‹ La face de la terreChapitre 123 sur 137 · C3" CI · texte numérisé non relu

C3" CI

FiG. 175. — Croquis tectonique des Radstadler Tauern, d'après V. Uhlig {SiUungsberichte K. Akad. d. Wissenschaften Wien, Matkem.-naturwiss, Kl., CXVII, Abt. 1, 1008).

Nappes lépoDtiennes : 1. Zentralgnciss du Massif Ou Ilnchalm et du Sonnblick; 2. Mica>rliiste& marbres, quartzitos, schistes verts et phylladcs {SchiefcrhùlUt). — Nappes des Tauern; 3. Quaruites. schistes à séricito et roches du Massif do Schladming: 4. Dolomics à CtyroporoHos, schistes pvriteux. marbre jurassique, calcaire à Crinoïdes, cargneules. — Nappes austro-alpines : 5. Zone des Granwackes; 6. Zone calcaire et bande do Mandling. — 7. Micaschistes grenatif^res et gneiss: S. iKSpdts tertiaires à lignites de Wagrein. — 9. Contact normal: 10. Contact anormal; 11. Feni^tro«^ et 13. I^ambeaux de recouvrement dans la région des nappes léponticnnos ; 13. Bord frontal des nappes. — Échelle de 1 : 400 000.

Sud par la Telfer Weisse, une nouvelle conversion suivant un angle presque droit. La direction devient alors E.-W. et l'avant-pays n'est

plus formé par le Stubai, mais par les phyllades anciens du Pinzgau, qui sont difliciles à séparer du terrain houiller supérieur, occupant de ce côté une largeur plus grande.

Le Trias se montre, d'après Fr. E. Suess, sous forme de coins pinces dans le Carbonifère etil est affecté en même temps, notamment sur les Tarntlialer Köpfe (2 891 m.), par des déversements importants vers le Nord, quoiqu'un pendage presque vertical vers le N. soit visible dans les parties plus profondes.

Ce contraste indique une courbure en genou des couches vers l'avant-pays.

Rothpletz signale des fossiles rhétiens dans cette région.

Sur les hauteurs, les synclinaux s'ouvrent vers le Nord ; les murailles dolomitiques regardent vers le Nord, de même que dans le Tribulaun- Gebirge elles regardaient vers l'Ouest ; dans les deux cas, elles tournent le dos aux Tauern^

I. Franz E. Suess, Do« Gebiet der TriasfaUen im Nordosten der Hrenncrlinie (Jahrb. k. k. GeoL ReichsansL, XLIV, 1894, p. 589- 670, pL X-Xni, carte); UothpleU y a également rencontré des fossiles rhétiens. [Voir, aussi A. P.

Young, On the Stratigraphy and Structure of the Tarnlhal Mass,

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Avec les Tarnthaler Köpfe commence une traînée de lambeaux épars de Trias, dans lesquels Diener a trouvé, près de Kriminl, des Diplopores. Les coupes de ce gisement données par Diener et par Low! montrent dans la profondeur une disposition presque verticale des couches et, vers le haut, une nouvelle courbure en genou vers le N. *,

Entre ces deux points, près de Mayrhofen, règne, d'après Becke. un pendage très faible vers le N. ; peut-être ce fait indique-t-il une érosion plus intense. Plus à l'Est, du Trias avec de la serpentine réapparaît près de Lind; on atteint enfin les Radstadtej* Tauern (fig. 175), que nous avons déjà mentionnées.

Elles ont été décrites par Vacek et par Frech ; Uhlig, plus récemment, en a donné un tableau différent; nous suivrons ses indications-. Sur des quartzites à séricite reposent de la dolomie à Diplopores, des schistes pyriteux foncés du Rhétien accompagnés d'une lumachelle de Bivalves, ainsi que des calcaires à Lithodendron^ puis des calcaires jurassiques à Bélemnites qui peuvent avoir jusqu'à 200 mètres d'épaisseur. On constate la présence de trois nappes plongeant vers le N. (à Tweng vers l'E.). La tranche de leurs couches regarde vers le S. et le S.W. Les phyllades calcaires de la région des Tauern leur succèdent dans la même situation tectonique, comme si elles formaient une quatrième nappe plus profonde. Nous avons déjà dit que ces nappes s'approchent jusqu'à 3 kilomètres des Alpes Orientales et plongent sous celles-ci (tig. 176). On n'aperçoit pas de déversement vers Tavant-pays.

Un déversement du même genre manque également sur le côté méridional des Tauern. Nous commencerons notre étude par le Sud-Ouest.

Dans le Texel-Oebirge, dont les pentes s'inclinent vers l'Adige

Tyrol (Quart. Joarn. Geol, Soc, LXIV, 1908, p. 596-603, carte dans le t.). et Soies on the Structure and Phytiography of the Tarntal Mass (Geol. Mag., Dec. 5, VI, 1909, p. 339-346. pi. XV-XVIll : phot.); B. Sander, Ueber neue geologische Forschungen im Gebiete der Tarnialer Köpfe, Navistal, Tirol (Verhandl. k. k. Geol. Keichsanst , 1910, p. 43-50).]

1. C. Diener, Einige Bemerkungen über die stratig raphisehe Stellung der Krimmler Schichten und über den Tauerngraben in Oberpinzgau (Jahrb. k. k. Geol. Reichsanst., L, 1900, p. 383-394; coupe de la p. 385); voir aussi F. Löwl, Der Gross-Venediger {\h\à., XLIV, 1894, p. 510), et IX. Internationaler Geologen-Congress, Führer für die Exkursionen in Oesterreich, Wien, 1903, IX, p. 11.

2. Fr. Frech, Ueber den Gebirgsbau der Badstädter Tauern (Sitasungsber. Akad. Wiss. Berlin. 1896, p. 1255-1277), et Geologie der Badstädter Tauern (Geol. u. Paleont. Abhandl., herausg. von Koken, Neue Folge, V, p. 1-66, 38 flg., 1 carte geol.) ; V. Ublig, Aus dem mesozoischen Gebiete der Badstädter Tauern {in Becke und Uhlig, Erster Bericht über petrog raphisehe und geotektonisehe L'ntersuchungen; Sitzungäber. k. Akad. Wiss. Wien, Mathem.-naturwiss. Cl., .\bt. l. CXV, 1906, p. 1719-173") [et V. Uhlig, Zweiter Bericht aber geotektonische Untersuchungen in den Badstädter Tauern (Ibid., CXVII, 1908, p. 1379-1422, pl. I-III : phot., coupes et carte).: Parmi les travaux antérieurs, on peut citer : M. Vacek, Beitrag zur Geologie der Badstädter Tauern (Jahrb. k. k. Geol. Beichsanst., XXXIV, 1884, p. 609-634, pl. XI : coupes), et une note plus récente du nu^me auteur : Ueber die Schladminger Gneissmasse und ihre Umgebung (Verhandl. d*, 1893, p. 386 et suiv.). Une partie très notable du Trios est iransrormêc en micaschistes calcaires renfermant des Pentacrines; la plupart des fossiles que j*ai recueillis

au-dessus du Meran, Teller a découvert une nouvelle bande de calcaire et de marbre. Elle affleure dans un ravin au-dessous de la cime du Texel (3 320 m.); le Loder (3268 m.) et la Hohe Weiss (3282 m.) en font partie. Elle décrit, en s'étendant vers le N.E., un arc légèrement convexe vers le N.W., passe à travers le Pfeldersthal et par la Weisse Wand dans la vallée de Ratschings, où elle se manifeste dans une série de carrières de marbre, et elle atteint, après un parcours souvent interrompu de 34 kilomètres, la route du Brenner'.

Sur son prolongement tombe sans doute la trace que Termier a rencontrée en aval de Thuins, près de Sterzing; et sa continuation plus lointaine est indiquée, au voisinage et au Nord du gneiss de Sprechenstein, par du calcaire associé à de la serpentine. Là commence une zone de Trias, se prolongeant vers TEst jusqu'au delà de Windisch-Matrei et délimitant au Sud, suivant une ligne d'abord interrompue, puis continue, la moitié occidentale des Tauern. Elle a été décrite avec soin par Lowl; des quartzites, des dolomies, des micaschistes calcaires, des schistes lustrés {Glanzschiefer), du g}'pse et de la serpentine prennent part à sa constitution. Ces couches, sur les points les mieux connus, sont fortement redressées *.

Plus à TEst, dans la région où elle commence à se diriger vers le S.E., la limite méridionale des Tauern est moins connue; cependant, d'après les levés de Granîgg dans le Möll-Thal, les choses semblent se passer comme si du Trias, accompagné de serpentine, sortait du cœur des Hohe Tauern elles-mêmes pour se diriger jusqu'au bord, sur le flanc méridional du noyau du Hochalm ', et pour constituer cette bordure près deDöllach*.

Terminons ici l'examen du bord des Tauern et rendons-nous encore une fois sur la route du Brenner, suivant laquelle nous nous déplacerons du Sud au Nord, en partant de la tonalité qui jalonne la limite dinarique. Nous traversons d'abord le granité de Brixen, puis une zone de gneiss et de. phyllades gneissiques, qui vient du Passeier et se dirige vers les Alpes de la Mur. Une bande de Trias, qui se dirige vers

proviennent des abords de laMittereckalpe (voir Anzeiger k. Âkad. Wiss. Wien, 20 nov. 1890).

1. F. Teller, Aufnahmen im oberen Oetz- und Passeier-Tkale (Verhandl. k. k. Geol. Reichsanst., 1877, p. 231-235); Geologische MiitheUmgen aus der OeUthaler Gruppe (Ibid., 1878, p. 64-66); el lieber die Aufnahmen im unteren Vintsehgau und im Iffingergebiete bei Meran (ibid., 1878, p. 302-306).

2. F. Löwl, dans plusieurs publications, noUxmmoni IX. Internationaler Oeologen-Congress^ Führer far die Exkursionen in Œsterreich, Wien, 1003, IX, p. 20, 21.

[3. F. Becke, Bericht über die Aufnahmen am Nord- und Ostrand des Hochalmmassivs (SiUungsber. k. Akad. Wiss. Wien, Mathem.-naturwiss. CI., Abt. 1, CXVU, 1908, p. 371- 404, 1 pl. : carte et coupes); Bericht über geologische und petrographische Untersuchungen am Ostrande des Hochalmkerns (Ibid., CXVIII, 1909, p. 1045-1072).]

4. B. Granifrg. Geologische und petrographische Untersuchungen im Ober-Mölltal in Kärnten (Jahrb. k. k. Geol. Ueichsanst., LVl, 1906, p. 367-404, pl. X, carte de la p. 384).

le Lienzer Gebirge, Taccompagne; ce Trias a le faciès austro-alpin. Jusqu'ici, c'est-à-dire jusquà Sprechenstein, nous regardons les terrains traversés comme appartenant à la moitié méridionale des Alpes Orientales.

