Th. Lorenz, mém. cité, p
6. G. Steinmann, Geologische Beobachtungen in den Alpen, I (Berichte Naturforsch, Gesellsch. Freiburg i. B.. X, 1900, p. 258, pl. I).
TolU Cespace comjyrenant les groupes de Davos, de la [Silm^etta, dp VArlberg et les Alpes Calcaires flotte sur les nappes lépontiennes. C'est un fragment occidental de la nappe austro-alpine. La distance du Lac
FiG. 167. — Répartition des Hoches vertes dans la Suisse Orientale et les régions voisines, d'après G. Steinmann (Berichte der Naturforsch, Gesellscliaft zu Freiburg i. ß., X, 1900. Taf. I. p. 21).
1. Terrains aatochtones ot Nappes Helvétiques (Mollasse, Flysch, Crétacé, etc.); 2. iVappes LépootieDoes et Austro-Aipines ; 3. Principaux affleurements de roches eruptives basiques récentes (Ophiolites : 4. Ligne de contact anormal (charriage) entre les Nappes Lépontiennes ou Anstro-Alpioes et le Flysch; D. Limite probable du Flysch tertiaire et des schistes mésozoïqucs. — É<*helle de 1 : 1000 000
de Sils, dans TEngadine, jusqu'à Oberstdorf en Bavière mesure plus de 120 kilomètres. Là, près d'Oberstdorf, se trouve, sous la nappe austro-alpine, un liséré lépontien; et, au-dessous de ce liséré, le Flysch représente la série helvétique.
Rothpletz, à qui revient le mérite d'avoir visé à une synthèse de plus en plus vaste, en a conclu que tout le bord Nord des Alpes Orientales doit s'être déplacé en masse (verlagert) lors du chevauchement *.
Tandis que dans le Chablais, dans les Alpes Fribourgeoises et dans toutes les régions de nappes lépontiennes dont nous avons eu à nous occuper jusqu'à présent, il n'y avait à considérer que des séries sédimentaires d'une faible puissance, accompagnées tout au plus de lambeaux de poussée {Grundschollen) de terrains cristallins anciens, — la surface de charriage intéresse désormais des parties beaucoup plus profondes : de grandes masses de gneiss et de granité ont été entraînées vers le Nord avec la zone calcaire des Alpes Orientales qui les recouvre et qui, elle-même, avait été déjà plissée antérieurement. Au Nord cependant, le gneiss manque dans le substratum, probablement parce que le plan de charriage se relevait de bas en haut dans cette direction.
Alpes de la Mur. — La fenêtre de l'Inn est une des grandes interruptions qui morcèlent l'immense nappe des Alpes Orientales. Les Tauern constituent une seconde fenêtre, encore plus étendue. Déjà, lors des premiers essais systématiques, entrepris il y a plus de cinquante ans, et longtemps avant que la conception de la structure symétrique des Alpes eût été ébranlée, on avait remarqué que la chaîne désignée sous le nom de chaîne centrale [Central- Kette) comprenait deux parties, à savoir : d'une part, la haute chaîne saillante des Tauern, constituée par un noyau de gneiss central (Central-Gneiss) avec une enveloppe de schistes (Schief erhalle), et, d'autre part, en contraste avec celle-ci, une vaste région, très étendue en Styrie, notamment, ne contenant pas de gneiss central et ne possédant point une structure aussi simple, concentrique en quelque sorte.
Les roches des Tauern se retrouvent cependant vers l'Est; elles sont encore très nettes au Semmering; et, au Sud-Ouest des Tauern, se pose la question connexe de l'âge de la bande des marbres de Laas, dont la solution permettrait en même temps de décider si la grande nappe austro-alpine, jusqu'à l'Adda, est plus ou moins distinctement partagée en deux moitiés sur toute sa longueur, suivant une direction oblique allant du S.W auN.E.
En tous cas, la vue d'ensemble nous sera facilitée par la mention que nous faisons de cette circonstance, en énumérant les détails. Toutes les parties dont il a été question jusqu'ici, Selvretta, Arlberg, Alpes Calcaires et Oetzthal, appartiennent à la moitié septentrionale; elle est
i. A. Rothpletz, Geologische Alpenforschungen^ l. Das Grenzgebiet zwischen den Ost- und West'Alpen und die Rhaetische Ueberschiebung. In-S**, München, 1900, p. 163.
plus étendue à TOuest. En revanche, la moitié méridionale atteint à FEst sa plus grande largeur; nous l'aborderons en partant de la plaine hongroise. —
Jusqu'à une grande distance en dehors des montagnes, des îlots de terrains anciens surgissent du milieu de la plaine. Ils commencent déjà, vers le Sud, à l'Est de Gleichenberg, et se poursuivent vers le N.N.E. jusqu'aux montagnes de Güns, puis vers le N. jusque sur la rive occidentale du Lac de Neusiedl *. Ils sont associés à des roches eruptives récentes et à une ligne de sources carbonatées, qui s'étend également jusqu'au bord occidental du lac.
Les roches de ces îlots sont des micaschistes avec peu de gneiss. Une longue bande de schistes argileux micacés, de micaschistes calcaires, de chloritoschistes et de serpentine, qui s'oriente du S. au N., pénètre près de Bernstein dans les Alpes, et reste discernable jusque dans le Rosalien- Gebirge. Enfin K. Hoffmann a trouvé près de Khofidis, à l'Ouest de Steinamanger, des fossiles que Toula a déterminés comme dévoniens*.
Le contour de la région montagneuse ne correspond pas à la dirertion des plis, mais provient d'effondrements, affectant la forme de golfes (I, p. 174, 403, 449).
Examinons la région montagneuse, par exemple près de Gratz.
Des montagnes de hauteur médiocre, recouvertes de forêts, nous entourent. De larges vallées, bien peuplées et de pente moyenne, les séparent; et Ton se croirait plutôt dans une contrée varisque que dans les Alpes. Des montagnes d'un aspect analogue s'étendent loin vers l'Ouest. Elles forment le bassin de la Mur; c'est pourquoi le nom d'Alpes de la Mur [Muralpen) leur a été attribué.
Hoernes, Penecke et Heritsch montrent qu'il existe aux environs de Gratz un Silurien peu différencié, et, sur celui-ci, un riche développement, presque sans lacunes, du Dévonien, jusqu'aux calcaires à Clyménies inclusivement. La série repose en discordance sur les roches plus anciennes; le terme le plus profond (GrenzphyUii) a fourni des Crinoïdes. La série est affectée de quelques larges plis, de direction N.E., et est traversée par des failles ^ La ressemblance de ce Dévo-
l.F. Stoliczka, VerhandL k. k. Geol. Reichsanst., XU, 1861-1862, p. 114; Benehl über die im Sommer 1861 durchgeführte U eher siehtsauf nähme des südwestlichen Theiles von Ungarn (Jahrb. k. k. Geol. Reichsanst., XIll, 1863, p. 1-25); la Geologische Uebersiehis-Karte der österreichisch-ungarischen Monarchie de F. von Hauer (1 : 576 000) représente la plus grande partie du territoire dont il est question dans ce chapitre. Diener a réuni, dans un excellent tableau d'ensemble, les données que Ton possède sur les Alpes de la Mur {Bau und Bild von Œsierreich, Wien, 1903, p. 410-474).
2. Polypiers et articles de Crinoïdes; K. Hoffmann, Verhandl. k. k. Geol. Reichsanst., 1877, p. 16; Fr. Toula, Ueber Devon-Fossilien aus dem Eisenburger Comitate (Ibid., 1878, p. 47-52). J*ai trouvé à TEst de Rechtnitz un petit pointement de calcaire à Crinoïdes foncé.
3. K. A. Penecke, Das Grazer Devon (Jahrb. k. k. Geol. Reichsanst., XLllI, 1893, p. 567*
nien avec celui des régions extra-alpines est si prononcée que Stur a supposé qu'il se rattachait au Dévonien des Sudètes ^
Une transgression supracrétacée s'observe en outre sur les bords de la Kainach, à TOuest de (îratz. Cette transgression revêt le faciès méridional (faciès de Gosau), et ses couches sont également affectées de légères ondulations de direction N.E. *.
Plus à rOuest apparaissent, en même temps que les montagnes s'élèvent, des micaschistes et des gneiss; les plis se serrent davantage, et les roches à séricite, de même que les calcaires marmorisés, deviennent plus abondants ; néanmoins, on se trouve toujours dans le même élément tectonique des Alpes. Quelques roches caractéristiques de la région de Gratz, comme les schistes verts de Semriach, qui appartiennent à un niveau du Silurien plus ancien que l'horizon à Pentamerus pelagicus Barr., sont connues très loin à l'Ouest. Toula a été assez heureux pour trouver des traces du Dévonien moyen encore déterminable sur laGrebenze, entre Murau et Neumarkt, dans la haute vallée de la Mur; et l'on peut déduire des travaux de Geyer que les mêmes formations se présentent au Nord jusqu'à Ober-Wolz, à l'Ouest jusqu'au delà de Murau, au Sud jusqu'à proximité de Friesach'. Ces données permettent d'attribuer au Dévonien une étendue de 100 kilomètres environ à l'Ouest de Gratz.
