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Beccari, Cosmos di G. Cora, III, 1875-1876, p

convexe au S.W. ; Verbeek figure deux lignes parallèles distinctes, courant dans la direction E.N.E. vers la côte de la Nouvelleuuinée (fig. 54).

12. Popmose (II, p. 284). — Les îles Riou-Kiou consistent en une double rangée d'îles, Tune volcanique à l'Ouest, et l'autre, à l'Est, formée des débris d'une Cordillère. Nous avons suivi cette cordillère jusqu'à Okinawa-Sima (II, p. 287). Kotô suppose que cette cordillère reparaît plus au Sud, aux îles Nambou-Shoto (îles du Sud), mais en changeant de direction; en même temps, il se produirait là une sorte de torsion, le plissement n'étant plus dirigé désormais vers l'Est, mais bien vers l'Ouest, et c'est sous cet aspect qu'il se prolongerait dans Formose*.

D'accord avec cette manière de voir, Yamasaki rapporte que la chaîne principale de Formose, la chaîne Niitaka^ se dirige W.S.W, au Nord, puis S.W., et enfin S. au Sud, en dessinant une courbe dont la concavité regarde l'Océan (fig. 48). Ce tronçon montagneux fait son apparition sur la côte nord-est de l'île, où il forme d'énormes falaises de 24« 30' à 24« 10' de lat. N.; bientôt après, il s'élève à 3 424 mètres au Setsu (Mont Sylvia), atteint 4 145 mètres au Niitaka-Yama (Mont Morrison) et s'abaisse au Sud sous les dépôts tertiaires qui constituent toute la pointe méridionale de File.

La chaîne Niitaka est faite, pour autant qu'on la connaît, de schistes anciens et de calcaires cristallins. Elle est accompagnée à rOuest par la chaîne Kali; des sédiments tertiaires régulièrement stratifiés, des calcaires à Nullipores et des grès à Lepidocyclina

1. B. Kotô, The Geological Structure of the Hiu-Kiu Curve (The Geol. Magarinc, Tokyo, V, n" 49, 1897, p. 1-12, carte). Kotô distingue cacorc, outre les zones déjà indiquées dans cet ouTage (II, p. 286), une zone orientale externe, plus récente, dont la présence augmente l'analogie avec les Antilles; elle comprend Tancga-Sima, Kitai, la partie sud-ouest d'Okinava-Sima, Miako-Sima (où U y a des LepidocycUna)^ et la partie méridionale de Nishi Omoti. Cette zone est constituée surtout par du calcaire corallien. La déviation des Nam-bu-sho-to a été figurée sur sa carte par Kotô, mais non encore décrite, aucun géologue compétent n'ayant jusqu'à présent visite ces îles. On sait seulement, d'après des échantillons qui en ont été rapportés, qu'il existe du granité et du gneiss dans la moitié septentrionale d'Ishigaki; la moitié méridionale est tertiaire. [Voir aussi S. Yoshiwara, Notes on the Raised Coral Reefs in the Islands of the Riukiu Curve (Journ. College of Sc, Imp. Univ. Tokyo, XVI, 1901, art. n» 1, p. 1-14, 2 pi.); et Geologie Structure of the Riukiu (Loochoo) Curve and ils Relation of the Northern Part of Formosa (Ibid., art. n" 2, p. 1-67, 5 pi.).] — Yoshishara décrit du Tertiaire marin associé à des couches de houille, dans un synclinal, à Textrémité nord-ouest de Formose (The Geol. Magazine, Tokyo, VI, n» 72, 1899, p. 333). — Une coupe de Formose donnée par Ishii s'accorde pour les traits essentiels avec l'exposé que nous donnons ici. — Le Geological Magazine de Tokyo est publié en langue japonaise, et je dois l'indication de son contenu à M. Yamasaki.

LES ALTAÏDES ORIENTALES.

formont ses crêtes parallèles, « ressemblant, dit Yamasaki, à des volumes poussés les uns contre les autres ».

Lo versant oriental de la chaîne Niitaka est très abrupt; une

FiG. 48.

vallée longitudinale nettement dessinée en suit le pied de 24^ à 22° 45' et le sépare de la chaîne étroite, parallèle, des Monts Taïtô, qui forme la Cjôte orientale dans ces parages. Dos dépôts tertiaires, ainsi que des andésites et des tufs, la constituent.

A rextrémito septentrionale de Formose s'élève le groupe de volcanjpaetifs du Taîion*.

-'Kôté a confirmé la présence de tufs basaltiques aux Pescadores (II, p. 286) ; on voit s'y intercaler trois coulées de basalte distinctes. L'existence de bancs de lignite dans ces tufs est à noter. Les petites îles situées au Sud du Canal de Rover sont également formées de basalte.

Kasho (Samasana)^ à l'Est de Formose, est une montagne conique d'andésite. ^

KotO-sho (Botel-Tobägo) présente du basalte feldspathique ot de l'andésite, mais aussi du gabbro et de la serpentine ; peut-être est-ce là le début des roches basiques de l'époque crétacée qui acquièrent plus au Sud un si grand développement*.

Kotö considère Botel-Tobago, la Petite Botel-Tobago (Shö-Kötö), les rochers Forest, Belle et Gadd, les îles Batanes et Babuyanes comme les anneaux d'une chaîne qui s'étendrait jusqu'au volcan de Cagua, dans le Nord de Luçon. Cette vue coneorde avec les résultats publiés par R. von Dräsche. Là encore, dans le Nord de Luçon, le volcan de Gagna ne se dresse pas sur l'une des coulisses, mais dans une dépression intermédiaire, exactement comme la ligne do Barren Island dans le Golfe de Pegu.