A partir du Texel-Gebirge, en passant par Ratschings, s^étend au Nord de Sprechenstein une bande de marbre qui est peut-être «lu Tria> métamorphique. Dans son prolongement, en effet» on rencontre la marge de Trias, formant le bord Sud des Tauern, qui se dirige du Brenner vers Windisch-Matrei.

A 5 kilomètres plus au Nord se trouve l'extrémité méridionale du Tribulaun-Gebirge. Là aboutit une nouvelle bande de marbre venant de Schneeberg. Elle semble, à laTelfer Weisse, se relier au Tribulaun- Gebirge, qui tourne vers le Nord et forme le long de la route du Brennerle bord occidental des Tauern, poussé vers TOuestsur le gneiss du Stubai.

Près de Matrei, la bordure mésozoïque passe de la direction S.-N. à la direction W.-E., pour rejoindre, en formant l'encadrement septentrional, les Radstädter Tauern.

Au delà de Matrei et d'une bande de schistes peut-être carbonifère on atteint les quartzophyllades anciens du Pinzgau et la langue de micaschistes et de gneiss qui vient du Stubai. Ces roches se dirigent vers les Alpes de la Mur; elles forment près dlnnsbruck le soubassement normal de la zone calcaire austro-alpine, et elles appartiennent avec celle-ci à la moitié septentrionale des Alpes Orientales'.

Termier a admis que la fenêtre des Tauern était fermée sur tout son pourtour. La description donnée ici indique, à titre d'hypothèse, une étroite ouverture au Sud-Ouest. Deux bandes de marbre, dont l'une va passer près de Gurgl dans TOetzthal et l'autre au Texel- Gebirge, pourraient bien indiquer un prolongement de la fenêtre vers le S.W. En fait, Teller a attribué l'espace compris entre le gneiss du Passeier au S.W. et celui de l'Oetzthal au N.W. aux Schistes lustrés {KalkpIiyUit); mais il importe de remarquer que ses travaux, d'ailleurs très méritoires, appartiennent à une époque où ne se posaient pas encore les questions agitées à l'heure actuelle : l'hypothèse d'un prolongement éventuel de la fenêtre ne pourra donc être confirmée 04i infirmée qu'après une nouvelle étude du terrain. Toutes les questions restées sans réponse, à propos du marbre de Laas, se posent donc une fois de plus devant nous.

\. Frech (Ueber den Gebirgsbau der Tiroler Centralalpen, p. 20) signale le long du chemin de fer, près d'Ainras, un lambeau de Trias encastré dans les pliyllades anciens; j*ti vit&ile ia localilé et je ne puis m'associer aux doutes que celte indication a suscités. D^aprni «a position, il semble que ce lambeau doive être considéré comme austro-alpin.

Quel que soit le résultat final auquel on arrive, au sujet de ce prolongement vers le Sud-Ouest, le problème tectonique principal n'en est pas moins résolu par l'analyse de la structure de Tencadrement mésozoïque des Tauern; et il Test dans le sens qu*a indiqué Termier. —

Nous n'examinerons que brièvement la structure de la partie encadrée par le Trias, celle qu'occupent les phyllades calcaires et le gneiss central, parce que les opinions sont encore trop divergentes au sujet du premier terme et qu'il convient, pour le second, d'attendre la suite des travaux de Becke.

Quand, dans la fenêtre de Tlnn, soit près de Nauders, soit à Prutz dans le Kaunser Thaï, on voit les schistes des Grisons plonger sous le gneiss de l'Oetz, on se demande involontairement si ces schistes ne réapparaissent pas quelque part plus à l'Est. De fait, dès 1873, Stäche, qui a consacré tant d'années de sa laborieuse carrière à l'étude des schistes alpins, remarquait que les schistes calcaires (Kalkschiefer) <le Nauders et du Kaunser Thal avaient des « équivalents très analogues » {sehr entsprechende Aequivalente) dans le Zillerthal et tout spécialement au Brenner, entre Steinach, Gries et Gossensass*. Termier a risqué l'hypothèse qu'ils reparaissent réellement dans la Schieferhülle des Tauern. Ceci correspondrait à la disposition générale des couches, et aussi à la remarque faite par Uhlig que, dans les Radstädter Tauern, les couches de phyllades calcaires qui se présentent au-dessous des trois nappes de Trias, plongeant vers le N., jouent tout à fait le rôle d'une nouvelle nappe. Une preuve directe manque encore dans ces terrains, qui ont été si profondément modifiés par la pression, et sur le pourtour desquels une grande partie du Trias authentique, fossilifère, a été transformé en marbres en plaquettes contenant des feuillets de mica et en micaschistes calcaires rayés. Becke et Löwl distinguent dans la Schief einhülle un terme inférieur et un terme supérieur; mais quant à l'âge de ces deux étages, les hypothèses sont à peu près aussi différentes les unes des autres que relativement aux « calcaires phylliteux » de la Vanoise*.

Abstraction faite de la constitution originelle des noyaux granitiques ou plus ou moins tonalitiques (c'est-à-dire de l'ensemble désigné sous le nom de Central-Gneiss), -et quel que puisse être leur âge, il est certain que les plus importants d'entre eux ont subi plus tard des pressions énergiques, qui se sont exercées perpendiculairement à la direction des Alpes. Ce fait est clairement indiqué par l'allure des contours du noyau du Venediger, qui projette comme des langues au Sud-Ouest et au

1. G. Stflche, Notizen aus den Tiroler Centralalpen (VerhandL k. k. GeoL Reichsanst., 1873, p. 222, 223).

2. Voir, par exemple, la discussion dans Bull. Soc. Géol. de Fr., 4* sér., VI, 1906, p. 43t.

Nord-Est'. Ces ramifications rappellent tout à fait les ennoyages avec digi talions ( Verfaltungen) qui se présentent à Textrémité des massifs du Mont-Blanc et du Finsteraarhorn. On doit les considérer comme autant d'anticlinaux, séparés par des synclinaux dont le plus connu est le lambeau de Greiner. Ces synclinaux sont le lieu d'élection d'un métamorphisme dynamique des roches particulièrement intense. Ils montrent que là. comme dans les exemples que nous avons mentionnés en Suisse, les voûtes primitives n'exercent pas sur la configuration actuelle une influence aussi importante que la surélévation simultanée des axes de plusieurs plis parallèles, surélévation résultant d'une compression latérale et en conséquence de laquelle, il est vrai, les synclinaux vont généralement se perdre vers le milieu de la saillie.

Ces noyaux granitiques sont donc, tout à fait comme le Mont-Blanc, (ïorigine intrusive, mais ils ont été amenés d'une manière jmrement passive à la position qu'ils occupent aujourdhui.

Les Tauern constituent, en définitive, une fenêtre entre la moitié septentrionale et la moitié méridionale des Alpes Orientales. En même temps que le gneiss central a été surélevé dans cette fenêtre, d'une manière passive et longtemps après son refroidissement, par une compression latérale venant du Sud ou du Sud-Est, il a entraîné avec lui, de bas en haut, une bordure de Trias et de Jurassique, et l'a retroussée ou refoulée vers l'Ouest et le Nord-Ouest, au delà du cadre. Le cadre lui-même, quand il n'est pas déversé, se recourbe des Tauern vers l'extérieur.

On pourrait s'en tenir à une explication plus simple et admettre que la nappe austro-alpine aurait autrefois recouvert les Tauern à la manière d'une haute coupole, et aurait été détruite sur les sommets par l'érosion; mais la poussée de la bordure lépontienne au delà de la périphérie s'oppose à cette conception et conduit à l'hypothèse d'une surélévation postérieure, à peu près comme dans la zone du Mont-Blanc (p. 718), quoiqu'ici le mouvement ait été gêné par le cadre. Les Carpathes nous fourniront un résultat analogue.

Nous avons qualifié le Trias du Semmering d'exotique par opposition au Trias austro-alpin. Ici, où les circonstances de gisement sont plus claires et où l'échelle est bien autrement grandiose, ce Trias a plus de droits à être qualifié d'autochtone que le Tinas des Alpes Orientales lui-même.

Les horizons les plus anciens, le terrain houiller d'eau douce, que l'on peut difficilement séparer des schistes à demi-cristallins ou cristal-

1. F. Becke und F. Lôwl, Geologische Uebersichtskartc des Westabachnittes der Hohen Tauern (IX. Inlernolionaler üeologen-Gongress. Führer für die Exkursionen in Oesterreich, 19a3, VIII und IX).

lins, les quartzites du Trias inférieur et les roches vertes sont caractéristiques du faciès piémontais ; les Gyroporelles, la dolomie et le calcaire à Lithodendron sont communs à la zone du Briançonnais et aux Alpes Orientales; les bancs à Pentacrines rappellent la première. Le Rhétien, les couches à Arietites et le Jurassique à Bélemnites peuvent être attribués aussi bien à la zone du Briançonnais qu'aux Alpes Orientales.

Les Alpes Calcaires Orientales. — Les Alpes Calcaires Orientales forment, du Rhin jusqu'à Vienne, un parallélogramme long de 480 kilomètres, dont la largeur est remarquablement constante. A l'extrémité Ouest, dans le Vorarlberg, cette largeur ne comprend, il est vrai, que 12 à 15 kilomètres; mais déjà à l'Ouest de Füssen en Bavière elle en a 45, puis elle en mesure 40 sur le méridien d'Innsbruck, 43 sur celui de Salzbourg, 48 sur celui de Gmunden et 37 sur celui du Schneeberg, près de Vienne, où la déviation vers les Carpathes est très marquée. Le rétrécissement qui affecte les zones internes des Alpes, au voisinage du Brenner, ne se traduit en aucune façon dans la largeur de la zone calcaire.

Cette zone se compose presque exclusivement de sédiments mésozoïques. Comme la nappe austro-alpine forme la partie tectoniquement la plus élevée des Alpes, ces sédiments, charriés vers l'extérieur et flottants, n'ont que rarement subi l'empreinte du métamorphisme mécanique; et les transformations de ce genre se localisent au voisinage des surfaces de friction, le long des failles, par exemple dans la formation salifère. On n'a pas à y signaler l'influence dynamique de lourdes masses pesantes. On y trouve cependant des plis, des chevauchements, des nappes dé recouvrement et des juxtapositions de faciès hétérogènes, combinés de la façon la plus variée.

Deux particularités de nature spéciale appartiennent en propre à cet élément des Alpes.