Sur la Stangalpe, au Sud-Ouest du territoire dévonien qui vient d'être mentionné, on voit apparaître un autre témoin de la série paléozoïque, annonçant un élément tectonique différent. Au-dessus d'une série comprenant des micaschistes, avec un peu de gneiss et un calcaire d'âge indéterminé, repose de l'anthracite, associé à la flore du Carbonifère moyen ou supérieure
Tournons-nous maintenant vers le Sud.
Nous sommes tout d'abord frappés par le fait que des couches marines, fossilifères, du deuxième étage méditerranéen s'étendent dans
616, pi. VU-XU); F. Heritsch, Studien über die Tektonik der palaeozoischen Ablagerungen des Grazer Beckens (Miltheil. Nalurwis. Ver. für Steiermark, 1905, p. 170-224), et Bemerkungen 2ur Geologie des Grazer Beckens (Id., 1906, p. 00-184). M. Vacek arrive à des résultats différents : Bemerkungen zur Geologie des Grazer Beckens (Verhandl. k. k. Geol. Reichsanst., 1906, p. 203-238).
1. D. Stur, Geologie der Steiermark. In-8o, Gratz. 1871, p. 122, et ailleurs.
[2. W. Schmidt, Die Kreidebildungen der Kainach (Jahrb. k. k. Geol. Reichsanst., LVIJl, 1908, p. 223-246, pl. IV-VI, dont carte et coupes).]
3. Fr. Toula, Die Kalke der Grebenze im Westen des Neumarkter Sattels in Steiermark (Neues Jahrb. f. Min., 1893, II, p. 169-173). Geyer considère ces calcaires comme siluriens, parrc qu'ils sont recouverts parles schistes de Semriach; G.Geyer, Leber die Stellung der altpalaeozoisclien Kalke der Grebenze in Steiermark {Werhand], k. k. Geol. Reichsanst., 1893, p. 406- 415) ; les raisons paléontologiques données par Toula me paraissent décisives.
4. V. Pichler, Die Umgebung von Turrach in Ober-Steiermark in geognosticher Beziehung, mit besonderer Berücksichtigung der Stangalpner Änthracitformation (Jahrb. k. k. Geol. Reichsanst.
suEss — m. 51
le Lavantthal jusque sur le versant occidental de la Koralpe, de telle sorte que cette large vallée doit être d'âge ancien*.
A rOuest de ce point, c'est-à-dire au Nord de Volkermarkt et de Klagenfurt, on atteint des lambeaux de Trias nord-alpin qui sont enfoncés dans les terrains anciens ; ce sont des fragments de la bande triasique de la Drave*. Sur ce Trias reposent les couches de Gosau; et sur celles-ci vient TEocène, débordant encore vers le Nord sur les formations antérieures. Cet Eocène se compose d'argiles bariolées et de lignites associés à Ostrea Roncana, Natlca Vulcant, etc., et parallélises par Oppenheim avec celui d'Ai Pulli près de Valdagno, enfin de bancs à Nummulites. Toutes ces couches sont médiocrement plissées.
La présence de ces dépôts transgressifs, variés et riches en fossiles, rend très improbable Thypothèse qu'un élément montagneux important, tel que les Dinarides, ait jamais été charrié par-dessus la région moyenne des Alpes de la Mur, qui ont ici plus de 100 kilomètres de largeur. Elle prouve en même temps que la longue zone de Trias nord-alpin qui accompagne au Nord la limite dinarique et qui, dans la vallée de la Gurk, se rencontre encore à 47 kilomètres au Nord de cette limite, appartient également aux Alpes de la Mur. On voit en outre apparaître entre le Trias et les Dinarides, dans la vallée du Gail, une longue voûte de micaschistes et de gneiss qui fait, elle aussi, partie des Alpes de la Mur. De plus, les hautes montagnes qui s'élèvent au Nord du Trias de la vallée du Gail, comme le Kreuzeck au Sud des Tauern, diffèrent des Tauern par leurs terrains, ainsi qu'on l'a reconnu depuis longtemps, et elles forment un prolongement occidental des Alpes de la Mur. Les lambeaux affaissés de Trias des environs de Lienz reproduisent, avec de plus grandes proportions, ceux que Ton rencontre sur la Gurk.
Cette partie méridionale de la nappe austro-alpine comprend donc : le massif dévonien de Gralz et tout l'espace qui s'étend depuis le Bacher-Gebirge jusqu'au Semmering, les Alpes de la Mur, le Kreuzeck, le Trias des bords de la Drave jusqu'au delà de Lienz, puis la bande étroite de roches anciennes qui sépare ce Trias des Dinarides.
On pourrait croire dès lors que les couches paléozoïques des Alpes
IX, 1858, p. 185-228) ; Stur, Funde von untercarbonischen Pflanzen der Schatzlarer Schichten am. yordrande der Cenlralkelte in den nordöstlichen Alpen (Ibid., XXXIII, 1883, p. 101); F. v. Kerner (Verhandl., id., 1895, p. 324); W. A. Humphrey, Ueber einige Erzlagerstätten in der Umgebung der Stangalpe (Jahrb., id., LV, 1005, p. 349-368, pl. VIII, IX : carte et coupi^).
1. 11. Höfer donne des exemples de cette faune très riche : Das Aiiocän von Mühldorf in Kärnten (Jahrb. k. k. Geoi. Reichsanst., XLIIl, 1802, p. 311-324).
2. H. Höfer, Die geologischen Verhältnisse der St. Pauler Berge in Kärnten (Silzungsber. k. Akad. Wiss. Wien. Mathem.-naturw. CI., CHI, Ablh. I, 1894, p. 467-487); K. A. Redlich, Die Geologie des Gurk- und Görtschitztales (Jahrb. k. k. Geol. Reichsanst, LV. 1905, p. 329^48, pl. VI, VII : coupe et carte). Pour les ressemblances avec le Nord, voir surtout A. Biltner, Die Trias von Eberstein und Pölling in Kärnten (Ibid., XXXIX, 1880, p. 483-488).
de la Mur se relient directement à celles que surmontent les Alpes Calcaires Septentrionales et que les lambeaux de Trias du Sud, avec leur faciès septentrional, se continuent directement dans les Alpes Calcaires Septentrionales. // nen est cependant pas ainsi. Recommençons notre examen par TEst.
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Flu. iü8. — Carte géologi(|uo des Environs du Scmmeriiig, d'après Fr. Toula {IX, Internationaler Geologen-Congress, Fährer fur die Exkursion auf den Semmering, ln-8", Wien, 1903).
1. Gnoiss et quartzophylladcs ; 3. Hurisoji des miDorais de for; 3. Terrain houillor; 4. Schistes gris et verts, phyllades et grauwackcs; 5. Schistes & séricite du Sommering; 6. Schistes de Werfen; 7. Calcaires du Semmoring; 8. Trias do la zone calcaire soptontrionalo ; 9. Noogëne; 10. AUu viens. - Iî>:hclle de 1 : 100 000.
Déjà au Semmering se produisent des circonstances inattendues (fig. i68). Dans la zone rocheuse traversée par le chemin de fer domine un pendage général vers le N. En partant du Sud, on rencontre d'abord des roches cristallines: puis vient une zone de Trias, dont le développement diiïère de celui des Alpes Calcaires Septentrionales voisines; ce Trias plonge vers le N. sous une zone de schistes graphitiques et de
quartzites, dans laquelle Toula a découvert une flore carbonifère: celleci s'enfonce à son tour sous une zone de schistes d*àge indéterminé, qui forme elle-même le soubassement du Trias des Alpes Calcaires Septentrionales. Il y a par conséquent deux zones de Trias : le Trias du Semmering et le Trias typique des Alpes Orientales, séparées Tune de l'autre par du terrain houiller d*eau douce et par des schistes divers. Comme tout plonge vers le N., le Trias exotique s'enfonce sous le Trias normal des Alpes C^alcaires. Les études de Toula permettent de distinguer dans le Trias exotique les éléments suivants : des quartzites et des schistes avec gypse, des calcaires très épais de teinte claire à Gyroporelles, le faciès souabe du Rhétien et un calcaire foncé pétri de Pentacrines'.
Ce Trias exotique va se perdre vers l'Ouest, tandis que le terrain houiller d'eau douce, qui, d'après Stur, renferme la flore de Schalzlar, continue.
