LÉGENDE DE LA PIOURR
Montagnes comprises entre le Brahmapoutra et le Yang-tsé-kiang, d'après Medlicott, Mallet, R. D. Oldham, Noetling et Löczy.
A, Gneiss, schistes cristallins, granité; pal^ Silurien; Cff, carbonifère; /r, Trias; cr, Crétacé; tet, Éocène; Subhim., Tertiaire supérieur; Alluv., Alluvions; Serp,, Serpentine; a, a, Faille. — I^ noir plein figure les roches volcaniques. — Échelle do 1 : 4000000 environ.
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assimilés au calcaire à Echinosphaeriles du Silurien inférieur des Provinces Baltiques*. La Touche a découvert en outre, dans les couches supérieures, des schistes à Graptolithes.
D*après la direction générale des couches entre Mandalay et Kunlon, je crois devoir admettre que la zone paléozoïque qui est coupée par la Salouen à l'Ouest de Young-tchang-fou, s'orientantà partir de là vers le S.W., atteint réellement l'Iraouaddi près de Mandalay, et s'écarte par conséquent de la direction que suivent les montagnes de Ta-li-fou. Les lignes directrices divergeraient donc à partir de ta région des grès analogues au Flysch que Lôczy a croisés entre 26^ et 25*" de lat. N., entre Ta-li-fou et Young-tchang-fou^ et au milieu desquels coule le Mékong.
Pour le territoire situé au Sud de Mandalay, voici ce que nous apprend Middlemiss : la direction générale S.W. n'est plus visible; l'orientation dominante est redevenue N.-S. A l'Est de l'Iraouaddi, le gneiss reparaît en formant une bande d'une longueur considérable, mais d'une faible largeur. Il s'élève brusquement au-dessus de la plaine alluviale, sans collines intermédiaires, coupé à l'Ouest par une longue faille N.-S. Au gneiss succède à l'Ouest une zone de schistes cristallins, puis un plateau calcaire très étendu, sans eau à la surface, mais draîné par des rivières souterraines, et atteignant par endroits 4000 pieds [1200 m.], au Loi-Sampu même environ 5000 pieds [1 500 m.]. C'est le Shan-Piateau proprement dit. Le calcaire est plissé et les plis sont arasés. On n'y a pas encore retrouvé les fossiles siluriens du Nord des États Shans. Tous les fossiles découverts jusqu'à présent appartiennent au « Middle Productus Limestone » (Permien). Griesbach suppose que c'est un prolongement des calcaires de Moulmein, dont l'âge est le même. Plus à l'Est, on revoit au fond des synclinaux le grès rouge du Nord ; Middlemiss le regarde comme tertiaire.
La chatne de gneiss qui borde les alluvions de l'Iraouaddi dans le Karenni est évidemment la même que celle qui atteint le voisinage de la mer à l'embouchure du Sittang. Je crois devoir admettre que la zone paléozoïque de Young-tchan-fou est la même que celle qui passe à l'Est de Mandalay, se prolonge dans le grand plateau occupant la partie méridionale des Etats Shans et atteint la mer près de l'embouchure de la Salouen. A cette bande doivent encore appartenir les gisements carbonifères que Noetling a décrits à The-
1. Fr. Noclling, Field Noies from Ihe Shan HillSy Upper Burma (Records OpoI. Survey of India, XXHl, 1890, p. 78-79). Un exemplaire atteignait 160 mm.
rabwin, près de Tenasserim, et peut-être même aussi ceux de TEst de Sumatra*.
Il y a quelques années, on ne connaissait encore que de faibles traces de ces gisements (I, p. 599). Aujourd'hui, on peut constater que les chaînes de gneiss indiquées sur la fig. 37 entre 96"* et 99** n'arrivent au voisinage de la mer que sur les bords du Sittang; les coulisses obliques de terrains anciens qui, Tune apr^s Tautre, forment la presqu'île malaise appartiennent à un faisceau plus interne de tout cet ensemble , faisceau qui n'est pas représenté au Nord, là où se produit, entre Ta-li-fou et Young-tchangfou, la séparation.
