Obroutchev, L'Asie Centrale, I, p. 512 et suiv
fait, dans le prolongement normal du Fin-Chan et du Loun-Chan vers rE.S.E., sur les bords du Da-Khé, au Nord de Lian-tchéou, Obroutchev n'a pas trouvé de montagnes, et c'est seulement bien plus loin, près de la ville de Tchen-fan, qu'apparaissent les premiers contreforts, ayant l'aspect d'arêtes recouvertes de débris et entourés des « Barkhanes » (dunes de sable) de l'Ala-Chan.
Le premier, le Koim-ngé-Chan, comprend de nombreuses croupes de longueur variable, alignées à l'W.N.W., qui se prolongent également à l'Est du cours d'eau; on y observe un calcaire brun foncé ; l'allure des couches est incertaine, peut-être se dirigent-elles E.-W. ou E.N.E. Dans les débris, on voit des traces des dépôts du Gobi et des fossiles carbonifères douteux. La seconde crête, qui est la dernière vers le Nord, le Loïé-Chan, dont la hauteur relative ne dépasse pas 120 mètres (altitude du fond de la vallée: 1430 m.), s'aligne de même vers l'W.N.W. *.
En somme, on peut dire que le Loun-Chan est une chaîne de montagnes dirigée W.N.W. ou N.W., qui s'introduit entre le Beï-Chan et le Nan-Chan comme une coulisse parallèle, mais qui diffère du Beï-Chan par la déviation de son extrémité occidentale, au delà de Tcha-tien et de la Pestraïa Griada, dans le sens des Montagnes de Yarkend, c'est-à-dire au S.W.
9. Pied nord da Nan-Chan. — La chaîne puissante des Monts Richthofen, qui forme la bordure septentrionale de tout le Nan- Chan, n'est nullement limitée vers le Nord, c'est-à-dire vers les oasis du Kan-sou, par un trait simple et continu. Il n'y a rien au Nord du Nan-Chan qui se puisse comparer à la zone de Flysch ou de Mollasse des Alpes septentrionales, des Carpathes et de l'Apennin, ou aux montagnes de Flysch de l'Arrakan en Birmanie, ou aux Monts Siwalik au pied sud de l'Himalaya. On ne voit rien non plus qui rappelle le bord interne, découpé par des cassures, d'un grand arc montagneux; l'on aperçoit çà et là, au contraire, des avantchaînes dirigées W.N.W. ou N.W., et par conséquent parallèles aussi bien à la chaîne principale des Monts Richthofen qu'aux avant-chaînes du Loun-Chan qui lui font face au Nord. L'on conçoit donc que Ldczy ait eu l'impression que le Ho-jen-Chan (partie médiane du Loun-Chan) était une simple avant-chaîne du Nan-Chan *.
1. n y a lieu de remarquer ici que la position de la yilic de Tchen-fan, telle que rindiquentles cartes, est inexacte.
2. L. yon Löczy, Die wissenschaftlichen Ergebnisse der Reise,,, in Oslasien, I, p. 637.
A l'E.S.E. d'At-sa-kou, c'est-à-dire du point où le Loun-Chan occidental vient se rattacher au pied nord des Monts Richthofen, ces derniers sont constitués sur une assez grande longueur par des schistes et grès anciens dirigés W.N.W. ou N.W. A environ 70 verstes de cette jonction, Tavant-chaîne Tchin-tou-Chan est formée de Carbonifère et degrés supra-houillers dirigés de même, plissés, mais dont les bancs plongent partout au S.W., c'est-à-dire vers la haute montagne. Encore fort loin de là, sur le bord de la plaine, les couches du Gobi elles-mêmes continuent à présenter des pendages de 60 à 65® dans le même sens. Obroutchev suppose qu'il y a là un renversement de toute la série des terrains vers le N.E. *
Plus à TE.S.E., à environ 90 verstes de ce point, près de Tsin-
Fio. 24. — Coupe du rersant nord des Monts Richthofen par la vallée du Da-Khé, d'après Obroutchev (L'Asie Centralej etc., II, p. 131, fig. 127).
y, Granite; «, Silurien?; d^ Dëvonien; c. Carbonifère; m, Couches mésozoïqucs? gl. Moraines. Échelle des longueurs 1 : 500 (»00 ; hauteurs 1 : 125 000.
fo-sy, où le Da-Khé sort des Monts Richthofen (fig. 24), on voit un large massif granitique monter rapidement, du bord de la plaine, à une grande hauteur; du côté du Sud, ce massif est séparé de chaînes plus élevées encore par une bande de terrain carbonifère contenant de la houille et pincée dans les roches antérieures*.
En continuant sur une distance d'une centaine de verstes dans la direction de l'E.S.E., on atteint un groupe serré d'avant-chaînes, le Din-in-pa-pan-Ghan, qui, en s'avançant vers Gao-taï, rétrécit la dépression des oasis du Kan-sou, dont la largeur ne dépasse plus guère 25 verstes. Ce groupe se termine vers le Nord par une série de cassures en gradins très nettes, qui ramènent au jour trois fois de suite un grès ancien, le calcaire carbonifère, des couches de houille et un porphyre accompagné de tufs\