Stur et, avec plus de détails encore, Vacek ont montré que, depuis le Semmering, une bande de graphite semblable, parfois accompagoée des mêmes restes de plantes, se prolonge vers le S.W. jusqu'à Sankt- Michael près de Leoben, et se dirige de là vers le N.W., par les vaflées de la Liesing et de la Palten, jusqu'à Irdning sur l'Enns, sur une longueur totale de 150 kilomètres*. Son substratum, au Sud, est formé par du gneiss et des schistes anciens. On avait bien constaté aussi que l'allure des couches indiquait, sur les points où elle était connue avec précision, un plongement vers le N.E. ou le N.W., sous la zone de roches anciennes qui fait suite au Nord'; mais à Heritsch revient le mérite d'avoir montré que, dans la Sunk (Haute-Styrie), cette zone graphitique est surmontée par le Carbonifère inférieur à Productus giganteus^, Iji
1. Fr. Toula, Geologische Untersuchungen in der • Grauwackenzone * der NorddstUehen Atpen (Denkschr. k. Akad. Wiss. Wien, Mathem.-naturw. Gl., L, 1885, II. Abth., p. 12t-184, carte et coupes); le même, Die Semmeringkalke (Neues Jahrb. f. Min., 1899, II, p. 153-163), et Führer 2U dem IX. Internationalen Geologen Cowf^re««, Wien, 1903 : Führer für die Exkursion auf den Semmering, 50 p., 1 carte. [Voir aussi H. Mohr, Zur Tektonik und Straligraphie der Grauwackenzone zwischen Schneeberg und Wechsel, N.-Oe. (Milteil. Geol. Gesellsch. Wien, III, 1910, p. 104-213, pl. VI-X : coupes et carte geol.).]
2. D. Stur, Funde von unter carhonischen Pflanzen der Sehatzlarer Schichten am yordrande der Centralkelte in den nordöstlichen Alpen (Jahrb. k. k. Geol. Reichsanst., XXXIII, 1883, p. IRü- 206) ; H. Baron von Foulion, Ueberdie petrographische Beschaffenheit der krystaltinisehen Schiefer der untercarbonischen Schichten... in Obersteiermark (Ibid., p. 207-252); M. Vacek, nombreuseä publications, en particulier Verhandl. k. k. Geol. Reichsanst., 1884, p. .390; 1886, p. 71: 189.3. p. 483; voir aussi C. v. John, leber Steirische Graphite (Ibid., 1892, p. 413-418), et R. Hoerne>, Metamorphismus der obersteirischen Graphitlager (Mitlheil. Naturw. Ver. Steiermark für 1905, p. 90-131). Le grneiss de Blasseneck, souvent mentionné, est, d'après de récentes recherches, unquartzite à sériciteavec un peu de feldspath. [Voir K. A. ^edVich, Über die wcLhre Natur der Blasseneckgneise am Sieirischen Erzberg (Verhandl. k. k.Geol. Reichsanst., 1908, p. 339-341).j
3. Voir, par exemple, la carte de M. Vacek, Verhandl. k. k. Geol. Reichsanst., 1895, p. 299; gîtes minéraux de Kallwang; K. A. Redlich, Berg- u. Hüttenm. Jahrb. d. Montanlebranst. Leoben u. Przibram, 1003, pl. I : carte et coupe des mines de cuivre de Radmer.
4. F. Heritsch, Anzeiger d. k. Akad. Wiss. Wien, 21 März 1907. [Voir aussi Fr. Herilscb.
série austro-alpine : Silurien-Dévonien-Carbonifère inférieur-Trias, repose sur du Carbonifère moyen ou supérieur d'eau douce. Ce résultat nous permet de faire un pas important dans l'analyse des Alpes Orientales.
La série paléozoïque ancienne s'avance jusque dans le Tyrol Oriental, sur le bord Sud des Alpes Calcaires Septentrionales. Elle forme le soubassement des Alpes Calcaires, qui surmontent elles-mêmes ce substratum en discordance, mais suivant un lien original, la série commençant par le Verrucano ou par les schistes de Werfen. Elle manque dans la coupe du Semmering et dans le Tyrol Occidental. Mais nulle part, sur tout l'espace long de 480 kilomètres qui s'étend depuis le Rhin jusqu'à Gloggnitz, on n'a jamais trouvé, sous le Trias, de trace de graphite ou de terrain houiller d'eau douce.
Le terrain houiller d'eau douce se sépare partout de la série austroalpine typique. Au Semmering, il repose sur le Trias exotique, ou du moins on ne le trouve qu'au Nord de ce Trias exotique ; nous le rencontrerons avec du Trias exotique au Brenner; dans la longue bande de la Haute-Styrie, il n'est pas associé à des couches mésozoïques. Au Sud, sous le Trias de la bande de la Drave, on ne voit aucune trace des terrains paléozoïques, quoique ceux-ci soient si développées tout près de là, dans la Chaîne Carnique (Dinarides).
De cette manière se séparent deux formations, qui comprennent respectivement : la première, un substratum cristallin, une série marine Silurien-Dévonien-Carbonifère inférieur, puis tout le Trias des Alpes Orientales; la seconde, un substratum cristallin et du terrain houiller d'eau douce appartenant à l'étage de Schatzlar (niveau de la flore d'Ottweiler d'après d'autres déterminations).
La répartition de la série I et de la série II est très remarquable : Tout le Nord est occupé par la série I (Alpes Calcaires Septentrionales et leur bordure méridionale formée de terrains paléozoïques anciens, cet ensemble constituant la moitié Nord de la nappe des Alpes Orientales). Au Sud vient la série II (Semmering, bande graphitique de la Haute-Styrie, Turrach, Brenner). Plus au Sud encore, on retrouve des représentants de la série I (Silurien et Dévonien de Gratz, s'avançant jusqu'à la Grebenze), puis le Trias nord-alpin de la chaîne de la Drave, depuis le Bachergebirge jusqu'au Brenner (moitié Sud de la nappe des Alpes Orientales).
Geologische Studien in der « Grauwackenzone ■ der nordöstlichen Alpen , I. Die geologischen Verhâiinisse der Umgebung von Hoheniauern (Sitzungsber. k. Akad. Wiss. Wien, Mathem.-naturwUs. CK, CXVI, Abt. 1, i907, p. 1717-1738, pl. MV : coupes); 11. Versuch einer stratigraphischsn Gliederung der « Grauwackenzone ■ im Paltental, nebst Bemerkungen über einige Gesteine (Blasseneekgneis, Serpentine) und über die fMgerangsoerhäUnisse (Ibid., CXVIIl, Abt. I, i909, p. 115-135); E. Ascher, Ueber ein neues Vorkommen von Werfener Schiefer Inder Grauwackenzone der Ostalpen {Reiting, Obersteiermark) (MitteiL Geol. Geseilsch. Wien, I, 1908, p. 402-W7).]
Oetzthal. Ortler. — Sur TEnns, en amout dlrdning, la bordure de terrains paléozoïques anciens est peu développée; puis, en amont de Schladming, s'introduit, avec une direction déviée vers TE.N.E., une bande étroite de calcaire triasique qui part des Alpes Calcaires et qui semble être enfoncée dans les schistes anciens. Elle traverse presque toute la zone des schistes; Mojsisovics Ta appelée bande de Mandling.
Sur cette bande triasique, Gümbel a trouvé des grès quartzeux à Nummulites. Elle est recoupée par TEnns. Au Sud de Uadstadt se montrent des argiles contenant des éclats de houille lamelleuse et aussi de petites veines de charbon qui, vers le N.W., plongent sous les hautes montagnes; et un lambeau très réduit de ces couches à lits de charbon s'est conservé dans le prolongement de la direction E.N.E., à 900 mètres plus haut, sur la Stoder-Alpe (1700 m.), contrefort du groupe voisin du Dachstein. Les choses se présentent comme si le bord Sud de la zone calcaire, généralement si uniforme, était coupé là par une dislocation oblique*.
Ces affleurements tertiaires sont tout à fait isolés. L'Ëocène du bord Nord des Alpes est éloigné de 55 à 60 kilomètres; celui de la vallée de la Gurk, de près de 100 kilomètres; et ce n'est que sur la Gurk que les couches comportent des lits de combustible. Sur la Gurk de même que sur les bords de TEnns, elles reposent sur du Trias du type des Alpes Orientales, et non sur du Trias exotique.
Tout près du pied méridional de la Steinernes Meer (Trias), on rencontre des fossiles du Silurien supérieur dans des schistes; puis viennent des calcaires et des dolomies puissantes, dans lesquels Ohnesorge a trouvé, près de Kitzbühel, des fossiles du Silurien supérieur et du Dévonien. C'est un prolongement de la bande silurienne et dévonienne du Nord de la Styrie. Elle se rétrécit, ses couches se redressent fortement et elle disparait près de Schwaz, sur Tlnn, à 24 kilomètres en aval d'Innsbruck *.