Quand Löczy eut franchi le haut Shweli, il se vit avec étonnement, prèsdeTeng-youé-tchéou, en pleins terrains anciens, entouré d'andésite récente. Noetling signale dans la vallée do l'Iraouaddi, au Nord de Bhamo, deux traînées de basalte récent, jusque vers 25<>30', et plus au Nord-Ouest du basalte se montre également au voisinage des mines de néphrite de Sanka. Peut-être les basaltes de Bhamo sont-ils les avant-coureurs de la longue série de volcans (I, p. 583) dont Löczy a décrit le plus septentrional, le Ho-shuen- Chan (23« 20' de lat. N.)^
Essayons maintenant de résumer les faits, en nous appuyant sur la fig. 37.
Au Nord-Ouest de cette esquisse apparaît la partie orientale des cimes gneissiques culminantes de r Himalaya (6939 m.); vers le Sud les sommets s'abaissent (3 679m.), et au point où la rivière Dikrang sort des montagnes, on voit affleurer au dessous du gneiss, d'après Godwin-Austen (I. p. 591), des couches appartenant à la série de Gondwana, sous lesquelles plongent à leur tour les bancs tertiaires du « Subhimalayan Group » qui se terminent du côté des alluvions du Brahmapoutra par un escarpement d'environ 900 mètres. Au voisinage de Sibsagar, ces alluvions ne sont qu'a 95 mètres au-dessus de la mor.
Au Sud de ce tronçon, au-delà du Brahmapoutra, se montre le bord oriental du Plateau de Shillong (I, p. 523), d'où est parti, le 12 juin 1897, le tremblement de terre le plus violent du XIX** siècle ^ D'après Medlicott et H. Smith, le bord sud et sud-est de co
1. Pr. Noetling, Car boni ferons Fossils from Tenasserim (Records Geol. Survcy of India, XXVI, 1893, p. 96-100, 1 pi.).
2. F. Noetling, Ueber das Vorkommen von Jadeit in Ober-Birma (Neues Jahrb. f. Min., 1896, I, p. 13); M. Bauer, Der Jadeit,,, von Tammaw inOber-Bvnna (Ibid., p. 18); L. von Löczy, Heise des Grafen Bcla Szcchcnyi in Ost-Asien^ I, p. 11\.
[3. Voir R. D. Oldham, Report on the Great Earthqiiake of iS^f* June i897 (Mem.
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plateau répond à une grande flexure*; là, il est formé de gneiss surmonté par des lambeaux horizontaux de Craie moyenne. Des pointements isolés de ce massif gneissique, qui s'abaisse en pente douce vers le Nord, se montrent au Nord du Brahmapoutra un peu à rOuest de la limite de notre carte, et jusqu'en dedans des avantmonts tertiaires de THimalaya.
Nous atteignons alors le bord externe, renversé au N.W,, des Monts Naga, prolongement septentrional de la chaîne plissée d'Arrakan; le Brahmapoutra les sépare de l'Himalaya et le Dhansiri du Plateau de Shillong; Mallet en a décrit la partie nord-est (I, p. 593). Ce qu'il appelle « Axial Group » est probablement un Flysch crétacé, peut-être aussi y a-t-il là des sédiments tertiaires anciens, fortement modifiés par les pressions orogéniques^. Le symbole te^ désigne une série éocène renfermant du charbon \ a^ a, a est une faille longitudinale qui suit le bord externe.
La partie de ces montagnes située au Sud, dans la direction de Manîpur^ a été examinée par R. D. Oldham (I, p. S94). L' « Axial, Group », au Nord, y affecte la direction N.-S., et, pour autant qu'on le connaît, ses couches sont verticales ; au Sud, où cette zone est plus large, on constate en venant de l'Ouest que les couches plongent toujours à l'E. ou à l'E. S.E., à travers la plaine de Manipur et de Tusom, comme s'il s'était produit une série d'écaillés imbriquées les unes sur les autres. A partir de Tusom, jusqu'au delà de la bande de serpentine, l'inclinaison est en sens contraire, à rW. ou à l'W.N.W., de sorte que l'ensemble parait former un éventail dissymétrique. La constitution de la haute chaîne qui part de l'aile orientale de l'éventail, dans la direction du N.N.E. (Saramethi, 3815 m.), est inconnue.