13. Bornéo. — L'idée qu'il existe îles relations tectoniques entre les Philippines et l'Archipel malais est ancienne. Dès 1845, Earl dressait une carte sur laquelle un arc volcanique est représenté comme s'étendant des Riou-Kiou à Formose, et où un second arc semblable figure entre Formose et Luçon ; là, cet arc se bifurque, et ses deux branches se prolongent en tournant au S. et au S.W., presque exactement suivant le tracé auquel plus tard était conduit Centeno (II, p. 283). A l'Est de Flores, ces deux lignes se réunissent et continuent à travers Java et Sumatra jusqu'à Barren Island, de sorte que les Philippines et tout l'Archipel malais apparaissent comme entourés par un même cercle volcanique. Une autre chaîne de volcans se poursuit, d'après Earl, du Nord-Ouost de la Nouvelle-Guinée à travers les îles Salomon et les Nouvelles- Hébrides jusqu'à la Nouvelle-Zélande'.

1. N. Yamasaki, Vtwre geographische Kenntnisse von der Insel Taiwan (Formoêa), Petermann8 MittcU., XLVI, 1900, p. 221-234, pl. 19 : carte.

2. B. Kotö, Notes on the Geology of the Dépendent Isles of Taiwan (Jonra. College of Sc, Imp. Uni7. Tokyo, XIII, pt. 1, 4900, p. 1-57, pl. 1-V, dont 1 carte gëol.).

3. Q. Windsor Earl, Contributions to the physical Geography of South-Eastern Asia and Australia. Ce mémoire a paru d'abord dans le Journal of the Qeographical

LES ALTAÏDES ORIENTALES. 323

Malheureusement, l'auteur de ce travail remarquable s'est laissé entraîner par des observations incomplètes à croire que les terrains anciens de la presqu'île de Malacca se prolongent à travers Bornéo et le cercle volcanique jusqu'en Australie. Or, au moment même où paraissait son mémoire, Richard Owen venait de décrire les Marsupiaux fossiles de l'Australie, et la conclusion paraissait s'imposer que, même autrefois, ce continent n'a jamais été rattaché à l'Asie. Earl eut des contradicteurs et son travail tomba dans l'oubli.

D'un autre côté, on a discuté la question de savoir si le synchronisme des éruptions ne constitue pas la preuve que des rapports étroits unissent les volcans compris entre l'Archipel Sangi (ou Sangir), au Nord de Célèbes, et Mindanao ou même Luçon. Perrey a réuni les données qui s'y rapportent*.

Les travaux de R. von Dräsche nous ont fait connaître la virgation des Philippines, qui s'ouvre vers le Sud (II, p. 280). C'est de cette virgation que résultent les jonctions avec l'archipel malais. Les lignes principales se voient facilement en jetant un coup d'œil sur la carte. La premi^re est la ligne de Palaouan [Paragua], qui limite au Sud-Est la Mer de Chine. La seconde est la ligne de Sulu [Jolo], isolant la Mer de Jolo. La troisième, la ligne de Sangi, ferme la Mer de Célèbes à l'Est. Une quatrième ligne est moins bien marquée; elle passe au Nord et à l'Ouest de Halmahera; c'est la ligne de Tci^nate,

La première ligne est la plus continue; la seconde l'est moins, et la troisième moins encore; quant à la quatrième, ce n'est plus qu un fragment. La première est formée de terrains anciens, la seconde de sédiments récents reposant en partie sur des basaltes, et la troisième de volcans. On la suit, en particulier d'après les observations d'Abella Casariego dans l'île Biliràn, jusqu'à la grande zone volcanique de l'Albay, au Sud-Est de Luçon*. La quatrième ligne est de même constituée par des volcans ; son prolongement septentrional n'est pas visible.

En comparant ces lignes, qui représentent en partie des cou-

Society of London (XV, 1843, p. 358-365), puis, sous une forme très augmentée, dans le Journal of the Indian Archipelago, Singapore (VI, 1852, p. 243-277, carte, et New Ser., II, 1858, p. 278-286).

1. Al. Perrey, Documents sur les tremblements de terre et les phénomènes volcaniques dans l'Archipel des Philippines (Mëm. Âcad. Se. Dijon, 2* sér., VIII, 1860, p. 85- 194, carte d'après Hochstetter) ; yoir aussi J. Nieto Aguilar, Mindanao, su historia y geografia, ln-8% Madrid, 1894, p. 73.

2. Enr. Abella Casariego, La Isla de Bilirdn y sus Azufrales (Bol. Comision del Mapa Qeol. de Espafia, XI, 1884, p. 359-369, pi. G. : carte ; en particulier p. 365).

lisses (Palaouan) et en partie des lignes volcaniques (Jolo, Sangi, Ternate), on constate une fois de plus, il faut le remarquer, notamment à Mindanao, que les lignes volcaniques coïncident plus souvent avec les vallées comprises entre les coulisses qu'avec ces coulisses elles-mêmes.

Le Nord-Est de Bornéo correspond à la latitude de la Mer de Jolo. Il y a quelques années, la structure de cette grande île était encore fort peu connue (II, p. 273). On croyait constater dans la disposition des chaînes de montagnes de Tintérieur une ressemblance avec Halmahera ou Célèbes. Puis le rôle prépondérant de la direction N.E.-S.W. ou N.N.E.-S.S.W. apparut de plus on plus clairement*.

Grâce aux voyages de Molengraaff, qui, dans ces derniers temps, ont fait faire les progrès les plus importants à la connaissance de ces régions, nous avons appris ensuite qu'il existe au centre de Bornéo de larges zones, dirigées à peu près E.-W. ^ La somme des résultats acquis jusqu'à ce jour peut être résumée par l'aperçu suivant.

