1909, 1*' sera., p. 1481- 1482), et Note préliminaire sur la stratigraphie et la tectonique de la Corse Orientale (Bull. Soc. Géol. de France, 4* sér., X, 1910, p. 272-293. 6 flg. coupes, carte dans le texte p. 288).]

3. G. Rovereto, SulV eta degli scisti cristallini délia Corsica (Atti R. Accad. Se. Torino, XLI, 1905-1906, p. 72-86).

4. Hollande, Géologie de la Corse (Annales des Se. géol., IX, n" 2. 1877, p. 1-114, pi. 8-12, dont 1 carte géol.).

5. Nentien, Étude sur la constitution géologique de la Corse (Mém. pour servir à Texplic. de la Carte géol. de la Fr.). In-4% 224 p., 31 flg., carte à 1 : 320 000, 1897; en particulier p. 205. [Voir aussi J. Deprat, Sur la persistance, à travers toute la Corse, d'une zone de contacts anormaux entre la région occidentale et la région orientale (C. R. Acad. Se, GXLVII, 1908, 2*sem., p. 652-654).]

Solenzara. Quelques vagues données en indiqueraient encore des traces jusque vers le Golfe d'Orosei, au milieu de la côte sarde; mais on manque de documents précis à ce sujet*.

Les roches vertes se présentent, comme dans les Alpes, et avec la même diversité, sous la forme de péridotites, de norites, de gabbros. de diabases et surtout de serpentines. D'après Maury, elles pénètrent jusque dans le Flysch oligocène et elles sont recouvertes parle premier étage méditerranéen *.

L'île de Gorgona présente les mêmes caractères que le Nord-Ouest de la Corse ; Ugolini y décrit du gneiss avec la direction N. 50* W. \ C'est la dernière trace corso-sarde. Capraja est, d'après Emmons. formée d'andésite*. Planosa est un plateau pliocène. Toutes les autres îles se rapprochent par leurs caractères de Tlle d'Elbe et sont par conséquent des fragments alpins.

Relations avec T Apennin. — L'Ile d'Elbe a été souvent décrite. Nous ne mentionnerons ici que la monographie de Lotti, si riche en documents ^ L'île se partage, comme le montrent netteinent ses contours, en trois parties. La partie orientale et la partie médiane sont

1. Hollande, mém. cité, p. 80, note; C. De Stefani, Cenni preliminari sai terreni cenozoict del Sardegna (Atti R. Accad. Lincei, Rendic, ser. 4", VII, 1" sem., 1891, p. 464-467).

2. Ë. Maury, Feuille de Basiia (Bull. Service Carie géol. de la Fr., Xlll, 190i-lU<i2. n" 91, p. 666-669); pour le Flyscli de Saint-Florent, voir même recueil. XV, 1903-1004, n* «S, p. 273-276, et XVI, 1904-1905, n" 105, p. 181 ; pour Page de ces roches, voirXVll, 1905-191«, n» 115, p. 269.

3. R. Ugolini, Appunti sulla coslituzione geologica delC Isola di Gorgona (Atti Soc. Tos«-. Sc. Nat., Pisa, XVJII, 1902, p. 197-213, pi. IV : carte).

4. H. Emmons, The Petrography of the Island of Capraja (Quart. Journ. GeoI. Six\, XLIX, 1893, p. 129-144, carte de la p. 130).

5. B. Lotti, Descrizione geologica deW Isola d'Elba (Mem. descritt. delta Carta Genl. d'italia. II, 1886. In-8°, xn-254 p., 6 pi.). [Voir aussi la Carta geologica deW Isola d'Elbe, 1 : 25000, 2 feuilles, 1884, et sa réduction en 1 feuille à 1 : 50 000, par B. Lotti, P. Fo^seo et E. Maltirolo, 1883. — Étendant à Tlle d'Elbe l'hypothèse à laquelle ont conduit les études faites en Cors:», P. Termier a proposé récemment une interprétation nouvelle de la structure de cette lie : de grands charriages, venant de POuest, auraient amené tous les terrains« à partir du Silurien, à reposer sur TÉocêne; seuls, le massif granitique du Monte Capanne et la bande de micaschistes de la côte orientale seraient en place ; P. Termier. Sur les granités, les gneiss et les porphyres écrasés de Vile d'Elbe (C. R. Acad. Se, CXLVIII, 1909. 1" sem., p. 1441-1445); Sur les nappes de Vile d'Elbe (Ibid.. p. 1648-1652); Sur la tectonique de Vile d'Elbe {nuW. Soc. Géol. de France, 4« sér., X, 1910, p. 134-160, pi. V : coupes). CtHH* conception est, toutefois, repoussée par B. Lotti : La riunione dcUa Soeietà Geologica Italiana a Portoferraio e Vipotesi del Termier sulla tettonica delV Isola d'Elba (Boll. R. Comit. GeoI. d'Italia, XLI, 1910, p. 284-291), et V. Novarese (Ibid., p. 292-303).]

LEGEN DK DE LA FIÜURE 159.

L Gneiss et micaschistes ; 'i. Granites: 3. Granulites: 4. Granites et granulites dynamo-méiamorphiqiirs (Protoginei; 5. Schistes métamorphiques; 6. Carbonifère et poudingues permiens; 7. Porphyres (rhyolithes) carbonifères et permiens: 8. Trias et Infralias: 9. Éocène: 10. Diabases, gabbros, norites; Diorites d'Ajaccio: 11. Miocène et Pliocène (n); Alluvions anciennes {q\ et récontes. — 1-2. Limite entre la Corse cristalline et la Corse sédimentaire : 13. Surface de charriafro; 14. Direction générale des accidents tectoniques dans la Corso Occidentale: 15. Direction générale des accidents tectoniques dans la Corse Orientale. — Échelle de I : 1 000 000

Cap Corse

Échelle

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