La première est sa délimitation rectiligne, au Nord comme au Sud. Au Nord, il y a, vers la zone du Flysch, une dislocation qui, sur une longue distance, est un chevauchement. Au Sud, les hautes parois calcaires de cette partie des Alpes ressemblent à une tranche de couches. C^est là que se trouvent les plus grandes altitudes; les sédiments y sont franchement pélagiques. On ne voit aucune terminaison naturelle, aucune trace d'une côte, ni, sauf quelques exceptions peu nombreuses (dans la bande de Mandling ou au Gaisberg dans le Tyrol Oriental), aucun lambeau avancé, aucune langue transgressive débordant sur les montagnes situées plus au Sud, jusqu'à la Gurk. Une partie, non la moindre, le long de la limite méridionale, repose en discor-

(lance, mais bien en place, sur une série qui va du Silurien au Carbonifère inférieur; l'autre surmonte des roches encore plus anciennes. Les dislocations qui courent à l'intérieur de la zone calcaire semblent tout à fait indépendantes de ces deux limites rectilignes, notamment en ce qui concerne la limite septentrionale, et paraissent plus anciennes: elles sont assez souvent coupées par ces limites.

La seconde particularité consiste en ce qu'on ne voit nulle part, sauf le long de la terminaison méridionale, le substratum des schistes de Werfen, c'est-à-dire des couches inférieures du Trias. Les choses se passent comme si toutes les dislocations que Ton rencontre dans les limites de la zone calcaire se terminaient à l'intérieur des schistes de Werfen et de la formation salifère, qui appartient également au Trias inférieur, soit par un rabotage de la base, soit de toute autre façon. C'est ainsi que, d'un bout à l'autre de la Chaîne du Jura, on ne voit nulle part affleurer le soubassement du groupe de l'Anhydrite. Buxlorf en conclut que la couverture sédimentaire du Jura doit s'être détachée de son substratum et qu'elle constitue une « nappe de décollement » {Abscherungsdecke)^ . Les mouvements tangentiels sont, dans les Alpes Calcaires, beaucoup plus considérables que dans le Jura, mais le plan tectonique reste le même.

Les mouvements sont d'âges divers. Sur quelques points, par exemple dans le Tyrol Oriental et en particulier au voisinage de la limite septentrionale, des transgressions marines, discordantes, montrent que certaines parties de l'édifice sont A*k^e antécénomanien, comme dans les Carpathes. Ailleurs, les couches de Gosau débutent par un conglomérat *, avec veines de charbon. Gastropodes d'eau douce et Reptiles terrestres; elles s'étendent de plus sur différents horizons du Trias et ont été violemment disloquées par des mouvements plus récents.

Les mouvements sont, d'ailleurs, de nature très diverse. Leur variété et l'état encore incomplet des observations nous permettent seulement d'ajouter ici quelques nouveaux exemples à ce que nous avons déjà dit, en particulier sur la structure imbriquée dans la Basse-Autriche (I, p. 145), mais non de donner une vue d'ensemble.

Tout d'abord, il nous faut revenir sur ce que nous avons appelé le rabotage de la base. La faible résistance offerte aux mouvements tecto-

1. A. Buxtorf, Zur Tektonik des Ketlenjura (Bericht XXXX. Versamml. Oberrhein. Geol. Ver. zu Lindau, 1007, 10 p.); le môme, Geologische Beschreibung des Weissensteintunneis und seiner Umgebung (Beitr. zur Geol. Karte der Schweiz, Neue Folge, XXI, 1907, p. 1-125, pl. I-IV: carte et coupes; en particulier p. 103).

'^2. 0. Ampferer und Th. Ohnesorge, Über exotische GeröHe in der Gosau und veruxmdlen Ablagerungen der iirolischen Nordalpen (Jahrb. k. k. Geol. Reichsanst., LIX, 1909, p. 289^2, 28 flg. dans le t.).]

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niques par l'argile salifère a exercé une influence profonde sur la structure des massifs calcaires qui la surmontaient, dans le Salzkammergut, par exemple, en même temps que cette argile salifère subissait elle-même le contre-coup de ces mouvements. Sous Ténergique effort de ces derniers, de longs rubans de sel gemme se sont sécrétés dans Targile, et il en est résulté une structure que Köhler a cherché à expliquer en s*appuyant sur les publications consacrées par Becke à )a formation des schistes cristallins*. Il y a eu, de plus, transport de lambeaux exotiques. Le Lias, qu'on a rencontré à 125 mètres de profondeur dans la saline de Berchtesgaden, a été regardé comme la trace d'une surface de charriage. C'est un fragment détaché, de même que

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FiG. 177. — Coupe loQgitudinale du gtte de sel de Hallein (Salzbourg;, d'après A. Aigner {Berg- und HüUenniänn. Jahrb, aus Oesterreich, XL, 1892, pl. III, flg. 6).

1. Terrain salifère; 3. Gvpsc; 3. Produits de dissolution (Auagelaiigtes) ; 1. Marnes do Zlambach ; 5. Calcaires de Hallstatt; 6. Dépôts superficiels (Quaternaire). — Échelle do 1 : ^000 environ.

les blocs tithoniques de Hallstatt, qui apparaissent au milieu de la série salifère, à 260 mètres au-dessous du soP. Ces lambeaux charriés, de même que les bandes de sel gemme, indiquent le rabotage déjà signalé de cette base de la série des couches ^

Il est plus difficile de s'expliquer le fait que, malgré ce rabotage, suivant une surface sensiblement horizontale, des roches intrusives puissent apparaître.

On a prêté jusqu'ici trop peu d'attention à ces affleurements épars.

1. E. Köhler, Ueber die sogenannten S leinsalz zage dss Salzslocks von Berchtesgaden (Geognost. Jahroshofte, München, XVl, 1903, p. 103-124). Ces gisements sont très différents des amas de sel de Roumanie, qui surgissent comme des corps solides au milieu des argiles miocènes et régissent le plissement. Il est possible que là, au bord des montagnes, la charge ait été moindre. Wioliczka représente la transition entre le plissement et le rabotage.

2. A. R. Schmidt, Ueber den Aufschluss des Salzlagers zu Hallsiatl (Oesterr. Zeitschr. f. Berg- u. Hüttenw., XXl, 1873, p. 81, 82).

3. Les coupes d'ensemble d'Aigner montrent nettement la succession particulière de» couches, d'où il résulte que le gitesaliTère de Hallein et de Berchtesgaden représente un pli couché (flg. 177); A. Aigner, Der Salzbergbau in den österreichischen Alpen [her^- und Hütteom. Jahrb. aus Oesterreich, XL, 1892, p. 203-380, pl. III-Vl; en particulier p. 211, pl. HI). [Voir aussi M. Schlosser, Das Triasgebiet von Hallein (Zeitschr. Deutsch. Geol. Gesellsch., L, 1898, p. 333-384. pl. XII, XIII : cartes et coupes). j

Ils se rencontrent dans les schistes de Werfen et dans la série salîfère, ou encore dans les couches de Gosau, qui si souvent reposent directement sur les schistes de Werfen et qui sont affectées par les mêmes accidents. Sur le bord méridional du Lac de Sankt-Wolfgang, à la limite de la nappe de FOsterhorn et de celle du Schafberg, se montrent Au. gabbro et de la serpentine; et sur la rive opposée, non loin de Sankt-Gilgen, des blocs de tonalité gros comme des maisons se rencontrent dans des affleurements des couches de Gosau qui appartiennent à la même limite. On connaît en plusieurs points du gabbro et de la diabase sous forme de blocs, dans la série salifère. Les mines de sel de Hallstatt ont fourni des porphyrites diabasiques, décrites dès 1879 par von Hauer comme affleurant sur une longueur de 44 mètres, et •comme tellement broyées en une brèche, à certains endroits, qu'il était impossible d'en tracer la limite vers la série salifère'. Mojsisovics déclare que dans presque tous les affleurements de la série salifère, on voit apparaître des fragments de roches eruptives*.

Ces traces rappellent les parties plus méridionales des Alpes. Ce sont des restes d'intrusions, morcelés par les mouvements orogéniques, et peut-être transportés de loin avec les roches encaissantes. Elles ne s'accompagnent jamais de lambeaux de poussée archéens et on ne doit pas les confondre, par conséquent, avecles affleurements lépontiens de Ja bordure Nord des Alpes Calcaires. Les affleurements du Lac de Sankt- Wolfgang sont, à ce titre, particulièrement intéressants.

Il y a opposition complète entre ces phénomènes, qui se produisent vers la base autochtone mais rabotée des terrains calcaires, et le plissèment des sommets, rare il est vrai, mais néanmoins très net.

A l'Est de r Achen-See (Tyrol Oriental) s'élève le Sonnwend-Gebirge, La série stratifiée de ce massif s'étend de la dolomie principale jusqu'au Crétacé ; et ses termes inférieurs, très épais, sont disposés en plis larges et tranquilles. Mais Wähner a mis en évidence, à la suite de recherches poursuivies pendant plusieurs années et en s'appuyant sur les contrastes frappants des roches (coins de Lias rouge, de bancs à Radiolaires et de brèche à silex dans du calcaire récifal blanc), un plissement très violent qui affecte les parties culminantes. Quatre fois, et môme davantage, on voit se superposer les unes aux autres des

1. La plupart des faits ODt été réunis par C. v. John, Ueber Eruptivgesteine aus dem Salzkammergut (Jahrb. k. k. Geol. ReichsansU, XLIX, 1899, p. 247-258); on signale également des roches paraissant contenir de la giaucophane et des schistes verts. Dans ces conditions, il est douteux que la wehriite de la terrasse de la Traun, près de Gmunden, provienne réellement du massif bohémien. A une grande distance vers TEst, ä Wûrflach, près Wiener Neustadt, un pointement de serpentine surgit encore dans les schistes de Werfen.

2. Edm. von Mojsisovics, Erläuterungen zur Geologischen Karte von Oesterreich, Zone 13, €oI. IX [Ischl und Hallsiatt), Wien, 1905, p. 7.

écailles ou des plis subhorizontaux. Au Sonnwendjoch, les charnières anticlinales sont conservées dans un paquet de plis horizontaux de ce genre (fig. 178). Elles n'ont pu se former sans qu'il se produise un décollement de la puissante dolomie sous-jacente. Les explications de Wähner rappellent la comparaison, faite ailleurs par Termier, avec un ouragan qui balaye les cimes des arbres de la forêts

Il existe également des nappes.

Rothpletz a depuis longtemps distingué deux nappes dans la partie bavaroise de la zone calcaire.

Ampferer donne un tableau très instructif de la transformation, dans

Sonnwendjoch

Fig. 178. — Coupe du Sonnwendjoch au Rofan, d*après Fr. Wähner {Das Sonnwendgebirge im Unterinnthal. Ein Typus alpinen Gebirgsbaues^ L Teil. Leipzig-Wien, 1903. In-4% p. 303, flg. 82).