Cette baivde repose, sans intermédiaire, sur les phyllades anciens
1. \V. V. GümbeU Sitzungsberichte d. k. b. Akad. der Wiss. München, XIX, 1889, p. 383; E. von Mojsisovics, Ueber das Auftreten von NummulUensekichten bei Hadstadt im Pongaa (Verhandi. k. k. Geol. Reichsanst., 1807, p. 215; voir aussi 1808, p. 14, et 1900, p. 8); F. Trauth in F. Decke und V. Uhlig, Erster Bericht aber petrographische und geotektonische Untersuchangen im Hochalmmassiv und in der Radstädter Tauern (Sitzungsber. k. Akad. Wiss. Wien, Mathem.nalurw. Gl., GXV, Abt. I, 1906, p. 1730).
2. Th. Ohnesorge, Über Silur und Devon in den Kitzbahler Alpen (Verhandi. k. k. Gfol. Reichsanst., 1905, p. 373-377); pour Schwaz, voir un travail du même, Der Schufazer Augeitgneiss (Jahrb. k. k. Geol. Reichsanst., Llll, 1003, p. 377); pour la partie orientale près de Dienten, A. Till, Das geologische Profil von Berg Dienten nach Hof gastein (Verhandi., 1906, p. 323-335). Un bon aperça d^ensemble, avec une petite carte, se trouve dans Diener, Bau und Bild von Œsterreich, p. 433 et suiv. [Voir aussi Th. Ohnesorge, Ober Gneise des KdUr- Jochgebietes und der westlichen Hälfte der Kitzbahler Alpen und über Tektonik dieser Gebiete (Verhandi. k. k. Geol. Reichsanst., 1008, p. 119-136, carte dans le t.).]
qui raccompagnent au Sud. Perpendiculairement à la route du Brenner passe, à travers ces phyllades, une langue de gneiss et de micaschistes, longue de 14 kilomètres, qui est un prolongement oriental des terrains anciens du Stubai.
C'est ainsi qu'au Sud d'Innsbruck les roches anciennes des Alpes de la Mur, situées à TEst des Tauern, rejoignent celles du Stubai, situées à rOuesti
Le grand massif ancien du Stubai et de rOetzthal est donc, lui aussi, d'un âge antérieur au Silurien. Il entoure l'Ouest des Tauern; et de même qu'il se relie à l'Est, au Sud d'Innsbruck, aux Alpes de la Mur, il rejoint également à l'Ouest, au Sud de Landeck, la Silvretta, pour encadrer la fenêtre de l'Inn.
De même qu'au Nord la zone calcaire, au Sud, un vaste pâté de calcaire mésozoïque à faciès austroalpin, le Braulîo-Gebirge, repose sur les roches anciennes de l'Oetzthal.
Son extrémité méridionale est formée par l'Ortler (3 902 m.).
Ce nouveau massif s'étend jusqu'au bord Sud-Est de la fenêtre de rinn, et est traversé par des dislocations qui permettent souvent aux phyllades du substratum d'affleurer au-dessous du Trias (fig. 169). Un lambeau de Trias supérieur et de Lias, plongeant vers le Nord, a été suivi par Schlagîjitweit, avec une direction E.S.E., depuis les sources de l'Adda jusque dans les masses calcaires de l'Ortler*.
1« Spitz und Dyrenfurlh, note citée; K. Zoeppritz, Geologisdie Untersuchungen im Ober-
Theobald avait déjà signalé en plusieurs points, sur le territoire
suisse, au voisinage immédiat de TOrtler. des phyllades sur le Trias, et Termier a émis Topinion que TOrtler se compose de plusieurs nappes, poussées vers le Nord les unes par-dessus les autres, et qui dériveraient de plis couchés* (fig. 174). Au Monte Scorluzzo (3 094 m.), autour duquel la route du Stelvio décrit une courbe. Frech a même rencontré dans une fenêtre, au-dessous des phyllades, du calcaire triasique. Plus au Nord, les intercalations de calcaires se répètent dans les schistes anciens ^ Dans les formidables parois de rOrtler, on ne connaît pas de phyllades: les voyageurs admirent depuis la route postale les plissements de leurs couches calcaires. A la Konigswand (3 875 m.).
engadin zwischen Albulapass und Liv ig no (Benchlo Nalurforsch. Gesellsch. Freibur^ i. B., XVI, 1906, p. 164- 231, pi. IV-Vl : coupes et carte); 0. Sctilaçinlweit. Die tektonischen Verhältnisse in den Bergen zœisclwn Livigno, Bormio und Münsterthalj Inaug. Diss. In-8*, 29 p., München, 1907.
1. P. Termier, Les nappes des Mpes Orientales et la synthèse des Alpes (Bull. Soc. Géol. de Fr., 4* sér., III. 1903, p. 711-765. pi. XXll, XXUl : coupes et carte: en particulier p. 750) ; le môme. Sur les nappes de la région de VOrtler (G. R. Acad. Se, CXXXIX, 1904. 2* sera., p. 617-618).
2. Le repli que Hammer a décrit à la Hochleitenspitz doit sans doute être considéré comme un synclinal s'ouvranl vers le Nord. Hammer a lui-raôme interprété de cette façon l'accident Kleinbrod-Ueberp:rimm. Pour ces gisements, voir A. Rothpietz, Gco/ogischc Alpenforschungen, II. Ausdehnung und Herkunft der Wiaetishen Schubmasse. In-8', vin-261 p.. carte, IÖ05, en particulier p. 142 et suiv.; Fr. Frech, Leber den Gebirgsbau der Tiroler Zentralalpen mit besonderer Ftücksicht auf den Brenner (Wissenschaftl. Er^Anz.-Hefle zur Zcilschr. Deutsch. u.OEsterr. Alpenvcr., 11, 1.HefU 98 p., 25 pl. et 1 carte géol. du Brenner, 1905: en particulier p. 70 et suiv.); P. Tennier, Les Alpes entre le Brenner et la Valteline (Bull. Soc. Géol. de Fr., 4* sér . V, 1905, p. 209-289, pl. VU, Vlll : carte et coupes, en particulier p. 230 et suiv.; et Comple rendu somm.
"" id., p. 159-161) : W. Hammer, Vorläufige Mitteilung ûbrr
die Neuaufnahme der Ortlergruppe (Verhandl. k. k. Gcol. Ueichsansl.. 1906, p. 174-188). [Voir surtout \V. Hammer, Die Ortlergruppe und der Clav a latschkam m {Jahrb. k. k. Geol. Reiclisanst., LVIII, 1908, p. 79-196, pl. 11, 111 : cartes).]
Frech a trouvé que les mêmes couches se répètent cinq fois de suite; cette répétition recommence jusqu'à sept à huit fois dans la Trafoier Kiswand *.
A l'Est, notamment sous la Königsspitz, Hammer a constaté que les couches sont presque verticales, aussi bien pour le Trias que pour les phyllades qui lui succèdent vers le Sud. Hammer re{2:arde le bord Sud comme une fracture*.
Peut-être considérera-t-on quelque jour l'ensemble de l'Ortler comme un synclinal s'ouvrant vers le Nord, subdivisé intérieurement par des plissements secondaires ou par des surfaces de contact anormal.
Nous attribuons tous les éléments montagneux qui viennent d'être énumérés, depuis les phyllades de Radstadt jusqu'au Silurien et au Dévonien de Kitzbühel, et des phyllades qui s'étendent au Sudd'Innsbruck jusqu'au Stubai et à l'Ortler, à la moitié septentrionale de la nappe des Alpes Orientales. Nous avons déjà formulé la même conclusion pour rOetzthal.
Disgrazia et Bernlna. — Dans le Rhätikon et sur le bord Ouest de la Selvretta se voit clairement la limite occidentale du faciès austroalpin. Elle est mise en évidence par le liséré de nappes lépontiennes qui plonge sous le gneiss des Alpes Orientales, et surtout par une bande de roches vertes dont la largeur augmente vers le Sud, dans l'Oberhalbstein.
Près de la limite se dressent les montagnes calcaires du Splügen ; elles ont été considérées par Diener comme le représentant le plus occidental du faciès austro-alpin*. Le Piz Curvér, le sommet oriental du groupe, forme la partie terminale d'une chaîne calcaire se dirigeant vers l'E.S.E. (Weissberg, etc.), dans laquelle de la dolomie, des traces du Rhétien, la présence de Bélemnites dans un calcaire rouge4tre, etc., sont autant de caractères qui rappellent, en effet, les Alpes Orientales. Mais ce massif calcaire montre vers l'Ouest, c'est-à-dire vers l'Avers, des bancs très redressés ; le pendage des couches y est dirigé vers l'Est; il se relie aux roches vertes de TOberhalbstein et s'enfonce avec celles-ci sous la nappe des Alpes Orientales (Piz d'Err, Cima da Flix, etc.). Theobald dit à propos du Weissberg que « le calcaire se transforme en marbre vers l'Est, tandis qu'à l'Ouest, dans la même montagne et dans les couches en question, le métamorphisme est nul ou très peu mar-
[I. Voir les photo^rraphies reproduites par F. Frech., Zeitschr. DeuUch. Œslerr. Alpenver. Wisa., Erg.-Heft H, 1905, pi. XXI, XXV; et Pelermanns Mittcil., LIV, 1908, pi. 22, 23.]