Les couches tertiaires récentes (^wiA/m.) reposent en discordance suri' « Axial Group », mais, vers le centre et l'Est des montagnes, elles sont portées jusqu'à de fortes altitudes. Près de Samaguting et de Yemi, on a signalé des Bivalves dans le grés; ailleurs se
GeoL Survey of ladia, XXIX, 1899, xxx-319-xviii p., 44 pi., 3 cartes), et List of Aflershocks ofthe Great Earthquakeof iî^f^ June 1897 (Ibid., XXX, pt. 1, 1900, p. 1-102); ▼oir aussi C. Diener, Ueber einige Wirkungen des grossen ostindischen Erdbebens am 12. Jitni 1S97 (Mittheil. K. K. Geogr. Ges. Wien, XLIV, 1901, p. 312-318).]
1. P. H. Smith, The Geology of the Mikir Hills in Assam ^Mcm. Geol. Survcy of India, XXVHI, pt. 1, 1898, p. 71-95, pl. IV : carte; cq particulier p. 73). [Voir aussi P. N. Bose, General Report Geol. Survey of India for 1900-1901, p. 20-24.]
2. L'ancienne indication, d'après laquelle des fossiles du Trias existeraient dans cette chaîne (I, p. 595), repose sur une erreur; R. D. Oldham, A Manual ofthe Geology of India, 2* Ed., 1893, p. 144 [voir cependant C. L. Griesbach, General Report Geol. Survey of India for 1900-1901, p. 19-20].
montrent des empreintes de plantes, et aussi de 1 ambre. A TEst, vers le Chindwin, où elles forment le Kachaophung (2451 m.), ces couches, inclinées d'environ 20® à TE., se terminent aux grands escarpements d'Angochimet de Kasom.
Nous arrivons au champ de recherches de Noetling, dans la Haute Birmanie [Hg. 38).
Le « groupe de Tlraouaddi » est une formation deltaïque tertiaire, dans laquelle ont été entraînés les restes de la faune des Siwalik*. La série de couches immédiatement antérieure porte le nom de « groupe de Pegu » ; c'est une formation marine, d'âge miocène ou peut-être aquitanien, comme l'indiquerait la présence du genre Anthracotherium, Elle repose sur des couches éocènes à Nummulites et à Vêlâtes Schmideliana, Au milieu du territoire tertiaire, près de Wuntho, se dresse la chaîne des Mainthong Hills, formée de diorite quartzifère *, et près de Htygaing, sur Tlraouaddi, au Nord du volcan Ho-shue-Chan, on atteint le bord de la grande bande occidentale des terrains anciens de l'arc birman.
C'est de cette même bande^ près de Bhamo, que sort l'Iraouaddi, entouré d'un cortège de roches eruptives récentes.
A partir de là, Löczy devient notre guide, et nous arrivons aux longues coulisses de gneiss, séparées par des bandes paléozoïques fortement plissées, que caractérise la transgression du Carbonifère supérieur'. Nous traversons le Mékong et le faisceau divergent des chaînes de Ta-li-fou. Nous atteignons le Yang-tsé-kiang, puis le lac de Ta-li-fou, avec ses Paludines de type levantin, et les dépôts triasiques de Tchoung-tien. Des coulisses ayant la même structure se succèdent de Batang jusque vers Ya-tchéou-fou et s'infléchissent l'une après l'autre vers l'W. N.W., dans la direction du Dang-La, du Dombouré et des grandes chaînes tibétaines.
1. Fr. Noetling, The Development and Subdivision of the Tertianj System in Burma (Records Geol. Survey of India, XXVIII, 1895, p. 39-86, pi. 2 : cnrte). [Voir surtout le mémoire du mémo autour : The Miocène of Burma (Verhandcl. der K. Akad. v. Wetensch. Amsterdam, 2"*» Sect., Deel VII, n" 2, 1900, 131 p., 1 carte; avec bibliographie).]
2. Fr. Noetling, Note on the Geology of Wuntho in Upper Bwmia (Records Geol. Survey of India, XXVII, 1894, p. 115-124, pi. 1 : carte).
3. Sur la fig. 37, on a dû, à cause de la petitesse de Téchelle, réunir sous la même désignation pal, les calcaires et phyllades probablement siluriens, de même que sous le symbole ca ont été groupés le Carbonifère supérieur marin et les grès qui l'accompagnent; les granités, gneiss et schistes cristallins anciens figurent également sous un seul grisé. — Pour des divergences d'interprétation sur la position stratigraphique de certains gisements (Permien ou Carbonifère supérieur), voir F. Frech, Lethaen geognosticot I. Theil, Lethaea palaeozoica, 2. Band, 1899, p. 384 et suiv.; Tinflucnce que ces vues divergentes peuvent avoir sur la question de la nature des discordances sera discutée au chapitre VIII, à propos de la région périadriatique.