L'île Banguey, qui fait encore partie de la chaîne de Palaouan, est formée de serpentine et de marbre ' ; un peu au Sud de cette île se trouve la petite île de Malwalli, où l'on signale une source de boue chaude, puis l'on arrive à Bornéo. Les deux promontoires qui limitent la Baie de Marudu marquent le début de la chaîne de montagnes la plus importante de Bornéo. Au Sud-Est, une vaste plaine s'étale jusqu'aux chaînes de hauteurs qui forment le côté nord de la Baie de Darwel * ; mais au Sud-Ouest, des montagnes de grès et de schiste s'élèvent de plus on plus, jusqu'à la saillie du Kinibalu (S088 mètres), massif de granité syénitique qui les domine toutes.

\, Voir les travaux des géologues hollandais sur le Sud-Est de Tîle, mentionnés ci-après, et Th. Posewitz, ßor/ieo, Entdeckungen und Untersuchungen, gegenwärtiger Stand der geologischen Kenntnisse, Verbreitung der nutzbaren Mineralien, in-8*, 4 cartes, Berlin, 1889, p. 198.

2. G. A. F. Mv)lengraaff, Die niederländische Expedition nach Zentral-Bonieo in den Jahren 1893 und 1894 (Pctcrmanns Mitteil., XLI, 1893, p. 201-208, pl. 14 : carte), et Borneo-Expeditie. Geologische V er kenningstochten in Centraal-Borneo (1893-94), Uitgegeven door de "Maatschappij ter bevordering van hct Natuurkundig Onderzoek derNedei^ landsche Kolonien, in-8% xxi-o29 p. 3 cartes, 56 pl. et Atlas in-folio de 22 feuilles, Leiden & Amsterdam, 1900,- Met Appendix : G. J. Hinde, Description of Fossil Radiolaria from the Rocks of Central Bornéo, 56 p.

3. F. Giordano, Vna esplorazione a Romeo (BoU. Soc. Geogr. Ital., Anno VHI, vol. XI, 1874, p. 209, carte de l'île Bangney).

4. Elle a été décrite par W. B. Pryer, Notes on North-Eastem Romeo and the Sulu Islands (Proc. R. Geogr. Soc, New Monthlv Scr., V, 1883, p. 90).

LES ALTAÏDES ORIENTALES. 325

D'après la description qu'en a donnée Spencer St.-John, des escarpements formidables isolent de plusieurs côtés le massif granitique, auquel des montagnes profondément ravinées servent de cortège. Le sommet ou plutôt la crête du Kinibalu a 3 kilomètres environ de longueur, et au Nord-Est, par delà une profonde coupure, s*étend une arête déchiquetée encore plus longue, dont Taltitude est de 3000 à 3300 mètres. Un autre éperon se dirige d'abord vers le S.W., puis vers le S.S.W., s'abaisse bientôt à 2400 mètres et se prolonge sur 30 kilomètres au moins. A une distance de 45 kilomètres, la hauteur des cols s'abaisse à 1 370 mètres. Vers l'Ouest, les escarpements de granité ont plusieurs milliers de pieds, et à leur tour les chaînes adjacentes s'abaissent si rapidement que le rivage de la Mer de Chine est atteint k moins de 40 kilomètres*.

L'allure de la crête du Kinibalu répond à la direction de la chaîne qui, comme Crocker l'a reconnu depuis longtemps, court d'abord au S.S.W., puis au S.W., en s'élevant à une hauteur variable, et atteint par environ 112° 25' le Mont Tjondong ou Tidong. En même temps, à partir de 1*^ 30' de lat. N. environ, la direction tourne graduellement à E.-W., puis au N.W. Là où cette déviation au N.W. se fait le plus sentir, sur le cours supérieur du Sikajam (110*^20' de long. E.), des bosses de gabbro remplacent les schistes*; enfin l'arc atteint la côte occidentale de Bornéo aux rochers schisteux du Cap Datoe et aux granités d'un promontoire voisin, le Gading*.

Les quelques indices connus jusqu'à présent font supposer que les terrains sédimentaires, au Nord de cet arc montagneux, présentent une grande variété. Les grès paraissent avoir une extension considérable*; il y a de longues bandes calcaires, dans lesquelles se trouvent les grottes célèbres où nichent des milliers d'oiseaux. A Sarawak, Tenison-Woods a fait connaître un des termes inférieurs de la flore du Gondwana (II, p. 274) ; une partie des bandes calcaires

1. Spencer St. Jolin, Observatiom on the Norlh-West Coast of Bornéo (Journ. R. Geogr.Soc, XXXII,1862,p. 217 et suiv., carte) ; 0. Stapf, On^Ae Flora ofMounl Kinibalu in North Botmeo (Trans. Linnaean Soc, 2** Ser., Botany, IV, 1894, p. 70-78 : résume toutes les observations relatives à la structure de ce massif montagneux).

2. C. J. van Schelle, Onderzoek naar Cinnabar en Antimoniumglans in het Bovenstroomgebied der Sikajam-Rivier (Jaarb. v. h. Mijnwezen in Ned. O.-Indië, XHI, 1884, !•»• ged., p. 123-149, 2 cartes).

3. W. M. Crocker, Noies on Sarawak and North Bornéo (Proc. R. Geogr. Soc, New Monthly Ser., III, 1881, p. 193-208). La carte de la p. 256 indique déjà cette inflexion vers le Cap Datoe.

4. Voir par exemple D. D. Daly, Explorations in British North Bornéo, 1883^87 (Proc. R. Geogr. Soc, New Monthly Ser., X, 1888, p. 2, 12, 15).

est probablement paléozoïque, mais dans un autre calcaire des bords du Sarawak, R. B. Newton a signalé l'existence à'Alectryonia amor, espèce du Jurassique moyen d'Europe. A la bordure externe revient enfin la houille tertiaire de l'île Labuan *.