\V. Calcaire blano récifal: or. Galcairo marneux (Rhéticn supérieur); R. Calcaire rouge (Lias): H. Roches à. Radiolaires; B. Brèche à. silex; J. Jurassique supérieur. — I. Masse inférieure du Rofan; II. Masse supérieure du Rofao: III. Masse du HörndlschDeid; lY. Masse de laSagsahn; V. Masse du Sonowendjoch. — Échelle de 1 : 16000.

le Nord du Tyrol, de quelques longs plis s'étendant de TE. à TW. en une nappe, allongée suivant la même direction et poussée vers le Nord (c Hindelang-Vomp-Platte »). Cette écaille se termine vers le Nord par de hautes parois de calcaire triasique, sous lesquelles se trouve une série de couches plus récentes (jusqu'au Jurassique), qui forment le toit d'une voûte (Stanserjoch): la voûte a été dépassée autrefois par récaille et celle-ci a laissé de l'autre côté de la voûte, c'est-à-dire au Nord, des lambeaux de recouvrement qui sont distants de 8 à 10 kilomètres du bord actuel de la muraille triasique (fig. 179)*.

1. Fr. Wfthner, Das Sonnwendgebirge im unteren Innthale. Ein Typus alpinen Gebirgsbaues, In-i", xii-356 p., 10 pL photogr., 06 ilg., 1 carte, Leipzig und Wien, 1003. Pour les bancs couchés du Sonnwendjoch, voir surtout In pi. XVII; voir aussi 0, Ampferer, Ueber den geologischen Zusammenhang des Karwendel- und Sonnwendjochgebirges (Verhandl. k. k. Geol. Reichsanst., 1002, p. 108), [et Studien aber die Tektonik des Sonnwendgebirges (Jahrb. k. k. Geol. Reicbsanst., LVIII, 1008, p. 281-304. 11 flg. dans le t.).]

2. O. Âmprerer und W. Hammer, Geologische Beschreibung des südlichen Theiles des Kar- Wendelgebirges (Jahrb. k. k. Geol. Reicbsanst., XLVIU, 1808, p. 280-374, pl. VIII, IX : cartes); 0. Ampferer, Geologische Beschreibung des nördlichen Theiles des Karwendelgebirges (Ibid., LH!,

SÜESS — III. 53

Nous disons que Técaille (Hinterau-Vomp) a dépassé la voûte (Stanserjoch); mais la possibilité n'est pas absolument écartée que le bombement du Joch ne soit plus récent que le recouvrement; on aurait alors une répétition de ce qui se passe pour les chaînes de la Suisse (Mordes, Diablerets, etc.), relativement aux lambeaux de recouvrement du Chablais, etc. *.

Deux nappes de recouvrement au moins jouent un rôle très important dans la constitution du Salzkammergut. Les faits ne sont pas encore éclaircis dans le détail, mais Thétéropie est particulièrement instructive dans ces régions riches en fossiles.

Dans les Alpes, on s'accorde à reconnaître deux types marins extrêmes, à savoir : le faciès lagunaire avec sel et gypse (dans le Trias inférieur), et les roches à Radiolaires (pour la plupart jurassiques, probablement), auxquelles s'ajoutent jusque dans le Néocomien les calcaires à Aptychus. Les grandes masses de calcaire et de dolomie correspondent, entre ces deux types extrêmes, à des profondeurs modérées, mais toujours assez considérables.

Dans toutes les formations géologiques et sur les points du «^^lohe les plus divers, on rencontre des calcaires stratifiés; et, d'après tout ce que l'on sait sur les « joints de stratification » (Zwischenmiiiel, IL p. 437), la stratification est causée le plus souvent, si ce n'est toujours, par des intercalations terrigènes. Mais il n'a cependant été donné aucun éclaircissement sur l'origine de la stratification ou du feuilleté dans les roches à Radiolaires, lesquelles se sont déposées loin de tout apport terrigène; et ici se pose dès lors une autre question, c'est de savoir si les apports terrigènes sont commandés par un rythme.

L^n cliché de la Dent de Mezdi (2 888 m., Dinarides) montre 235 joints de stratification superposés, et la série ne se termine ni vers les sommets déchiquetés ni dans le bas du tableau. Il existe aussi des dolomies stratifiées (II, p. 437, note 1). La plupart des calcaires des Alpes Orientales sont stratifiés, et les calcaires récifaux massifs (par exemple dans le Tithonique) constituent une exception.

Les dolomies doivent probablement être regardées, d'après les observations de Sollas et de ses collaborateurs à l'Ile Funafuti, comme des transformations sous-marines du calcaire, postérieures à son dépôt-.

1003, p. 169-252, pi. IX, X : coupes et stéréo^amme tectonique de W. Hammer), et en particulier Verhandi., 1906, p. 272; voir aussi A. Rothpletz, Geologische Alpenforschungen, 11, p. 187-204.

1. C'est ce qu'indique également Ampferer; l'existence de masses de recouvrement n><l en même temps signalée que sous réserve. La nature des lambeaux (Rappenspitz) éearle tous les doutes; comparer avec Rothpletz, Geologische Alpenforschungen, II, p. 202, lig. 86.

2. The Aloll of Funafuti. Borings inlo a Coral Reef and Ihe Resalts. Published by the Royal Society of London. In-i** et atlas, London, 1904; voir notamment J. W. Judd, p. 373 et suiv.

Le calcaire lui-même est d'origine organique, et provient sans doute ici en grande partie de l'accumulation de Foraminifères; les Algues calcaires et les Polypiers ne jouent qu'un rôle secondaire. L'apport terrigène ne se manifeste pas seulement dans les joints de stratification, mais aussi par la présence des particules qui donnent sa coloration à la roche; et celles-ci sont soit de nature inorganique (rouges et jaunes), soit de nature organique (noires). Pour les particules inorganiques (il s'agit principalement du fer), l'origine terrigène n'est pas aussi certaine que pour les particules organiques, quoique l'Ile de Funafuti nous ait appris que, sur les atolls, des dépôts bitumineux tout à fait remarquables pouvaient également se former.

On a attribué trop d'importance aux nodules de manganèse; ils peuvent parfois, comme dans les formations tertiaires de la Russie, devoir leur origine à des Fucoïdes.

Dans le Salzkammergut, on peut constater nettement que les calcaires blancs et les dolomies dominent dans la partie méridionale des Alpes Calcaires et que, vers le Nord, l'apport terrigène prend plus d'importance, en se manifestant soit par les joints de stratification, soit aussi par la coloration variée des calcaires. Cela va si loin que Mojsisovics a estimé que les calcaires blancs si épais que l'on réunit sous le nom de calcaires du Dachstein correspondent à une période comprenant au moins sept zones paléontologiques du Trias et six zones du Lias*. D'après cette manière de voir, ces zones ne seraient que des intercalations dans une formation pélagique commune ; Diener est arrivé à des résultats analogues pour les rapports du Trias et du Lias dans l'Himalaya*.

Il faut en outre remarquer que, dans beaucoup de séries calcaires puissantes, il y a des sédiments tout à fait blancs, sans apport terrigène, qui se distinguent par une richesse toute particulière en restes organiques (peut-être par suite de la faible teneur en sédiment). Comme exemples de tels sédiments blancs, on peut citer : les couches permiennes des lambeaux de recouvrement du Tibet, les calcaires riches en Gastropodes de la Marmolata dans les Dinarides (Trias), et les couches à Brachiopodes de Hierlatz (Lias inférieur), de Vils et de Windischgarsten (Callovien) dans les Alpes Orientales.

1. Edm. V. Mojsisovics, Ueber den chronologischen Umfang des Dachsteinkalkes (SitzuDgsber. k. Akad. Wiss. Wien, Mathem.-naturwiss. Gl., CV, 1896, Abt. 1, p. 5-40; en particulier p. 34). L*une des tentatives les plus détaillées qui aient été faites pour distinguer les domaines des différents faciès du Trias dans les Alpes Orientales est due à K. Böse, Beiträge zur Kenntniss der alpinen Trias [I. Die Berchtesgadener Trias und ihr Verhältniss zu den übrigen Triasbezirken der nördlichen Kalkalpen]; IL Die Faciesbezirke der Trias in den Nordalpen (Zeitschr. Deutsch. Geol. Gesellsch., L, i898, p. 468-586, pl. XVUl : phot., et p. 695-761).

2.C. Diener, Beiträge zur Kenntnis der mittel- und ober-triadischen Faunen von Spiti (Sitzungsber. k. Akad. Wiss. Wien, Mathem.-naturwiss. Gl., GXV, Abt. I, 1906, p. 757-778; en particulier p. 773).

Quant aux faciès, il y a lieu de distinguer des faciès lithologiques et des faciès faunistiques. Dans la plupart des cas, il est vrai, le sédiment change en même temps que la faune, et c'est cette c holisopie » qui. dans la nature, facilite la délimitation des étages. L'holisopie peut se retrouver à des distances prodigieuses : G. Boehm a établi une équivalence holisopique {vicarirende Isopie), pour plusieurs horizons du Jurassique, entre TEurope et les Iles de la Sonde. Diener a reconnu rfaolisopie parfaite de divers horizons du Trias, et surtout du Lias ronge si caractéristique (couches d'Âdneth), entre les Alpes Calcaires du Nord-Est et les lambeaux de recouvrement du Tibet; et il a très justement fait remarquer combien devient plus frappante, par suite, rhétérotypie des sédiments juxtaposés dans les Alpes*.

Nous allons maintenant, à titre d'exemple, traverser le Salzkammergut en partant du Dachstein-Gebirge, c'est-à-dire en nous déplaçant du Sud vers le Nord.

Dans le Dachstein-Gebirge, au-dessus de i 000 m. environ de calcaire du Wetterstein, se rencontrent quelques traces très faibles et souvent à peine discernables d'une intercalation nettement terrigène (couches à Cardita); puis viennent encore 1000 m. environ de dolomi« et d© calcaire stratifié du Dachstein, avec quelques intercalations rougeâtres dans le haut, auxquels succèdent en superposition irrégulière les calcaires blancs de Hierlatz à Crinoïdes et à Brachiopodes (zone à Ammonites oœynotus), sans traces terrigènes.

Au Nord vient ensuite la zone étroite du terrain salifère de Hallstttt dont la constitution est toute différente. Le Hohe Kallenberg s'élève au Nord de cette zone; il reproduit les faciès du Dachstein. A la limite supérieure des puissants calcaires du Wetterstein succède également ici la bande foncée, oolithique sur ce point, des couches à Cardita; ces couches renferment, dans les chaînes situées plus au Nord-Est, la faune de Raibl; et elles sont bordées d'un liséré étroit de grès gris qui augmente d'épaisseur vers le N.E. et qui renferme la flore continentale de Lunz (Keuper inférieur, Newark System de la partie orientale des Etats-Unis). Les hautes murailles du Kallenberg sont formées dedolomie et de calcaires stratifiés du Dachstein.

