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F. von Richthofen, China, II, p

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que ininterrompues du système du Kouen-lun au système du Tien- Chan*. »

Gomme on le voit, en effet, toutes ces grandes chaînes suivent la même direction W.N. W. ou N. W. que les chaînes du Nan-Chan. Mais ces dernières, telles que les Monts Richthofen, le Tolaï-Chan, la chaîne Alexandre III, etc., tantôt représentent des bandes de sédiments plissés, tantôt montrent du gneiss affleurant sur Fun de leurs versants, tantôt enfin, comme la chaîne méridionale du Koukou-Nor, sont formées en majeure partie de gneiss. Si chacune de ces chaînes peut être envisagée comme une unité morphologique, aucune ne possède de véritable indépendance tectonique : ce sont toutes ensemble les ondes transversales du mouvement de plissement qui s'est propagé, en faisant gonfler le sol, entre le plateau de rOrdos à TEst et Tare de TAnembar-Oula (arc de Yarkend) à rOuest. Une partie des plis, arrêtée par TOrdos, s'est retournée vers TAla-Chan ; mais aussitôt que ce détroit est franchi^ les ondes transversales se prolongent de part et d'autre. C'est ainsi que le Kouen-lun dérive du Nan-Chan. De cette façon naît au bord sud du môle sinien le Tsin-ling-Chan, qui est plissé dans la direction du Sud, et au bord sud de Tare de Yarkend le puissant Arka-Tagh.

6. L^avancéedes branches occidentales; faisceau de la Birmanie. — Je dépasserais de beaucoup les limites que je me suis imposées, dans le présent ouvrage, si je voulais passer en revue tout les efforts, inspirés par le seul amour de la science, qui ont été faits pendant ces dernières dizaines d'années pour fixer le tracé des chaînes du Tibet. Potanin, H. Bower, Littledale, Bonvalot, Henri d'Orléans, Dutreuil de Rhins, Rockhill et beaucoup d'autres vaillants explorateurs ont, à tour de rôle, porté la lumière sur diverses parties des coulisses gigantesques qui exécutent un mouvement tournant pour devenir parallèles au méridien. De toutes ces données, qui ne s'appliquent presque toujours qu'à la configuration de la surface, il convient ici de mettre en relief une directrice fort importante : la bande de calcaire, constamment orientée à TE.S.E., que Rockhill suivit pendant de nombreux jours de marche* Cette bande, dont la longueur peut bien dépasser SOO kilomètres d'après la carte de Rockhill, atteint la route de Tsiamdo dans la vallée du Nashe-tchou (93® de long. E., 32«delat. N.), et vient dû versant méridional du Dang-La; en se prolongeant àTE-S-E., elle

1. K. Bogdanowitch, Einige Bemerkungen über das System des Kwenlun (Mitlhcili k. k. Geogp. Ges. Wien, XXX VIII, 1895, p. 525).

forme probablement une partie du puissant massif montagneux du Ramnon-gang-ri et continue encore au delà dans la même direction*. Alors commence à apparaître dans les chaînes, au lieu de cette direction E.S.E., la direction S.E., qui est aussi mise en évidence par l'allure des cours d'eau. Encore à Draya, Rockhill trouva des terrains calcaires. A un degré et demi de latitude plus au Sud, près de Yarkala sur le Mékong (29® de lat. N. environ), Ton arrive au point où Desgodins recueillit des fossiles du Carbonifère supérieur ou du Permien. Là règne la direction S.S.E., et Löczy est parvenu à montrer que le Carbonifère supérieur fossilifère (horizon de Loping) de la crête de Dengou-la (29<> 10' de lat. N.), se reliant très probablement au Carbonifère supérieur de Yarkala, suit le Yaûg-tsé-kiang dans la même direction sur plus de trois degrés de latitude. A Tchoung-tien (28<>), des lambeaux de Trias le recouvrent; encore à I-yang-tang (26® 25'), on y trouve Schwagei'ina craticulifera, et Löczy a suivi cette bande si remarquable de Carbonifère supérieur jusqu'au Sud du 26® de lat. N., au Nord de Ta-li-fou.

Le Carbonifère supérieur, exactement comme dans les oasis du Kan-sou et en tant d'autres régions montagneuses de TEurasie, repose en discordance sur une série paléozoïque antérieurement plissée; ce terrain a lui-même subi plus tard des plissements^

Nous pénétrons maintenant en plein domaine de l'arc birman, et nous traversons les zones successives de cette région bordiere en nous dirigeant au S.W. La bande paléozoïque et principalement carbonifère supérieure, que nous venons de suivre de Ratang jusqu'au voisinage de Ta-li-fou, est limitée vers l'Ouest par la chaîne du Tsang-Chan, formée de schistes cristallins. Au delà de cette chaîne vient une large zone de grès rappelant le Flysch, à laquelle succède, entre le Mékong et la Salouen, une nouvelle zone paléozoïque plissée (fig. 36). Grâce à Löczy, on connaît l'exis-

1. W. W. Rockhill, Diary of a Journey through Mongolia and Tibet, p. 260, 267, 277, 280, et aussi 294 pour la direction générale E.S.E. En 1895, Littledale s*est aTancé do Tchcrlchen vers le Sud, perpendiculairement à la direction des chaînes, jusqu'au Garing-tso (89» de long. E., 30» à 31o30' de lat. N.) et au Tengri-Nor, et a signalé quelques pointemcnts volcaniques sur lesquels je ne possède pas d'autres renseignements; du Garing-tso jusqu'au voisinage de Leh, c'est-à-dire sur 11 degrJs de longitude, sa carte montre une série de chaînes et de vallées qui s'alignent suivant la direction de l'Himalaya; St. George R. Littledale, A Journey across Tibet , from North to South, and West to Ladak (Geogr. Journal, VII, 1896, p. 453-483, carte en 3 feuilles [reprod. dans L'année cartographique de Fr. Schrader, 6« «uppl., 1896]).

2. L. von Löczy, Ouvr. cité, I, p. 692 et suiv.; en particulier p. 731, 736, 746; coupes, âg. 142, 144, etc.

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tence dans cette dernière de fossiles du Carbonifère supérieur, notamment à TEst de Young-tchang-fou ; et entre cette localité et la Salouen, à Pou-piao, ce géologue a trouvé du Silurien, avec traces de Trilobites et grandes plaques d'un Cystidé [Helicosmiles? sp.). La direction est devenue cette fois non plus S.S.E., mais N.-S.\ Le Siang-Chan, qui vient ensuite, forme la ligne de partage des eaux entre la Salouen et Tlraouaddi ; cette chaîne court du N. au S., elle est constituée par des gneiss et des phyllades et marque le début d'une zone très étendue de roches anciennes, surtout granitiques, qui se suivent de là jusque vers Bhamo. A TOuest de cette zone, on retrouve de part et d'autre du 97* degré les traces d'une autre zone paléozoïque, considérée comme Carbonifère par Noet-

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