C'est cette même chaîne dont Molengraaff a suivi le versant méridional à rOuest des sources du Kapoewas, jusqu'au Iliade long. E. et qu'il a nommée Montagnes du haut Kapoewas. Les brillants travaux de ce géologue nous révèlent la structure du centre de la grande île.

Le fleuve Kapoewas, plus long que le Rhin, coule de TEst à rOuest ; il naît par 1® de lat. N. et son embouchure se trouve un peu au Sud de TEquateur. Sa hauteur de chute jusqu'à la mer, depuis Boenoet,à738 kilomètres du rivage, n'est que de 37 mètres. Boenoet est situé dans la vaste plaine alluviale, très déprimée, du Kapoewas, et au Nord du fleuve s'étalent de grands lacs. C'est au Nord de la plaine et des lacs que se trouve la chaîne précitée. Elle forme un arc degrandrayon, convexe auSud, qui vientde Berau, àl'E.N.E., atteint 1 767 mètres au Mont Lawit, sur la ligne de partage des eaux du Kapoewas, et forme alors leTjondong, déjà mentionné (1 2i2m.). Au Nord-Ouest des grands lacs (à l'Ouest du 112® de long. E.),la chaîne s'abaisse brusquement; puis elle se relève, s'infléchit à l'W.N.W., et atteint, comme on l'a vu, le Cap Datoe.

D'après Molengraaff, les montagnes du haut Kapoewas, dans la partie qu'il a visitée (de 112® à 114® de long. E.), sont formées de phyllades lustrés avec filons de quartz. Elles sont coupées au Sud par une longue faille E.-W., qui les sépare de la plaine fluviale (fig. 50). De cette plaine s'élèvent, çà et là, des buttes et des collines allongées qui constituent la « Danau-Formation », ensemble de marnes, de calcaires et de tufs diabasiques, avec bancs jaspoïdes et Radiolaires, d'âge peut-être jurassique d'après Hinde. Ces roches se trouvent très en contre-bas de la chaîne de phyllades, et on les connaît sur une distance de 280 kilomètres. Au Sud, du Cénomanien plissé à Orbitolina concava les surmonte.

Sur ce groupe de couches affaissées se greffent, longeant leur bord sud, des montagnes volcaniques plus récentes, auxquelles Molengraaff donne le nom de Monts Millier. Au début, par 112® 30', on voit une série de montagnes andésitiqes isolées qui s'alignent

1. R. Bullen Newton, On a Jurasêic Lamellibranch and some other associaied Foßsils from the Sarawak River Limeslones of Bornéo; wilh a Sketch of the Meaozoic Fauna of the Island (Geol. Magazine, Dec. 4, vol. IV, 1S97, p. 407-415). [Sur les couche« ëocènes pétroUfcres de la côte nord-ouest do Bornéo et leur allure plUsôe (N.B.-S.W.), voir C. Schmidt, Bull. Soc. Gëol. de Fr., 4« sér., I, 1901, p. 266-267.]

FiG. 49. — Carte géologique du bassin supérieur du Kapoewas, d'après Molengraaft, Geologische Verkenningstochten in Ccntraal-Bomeo, Allas, pi. II (feuille 4).

]. Schistes cristallins; 2. Graaito; 3. Rochos métamorphiques d'âge indéterminé; 4. Schistes anciens ; 5. « Danau-Formation » ; 6. Terrain crétacé ; 7. Roches eruptives diverses ; 8. Grès tertiaires; 9. Roches volcaniques; 10. Âlluvions; II. Failles. — AÂ, Trace de la coupe (fig. 51). Échelle de 1 : 2000 000.

LES ALTAÏDES ORIENTALES. 329

de rW. à TE. ; puis vient, dans la môme direction, une plate-forme de tufs volcaniques horizontaux, atteignant jusqu'à 45 kilomètres de large ; ces tufs ont bien 1200 mètres d'épaisseur, et Ton y trouve des troncs d'arbres silicifiés dans leur position naturelle comme on en a découvert, par exemple, au Parc National du Yellowstone. Plus à l'Est encore, on revoit à la place des tufs des montagnes volcaniques formées surtout de roches très acides. Les Monts Müller sont également connus sur 280 kilomètres. On ne connaît pas leur extrémité orientale. Plus à l'Ouest, quelques montagnes d'andésite se dressent au milieu de la plaine du Kapoewas. Il est bien permis de se demander si les volcans andésitiques et aussi pour une faible partie basaltiques qui, bien plus à l'Ouest, surgissent isolés, au

M^* du haut Kapoewas M^ Boengan B^ LeKoedjan

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FiG. 50. — Coupe de la Chaîne du Kapoewas aux Monts Müller, d'après Molengraaff, Geologische Verkenningstochten in Centraal- Bornéo y Atlas, pi. XI (feuille 18), Section

ce. *

p Phyllades* d « Danaa Formation >; cr Terrain crétacé; ^ Granite; t Grès tertiaire; v Roches volcaniques; f Failles. — Échelle : longaears 1 : 800 000; hauteurs 1 : 200000.

N.E. de Bengkajang, ne doivent pas être considérés comme de lointains avant-postes des Monts Müller. De ce nombre, le Melaboe (par environ 0® 50' de lat. N. et 109** 33' de long. E.) a été depuis longtempsdécrit; les autres se trouvent au Nord-Ouest, par 1® de lat.N.*.

Cette disposition des affleurements volcaniques suit sensiblement Tallure arquée de la chaîne plissée de phyllades. Au Sud de cette chaîne, les efforts combinés des savants néerlandais ont montré que, dans la large ceinture qui s'étend des Monts Müller vers Bengkajang et qui correspond à la zone affaissée de la « Danau- Formation » et du Cénomanien, il existe en outre des traces de sédiments d'âge différent.