Au Nord-Ouest du Kallenberg se trouve le large massif, à stratification tranquille, de YOsterhorn, On peut observer ici comment de faibles intercalations argileuses, à Plantes terrestres et à Poissons, s'introduisent dans les joints de stratification des calcaires du Dachstein, comment elles augmentent vers le haut et comment elles passent à des bancs calcaires foncés contenant une faune littorale rhétienne,

i. R. Diener, Die Faunen der tibetanischen Klippen von Malta Johar, Xentral-Himalayu (Sitzungsber. k. Akad. Wiss. Wien, Mathem.-naturwiss. CL, CXVI, 1907, Abt. l,p. 603-M4V

jusqu'à disparition progressive du calcaire blanc du Dachstein et à son remplacement complet par le Rhétien (II, p. 446). On ne rencontre pas ensuite le Lias clair de Hierlatz, mais bien des calcaires foncés à Psiloceras, puis toute la série du Lias brun, jaune, rouge et gris, jusqu'aux couches à Stephanoceras Sauzei, riches en fer, et jusqu'au Jurassique supérieur.

Par l'apport argileux terrigène et par les teintes variées des calcaires s'établit un rapprochement indiscutable avec les faciès de l'avant-pays. C'est pourquoi, il y a de longues années déjà, les intercalations argileuses à Avicula conlorta et les couches de Raibl à Myophoria Keferstemi ont fourni les premiers éléments de raccordement avec les faciès de l'avant-pays. Wähner a rassemblé les détails pour le Lias, et il a montré qu'en certains endroits, la sédimentation peut avoir été si faible que les couches à Schloiheimia marmorea, par exemple, ne sont plus représentées que par une simple croûte de limonite, qui est même fréquemment interrompue ^

Il a été question jusqu'ici de trois groupes montagneux successifs, le Dachstein, le Kallenberg et l'Osterhorn, qui sont comparables entre eux à certains égards, mais qui pourtant ne montrent que des analogies partielles, et non une isopie complète. A l'Est du Kallenberg, sur le versant droit de la vallée de la Traun, domine, au Raschberg, le faciès entièment différent de Hallstatt. Les calcaires et les dolomies pélagiques du Kallenberg, épais d'au moins 1 300 mètres, ont presque complètement disparu. Les termes les plus caractéristiques sont la formation salifère et les couches typiques de Hallstatt. Mojsisovics les a marquées comme occupant deux bandes allongées, l'une de Berchtesgaden jusqu'à Ilallstatt, l'autre de Sankt-Wolfgang jusque près de Lietzen^ Cette seconde bande limite vers le Nord le massif de l'Osterhorn ; le long de cette limite se trouvent les affleurements de gabbro et de tonalité mentionnés plus haut près du l^ac de Sankt-Wolfgang, et au Nord du lac est situé le Schafberg, avec des couches très plissées et un faciès très différent de celui de l'Osterhorn, surtout dans le Lias.

D'après ce qui précède, deux faciès au moins sont représentés dans

1. Fr. Wähner, Zur hcteropischen Differenzirung des alpinen Lias (Verhandl. k. k. Geol. Reichsanst., 1886, p. 108-176, 190-206); oulre les mémoires paléontolopiques détaillés du même auteur, publiés dans Mojsisovics et Neumayr, Beilr. zur Paläontol. OËsterr., etc., 1882 et années suiv., voir aussi J. F. Pompeckj, Palaeontologische Beziehungen zwischen die untersten Liaszonen der Alpen und Schwabens (Jahreshefte d. Ver. f. vaterl. Naturk. in Württemberg, XLIX, 1893, p. XLii-Liv).

2. Edm. von Mojsisovics, in Diener, Bau und Bild OesterreichSy p. 387, fip. 2; et ErläU" terungenzur geologischen Karle von Oeslerreich, 1 : 75000, Zone 13, Oü\. IX, 1903. On trouvera dans celte notice les détails de la succession des couches. [Voir aussi E. Spengler, Vorläufiger Bericht über die Tektonik der Schafberggruppe (Mitteil. Geol. Gesellsch. Wien, III, 1910, p. 478-480).]

le Salzkammergut, à savoir le faciès Dachstein-Kallenberg-Osterhorn et le faciès Hallstatt-Raschberg-Sankt Wolfang. Dans le premier, TOsterhorn correspondrait au développement que l'on a souvent appelé bajuvarique, mais qui, en Bavière même, se répartit, d'après Rothplelz. entre deux nappes distinctes au iitoins. La seconde nappe, ou nappe de Hallstatt, si elle était située sur le bord occidental des Alpes Orientales, serait probablement parallélisée, à cause des traces intrusives qu'elle renferme, avec la nappe des roches vertes, c'est-à-dire avec Thorizon le plus élevé du groupe lépontien. Elle constitue, en tout cas, le terme le plus profond de la série *.

Cet exemple met bien en évidence les difficultés qui restent à résoudre *.

Le Plysch et la bordure lépontienne^ — Lorsqu'on pénètre dans les Alpes Orientales en venant du Nord, on rencontre, au Sud de la Mollasse *, la zone du Flysch presque exclusivement crétacée et éocène, puis sur celle-ci une bordure lépontienne, particulièrement nette à l'Est, et c'est seulement au delà que Ton atteint le Trias de la zone calcaire. En outre, depuis TOuest jusqu'à l'Est, on voit reposer sur les

1. L*existeDce dans le Solzkammergut, au Sud et au Nord, de deux régions caractérisées par le faciès pélagique du Dachstein, avi»c prédominance du faciès de rOslerhorn dans l'intervalle, a été signalée dès 1870 par Mojsisovics {Die Dolomit-Wffe von Sadlirol und Venetien^ in-8*, p. 87). Four l'allure du faciès de Hallstatt« la description du bassin de la Lammer donnée par A.Bittner (Aus den Salzbarger Kalkalpen, Verhandl. k. k. Geol. Relchsanst., 1884. p. 78-87, 99-113, 358-367) est importante à consulter; sur rKldernbach, près de Vils, Rothplelz montre la juxtaposition du faciès pélagique et du faciès bigarré, (|ui ne sont sépar» que par un accident tectonique {Geologische Alpenforschangen^ II, 1905, p. 183); au Hoher Göll, Böse figure le calcaire du Dachstein superposé à un calcaire jurassique à Aptychusy etc., etc. Une synthèse a été tentée par l-Im. Haug, Les nappes de charriage des Alpes calcaires septentrionales, 1"" et 2* parties (Bull. Soc. Géol. de Fr., 4« sér., VI, 1906, p. 359-422, pi. X, XI : coupes et phot.)* Quatre nappes sont distinguées dans cet important mémoire, savoir : la nappe de Bavière (B), la nappe du Sel (S), la nappe de Hallslatt (II) et la nappe du Dachstein (D); la nappe D correspond au faciès pélagique, la nappe B au faciès bigarré (Osterhorn), les nappes S et H au faciès de Ilallstalt. Diener objecte que, d'après Haug, les nappes S et H seraient comprises entre la nappe B et la nappe D, bien que ces deux nappes B et D soient plus voisines l'une de routre(Peternianns Mitteil., LUI, 1007, Literaturbericht, n" 398). La publication du mémoire de Uaug n*est pas terminée.

[2. Sur la structure des Alpes Calcaires du Nord-list, dans la Haute et la Basse-Autriche, voir les travaux suivants de G. Geyer : Die Aufschliessungen des Bosrucktunnels und deren Bedeutung für den Bau des Gebirges (Denkschr. k. Akad. Wiss. Wien, Mathem.-naturwiss. Gl., LXXXII, 1907, 40 p., 3 pl.; extr., Varhandl. k. k. Geol. Reichsanst., 1908, p. 162-165); Über die Schichtfolge und den Bau der Kalkalpen im unteren Enns- und Ybbstale (Jahrb. k. k. Geol. Reichsanst., LIX. 1909, p. 29-100, pl. II : coupes, carte dans le t. p. 86); Aus den Umgebungen von Mölln, Leonstein und Klaus im Steyrtale (Verhandl. k. k. Geol. Reichsanst. 1909, p. 129-144); Aus den Kalkalpen zwischen dem Steyr- und dem Almtale in ObfrÖsterreieh (Ibid., 1910, p. 160-195, carte dans le t.).]

3. La plupart des points signalés dans TOuest sont visibles sur la carte de G. W. Gûmbel : Geognostiehe Karte des Koenigreichs Bayern^ Abth. I, 1858, feuilles I-V.

4. H. Stuchlik, Die Faziesentwicklung der südbayrischen Oligocäntnolasse (Jahrb. k. k. Geol. Reichsanst., LVI, 1906, p. 277-350, pl. VH, VIH).]

plis de la zone calcaire des lambeaux discordants et transgressifs de terrain crétacé affectant deux faciès différents, à savoir le faciès du Flysch et le faciès de Gosau.

Revenons en Suisse, sur la rive septentrionale du Lac de Walenstadt. Arnold Heim constate que le Mattstock, formé de calcaire crétacé, est comprimé en même temps qu'il se redresse au milieu des poudingues de la Mollasse. Ce qu'il pouvait y avoir de Flysch éocène dans l'intervalle est laminé, et le Mattstock lui-même est un fragment d'une nappe ^ Le Gulmen, le Stock, le Goggeien sont des rochers calcaires analogues, détachés en saillie ; et ils font eux-mêmes partie, avec les Churfisten et le Säntis, d'une nappe sans racines dans la profondeur

FiG. 180. — Dérerlemenl des plis crétacés du Säntis sur le Flysch et la Mollasse, d'après Alb. Heim {Beiträge zur Geol. Karte der Schweiz, Neue Folge, XVI, 1905, p. 653, flg. finale).

er. Crétacé-, c. Éoccno: in. Miocène (Mollasso ot Nagelfluh}. I^o trait fort désigne lo Schrattcnkalk ;Urgonien ot Apiion). — Échelle de 1 : 120 UOO environ (longueurs ot hauteurs).

(flg. 180)*. Ils se prolongent vers TE.N.E. au delà du Rhin. En même temps, la compression devient un peu moindre; et Ton voit apparaître une zone de Flysch au Nord et une seconde au Sud du large massif de calcaire crétacé qui traverse le Vorarlberg. Ses plis successifs et sa série stratigraphique, semblable à celle du Säntis, ont été très exactement décrits, il y a longtemps déjà, par Vacek '.

1. Arn. Heim, Die Brandung der Alpen am Nage\flahgehirgey et : Die Erscheinungen der Längszerreissung und Abquetschung am nordschweizerischen Alpenrand (Vierteljahrsschr. Naturforsch. Gesellsch. Zürich, LI, iQOO, p. 441-472, pl. VlI, VIII : carte et coupes).

2. Alb. Heim, Das Säntisgebirge (Beitr. zurGeol. Karle d. Schweiz, Neue Folge, XVI, 1903. Ia-4% x-654 p., atlas de 42 pl. ; nombreux passaf?cs) ; voir surtout Arn. Heim, même vol., p. 450, et E. Blumer, carte de la p. 509.