2. W. Hammer, MiUheilung über Stadien in der Val Furva und VaL Zebru bei Bormio (Verhandl. k. k. Geol. Reichsanst., i002, p. 320-330; 1907, p. 234).
[3. 0. A. Weiler, Stratigraphie und Bau der Alpen zwischen Hinterrhein und Safientat (Eclogœ Geol. Helv., X, 1909, p. 804-851, pl. 21,22 : carte et coupes).]
que * ». Plus loin, en allant vers le Col du Septîmer, on ne rencontre en effet que des esquilles ou des bancs de marbre blanc intercalés dans les roches vertes.
Les chaînons gneissiques du Tessin sont, comme nous l'avons dit, disposés de telle manière que chacun d'entre eux s'enfonce sous celui qui lui fait suite vers TEst et est séparé du suivant par une intercalation mésozoïque. Nous avons indiqué le chaînon Suretta-Stella comme la plus orientale de ces écailles et la bande mésozoïque Avers-Col do Septimer comme la recouvrant à TEst*. Mais cette bande plonge à son tour vers l'Est sous la nappe austro-alpine, qui, par suite, prend elle-même une situation analogue à celle des chaînons gneissiques du Tessin.
Le Weissberg, par conséquent, ne peut pas appartenir à la nappe austro-alpine typique (Braulio). Il plonge sous celle-ci avec les roches vertes et appartient à la série lépontienne. Peut-être ses sédiments sontils à rapprocher de ceux de la zone du Briançonnais, qui ont euxmêmes tant de rapports avec ceux des Alpes Orientales.
Au delà du Septimer, les limites deviennent irrégulières. Des roches vertes et une zone sédimentaire se dirigent ensuite nettement vers le Sud, vers le Piz Tremoggia, en même temps qu'elles supportent, dans le Val di Fex, les gneiss et les granités de la Bernina et qu'elles les séparent à l'Ouest des terrains anciens. Diener a fait connaître cette disposition en détail. Au Sud, dans le Val Malenco, les roches vertes s'étalent largement. Le sommet du Monte délia Disgrazia lui-même (3676m.) n'est pas formé de granité, d'après Melzi. mais bien de serpentine'; et en même temps que ces piètre verdi rappellent d'une manière si frappante les Alpes Piémontaises, le gneiss de la Disgrazia montre également une ressemblance toute spéciale avec celui du Grand Paradis ^
La bande du Val di Fex n'est pas unique; les roches vertes, en particulier, pénètrent vers le Val Bregaglia; là, sur le versant Sud
1. G. Theobald, Die sûdOsUichen Qebirge von Gr anbänden und dem angrenzenden Veltlin (Beiträge zur Geol. Karte der Schweiz, lll, i866, p. 157). Theobald écrit Weisshorn; la région dont nous allons nous occuper ici est représentée sur la feuille XX de la Carte géologique de la Suisse à 1 : 100000, levée par ce géologue. Theobald, observateur excellent, a complété, sous rinfluence des idées alors régnantes, presque toutes les bandes de Trias encastrées dans les terrains antérieurs, de façon à obtenir des synclinaux concentriques. Le texte indique les faits observés.
[2. Voir Herrn. Meyer, Geologische Untersuchungen am Nordostrande des Sarettamassives im südlichen Graabünden (Berichte Naturforsch. Gcsellsch. Freiburg i. B., XVII, 1900, p. 130-177. pl. IV-VI : coupes, carte dans le t. p. 134); Herrn. L. F. Meyer und 0. A. Weiler, Zur Geologie des südlichen Graubändens (Zeitschr. Deutsch. Geol. Cîeselisch., LXII, 1910, Monatsbcricbte, p. 65-7i).]
3. Melzi, Mém. cité (Giornale di Mlneralogia, IV, 1803, p. 103).
4. A. Bolla, II gneiss centrale nella Valtellina (Atti R. Accad. Lincei, ser. 4'. Reodic, VH, 2Mem., 1801, p. 101-105).
du Marcio, elles sont également accompagnées de gypse, comme preuve certaine de la présence du Trias. Mais tournons-nous vers FEst.
A partir de Pontresina, on rencontre sur le côté oriental de la Bernina une série de synclinaux de Lias et de Trias, pinces dans les terrains antérieurs. L'un de ces synclinaux passe sur le flanc Sud du Piz Languard; un second, celui du Piz Alv, affecte un tracé arqué et quelque peu sinueux à travers la route, au Nord du col; un troisième, de direction N.-S., se trouve à FEst de Poschiavo. Dans les intervalles, on rencontre quelques lambeaux plus petits, principalement formés de gypse. Tout cela représente les restes profondément érodés d'un système de plis. Diener a distingué au Piz Alv des quartzites, du Trias inférieur(?), de la dolomie principale (Haupt-Dolomit), des couches rhétiennes et du Lias*. Sur d'autres points, on voit apparaître en outre au-dessous des quartzites, du porphyre. Quelques bancs montrent un commencement de marmorisation. On ne connaît pas de roches vertes dans cette série.
Diener a remarqué, dès 1884, la ressemblance particulière de bancs foncés à Pentacrines avec les bancs analogues du Semmering. Nous laissons non résolue la question de savoir si ce groupe doit être assimilé aux terrains du Splügen et de la zone du Briançonnais, ou s'il convient de le ranger déjà dans la nappe austro-alpine.
Au Sud de Poschiavo, un changement se produit. On voit apparaître de la serpentine, ainsi que plusieurs bandes de Trias, au nombre de cinq, d'après Brockmann. La direction des plis, jusque là N.-S. dans Tensemble, devient N.W. et E.-W. ; le pendage est N.E., plongeant par conséquent souslaBernina. Une bande méridionale s'étend vers l'Ouest jusqu'à la Disgrazia par le Piz Canciano *; une autre, septentrionale, va vers le N.W. ; et, d'après d'anciennes 'observations, des roches vertes s'étendent de là vers le Piz Tremoggia, en passant sous les glaciers méridionaux de la Bernina. D'après ces données, la ligne Lac de Silvaplana — Val di Fex — Piz Tremoggia — Poschiavo formerait la limite Sud-Ouest de la nappe des Alpes Orientales du côté de la région des roches vertes. La question de savoir à laquelle des deux séries appartient le Piz Alv reste ouverte.
Au Sud de cette ligne, jusqu'à la limite dinarique, c'est-à-dire jusqu'à
1. C. Diener, Die Kalkfalte des Piz Alv in Graubûnden (Jabrb. k. k. Geol. Reichsaost., XXXIV, i884, p. 313-320).
2. Chr. Tarnuzzer, Die Asbestlager der Alp Qaadrata bei Poschiavo (Jahresber. Naturforsch. Gesellsch. Graubündens, XLV, 1001-1002, p. 133-147, carte); H. Brockmann-Jerosch, Die Flora des Puschlav, In-S**, Leipzig, 1007, p. 0-13. Les recherches de Brockmann prolongent sous forme de traces aussi bien le Piz Alv que le Sassalba vers le Sud, et la direction E.-W. qui règne à TOuest de Poschiavo n*en contraste que davantage. Je dois d'obligeantes indications à M. Tarnuzzer.
TAdda, on trouve la direction E.-W. ; près de Sondrio, il existe encore des roches vertes. Cette région montagneuse méridionale est un prolongement du massif de la Disgrazia,
A partir du Piz Languard, le plongement vers le N.E. etleN. domine dans tout le groupe de la Bernina, et il en va de même, au Sud de ce massif, dans le prolongement de la Disgrazia dont nous venons de parler; il n*est guère possible de reconnaître avec certitude si ce pendage persiste jusqu'à la limite dinarique.
De Tautre côté de TAdige, dans le Texel-Gebirge, on rencontre à une grande hauteur de semblables bandes de marbre; mais le gneiss domine près du fleuve. Stäche a admis l'existence d'une faille; nous manquons malheureusement d'études récentes sur cette région. Mais à l'Est, les observations de Hammer rétablissent la continuité. Les gneiss qui, ainsi que nous l'avons dit, traversent l'Adige au coude du fleuve pour se continuer dans le Passeier, atteignent la route du Brenner; là, sur leur bord septentrional, se trouve la ruine de Sprechenstein. A l'Est de la route, ils acquièrent une largeur de plus en plus grande. Becke et Löwl les désignent dans cette région sous le nom de micaschistes anciens et de gneiss schisteux.