Sur Tune des branches supérieures du Kapoewas, la rivière Boelit (par environ 113^47' de long. E.), et au cœur môme de la

i. N. Wiug Easlon, De vulkanen Sitong en Pando ter Wesierafdeeling van Bornéo (Jaarb. v. h. Mijnwezen in Nederl. O.-Indië, XVIII, 1889, wetensch. ged., Verhandelingen, p. 24-ol, 2 cartes, 1 pi.).

région des tufs des Monts Müller, Molengraaff a recueilli dans un calcaire foncé des fragments appartenant peut-être au genre Meu'gini fera et indiquant un âge paléozoïque supérieur*. Bien à l'Ouest de là, entre Loemar et Sepang,au N.N.W.de Bengkajang, Wing Easton a trouvé des Céphalopodes que Krause attribue au Lias ^ Une traînée de gisements du Jurassique supérieur paraît s'aligner E.-W. ou E.S.E.-W.N.W., des environs de Kendai à Boedoek, au Nord de Bengkajang ^ Puis vient toute une série de gisements du terrain crétacé, où, d'ailleurs, le Cénomanien et le Sénonien sont seuls représentés jusqu'à présont.

En 1889, à la suite des découvertes de van Schelle, K. Martin annonça le fait inattendu qu'une partie des prétendus « schistes anciens » de l'Ouest de Bornéo était d'âge crétacé. Ces schistes crétacés sont souvent très redressés et s'alignent E.-W. ou S.E.- N.W. à travers les régions précitées de Boedoek et de Scpang. On les a retrouvés au Nord-Est de Bengkajang. En outre, Everwijn a rencontré loin à l'Est, sur le Seberoewang, le Cénomanien à 06ttolina concava, déjà signalé, et ce môme horizon a été retrouvé par van Schelle sur le Bojan (H2<> 30'). Le terrain crétacé moyen doit être représenté sur toute la bordure externe de ces traces éparses d'un arc mésozoïque, jusqu'à ce qu'il disparaisse à l'Est sous les épanchements volcaniques des Monts Müller *.

Au Sud de cette zone affaissée, dans laquelle se trouve comprise,

1. p. G. Krause, Ueber leriiâre, cretaceische und ältere Ablagerungen aus Wesl- Boimeo (Sammlungen d. Geol. Reichsmus. in Leiden, Ser. I, V, 1897, p. 173 [et Jaarb. Y. h. Mijnwezea in Nederl. O.-Ind., XXVUI, 1899, 2<i« ged., p. 6]).

2. P. G. Krause, Ueber Lias von Bornéo (Sammlungen d. Geol. Reichsmus. in Leiden, Ser. I, V, 1896, p. 154-168, pl. XI [et Jaarb. v. h. Mijnwezen in Nederl. O.-Ind., XXV, 1896, 1'* ged., p. 28*42, 1 pL]; K. Martin, Notiz über den Lias von Bomeo (Sammlungen, V, 1898, p. 253-236 [et Jaarb., XXVIIl, 1898, wetensch. ged., Verh., p. 33-36] ).

3. F. Vogel, Mollusken aus dem Jura von Bot^neo (Sammlungen d. Geol. Reichsraus. in Leiden, Ser. I, V, 1896, p. 127-153, pl. IX, X [et Jaarb. v. h. Mijnwezen, XXV, 1896, l'^* ged., p. J-27, 2 pl.]. Voir aussi Krause, Ueber Uas von Borneo (Sammlungen, V, 1896, p. 155 [et Jaarb. p. 29]. Pour la position des gisements, je renvoie à la carte de Molengraaff, Petermanns Mitteil., XLI, 1895, pl. 14, et à Tatlas joint à son ouvrage : Geologische Vei'kennings lochten in Cenlraal- Bomeo.

4. Molengraaff, Geologische Verkenningslochten in Centraal-Bomeo, p. 463; K. Martin, Untersuchungen über den Bau von Orbitolina {Patellina auct,) von Bomeo (Jaarb. v. h. Mijnwezen in Ncd. O.-Indië, XVIII, 1889, wetonsch. 2^« ged., p. 86-108, pl. XXIV-XXV); K. Martin, Versteinerungen aus der sogenannten alten Schiefer formation von West-Borneo (Sammlangen d. geol. Reichsmus. in Leiden, Ser. I, IV, 1889, p. 198-208, pl.XXU, XXIII [et Jaarb., XVIII, 1889, wetensch. 2*>* ged.,p. 73-84, pLXXU, XXIII]. P. G. Krause, Ueber tertiäre, cretaceische und ältere Ablagerungen aus West- Borneo (Sammlungen, p. 181-187 [Jaarb., p. 13-19]). Une bibliographie déjà considérable se rattache à ces gisements crétacés. Krause signale un fragment se rapportant probablement à Lytoceras sacya sur lo Seberoewang.

LES ALTAÏDES ORIENTALES.

comme nous Tavons VU, de H2<>à ^^4^ la dépression du Kapoewas, commence un régime différent. Des bancs épais, non plissés, de grès tertiaire affleurent et constituent des montagnes en forme de tables. D'après les recherches de Krause, ces grès sont exclusivement d'origine saumâtre *.

Sur TEmbahoe, affluent de gauche du Kapoewas (112^20'), il existe de rÉocène avec Cyrena borneemis, espèce qui dans le Sud-Est de Bornéo est associée aux couches de charbon. A TEst de ce point, entre les méridiens 112^40' et 113«20', Molengraafl* a mené du N. au S., jusqu'à la mer, une coupe traversant toutes les hauteurs situées au Sud des Monts Müller, coupe que nous allons décrire (fig. 51).