Cap N( grais
^''^^hes de
Fio. 38. — Extension des terrains tertiaires en Birmanie, d'aprt^s F.Noetling (Verhandel.
der K. Akad. Amsterdam (2*« Sect.), Deel VII, n« 2, 1900). 1. Terrains pré-tortiaires ; 2. Chin (Eocène 7) ; 8. Bassein (Éocène) ; 4. Pegu (Miocène) ; 5. Série de riraouuildi (Pliocène) ; 6. Alluvions; 7. Roches éraptives; 8. Failles. —Échelle de 1 : 7 500 000.
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Le raccordement des observations est d'autant plus difficile à faire, dans ces régions, que les tracés géographiques leur servant de base présentent de nombreuses divergences. Néanmoins, si Ton essaye d'introduire dans cette esquisse les résultats du périlleux voyage accompli par le Prince Henri d'Orléans, du Yun-nan à TAssam, on obtient ce qui suit* :
Le Pic Francis Garnier est situé par 28<>15' environ, à TOuest du Mékong, dans la chaîne qui sépare ce fleuve de la Salouen. De là, l'explorateur français put constater, vers l'Ouest, que l'affluent le plus oriental et en même temps le plus long du haut Iraouaddi, le Tourong, atteint à peine 28<* 30' de lat. N., et que tout le bassin de l'Iraouaddi est limité vers le Nord par la haute chaîne neigeuse de Dzayul qui, des sources du Tourong, court à l'W.S.W. en séparant les versants de l'Iraouaddi, au Sud, et du Dzayul-Tchou (Lohit- Brahmapoutra), au Nord. On a voulu voir dans cette chaîne du Dzayul un prolongement des chaînes de l'Himalaya, et sa direction semblerait justifier cette hypothèse. Mais la structure de la vallée du Brahmapoutra aux environs de Dibrugarh rend la chose improbable, et je préfère voir dans la chaîne du Dzayul un prolongement au delà du cours supérieur du Dihang de la chaîne à laquelle appartient le Saramethi, déjà mentionné, et qui peut bien encore être attribuée à l'arc des Monts Patkoï.
D'après cela, l'Iraouaddi serait compris en entier à l'intérieur des coulisses de l'arc birman; et la déviation déterminée par l'Himalaya oriental se ferait déjà sentir, ainsi que la direction E.N.E., par 98« 30' de long. E.
7. La séparation des chaînes; faisceau du Yun-nan; le Mékong; Cambodge. — Nous avons signalé la divergence des chaînes de montagnes qui s'observe à l'Ouest de Ta-li-fou. Une large zone de grès, dont Löczy note la ressemblance avec le Flysch, s'y introduit. Sur son bord occidental coule le Mékong, qui tourne ensuite au S.E. Près de Meng-houa-ting, au Sud de Ta-li-fou, sur les premières branches du Fleuve Rouge, Colquhoun a trouvé une vaste
i. L'essai de coordination le plus détaillé que je connaisse se trouve sur la petite carte du Geographical Journal, VII, 1896, p. 303; voir aussi Prince H. d'Orléans, A Journey from Tonkin by Tali-fu to Assam (Ibid., VIII, 1896, p. 566-585, carte) [et Itinéraire de Tali-fou (Yunnan) à Sadiya {Assam), C. R. Séances Soc. Géogr. Paris, 1896, p. 72 ; Cai^te des sources de l'in^awaddy^ dressée par M. Roux (Annales de Géogr., V, 1893-1896, pi. XI); Yun-nan Occf^^, W^ Barmanie et États Clians. Voyage du Prince H. d'Orléans (L'année cartographique, de Fr. Schrader, 6« suppl., 1896); Prince Henri d'Orléans, Du Tonkin aux Indes, Janvier 1895-janvier 4896, In-4'*, Paris, 1898, pi. IV et V : cartes, dressées par E. Roux).]