Cette zone de roches anciennes suit la ceinture de tonalité et la limite dinarique; au Nord, elle est accompagnée à partir de la Platten spitz, au Nord-Est de Meran, par la bande de calcaire triasique qui croise la route du Brenner près de Mauls, bande que nous avons déjà citée comme le prolongement occidental du Trias de Lienz, de la Drave et aussi de la Gurk. On peut la suivre avec certitude depuis le Bachergebirjre jusqu'à la Plattenspitz, c'est-à-dire sur 335 kilomètres (IH, p. 452).
Il résulte de là que, depuis le Kreuzeck, les roches anciennes se continuent vers le Sud-Oiîest par le Brenner (Sprechenstein), Passeyr, le coude de l'Adige, Ulten et Hasenohr, en accompagnant toujours la limite dinarique, et que c'est le Trias de la zone de la Drave qui arrive sous la forme d'une longue bande serrée jusque dans les environs de Meran. Ces éléments appartiennent à la moitié Sud des Alpes Orientales; entre celle-ci et la moitié Nord (Ortler, Oetzthal, etc.) passe le marbre de Laas.
Au Kreuzeck, nous atteignons de nouveau les Alpes de la Mur, Tout plonge maintenant vers le Sud, en particulier le massif très épais qui s'étend à l'Est du Kreuzeck.
Près du Millstätter See, des micaschistes grenatifères et des gneiss tournent vers le Nord; leur pendage est vers l'Esté Les relations avec
1. G. Geyer, Reisebericht über die geologischen Aufnahmen im Langaa (Verhandi. k. k. Geol. Reichsanst., 1892, p. 3i0-327); Vorlage des Blattes • St. Michael » (1893, p. 49-60)
le terrain houiller d'eau douce du Königsstuhl n'ont pas été éclaircies; et au Nord-Est, c'est-à-dire en s'approchant du massif gneissique de Schladming, on observe en même temps des particularités très complexes, qui ne sont pas encore complètement élucidées*. Une zone de Trias et de Jurassique entoure le Nord-Est des Tauern. Depuis Tweng jusque sous la Seekar-Spitz (Radstädter Tauern), sur une distance de 11 kilomètres, on peut suivre pas à pas le plongement et la disparition de ce Trias vers l'Est sous les roches anciennes; et le sommet de la Seekar-Spitz elle-même est formé par du gneiss reposant sur du Trias ^
L'allure du Trias se montre, dans cette région, des plus compliquées. Uhlig a trouvé au Nord, vers Radstadt, une nappe de quartzite à séricite appartenant au Permien ou au Trias inférieur, sous laquelle se montrent par endroits, dans des fenêtres, du calcaire triasique et du Jurassique, tandis qu'en d'autres points ces mêmes terrains reposent sur cette nappe. Ces affleurements arrivent, au Sud de Radstadt, jusqu'à 3 kilomètres seulement du substratum normal de la bande de Mandling (série austro-alpine avec lambeaux éocènes); et, comme ils plongaient vers l'E. sous les roches anciennes, on les voit de même s'enfoncer vers le N. sous le Trias des Alpes Orientales ^
On peut conclure de ces faits, comme résultat provisoire, que les Tauern sont entourées à l'Ouest (Stubai) etauNord(Pinzgau, Radstadt) par la moitié septentrionale des Alpes Orientales, au Sud (Sprechenstein, Kreuzeck) et à l'Est (Alpes de la Mur) par leur moitié méridionale, et que, sur les points dont la coupe a été décrite jusqu'ici (Kreuzeck au Sud, Tweng au Nord-Est, Radstadt au Nord), les Tauern plongent sous le cadre qui leur sert d'enveloppe.
Laas. — Il ne m'a pas été possible de déterminer, d'après les documents que l'on possède à l'heure actuelle, où peut passer la limite de la nappe austro-alpine dans l'espace compris entre Poschiavo et Sondalo. Sur l'Adda, qui coule du N. au S. en amont de Sondalo, apparaît au Sud de Bormio le batholithe déjà mentionné de Ceppina (Serra di Morignone). En même temps se montrent» dans les schistes, de puissantes intercalations de marbre. Le plongement vers le N.E. et vers le N. a cessé; sur une grande étendue régnent désormais la
1. Un exemple de ces dirOcultés est fourni par la petite carte de M. Vacek^ Die Schladminger Gneiasmasse und ihre Unujebung (Verhandl. k. k. Geol. Reichsanst., 1901, p. 372).
2. F. Frech a publié une vue du Gurpetschepg près Tweng dans les Sitzungsber. k. Preuss. Akad. Wiss. Berlin, 1896, 11, p. 1274, ï\g. 12, et dans les GeoL u. Palœont. Abhandl. de Koken, IX, 1001, p. .30, fig. 8.
3. F. Becke und V. Uhlig, Erster Bericht Ober petrographische und geotektonische Lntersuchungen im Hochalmmassiv und in den Radstädter Tauern (Sitzungsb. k. Akad. Wiss. Wien, Malhem.-naturw. Gl., GXV, Abt. 1, 1900, p. 1693-1737, en particulier p. 1731).
direction E.N.E., puis N.E., et le plongement vers le S. ou le S.E. Ce groupe montagneux, jusqu'au coude de TAdige près de Merao (Marlinger Joch), a été étudié par Stäche et surtout par Hammer*.
Du côté des Dinarides se montrent dans le gneiss, conaine nous l'avons indiqué, des enclaves d'olivine en plaquettes; le gneiss et les phyllades anciens forment une série d'anticlinaux et de synclinaux qui, au Nord-Est, sont étroitement serrés les uns contre les autres : ainsi commence à se manifester l'écrasement de toutes les zones internes des Alpes contre le front des Dinarides. Ce sont ces roches anciennes, en particulier des gneiss avec pegmatite, qui, au voisinage du coude de l'Adige, traversent le fleuve pour s'étendre dans le Passeyr.
En se dirigeant vers le Nord-Ouest, perpendiculairement à la direction des plis, on voit dominer les quartzophyllades. Ils forment sur les sommets (Hasenohr, 3 257 m.) un grand synclinal et descendent ensuite avec une grande largeur vers le Sud,- constituant ainsi le flanc supérieur d'un synclinal déversé vers le N. ou le N.N.W. ; et sous ces quartzophyllades s'abaissant au Sud apparaissent les c couches de Laas » de Hammer. Ce sont des micaschistes, ainsi que des micaschistes à slaurotide, dans lesquels le marbre de Laas est intercalé. Ce marbre n'atteint pas l'Ortler vers l'Ouest; mais quelques lambeaux de micaschistes à staurotide s'étendent jusque dans le voisinage de Sulden. Les intercalations de marbre qu'on rencontre dans les phyllades, au Sud de Bormio, et le marbre du Monte Sobretto ne se montrent pas, il est vrai, en relation immédiate avec le gisement de Laas; il est bien probable, néanmoins, que tous cps dépôts sont du même Age.
Dans le marbre de la bande de Laas, on a trouvé des tiges de Crinoïdes; ce marbre est, par suite, un sédiment normal métamorphisé; la marmorisation d'un calcaire jurassique ou crétacé ne demande d'ailleurs pas d'autres interventions que celle d'un calcaire silurien. Deux sortes d'injections se produisent : les unes en filons, principalement pegmatitiques, s'élevant le plus souvent verticalement, et les autres, basiques, en filons-couches. Ces dernières consistent en bandes d'amphibolites, qui sont comme pétries avec le marbre; et Weinschenk pense que ces amphibolites doivent dériver d'une roche voisine du gabbro *.
1. G. Stäche, Aus dem Ortler Gebiet (Verhandl. k. k. Geol. Reiclisanst., 1876, p. 314-318): OrientirangS'Touren südwärts und nordwärts vom unteren Vintschgau (Ibid., 1877, p. 205-207): Die geologischen Verhältnisse der Gebirgsabschnitte im Nordwesten und Südosten der unteren UUenlhates {Ibid., 1880, p. 127-131); Jahrb. d% XXVII, 1877, p. 143 et suiv.; W. Hammer, Dit KrystalUnen Alpen des VUenthalcs (Jahrb. k. k. Geol. Reichsanst., LH, 1002, p. 105-134, et LIV. 1004, p. 541-576, pl. XIII); le môme. Geologische Aufnahme des Blattes Bormio-Tonale (Ibid., LV, 1905, p. 1-20, pl. I : carte et coupes), et Geologische Beschreibung der Laasergruppe {Ihié., LVI, 1906, p. 497-538, pl. XIV-XVll, carte, phot. et coupes).
2. E. Weinschenk, Die Tiroler Marmorlager (Zeilschr. f. prakt. Geol., XI, 1903, p. 131-147). A un résultat tout à fait analogue est arrivé par exemple A. A. Julien, de New
Hammer a également remarqué çà et là des quartzites dans la zone de transition entre le marbre et les schistes. L*état originel du marbre de Laas peut par conséquent être regardé comme un calcaire à Crinoïdes, accompagné de quartzite et d'injections stratiformes d'une roche voisine du gabbro.