Nous nous trouvons sur le bord sud de la plaine du Kapoewas ; un grès tertiaire recouvre le sol ; par-dessus s'élèvent quelques contreforts volcaniques des Monts Müller. Au-dessous du grès, on voit çà et là un peu de Cénomanien plissé, peut-être aussi des traces des roches de Danau, qui renferment des Radiolaires. Puis le grès tertiaire se relève peu à peu vers le Sud en formant une large table.- 11 est sillonné

i. Molengraaff, Geologische VerkenningHochten in Centraal-Botmeo, p. 453; Krause, Ueàer tertiäre, cretaeeisehe und ältere Ablagerungen ans West- Bom90, Sammluagen, p. i88-818 [Jaarb., p. 20-50]. Martin a étudié la faune des couches à Cy renés qui affleurent sur plusieurs points dans le bassin du fleu?e Mölawi. Ce sont des dépôts d'estuaire. Le Môlawi tombe dans le Kapoewas au Nord des Monts Schwaner ; K. Martin, Die Fauna der Melawigruppe, einer tertiären [cocänen?) Brakwasser- Ablagerung aus dem Innern von Bornéo (Sammlungen d. Oeol. Reichsmus. in Leiden» iSer. I, V, 1899, p. 257-324, pl. XV, XVI [et Jaarb. v. h. Mijnwezen, XXVII, 1898, wctensch. ged., Verh., p. 37-95, pl. XV, XVI)].

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de cassures courant de l'E. à TW., le long desquelles il devient vertical, pour s'aplanir bientôt après et monter lentement jusqu'à 1138 mètres dans le Plateau deMadi, Avant d'atteindre TEquateur, ce plateau s'abaisse brusquement vers le Sud. Sur l'escarpement méridional, on revoit le terrain crétacé plissé.

C'est là que se trouve le cours supérieur du Mëlawi. Les sédiments tertiaires peuvent renfermer des Cyrènes à plusieurs niveaux ; ils se relèvent encoro une fois doucement vers le Sud en une large table, forment les Monts Schwane r et sont encore une fois coupés brusquement vers le Sud. Mais celte falaise diffère de la précédente. Du granité en forme le pied méridional ; l'escarpement semble d'ailleurs avoir reculé vers le Nord sous l'inQuence de l'érosion, et a cessé d'être rectiligne. Au point où il s'avance le plus vers le Sud , la cime granitique etporphyrique du Raja (2 278 m. )le domine, ainsi que tout le plateau de grès. Tout le territoire situé au Sud du Raja, d'après Molengraatf, doit être regardé comme affaissé; par 1** de lat. S., on retrouve des roches volcaniques récentes, occupant une fosse d'effondrement perpendiculaire au cours du Samba, puis des roches granitiques forment probablement le sous-sol de tout le bas pays qui s'étend jusqu'à la côte (3^15' de lat. S.).

La coupe de Molengraaff nous apprend, par conséquent, ce qui suit:

Au Nord (jusqu'à 1^15' de lat. N.), il existe une chaîne de montagnes plissées (Montagnes du haut Kapoewas), dont la direction s'incurve légèrement (elle est E.-W. au passage de la coupe). Au Sud, jusque vers 0^40' de lat. S. (position du Raja), se voit, à partir de la côte, un avant- pays granitique, masqué plus au Nord par des tables de grès d'âge tertiaire ancien d'origine saumàtre (Monts Schwaner, Plateau de Madi).

Toute la région intermédiaire entre la chaîne de montagnes et l'avant-pays est affaissée suivant des failles longitudinales E.-W. Le bord externe de la chaîne surtout s'est enfoncé très bas (dépression et lacs sur le Kapoewas). Au bord sud de cette profonde dépression se dressait une chaîne de volcans (Monts Müller), mais les failles E.-W. se prolongent également vers le Sud, dans l'avant-pays, et le Raja est peut-être un horst surgissant au milieu de ce territoire.

Or, autant que j'ai pu m'en rendre compte, cet avant-pays granitique, s'élevant parfois à des hauteurs considérables et recouvert çà et là de lambeaux tertiaires ou d'alluvions aurifères, acquiert

LES ALTAÏDES ORIENTALES. 333

une grande étendue. Moleagraaff relève l'analogie avec le granité de Soekadana dans le district de Matan, près de la côte ouest (l^'de lîit. S.).Defait, cette roche doit former tout le Sud-Ouest de Bornéo, et au Sud, comme le montre Tancienne carte de Gaffron, entourer toute la plaine qui occupe la côte méridionale de Bornéo jusqu'au delà de Bandjermassin et, en s'avançant au loin vers le Nord, dans la vallée du Barito, englobe la dépression de Bekoempai. Personne ne peut dire ce que les découvertes futures nous réservent ; actuellement, il semble que tout le territoire compris entre les Monts Schwaner et le Cap Sambar au Sud-Ouest représente un môle archéen, séparant les faisceaux de plis de la môme manière à peu près que le massif du Cambodge.

L'archipel Natoena, à TOuest de Uornéo, paraît également constitué surtout par du granité *.

A cet exposé des résultats acquis dans le centre de Bornéo, il y a lieu d'ajouter encore deux observations.

Molengraaff a trouvé sur les pentes des Monts du haut Kapoewas, à la surface des phyllades, des cailloux roulés d'un calcaire noir dans lequel B. Newton et Holland ont constaté la présence de Discocyclina : c'est le premier indice d'une submersion marine qui, d'après les idées actuelles, doit ôtre postérieure aux couches à Cyrènes des montagnes tabulaires ^.