3. P. Freih. von Richthofen, Die Kalkalpen von Vorarlberg und Nord-Tirol (Jahrb. k. k. Geol. Reichsanst., X, 1859, p. 72-1.37, pl. II, HI : coupes; et XII, 1861-1802, p. 87-200, pl. III : coupes); M. Vacek, Ueber Vorarlberger Kreide (Ibid., XXIX, 1879, p. 659-758, pl. XVIII-XX). [Sur la zone de Flysch du Vorarlberg et de la Bavière et ses rapports avec la zone calcaire, voir les travaux suivants : A. Tornquist, Vorläufige Mitteilung aber die Algäu- Vorarlberger Flyschzone (Sitzungsber. k. Preuss. Akad. Wiss. Berlin, 1907, I, p. 591-599); Die AUgäu-Vorarlberger Flyschzone und ihre Beziehung zu den ostalpinen Deckenschäben{^e\iesJ ahrh. f. Min., 1908, I, p. 63-112, pl. IV-XII, dont 1 carte geol.); 0. Ampferer, Bemerkungen zu den von Arn. Heim und A. Tornquist entworfenen Erklärungen der Flysch- und Molassebildung am nördlichen Alpensaume (Verhandl. k. k. Geol. Reichsanst., 1908, p. 189-198); A. Tornquist, Noch einmal die Allgäu-Vorarlbcrger Flyschzone und der submarine Einschub ihrer Klippenzone (Ibid., p. 326-332); 0. Ampferer, Entgegnung an A, Tornquist (Ibid., 1909, p. 43-46). — Sur la même

La chaîne crétacée et les deux bandes de Rysch vont jusqu'à Tlller. Il y a là un puissant décrochement vers le Nord ; la bande septentrionale de Flysch disparaît; la chaîne crétacée se retrouve, sensiblement plus étroite, au Grünten, au Nord de Sonthofen, et forme désormais le bord externe de la zone du Flysch; la bande méridionale continue.

Le Grünten appartient encore au faciès crétacé du Säntis, dont les éléments caractéristiques sont ici les sables verts du Gault, le calcaire de Seewen et les marnes sénoniennes de Seewen. Ce faciès du Säntis passe, sous forme d'un étroit liséré, sur le bord septentrional du Flysch. Ses traces se poursuivent jusqu'au voisinage de l'Isar, et Gumbel en signale même plus à l'Est encore. Nous considérons ce liséré, ainsi que le Säntis lui-même, comme le bord parfois tout à fait écrasé d'une nappe venant du Sud et sortant de dessous la zone du Flysch.

En même temps, le Cénomanien s'étend en transgression sur certaines parties de la zone calcaire, et forme des bandes allongées d'un grès fin à Orbitolina concava\ une bande de cette nature particulièrement continue jalonne le bord septentrional de la zone calcaire, et n'est souvent séparée du Flysch que par une bande étroite de calcaire triasique. Elle doit commencer aux environs d'Hindelang, et elle atteint sa plus grande individualité dans l'Ammergau jusqu'à l'Est de l'Isar, et probablement plus à l'Est encore. Dans cette bande, on rencontre sur le Cénomanien transgressif les premiers restes des dépôts de Gosau, avec les Hippurites et les Polypiers qui leur donnent un cachet tout à fait méridional. Sohle insiste, non sans raison, sur la différence de ce faciès avec celui du Säntis*.

Les couches de Gosau des Alpes Orientales comprennent plusieurs horizons, allant jusqu'au Sénonien, dont la classification n'est pas établie par tous les auteurs en concordance absolue d'opinions*. Cependant, tous admettent que les marnes à Inocérames et à Pachydiscus \euber-

région, consulter en outre ; G. Schulze, Die geologischen Verhältnbse des Allgäuer Haupikammei von der fiotgandspUze bis zum Kreuzeck und der nördlicli ausstrahlenden Seitenüste (Geogo. Jahresliefte, XVIII, 1905, p. 1-38» 2 corles, coupes, 1907); E. Wepfer, Die nördliche Flysrhzone im Bregenzer IFaW (Neues Jahrb. f. Min., Beil.-Bd. XXVll, 1908, p. i-71, pl. 1, II, dont 1 carter. H. Mylius, Die geologischen Verhältnisse des hinteren Bregenzer Waldes in den Quellgthielen der Breitach und der Bregenzer Ach bis südlich zum Lech (Landeskundliche Fori»ch., herausgeg. von der Geogr. Geseilsch. in München, Hert 5, 1909). In-8**, 1 carte géol., 1 croquis tectonique, 2 pl. coupes, 13 pl. vues.]

1. M. Sohle, Geologische Aufnahme des Labergebirges bei Oberammergau mit besonderer Berücksichtigung des Cenomans in den Bayerischen Alpen (Geogn. Jahreshefte, MüDcben, LX, 1896, p. 1-66, pl. I-VIII, 1 f. de coupes eil carte, 1897); et Das Ammergebirge, Geologisch aufgenommen und beschrieben (Ibid., XI, 1898, p. 39-89, pl. I-XIV, 2 pl. découpes et 1 carte, 18W).

2. En particulier, je crois jui^tifler les doutes émis sur la position élevée que l'on attiibof à la houille de Grûnbach.

gicus en constituent le terme le plus élevé. De Grossouvre les range dans le Campanien^

Le Flysch bavarois correspond à ce niveau supérieur par plusieurs de ses caractères. On y a trouvé des Inocérames; le Pachydiscus Neubergicus est commun à la fois au Flysch et aux marnes à Inocérames de Gosau. Mais les espèces dlnocérames du Flysch sont, pour autant qu'on a pu les déterminer jusqu'à présent, différentes de celles de Gosau '^. L'épaisseur du Flysch est, en outre, incomparablement plus considérable. Les niveaux inférieurs et typiques de Gosau, avec leurs Polypiers, leurs fiudistes, leurs Actéonelles, leurs Omphalies et autres fossiles, n'ont encore jamais été rencontrés dans la zone du Flysch'.

Le Flysch bavarois est recouvert par des schistes marneux, d'un gris verdâtre, bariolés ou rouges vers le haut, dans lesquels apparaît une faune qui contient des mélanges évidents du Sénonien supérieur septentrional, extra-alpin^ et qui de plus ont en commun avec le Flysch les Fucoïdes et les grands Inocérames à coquille mince {Inoceramus salisburgensis). Ici se montre en très grande abondance, d'après Reis, surtout dans les horizons les plus élevés, Belemnitella mucronata, ainsi que Gryphea vesicularis, Ostrea ungulata, Ostrea curvirostris et autres espèces bien connues de la Craie supérieure. Au-dessus de ces horizons on en a distingué encore d'autres (Pattenauer, Gerhartsreuter, Hachauer Schichten), qui sont peu puissants et qui présentent peu d'intérêt pour les questions dont nous nous occupons ici\ On trouve encore réunis, dans les couches de Pattenau, la Belemnitella mucronata de la Craie blanche, V Inoceramus Salisburgensis du Flysch et le Pachydiscus Neubergicus des couches supérieures de Gosau.

La zone du Flysch est, jusque bien au delà de Salzbourg, couchée vers le Nord sur toute sa largeur.

Le pendage des couches vers le Sud est général. Sur le bord septentrional apparaissent, sous le Flysch, les couches du Nierenthal et les couches encore plus élevées du Crétacé, et au-dessous de celles-ci l'Eo-

i. A. de Grossouvre, Recherches sur la Craie supérieure, L Stratigraphie générale (Mém. pour servir à l'explic. de la Carte géol. de la France). In-i", 11, Paris, 1901, p. 597-646 : La Craie dans les Alpes Orientales entre le Bhin et ke Danube.

2. W. Petrascliek, Ueber Inoceramen aus der Gosau und dem Flysch der Nordalpen (Jahrb. k. k. Geol. ReichsansL, LVI, 1906, p. 155-168, pl. VI). Nous aurons d'ailleurs à signaler la grande espèce Inoceramus Salisburgensis dans le Nord de TAirique.

3. Le Sphérulite trouvé près de Liebeostein en Bavière appartient à la zone du faciès du Sanlis. A. Rothpletz, Geologische Älpenforsehungen, II, p. 215-219 (Nachtrag zu Abschnitt 1. Der Liebensteiner Rudistenkalk).

i. J. Böhm, Die Kreidebildungen des Fürbergs und Sulzbergs bei Siegsdorf in Oberbayern (Palaeontographica, XXXVIII, 1891-1892, p. 1-106, 5 pl. dont 1 carte géol.); 0. M. Beis, Erläuterungen 2u der Geologischen Karte der Vorderalpenzone zwischen Bergen und Teisendorf (Geognost. Jahreshefte, VIU, 1895, p. 1-155, carte géoL, 1896); et Die Fauna der Hachauer Schichten^ 1. Gastropoden (Ibid., IX, 1896, p. 67-104, pL IX-XIil, 1897).

cène. IjCS observations de G. Böhm et surtout les études de Reis sur les exploitations de minerai de fer éocène nous apprennent en outre que la Craie tout à fait supérieure et TÉocène se répètent suivant des plans de poussée plongeant vers le Sud, et que ces assises, vers la base du Flysch, qui est très puissant, sont découpées par le charriage en lambeaux ou en écailles*. Dans la belle coupe du Mattsee (Haute- Autriche), on voit également du Flysch reposer sur des couches à Bélemnitelles du Nierenthal et celles-ci recouvrir à leur tour TÉocène.

Sur le bord méridional de la zone du Flysch, les faits se présentent autrement. Tandis qu'au Nord la Craie la plus supérieure et TÉocène sont parfois dénudés sur de larges surfaces irrégulières, comme au Sud de Teisendorf par exemple, ou encore que TEocène reste visible sous forme d'un liséré facilement reconnaissable, comme au Nord de Salzbourg, au Sud, le pendage méridional entraîne le Flysch sous le Trias ou sous une zone de calcaire à Aplychus, dont Tindividualité, en avant du Trias, est remarquable ; et ce n'est que rarement que l'Éocène et les couches du Nierenthal deviennent visibles vers la limite méridionale. Un de ces paquets étranglés se montre au Gschliefgraben, près de Gmunden. D'après la description de Fugger, il est incliné au Sud sous le Trias, de sorte que l'Eocène plonge sous le Trias*. Cette circonstance prouve que la zone du Flysch doit être regardée réellement en effet comme une formation autonome, en partie masquée et chevauchée du Sud au Nord par la zone calcaire.

Sur le versant Nord-Ouest de l'Untersberg de Salzbourg', du côté de Reichenhall, puis au Sud-Ouest, près de Reit im Winkel, et de là, à travers le Nord-Est du Tyrol, suivant une bande à peine interrompue jusque dans la vallée de Tlnn, et plus loin encore dans celle-ci vers le Sud-Ouest, jusqu'au voisinage de Worgl, plus loin même vers l'amont, d'après quelques observations, — on trouve une série de lambeaux tertiaires, prenant en écharpe la direction des chaînes calcaires. Cette série comprend la formation charbonneuse de Häring et correspond aux couches de Laverda et de Castel Gomberto, dans le Vicentin \ Ses affinités sont méridionales.