Stäche considère le marbre comme très ancien, Hammer comme précambrien; Termier s'est prononcé (1905) en faveur d'un âge mésozoïque. En Suisse, un revirement complet s'est produit, depuis vingt ans, au sujet de l'âge des nombreuses bandes de marbre qu'on trouve dans les Alpes : pour de bonnes raisons, elles sont maintenant considérées presque sans exception comme mésozoïques*. Ici s'ajoute encore cette circonstance que Mojsisovics a rencontré, sur un point tout à fait isolé il est vrai, sous la paroi septentrionale des Marteller Vertainen, un banc de gypse dans les phyllades anciens. Hammer a confirmé le fait et a trouvé non loin du même point, à l'Inneren Pederspitz, une lentille de serpentine intercalée en concordance dans des quartzophyllades. La description du gypse donnée par Hammer semble ne laisser aucun doute quant à la présence du Trias, pétri avec les. quartzophyllades ^
Ainsi, les observations réunies jusqu'à présent tendent à indiquer que la bande du marbre de Laas est l'équivalent complètement marmorisé, visible sous la nappe austro-alpine (Ortler), du Trias lépontien,. dont les roches vertes sont ici transformées en amphibolites.
La paroi de marbre de Laas (Jenewand) est, d'après Hammer, un synclinal s'ouvrant vers le Nord et en partie déversé ; un anticlinal plissé dans le même sens, et dont les flancs sont complètement refermés l'un sur l'autre, repose sur ce synclinal.
Par leur extrémité E.N.E., les couches de marbre de Laas atteignent l'Adige; à l'Ouest leur succède une zone étroite de gneiss phylliteux. —
Les Tauern. — Les Tauern forment un groupe de hautes montagnes bien circonscrites, remarquables au point de vue pittoresque tant par l'altitude de leurs cimes que par l'étendue de leurs surfaces glacées; elles courent sur 165 kilomètres environ, suivant un arc légèrement convexe vers le N., depuis la Lieser, à TEst, jusqu'au Tribu- York : Genesis of the Amphibole Schists ami Serpenlines of Manhattan Island^ New York (BulL GeoL Soc. of America, XIV, 1903, p. 421-404, pi. 60-63). [Voir aussi P. Egenter, Die Marmorlagerstatten Kärntens (Zeitscbr. f. prakt. Geol., XVH, 1900, p. 419-439, pi. V).]
1. Voir par exemple G. Schmidt. Eclogœ. Geol. Helv., IX, 1007, p. 505.
2. MojsisoYics, Mittbeil. (Dsterr. Alpenver., II, 1866, p. 377; Hammer, Geologische Beschreibung der Laosergruppr, p. 519 et suiv. Hammer a trouvé le banc de gypse long de 100 mètres et puissant de 30, très cristallin, concordant sous les quartzophyllades; il le regarde comme primaire et syngénéliquc.
laun-Gebirfçe, situé non loin de la route du Brenner, à l'Ouest. Leur largeur est de 43 kilomètres à l'Est; elle diminue vers l'Ouest et, sur la route du Brenner, lorsque s'avancent les Dinarides, elle se réduit à peine à la moitié.
F. von Hauer, Stäche, Peters, Stur et beaucoup d'autres observateurs ont reconnu plus ou moins nettement l'individualité des Tauern. Ils ont distingué le gneiss central {Central-Gneiss), occupant la partie médiane des Tauern, et une enveloppe de schistes (Schieferh fille), plongeant de tous les côtés vers l'extérieur. Ce groupe montagneux passait ainsi pour le type d'un axe de soulèvement; et sa structure, de même que celle des terrains gneissiques et schisteux qui. sur son pourtour, plongent vers le Nord et vers le Sud, a été, jointe à Tinclinaison des Dinarides vers le Sud, un argument capital en faveur de la théorie de la structure symétrique des Alpes.
Il résulte des importants travaux, non encore terminés, de Becke que le Central-Gneiss^ ainsi qu'on l'appelle, est une roche intrusive, de caractères variables, qui tient à peu près le milieu entre le granité ancien d'autres parties des Alpes et la tonalité. Ses variétés sont par suite qualifiées tantôt de granité, tantôt de gneiss tonalitique ou même de tonalité. On distingue cinq noyaux de cette nature ; les plus importants sont le noyau occidental (Gross- Venediger, 3 660 m.) et le noyau oriental (Hochalm-Spitz, 3 350 m.). La Schieferhiille pénètre entre ces noyaux; elle constitue, comme Stur le savait déjà, la plus haute cime des Tauern, le Gross-Glockner (3 798 m.)*.
A l'extérieur de la Schief er hülle, une bordure de Trias, de Lias et de Jurassique, d'ailleurs interrompue par endroits, entoure les Tauern et les sépare des Alpes Orientales. Elle est souvent très étroite; elle s'élargit et prend une certaine importance orographique à l'Ouest (fig. 171), dans le Tribulaun-Gebirge (Grosser Tribulaun, 3 102 m.), et au Nord-Est, danâ les Radstädter Tauern (Weisseck, 2 709 m.).
Les Tauern passaient, comme nous venons de le dire, pour le modèle d'un axe de soulèvement montagneux, lorsque parurent les mémoires de Termier, remarquables par l'ampleur des conceptions qui
i. F. Becke, F. Berwerth und U. Grubenmann, Bopports préliminaires (Anzeiger k. Akad. AViss. Wien, 1803, p. 45-49; 1896, p. 13-22; 1897, p. 8-14; 1898, p. 12-19; 1899, p. 5-10; F.LôwI, Der GranaUpiU-Kern (Jahrb. k. k. Geol. Reichsonst., XLV, 1895, p. 615-040, pi. XVIH : carte); E. Becke und F. Löwl, Exkursionen im westlichen und mittleren Abschnitt der Hohen Tauern (Führer zu den Exkursionen, IX. Internat. Geol. Congr., 1903, VIII und IX, 41 et 27 p.. i'arte); F. Becke, Das nordwestliche Randgebiet des Hochalmkerns (in Becke und Uhlig., Erstes Bericht über petrographische und geotektonische Untersuchungen, Sitzungsb. k. Akad. \Vi^. Wien, Malhem.-naturwiss. Gl., Abt. I, CXV, 1900, p. 169:î-1719), et ailleurs. [Voir, en outre, B. Sander, Vorläufige Mitteilung über Beobachtungen am Westende der Hohen Tauem und u dessen weiterer Umgebung (Verhandl. k. k. Geol. Reichsansi., 1909, p. 204-206); Fr. v. Kerner. Aufnahmsbericht aus dem mittleren Gschnitztale (Ibid., p. 257-264).]
les inspirent et relatifs précisément à cette chaîne, surtout dans sa partie occidentale, ainsi qu'à la région qui s*étend au Sud-Ouest jusqu'à l'Adda. Dans ces mémoires, Tauteur essaie de prouver que toute cette partie des Alpes est formée de nappes empilées les unes sur les autres*.
Dans cette question, un fait décisif occupe le premier plan : le Trias de l'encadrement des Tauern rCesl pas te Trias de la zone calcaire austro-alpine aooisinante. C'est le Trias du Semmering. Toula avait depuis longtemps indiqué la chose pour les Radstädter Tauern, et Uhlig ava,it cherché l'équivalent de ce Trias dans la zone du Briançonnais *. Si Termier s'étonnait déjà de la ressemblance du Trias de Semmering avec celui de la Vanoise% l'identité avec l'Ouest devient, ici encore, beaucoup plus frappante par suite de l'apparition de serpentines dans le Trias. Ce Trias appartient, d'après son allure, au groupe des nappes lépontiennes, reposant sur la nappe helvétique et sous la nappe austro-alpine.
Les Taueim constituent un massif
\. P. Termier, Les nappes des Alpes Orientales et la Synthèse des Alpes (Bull. Soc. Géol. do Fr., 3« sér., HI, 1903, p. 711-765, pL XXII. XXUI : coupes et carte); du même. Les Alpes entre le Brenner et la Valteline (Ibid., 4* sér., V, 1905, p. 209-289. pi. VU, VUl : carte et coupes); du même, La Synthèse géologique des Alpes. In-S», 29 p., Liège, 1906.
2. V. Uhlig, Erster Bericht, p. 1732. [Les marbres intercalés dans Tenveloppe schisteuse des Tauern sont considérés par G. Steinraann comme beaucoup plus récents : ils représenteraient le prolongement métamorphisé des calcaires tithoniques de la Sulzfluh, dans le Rhätikon {Ueber die SUllung und das Alter des Hochstegenkalks (Milteil. Geol. Gesellsch. Wion III, 1910, p. 282-299).]