En second lieu, que l'on s'imagine Bornéo réduit à l'état dans lequel se trouvent aujourd'hui d'autres parties de l'archipel de la Sonde, c'est-à-dire submergé jusqu'à une grande hauteur : si les volcans des Monts Müller étaient en activité, leur emplacement n'indiquerait pas celui de la Cordillère (Montagnes du haut Kapoewas), mais seulement le tracé de la fracture bordiere. —

Le Sud-Est de Bornéo possède une structure di deren te de celle des portions de la grande île que nous venons d'étudier. Commençons l'examen de cette région par l'extrême Sud-Est, en nous appuyant sur les travaux détaillés de Hooze (fig. 52) \

1. p. G. Krause, Verzfiichniss einer Sammlung von Mineralien und Gesteinen aus Bunguran {Gross-Natuna) und Sededap im Natuna- Archipel (Sammlungen d. geol. Reichsmus. in Leiden, Ser. I, V, 1898, p. 221-236) [et Jaarb. v. h. Mijnwozen in Nederl. O.-Tnd., XXVIII, 1898, wctensch. gcd., Verband., p. 1-16].

2. R. Bullen Newton and R. Holland, On some Tertiary Foraminifera from Bomeo collecled hy Prof. Molengraaflf and the lale Mr. A. H. Everet, and their comparison with similar Forms from Sumatra. (Annais and Magazine of Nat. Hist., 7**' Ser., III, 1899, p. 245-264, pl. IX, X). Ca trouvera dans ce mémoire Ténumération détaillée des travaux antérieurs sur ce sujet.

3. J. A. Hooze, Onderzoek naar kolen in de Straat Laut en aangrenzende landstreken (Jaapb. v. h. Mijnwezen in Nederl. O.-Ind., XVII, 1888, techn. en administr.

La au S., et de

petite île Seboekoet (116® 23' de long. E.),qui s'allonge du N. consiste ä TEst en une bande étroite et abrupte de serpentine diabase, orientée N.-S. A son pied ouest, cette bande est

FiG. 52. — Détroits de Laut et de Djohor, d'après J. A. Hooze (Jaarb. v. h. Mijnwezen in Nedopl. O.-Ind., XVII, 1888).

1. Serpentine ; 2. Diaba8o;3. Grès et lignite« (Nummulitiquo) ; 4. Marnes (d*); 5. Miocène, Pliocène et graviers pIei8tocènes;6. Parties non étudiées. 7. Alluvions. — Echelle de 1 : TSOOOO.

bordée d'un mince liséré de sédiments éocènes inférieurs contenant des couches de houille; le centre et TOuest de Tîle sont occupés par des plaines, jusqu'au détroit de Djohor.

2«'* ged. p. 337-429, 2 cartes), et Nadere gegevens betreffende enkele kolentetreinen in Koetei (Ibid., XYII, 1888, p. 325-336, 2 cartes).

LES ALTAÏDBS ORIENTALES. 335

Dans la partie septentrionale de ce détroit s'élève un récif de diabase, Poeloe Manti. Au delà du détroit de Djohor, Tîle Laut, beaucoup plus grande, est traversée dans toute sa longueur, du Sud au Nord, par une chaîne importante, les Monts Sebetoeng, formés de diabase, et à rOuest de serpentine. Dans le Nord de Tîle, où la direction tourne au N.N.E., la serpentine disparait, et un second liséré de couches charbonneuses éocènes se montre à FOuest dos montagnes ; les bancs plongent fortement vers TW. et s'enfoncent sous le détroit de Laut. Sur Ttle Soewangi, située au milieu de ce détroit {3^ 25' de lat. S.), le flanc opposé du môme pli creux revient au jour, incliné en sens inverse, et à TOuest on voit de nouveau de la serpentine.

La partie septentrionale du détroit de Laut occupe par conséquent un synclinal éocène, bordé de serpentine des deux côtés et se dirigeant N.N.E. Dans le prolongement de cette direction, les couches éocènes reparaissent au Cap Dewa et aux îles Nangka, qui Tavoisinent; là, elles sont horizontales, et peut-être appartiennentelles à la partie médiane du pli.

Plus loin encore, au Cap Batoe (3^ de lat. S.), surgit une nouvelle chaîne allongée et étroite de serpentine et de diabase, qui limite la baie de Kloempang. Ce doit être le prolongement de la serpentine de Tîle Soewangi, c'est-à-dire de la bordure occidentale de la cuvette éocène. Cette chaîne est accompagnée de même, à droite ot à gauche, par des dépôts éocènes. Elle s'aligne au N.N.E. , le long de la côte, et vient se terminer dans la baie de Pamoekan (2** 33' de lat. S.) ; son extrémité, faite de diabase, est enveloppée des deux côtés par des couches éocènes fortement redressées. Sur le versant occidental de cette chaîne, il se produit même un renversement, et les couches dépassent la verticale*.

Dans cette partie de Bornéo, il existe donc trois coulisses de roches eruptives, séparées par des cuvettes de Tertiaire ancien. Ce sont : 10 l'Est de l'île Soboekoet; 2« l'île Laut; 3<> l'Ouest de l'île Soewangi, dans le prolongement de laquelle paraît située la chaîne Kloempang-Pamoekan, La première de ces coulisses affecte la direction N.-S. ; les doux autres s'alignent N.N.E.