L 0. Reis, Zur Geologie der Eisenoolithefûhrenden Eocänschichten cun Kressenberg in Barem (Geoîçn. Jnhreshefle, X, 1897, p. 24-49, pl. I, llg. I, 1898).

2. Eb. Fugger, Die oberösterreichischen Voralpen zwischen Irrsec und Traunsee (Jahrb. k. k. Geoi. Reichsanst., LUI, 1903, p. 338).

[3. Eb. Fugger, Die Salzburger Ebene und der Untersberg (Jahrb. k. k. Geol. Reichsanst., LVII, 1907, p. 455-528).]

3. 0. M. Reis, Die Korallen der Heiler Schichten (Geogn. Jahreshefle, IÎ, 1889, p. 91-162, pl. I-IV): K. Deninger. Beitrag zur Kennlniss der Molluskenfauna der Tertiärbildungen von Beil im Winkel und Beichenhall (Ibid., XIV, 1901, p. 2^1-245, pl. VII, VllI); J. Dreg(»r, Die Gastropoden von Häring (Annalen k. k. Naturhist. Hofmus. Wien, VII, 1892, p. 11-34, pl. I-IV). et Die LamcUibranchiaten von Häring (Jahrb. k. k. Geol. Reichsanst., LUI, 1003, p. 233-284, pl. XI-XIII; signale, p. 262, des trous creusés dans le Muschelkalk et remplis de marne

Au voisinage de ces lambeaux, des vestiges du Cénomanien sont également conservés; et, dans la vallée de Tlnn, en aval de Kufstein, Schlosser a découvert les couches du Nierenthal ; elles renferment, là encore, les grands Inoceramus Salisburgensis aplatis du Flysch ; ce terrain, séparé des couches de Gosau, affleure donc aussi dans les Alpes Calcaires *.

D'après les descriptions de Gümbel, on doit admettre que ces sédiments se sont déposés en discordance sur les formations calcaires, puis que, du moins près de Reit im Winkel, ils ont été affectés par un effondrement en forme de fossé. Gümbel en conclut à juste titre que les dernières dislocations des hautes chaînes ont été des mouvements en masse, et non des plissements localisés; et Ton pourrait ainsi s'expliquer que la Mollasse, située en avant des Alpes, ait été comprimée latéralement, alors que, dans l'intérieur de la chaîne, on n'a pas observé de compression latérale'. La zone calcaire aurait été transportée en bloc, comme un tout rigide, après avoir été plissée; le plissement de cette partie de la chaîne serait antérieur au Cénomanien, tandis que le mouvement en masse serait plus récent que certaines couches au moins de la série tertiaire.

Familiarisés comme nous le sommes maintenant avec ces résultats, en particulier avec le fait que la transgression cénomanienne s'étend en discordance sur certaines parties des Alpes Calcaires et qu'en outre le Sénonien supérieur, y compris les couches du Nierenthal, peut lui succéder, tournons-nous vers l'Est.

On y connaît la même série transgressive, et cela jusqu'à la terminaison extrême de la zone calcaire vers l'Est; elle est toujours caractérisée par Orbitolina concava, et le Sénonien lui succède jusqu'aux marnes à Inocérames. Ces faits ont été clairement décrits par Geyer, en particulier, dans la vallée inférieure de l'Enns'. Mais il ne faudrait pas en conclure que la limite méridionale du Flysch ne serait caractérisée que par des charriages d'extension restreinte. C'est une limite de premier ordre, et la zone du Flysch se sépare de la zone calcaire, depuis

tertioire, ce qui paraît exclure, par conséquent, l'idée d'un charriage). — D'après d'ancienne» indications, il semblait également qu'un étage éocène fût représenté près de Reichenhall <Th. Fuchs, Versteinerungen aus den Eocänbildungen der Umgebung von Reichenhall^ Verhandl. k. k. Geol. Reichsanst., 1874, p. 132-135). Par endroits, il existe des débris d'un soubassement cénomanien; voir, par exemple, M. Schlosser, Verhandl., 1893, p. 105. — Pour les points ou Sud-Ouest, voir K. Leuchs, Die geologische Zusammensetzung und Geschichte des Kaisergebirges {Zeitschr. des Ferdinandeums, Innsbruck, 3. Folge, LI, 1007, p. 53-137, 10 pl., 1 carte).

1. M. Schlosser, Centralblatt f. Mineralogie, 1004, p. 657. [Voir aussi le travail du même auteur : Zur Geologie des Unlerinntals (Jahrb. k. k. Geol. Reichsanst., LIX, 1009, p. 525-574).]

2. C. W. V. Gümbel, Die geologische Stellung der Tertiärschichten von Reit im Winkel (Geogn. Jahreshefle, II, 1889, p. 163-175, ea particulier p. 169).

3. G. Geyer, Ueber die Gosaubildungen des unteren Ennstales und ihre Beziehungen zum Kreideflysch (Verhandl. k. k. Geol. Reichsanst., 1907, p. 55-76).

le Rhin jusqu'au Danube, comme un élément tectonique autonome. Elle constitue, ainsi que le dit Bittner, a un des traits caractéristiques les plus accusés dans la structure des Alpes du Nord-Est' ».

La ligne ressort très nettement sur les cartes. Tantôt le calcaire repose presque horizontalemeait sur leFlysch, tantôt il est fortement redressé. Le Flysch est ici en partie crétacé, en partie d'âge tertiaire inférieur. La direction de ses plis est indépeiidante de la direction de sa limite, comme Paul, notamment, l'a établi^. La transgression nous montre que des mouvements très importants se sont fait sentir antérieurement au Cénomanien et que d'autres se sont produits beaucoup plus tard, comme c'est aussi le cas, par exemple, dans la fenêtre du Paring et dans une grande partie des Carpathes.

C'est également le long de cette dislocation qu'apparaît la bordure lépontienne. En Bavière, elle n'est représentée que par les lambeaux de roches cristallines de la région d'Oberstdorf et de Retterschwang. A côté des gros blocs de terrain archéen se montrent également des porphyrites diabasiques, des calcaires à silex, etc. ; et l'on attribue au même groupe le bloc de granité de 10 m. de long qui se trouve au sommet du Bolgen. Dans la zone du Flysch, on rencontre quelques blocs isolés de calcaires à Apti/chu$; Rothpletz pense que ce sont les restes de lambeaux plus étendus, enfoncés de haut en bas dans les couches encaissantes'.

A l'Est, les traces lépontiennes sont plus importantes.

Dès 1833, des recherches entreprises sur les Brachiopodes alpins ont conduit à séparer des couches de Kössen une série particulière, les couches de Gresten, qui sont caractérisées par une teinte noire et par des espèces spéciales {Spiriferina Haueri, Rhynchonella austriaca^ etc. i. F. von Hauer donnait, bientôt après, des indications plus détaillées sur la faune liasique et sur ses rapports avec la houille connue sous le nom de « charbon des Alpes » (Aipenkohle). Lorsque, plus tard, Lipoid fut chargé de l'étude de ces gites de combustible et que Stur eût examiné leur flore, on s'aperçut qu'il devait y avoir dans les Alpes de la Basse- Autriche deux sortes de couches de charbon, d'une part celles qui renferment la flore de Lunz (Keuper inférieur), et de l'autre celles qui renferment la flore de Gresten (Rhétien et Lias inférieur). Il fut ensuite

LA. Bittner, Die Grenze zurischen der Flyschzone und die Kalkalpen bei Wien (Jahrb. k. k. Geol. Reichsanst., L., 1900, p. 51-58, en particulier p. 57).

2. C. M. Paul, Der Wienerwald. Ein Beitrag zur Kenntniss der nordalpinen Flyschbüdangen (Ibid., XLVHl, 1898, p. 53-178, pl. Il-Vl, doat 1 carte geol.; par exemple p. 171).

3. Des idées analogues sont exprimées par A. Tomquist (Sitzangsber. k. Preuss. Akad. Wiss. Berlin, 1907, 1, p. 591-599). — Recouvrement du Flysch par laDoiomie principale suivant une surface peu inclinée, dans Â. Rothpletz, Geologische Alpenforschungen^ 11, par exemple p. 14, flg. 6.

établi que les couches marines liasiques noires de Gresten, y compris les charbons de Gresten, avec leur faciès différent de celui de tous les autres gisements alpins, n affleurent quà la limite entre la zone calcaire et le FlyschK

Les observations se multipliant, on retrouva les couches de Gresten par exemple dans les Balkans, et le même faciès du Lias semble s'étendre jusqu'en Perse; mais sur aucun point des Alpes Orientales il c'est connu en dehors de cette ligne. Enfin, Trauth réunissait tous les affleurements signalés depuis le Gschlief graben près de Gmunden jusqu'à Vienne, avec la série des couches qui les accompagnent, en une « zone des Klippes des Alpes Orientales ».^^

Cette zone offre une série très mélangée. Elle comprend des représentants de Tavant-pays et des représentants de la nappe austroalpine; elle possède en outre des affinités lépontiennes, et aussi, comme Uhlig l'a fait remarquer depuis longtemps, des affinités carpathiques. Le plus connu de ces affleurements se trouve près de Sankt- Veit, dans le XIIP arrondissement de la ville même de Vienne, Il a été décrit un grand nombre de fois, en dernier lieu par Egb. von Hochstetter^ Ici, la partie visible de hi série commence avec le faciès souabe (littoral) du Rhétien, offrant un développement qui n'est comparable qu'à celui de l'avant-pays. Puis viennent sucessivement les couches de Gresten, les marnes tachetées du Lias supérieur (jusqu'à présent sans fossiles), un Dogger comprenant de nombreux horizons, et très différent du Dogger de la zone calcaire voisine, et des couches rouges siliceuses jurassiques à Radiolaires contenant des Avtychus; au niveau de ces couches jurassiques, on a trouvé des blocs isolés de tufs grumeleux (basalte à plagioclase, d'après Pelikan).

\. Ed. Suess, Ceber die Brachiopoden der Kössener Schichten (SiUungsber. k. Akad. Wiss. Wien, Mathem.-naturwiss. Cl., X, 1853, p. 286; Denkschr. d». Vil, 1854. p. 29-65, pi. MV); F. von Hauer, Ueber die Gliederung der Trias-, Lias- und Juragebilde in den nordöstlichen Alpen (Jahrb. k. k. Geol. Reichsanst., IV, 1853, p. 730); M. L. Lipoid, Das Kohlengebiet in den nordöstlichen Alpen (Ibid., XV, 1865, p. 30 et suiv.). [Sur la flore des charbons de la Basse- Autriche, voir Fr. Krasser, Kritische Bemerkungen aber die bislier zutage geförderte fossile Flora des unteren Lias der österreichischen Voralpen (Wiesner-Festschrift, Wien, 1908), et Zur Kenntnis der fossilen Flora der Lunzer Schichten (Jahrb. k. k. Geol. Reichsanst., LIX, 1909, p. 101-126).]