plaine, et c est la même plaine qu'Henri d'Orléans a retrouvée sur le Mékong, au Sud du 25^ de lat., et qui doit s'étendre jusqu'au 24*^ degré*. Plus au S.S.E. vient la plaine de Semao; Carey suppose qu'elle se prolonge dans la même direction jusqu'aux plaines du Laos français; et ces régions doivent appartenir au faisceau des chaînes orientales, car, à l'Ouest de Semao, Carey a trouvé le Mékong (672 m.) encaissé entre des montagnes dont la hauteur atteint 1 500 mètres ^
Pour comprendre la suite du cours du Mékong, il importe de considérer celui du Nam-hou, venant du Laos français, et dont le confluent se trouve près de Luang-Prabang. En fait, on peut décomposer le Mékong en plusieurs tronçons. Le haut Mékong jusqu'à Xieng-sen, sur la frontière du Siam, afl'ecte absolument la même direction que les autres grands fleuves qui descendent des chaînes birmanes vers le Sud. Le Nam-hou et la partie du Mékong qui s'étend jusqu'à Muong-kan-tao forment un second tronçon analogue. Ces deux sections sont reliées par le tronçon transversal compris entre Xieng-sen et Luang-Prabang. Un second tronçon transversal règne jusqu'aux environs de Pat-soum. Alors commence le cours inférieur, d'abord parallèle à la Cordillère de l'Annam, qui suit la côte, puis subdivisé en plusieurs bras dont la direction est quelconque, dans les grandes plaines du Cambodge et de la Cochinchine.
Près de Lakhon (17*> 20'), d'après Joubert, des bandes d'un calcaire fortement redressé s'orientent N. iT" W. c'est-à-dire à peu près parallèlement au fleuve lui-même et à la Cordillère située à l'Est, dont elles représentent peut-être les premiers contreforts. Plus en amont, au-dessus de Pat-soum, un changement complet se produit. A Vien-lian, Joubert trouva le fleuve encaissé dans des bancs très redressés ou verticaux de grès et d'arkose, et dans des schistes fortement plissés avec traces d'anthracite. Puis ces schistes plissés, associés à des porphyre quartzifères, suivent le Mékong; il y a notamment des talcschistes, dirigés N.E. Les sommets plus élevés sont en calcaire. Les berges conservent cette constitution jusqu'à Luang-Prabang ^
Counillon a décrit les terrains qui forment le coude de Luang-
1. H. d'Orléans, Geogr. Journ., VIH, 1896, p. 571 [et Du Tonkin aux Indes, in4% 1898, pi. Il : carte, dressée par E. Roux].
2. F. W. Carey, A Trip to the Chinese Shan States (Geogi*. Journ., XIV, 1899, p. 318-394).
3. Eug. Joubert, in Francis Garnier, Voyage d'Exploration en Indo^Chine, in-4«, Paris, 1873, II, p. 95 et suiv.
LES ALTAIDES ORIENTALES.
Prabang (fig. 39). Là encore règne la direction N.E., correspondant à Tun des bras du coude. Au Nord de la ville on voit d'abord des calcaires gris, presque horizontaux, avec Spirifenna, Rhynchonellay Lima et Avictda. Après une bande d'alluvions vient une argile rouge, inclinée d'abord au S.E., puis au N.W., avec empreintes végétales et débris de grands Reptiles; ce niveau est assimilé à la partie supérieure du groupe de Raniganj, dans Tlnde.
AltaJkbJyf^^f^:
Echelle : 76 ooo
FiQ. 39. — La vallée du Mékong aux environs de Luang-Prabang, d'après Counillon (C. R. Acad. Se. Paris, CXXIII, 1896, p. 1331).
Carbonifère?: 1. Calcaires inferieors à Spiriferina. — Permion : 2. Argiles rouges; 3. Calcaires supériears; 4. Grauwacket à Proditetus; 5. Charbon. — Trias : 6. Argiles violettes à Dicjrnodon tes; 7. Grès grisâtres. — 8. Allavions.
Puis viennent des calcaires et des grauwackes, plongeant N.W., avec empreintes de plantes et petits Productus\ enfin, des argiles violettes, avec conglomérats à la base, dont les cailloux calcaires renferment des Schwagerina, et fragments de Dicynodon dans les bancs supérieurs. Après une interruption, on revoit des grès durs, de teinte grise *.