.3. Termier, Sur quelques analogies de faciès géologiques entre la zone centrale des Alpes Orientales et la zone interne des Alpes Occidentales (G. R. Acad. Se, CXXXVIÏ, 1903, 2* sem p. 807-808).
qui surgit sous les Alpes Orientales, avec un encadrement lépontien. Le croquis de la page 713 montre un petit anticlinal de Flysch, qui
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Fio. 172. — Carte géologique de rextrémité occidentale des Hohe Tauern (Zillerthal), d'après F. Becke et F. Löwl {IX. Internationaler Geologen-Congress. Führer fur die Excursionen, VIII und IX).
Hochos intrusivos : 1. Gnoiss granitique ancien; 2-6. Centralgneiss des Hohe Tauorn \-2. Gneiss tonalitiquo grenu; 3. D" schisteux; 4. Granite schistenx; 5. Gneiss porphyroïde; 6. Apliie et faciès de bordure); 1. Tonalité de l'Ifrtngor et du Riesorfemer. — Terrains sédimentaires et roches inlcratratirtées : 8. Micaschistes anciens: 9. Phyllades quartzeux du Pinzgau et du Pustcrihal; 10-13. 5cA#rferhûUe (10. Hoclistegenkalk; U. Micaschistes, quartzites, amphibolites, etc.; 12. Serpentines; 13. Phyllades calcaires on Schistes lustres); 14. Trias fcalcairos et dolomics). — Échelle de 1 iTiOOOOO.
s'est édifié entre les deux nappes pesantes des Annes et de Sulens. Un exemple d'envergure beaucoup plus considérable est offert par 1 anli-
cliiial de schistes des Grisons qui surgit dans la fenêtre de Tlnn et qui
relève des roches vertes, en même
temps qu'un fragment détaché des
Alpes Orientales, jusqu'à une altitude
de plus de 3 000 mètres. Ici encore,
on pourrait supposer que la Selvretta
ùTOuest etrOetzthalaTEst ont enrayé
le plissement par leur charge, de telle
manière que ce plissement n'a pu se
produire que dans la fenêtre, suivant
la direction N.N.E. de son grand axe.
La fenêtre des Tauern (fig. 172) est trop vaste pour être due à l'érosion; il y a cependant autour d'elle un encadrement; et dès que la ceinture mésozoïque atteint ce cadre, celui-ci devient un avant- pays, mais un avant -pays flottant (schwebendes Vorland).
A l'Ouest, il est formé par le gneiss de l'Oetzthal et du Stubai. Une traînée d'affleurements isolés de marbre passe, d'après les rapports de Teller, près du bord méridional du gneiss de l'Oetzthal, en venant d'assez loin au Sud- Ouest, de la haute chaîne de Gurgl, pour se diriger au Nord-Est vers les mines de zinc de Schneeberg. Elle jalonne la limite du gneiss et des phyllades qui lui font suite au Sud. Le gneiss est redressé verticalement sur une grande distance, puis il s'incline en devenant presque horizontal vers la limite des phyllades et les recouvre*.
Plus loin, du côté de Schneeberg, des micaschistes grenatifères remplacent les phyllades. A Schneeberg, une zone riche en amphibolites succède aux micaschistes le long de cette limite; puis viennent desquartzites, des schistes fortement calcaires, enfin la dolomie du Karlweissen, qui contient
1. F. Teller, Geologische MUtheilungen aus der OeUihaler-Gruppe (Verhandl. k. k. Geol. Reichsanst., 1878, p. 66).
M O fl .5
des Crinoïdes et qui plonge au N.W. sous le gneiss, de 60 à 80**.
Cette localité est située à 10 kilomètres à l'Ouest de la Telfer Weisse, représentant la terminaison extrême vers le Sud du Tribulaun-Gebirge, chaîne d'environ 30 kilomètres de longueur qui s'étend du S. vers le N. et qui forme l'encadrement occidental des Tauern (fig. 173). A côté des travaux anciens de Stäche et de Teller, nous devons maintenant tenir compte des recherches de Frech ^.
Les rapports du Schneeberg avec la Telfer Weisse et aussi avec la Gschleyer-Wand, qui se relie à ce sommet sans aucune interruption, sont essentiels à considérer. Un petit affleurement de dolomie plongeant vers le N., découvert par Frech à la Geringer-Alpe, montre cette continuité. Notre interprétation de la Telfer Weisse diffère de celle de Frech. On y voit la même succession de roches qu'au Schneeberg, mais en ordre inverse. Ici, le gneiss est en bas; puis vient le Trias, sur lequel reposent les micaschistes. En même temps, la direction des couches tourne sur ce point de l'Est vers le Nord. Il s'est produit une déviation accompagnée d'un renversement. Les choses se passent comme si l'on avait atteint ici Vextrémité de lavant-pays flottant^ c'està-dire V angle du massif de gneiss du Stubai, et comme si le Trias et les micaschistes avait débordé sur la lisière \
Tout le Tribulaun-Gebirge est poussé, à partir des Tauern, par-dessus le bord du massif gneissique du Stubai. Rothpletz a donné à peu près la même interprétation*. Le Tribulaun-Gebirge n'est pas formé par les restes d'une couverture transgressive de Trias, qu'aurait épargnés la dénudation, mais bien par une bordure chevauchante. C'est pourquoi il n'existe pas ailleurs, dans le Massif du Stubai, d'autres lambeaux de dénudation. Le repos sur le gneiss, tout le long du bord occidental, n'est pas normal; les termes les plus profonds manquent. L'épaisseur totale des parois calcaires au-dessus du gneiss est, à l'Ouest, de 1100 à 1200 mètres; mais elle comporte des répétitions dues au plissement. Au-dessus de ces retours successifs, avec coins de
1. A. V. Elterlein, Beiträge zur Kenntniss der Erzlagerstätte des Schneehergs bei Mayrn in Sadtirol (Jahrb. k. k. Geol. Reichsanst., XLI, 1891, p. 289-348, pl. IV : carte et coupes); E. Weinschenk, Die Erzlagerstätte des Schneebergs in Tirol (Zeilschr. f. prakt. Geol., XI, 1903, p. 231-237); on trouvera une description détaillée dans Frech, mém. cité. Des Crinoïdes ont été également signalés au Moarer Weissen, situé dans le voisinage.
2. F. Frech, Ueber den Gebirgsbau der Tiroler Centralalpen mit besonderer Räcksieht aaf den Brenner (Wissensch. Ergänz.-Heric zur Zeitschr. d. Deutsch u. Oesterr. Alpen ver. II, I. Heft, Innsbruck, 1905, 98 p., 25 pl. et 1 carte geol. du Brenner).
3. Frech a séparé la Gschleyer Wand (avec la Telfer Weisse) et la dolomie de Pflersch du groupe du Tribulaun; il considère ce massif comme représentant un pli déversé vers le Sud. Termier le regarde au contraire comme faisant partie du Tribulaun. Termier le relie de même hypothétiquement, vers le Sud, à la bande de Sprechenstein (Ratschings); Bail. Soc. Géol. de Fr., 4- sér.. V, 1905, p. 231.
4. A. Rothpletz, Geologische Alpen forschungcn, II, p. 208 et suiv.
calcaires micacés et de schistes py ri taux qui sont attribués à l'étage rhétien. Frech a encore trouvé, sur le . .^
sommet de la Kesselspitz (2 722 m.), ; un petit lambeau de Lias à Arietites.
Les hautes murailles de TOuest donnent une idée inexacte de la puissance de la formation. La coupe transversale du Trias atteint en réalité un coin, et la diminution de l'épaisseur vers TEst peut se constater dans les vallées transversales du Tribulaun : elle est si rapide que le long de la route du Brenner, à 8 kilomètres à TEst du Hoher Tribulaun, il ne subsiste plus, par endroits, qu'un mince liséré de dolomie (fig. 174), souvent masquée parleséboulis, et à laquelle sont associés des quartzites et delà serpentine, éléments plus anciens manquant à l'Ouest. En même temps, le gneiss du Stubai disparaît dans les vallées transversales. Au Nord, par suite de l'érosion du Trias, il s'avance encore près de Matrei jusqu'à la route du Brenner, mais sans atteindre l'intérieur des Tauern.
Au Sud, à la Gschleyer-Wand, les micaschistes de Schneeberg reposent sur le Trias; mais au Nord de ce point, on voit un lambeau assez étendu de schistes avec empreintes végétales du terrain houiller supérieur s'élever en partant de l'Est sur le coin *. D'après Frech, on rencontre également des lambeaux de terrain houiller supérieur, pinces dans les plis du Trias.
1. Pichler Va découverle; F. v. Kernen, Die Carbonflora des Steinacherjoches (Jahrb. k. k. 'GeoL Reichsanst., XLVII, 1897, p. 365-386, pi. VIII-X), et Verhandl. d", 1906, p. 130-131. En parcourant, à Tépoque de la construction du chemin de fer, en 1865, cette partie de la ligne, on m'a montré du graphite provenant du tunnel de Jodok.
Au Nord, à partir des environs de Matrei, le Trias et le Carbonifère supérieur effectuent, en qualité de bordure des Tauern, et comme au