2. F. Trauth, Ueber die Grestener Schichten der österreichischen Voralpen (Anzeiger k. Akad. Wiss. Wien, 1906, p. 308-310). [Voir aussi Fr. Trauth, Zur Tektonik der subalpinen Grestener Schichten Oesterreichs {MiiieW. Geol. Gesellsch. Wien, I, 1908, p. 1 12-134, pl. IV- VII : cartes et coupes); et Die Grestener SchUshten der österreichischen Voralpen und ihre Fauna. Eine stratig raphisch-paläontologische Studie (Beilr. z. Paläonlol. und Geol. Oesterr.-Ung., XXII, 1909, p. 1-142, pl. I-IV).]

3. Egrb. W. Ritter v. Hochstetter, Die Klippe von St. Veit bei Wien (Jahrb. k. k. Geol. Reichsanst., XLVll, 1897, p. 95-156, pl. Ill);Fr. Trauth, Ein neuer Aufschluss im Klippengebiet von St. Veit, Wien (Verhandl., id., 1907, p. 241-245). [Sur les différents niveaux mésozoïques représentés aux environs de Vienne, voir A. Spitz, Der Höllensteinzug bei Wien (Mitteil. Geol. Gesellsch. Wien, III, 1910, p. 351-433, pl. Xl-XllI : carte et coupes).]

On rencontre ensuite des calcaires blancs en plaquettes à Aplychus Didayi.

La réunion, dans cette série, de couches littorales (rhétiennes) et de couches abyssales (à Radiolaires) est très étrange. Tout essai d'anal^'se de ces circonstances, en les rapportant à une petite échelle, se heurte contre ce fait qu'il existe là, extérieurement à la limite actuelle de la zone calcaire vers le Nord, des sédiments indiquant une profondeur marine de 4 000 à 5 000 mètres.

Sur d'autres points apparaissent encore des horizons plus élevés, en particulier un calcaire tithonique près de Waidhofen.

La zone calcaire représente ici la série austro-alpine, et le Flysch la série helvétique; la zone de Gresten prend place entre les deux. Il faut donc la ranger provisoirement dans le groupe lépontien, comme Trauth l'a d'ailleurs indiqué ^ Le niveau tectonique est voisin de celui •où apparaissent, dans la Bavière occidentale (Oberstdorf, etc.), des lambeaux archéens. On constate, en effet, un phénomène analogue, qui se présente à partir du Traun-See. Près de Weyer, une colline longue de 150 m. environ et haute de 40, formée de granité de même nature et portant le monument de Leopold de Buch, a été souvent considérée •comme autochtone, de même que Gümbel l'admettait pour les affleurements bavarois. Geyer Ta décrite comme un fragment de la côte contre laquelle se seraient déposées les couches de Gresten '. La structure du Flysch au Nord de ce point serait difficile à comprendre, si l'avant-pays se montrait réellement ici. On ne peut pas comparer ces lambeaux lépontiens avec ledômegranitique isolé du Waschberg prèsde Stockerau, qui, de fait, appartient à l'avant-pays, mais qui est situé en dehors de la zone du Flysch'.

Dans cette bande si curieuse, qui est située au N.N.W. de Vienne

i. Paul a émis Tidée que le Néocomien de Sankl-Yeit succédait normalement aux termes les plus inférieurs du Flysch ; dans cette hypothèse, la série de Greslen ferait partie de la zone du Flysch. Mais la circonstance, déjà reconnue par Paul lui-même, que la direction du Flysch est souvent diiTérente de celle de la limite que suit au contraire la série de Gresten, n'est pas favorable à cette manière de voir. — Ém. Haug y compare la série des Préalpes (Les nappes de charriage des Alpes calcaires septentrionales, Bull. Soc. Géol. de Fr., 4- sér., VI, 1906, p. 366).

2. 6 Geyer, Ueber die Granitklippe mit dem Leopold von Buch-Denkmal im Pechgraben bei ITeyer (Verhandl. k. k. Geol. Reichsanst.. 1004, p. 363-300); de même Hochstetter et Toula, Ibid., 1870, p. Ol, et Toula, 1005, p. 80; Mojsisovics, ibid., 1803, p. U. Dans le Fl\-sch apparaissent des blocs qui ressemblent à ceux de Tavant-pays, associés à des roches tout à fait singulières, telles que du porphyre augitique (Berwerlh, Mittheil. Mineralog. Gesellsch. Wien, 1007, p. 12; et aussi dans Becke, Mineralog. Mittheil., 1007). [Voir aussi G. Gölxinger, Ueber die geologische Bedeutung der Granitklippe mit dem L. v. Buchdenkmal im Pechgraben bei Weyr in Oberösterreich (Deutsche Rundsch. f. Geogr. u. Statist., XXIX, 1907, p. 280-207}.]

3. C'est un granité sudétique, entouré de bancs horizontaux d*un conglomérat littoral ■éocène ou oligocène inférieur, la seule trace d*un rivage que Ton connaisse à proximité des Alpes Orientales ; D. Stur, Geologische Special-KartedcrUmgebungvon\VienjQtem\\esin'fo\io,\9Sii,

et qui fait partie du bord externe du Flysch, déjà dévié vers les Garpathés, mais où les affleurements sont malheureusement très défectueux, Abel a décrit du Tithonique ; ce gisement ne saurait être attribué à la zone de Gresten, par suite de sa situation sur le bord externe ^ Des marnes à Belemnitella mucronata représentent les couches bavaroises du Nierenthal, et Ton y voit affleurer également des couches du type vicentin qui caractérisent la série tertiaire inférieure sur tout le bord . septentrional des Alpes Orientales. Dans les Garpathes de Moravie, la présence de la Rhynchonella polymorpha Mass. correspond à l'horizon de Spilecco; les couches à Echinolanipas conoideus du Mattsee (Haute- Autriche) représentent la Gichelina; au Nord de Stockerau, on rencontre Tétage de Priabona et les Polypiers de Gastel Gomberto. —

Essayons de donner une vue d'ensemble.

Dans les couches de Gosau, à l'intérieur des Alpes Galcaires, règne comme on l'a dit, jusqu'à la limite inférieure des marnes à Inocérames (Gampanien), un cachet méridional, rappelant tout à fait le Midi de la France, la Transylvanie, l'Arménie, etc. Ges gisements d'affinités méridionales n'ont jamais été rencontrés dans la zone du Flysch.

Dans la zone du Flysch se trouvent des sédiments très puissants, qui ont en commun avec les marnes à Inocérames de Gosau le Pachy- (iiscus Neube?\f/icus et quelques autres Ammonites, mais renferment d'autres Inocérames (en particulier Inoceramus Salisburyensis), Vers le haut, ces sédiments se rattachent aux couches du Nierenthal, dans lesquelles se fait jour une influence septentrionale.

Près de Salzbourg, cette série s'avance jusqu'à proximité des couches à Rudistes typiques de Gosau K Dans le Nord-Est du Tyrol, un lambeau de ces couches repose sur du Génomanien transgressif, et recouvre en discordance, comme cet étage, la zone calcaire plissée; une surface de charriage sépare cette partie de la zone calcaire de la zone du Flysch.

On n'a jamais observé dans la zone calcaire cette extrême abondance de la Belemnitella mucronata qui caractérise le Sénonien supérieur de l'Europe centrale \ tandis qu'elle se retrouve sur

1. 0. Abel, Die Tithonschichlen von Niedêrfellabrum, in Niederösterreich ( Verband 1. k. k. •GeoL Reicbsanst., 1897, p. 34.3-362); Studien im Klippengebiete zwischen Donau und Thaya. I (Ibid., 1899, p. 284-285); Die Beziehungen des Klippengebietes zwischen Donau und Thaya zum alpin-karpathischen Gebirgssysteme (Ibid., 1899, p. 374-381); et dans d'autres publications.

2. Eb. Fugger, IX. Internat. Geologen-Congr, Fahrer für die Exkursionen in Oesterreich, Wien, 1903, n" IV : Salzburg und Umgebung, 21 p, ; et Die Gaisberggruppe (Jahrb. k. k. Geol. lleichsanst., LVI, 1906, p. 213-258); voir surtout Erläuterung zur GeoL Specialkarte v. Oesterreich, Zone 14, Goi. VIII, Salzburg.

'3. L'apparition d'une espèce rare, la Belemnitella Ilceferi Schlonbacli, dans les couches du Gosau de la Neue Welt, ou d'une Bélemnitelle rare dans la Scaglia de la Brianza (Dinarides), n'affaiblit pas cette conclusion. Une hypothèse différente est soutenue par M. de

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le bord externe du Flysch jusqu'au Mattsee et près de Stockerau'.

La zone du Flysch des Carpathes montre des faits absolument analogues. Le Crétacé inférieur a un cachet méridional prépondérant: mais là, l'influence septentrionale se fait déjà sentir avec les Exogyres du Cénomanien^. Wisniowski mentionne Actinocamax verus comme représentant le Sénonien inférieur, puis l'apparition de Pachydiscin Neubergicus et d* Inoceramus Salisburgensis, c'est-à-dire des espèces typiques des couches bavaroises du Nierenthal'.

En Bavière, au-dessus de ces couches, se multiplient les espèces communes avec Maestrich t. Avec l'Eocène apparaît, surtout en Autriche, le type méridional du Vicentin.

On peut admettre, par conséquent, que l'influence méridionale a été prépondérante dans la zone du Flysch des Alpes calcaires et des Carpathes jusqu'au Cénomanien; puis, Tinfluence septentrionale a régné jusqu'à la fin du Crétacé; enfin l'influence méridionale a repris le dessus jusqu'à l'époque des étages méditerranéens. Ces phases correspondent au mouvement positif du Crétacé moyen et supérieur et au mouvement négatif de la fin du Crétacé; en d'autres termes, la transgression générale méso • et supracrétacée a introduit des éléments septentrionaux dans les sédiments alpins, quiy en dehors de cet épisode^ sont caractérisés par des types méridionaux et méditerranéens.

De même, en Roumanie et dans les steppes de la Crimée, le Sénonien septentrional repose sur du Crétacé inférieur méridional; et sur ce Sénonien vient du calcaire à Nummulites méridional.

En terminant, nous ne devons pas omettre de mentionner à celte place quelques faits d'importance générale. Ce sont : la puissance considérable du Flysch, l'absence complète d'ingressions et de transgressions crétacées dans les grandes vallées longitudinales du bord Sud de la zone calcaire, et Tapparition à l'intérieur du Flysch autrichien de pointements isolés de calcaires, probablement néocomiens pour la plupart, ainsi que la coexistence sur un point de serpentine avec des calcaires de cette nature *.

Grossouvre, qui a tant fait pour le parallélisme des couches de Gosau; voir sa noie : Sar les couches du Gosau^ considérées dans leur rapport avec la théorie du charriage (Bull. Soc. Géol. de Fr., 4' sér., IV, 1004, p. 765-776).

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