Les documents sont moins détaillés pour la partie du cours du
1. Counillon, Documents pour servir à Vétude géologique des environs de Luang, Prabang, Cochinchine (C. R. Acad. Se, CXXIII, 4896, p. 1330-1333, carte dans le texte). Les fumeroles mobiles que Joubert a décrites dans la région située à l'W.S.W. de Luang-Prabang ( Koya^e d' Exploration , etc., II, p. 102) sont regardées par Löczy comme des incendies de houillères.
Mékong située plus en amont; néanmoins, le voyage de Joubert a montré que les grès et les schistes, avec calcaires dans les parties plus saillantes, continuent à régner jusque vers Lim (20<* 45'), où la navigation finit par devenir trop dangereuse à cause des récifs. Un pays de montagnes plus élevées s'étend sans interruption vers rOuest.
Nous avons vu que les chaînes birmanes, dont Tallure est si régulière par ailleurs, subissent dans la Haute-Birmanie, de Kunlon sur la Salouon et Thibavv jusque vers Mandalay, une déviation au S.W., puis qu'elles reprennent leur cours vers le S.
C'est un fait très remarquable que la même inflexion se traduit dans le cours du Mékong, de Xieng-hong à Xieng-sen, et la direction générale N.E.-S.W., observée vers l'aval jusqu'à Vien-tian, est en harmonie avec cette circonstance. Elle nous indique que les tronçons transversaux précités sont de vraies vallées transversales, et que le haut Mékong jusqu'à Xieng-sen, de même que le Nam-hou et le tronçon parallèle du Mékong jusqu'à Muong-kan-tao, comme les fleuves de Birmanie, correspondent sinon exactement, du moins à très peu de chose près à la structure des montagnes. La direction des plis est la même sur le Mékong, entre Xieng-sen et Vien-tian y qu'entre la Salouen et Flraouaddi; mais, après avoir été déviés au S. W., ces plis, au lieu de reprendre la direction du S,, s'abaissent peu à peu et disparaissent sous laplaine du Siam. Une bonne partie des chaînes qui s'élèvent en amont de Xieng-sen peut se prolonger à travers les forêts de teck jusqu'aux montagnes situées à l'Est de Moulmein. Ce rapprochement est manifeste, par exemple sur la carte du Siam de Black *.
La géologie du pays montueux qui s'étend au Nord-Est de Bangkok, entre 14® et 15® de lat. N., m'est malheureusement inconnue. Je ne connais pas non plus l'âge et les relations des gîtes de saphir et de rubis de la Province de Battambang et des collines de Chantabun. Or une importante question s'y rattache. D'après ce qu'on vient de lire, il n'est pas douteux que le bassin du Ménam ne soit tout entier compris dans le domaine des chaînes birmanes, dont Tallure se trouve désormais masquée. Mais l'étendue considérable de certains affleurements de granulite et de granité que nous avons signalés dans la plaine du bas Mékong (II, p. 276) indique un régime très différent de celui qui caractérise ce faisceau de plis. Ce sont les traces dun massif antérieur, auquel on peut donner le nom
1. J. s. Black, Journey round Siam (Geogr. Journ., VIII, 1896, p. 429-452, carte).
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de Massif du Cambodge, Les plaines de Tlndo-Chine sont donc de nature composite. L'exploration des montagnes dont nous avons parlé, au N.E. et au S.E. de Bangkok, porterait la lumière sur les limites respectives des dépressions de Tun et l'autre genre.
Les renseignements sur la géologie de la vallée du Mékong sont, comme on le voit, incomplets et peu nombreux, mais ils paraissent assez concordants. Une séparation des chaînes analogue à celle que Ton observe à TOuest de Ta-li-fou se manifeste donc également plus au Sud, sur le Mékong, entre lOS*» et 104° de long. E., autour de Pat-soum. L'inflexion au N.N.E. et même au N.E. qui se produit au Nord-Ouest, sur le bord externe, dans les Monts Naga, inclinés vers le Brahmapoutra, rappelle celle qui existe entre Mandalay sur riraouaddi et Kunlon sur la Salouen, et celle-ci, bien qu'atténuée peut-être, doit se prolonger dans le bassin du Mékong jusque vers Pat-soum.
Le massif du Cambodge occupe la région où s'opère la bifurcation,