De la pointe sud de Bornéo jusqu'à un peu au delà du 4^ de lat. S., des récifs isolés de gabbro, de porphyrite diabasiqùe et de serpentine pointent au voisinage de la côte occidentale. D'après Ver-

1. J. A. Hooze, Kolen an ih Oottkusl van Bornéo van de SI. Lucia- toi an de Pamoekan-baai (Jaarb. v. h. Mijnwezen in Nederl. O.-Indië, XVH, 1888, techn. en administr. 2-»* ged., p. 431-470, 3 cartes).

bock, ces roches sont d'âge crétacé. Au Cap Dewa, un peu au Sud du l® de lat. S., surgit une chaîne de hauteurs, le Goenong Bira (376 m.), dont la constitution est identique. Des rangées de collines analogues se succèdent, et enfin paraît un massif montagneux continu s'orientant au N.E. La porphyrite diabasique cesse de jouer un rôle, et cette chaîne consiste en deux longues croupes de serpentine, les Monts Bobaris et les Monts Meratoes, beaucoup plus importants. Ces deux croupes sont reliées par un territoire moins élevé, où régnent des micaschistes, des schistes chloriteux et des quartzites schisteux dans lesquels s'intercalent quelques traînées ds serpentine. A la croupe du Nord-Ouest (Bobaris) s'adosse dans cette direction une bande assez large de conglomérats, de grès et de schistes qui contiennent des fossiles du Crétacé supérieur; cette série est surmontée à son tour, plus au N.W., par des couches de charbon appartenant à TÉocène inférieur, et par les marnes et calcaires à Nummulites de TEocène moyen. La carte géologique du district de Martapoera, par Hooze (fig. 53), montre cette succession régulière et l'orientation de tous ces accidents vers le N.E.*.

Le contraste par rapport aux coulisses mentionnées jusqu'ici réside dans l'apparition, entre les deux croupes de serpentine, de schistes peut-ôtre archéens, dans la présence du terrain crétacé et dans le changement de direction. Mais les anciens travaux de Verbeek nous apprennent qu'un peu plus au Nord, les schistes anciens disparaissent, les deux croupes de serpentine se réunissant sous le nom unique de Monts Meratoes ; en même temps celle chaîne s'infléchit au N.N.E. et elle finit par s'aligner presque exactement N.-S. '. C'est ce qu'on constate à partir de la Baie de Kloempang, (3° de lat. S.), où une bande calcaire, les Monts de Bangkalaäji probablement formés par le calcaire nummulitique, précède ces montagnes à l'Est. En se prolongeant vers le Nord, dans l'intérieur des terres, la chaîne forme la limite des petits sultanats de la côte

i. J. A. Hooze, Topographische, geologische, mineralogische en mi jniouu' kundige Beschrijving van een gedeelte dei' afdeeling Martapoera (Jaarb. v. h. Mijnwpzen ia Nederl. O.-Indië, XXII, 1893, p. 1-431, 6 pi. Atlas de U pi.); K. Martin, Vetter dns Vorkommen einer Rudisien fährenden Kreideformation im südostlichen Bornéo (Sammlungen d. geol. Reichsmus. in Leiden, Ser. I, IV, 1888, p. 117-125, pl. XIIJ, XIV (et Jaarb., XVII, 1888, wetcnsch. ged., p. 72-80, 2 pl.] ; et Die Fauna der Kreideformation von Martapoera (Sammlungen, Ser. I, IX, 1889, p. 126-197, pl. XV-XXI [et Jaarb., XVIIl, 1889, wetensch. ged., p. 3-74, pl. XV-XXl]).

2. R. D. M. Verbeek, Geologische Beschrijving der Distrikten Riam-Kiwa en Kanon in de Zuider- en Oostei- Afdeeling van ßomeo (Jaarb. v. h. Mijnwczen in Ncderl. O.-Indië, IV, 1875, !■»• deel, p. 1-130, 2 pl., 2 cartes); voir notamment la carte d'ensemble,

pl. 1.

LES ALTAÏDES ORIENTALES.

orientale; dans la Baie d'Adang, les rivières charrient delà serpentine, et aussi des micaschistes et des quartzites. Même sur le cours inférieur du Koetai (0® 35' de lat. S.), Hooze a encore rencontré un

Fio. 53. — Carte géologique d'une partie du district de Martapoera (Bornéo), d'après J. A. Hooze (Jaarb. v. h. Mijnwezcn in Nederl. C-Ind., XXII, 1893, Atlas, carte n** 11). I. Schistes cristallias ; 2. Couches du Waringin; 3. Terrain crotacé; 4. Serpentino; 5. Gabbro,

Diorite, etc,; 6. Terrain éocène; 7. Terrain pliocène; 8. Dépôts quaternaires; 0. AUuvions.

— Echelle de 1 : 750 000.

grès miocène inférieur, dessinant des plis abrupts qui traversent le fleuve du N. au S.*. D*après toutes les probabilités, le prolon-

1. J. A. Hooze, Kolen an de Oostkust van Bornéo van de St. Lucia- tot an de Pamoekan-Baaiy p. 439, 445, 447 ; et Onderzocek naar Kolen in de Straat Laut, p. 400.

gement des Monts Meraloes et la direction méridienne arrivent jusqu'au voisinage de TÉquateur.

Il résulte donc des recherches de Hoozc et de Verbeek qu'aux coulisses précédemment énumérées viennent s'ajouter : i^ la chaîne allongée des Monts Meratoes; et 5° celle des Monts Bobaris. Ces deux chaînes ont une tendance très marquée à s'infléchir au S.W. dans leur partie méridionale.

Mais l'ensemble de ces coulisses converge vers le Nord et forme une grande virgation dont les branches, semblables entre elles, dessinent au Sud de Bandjermassin une inflexion de même sens que celle de la chaîne plissée du Nord de Bornéo, — les Monts du haut Kapoewas de Molengraaff, — cette chaîne qui, par delà le massif archéen du Sud-Ouest, court du Kinibalu au Cap Datoe.

Il semble bien se produire une convergence générale de toutes les chaînes de montagnes de Bornéo vers le N. ou le N.N.E., mais les observations dont je dispose ne me permettent pas de dire comment les coulisses du Sud-Est, et en particulier les Monts Meratoes, se prolongent au delà de la croupe élevée qui, d'après les caries, s'étend du centre de l'île dans la direction du S.E. jusqu'au Cap Mangkalihat. Au Nord de ces montagnes, les données sont également très maigres.

Au Cap Tinagat (4M3' de lat. N., H7*>59' de long. E.), dans la Baie de Sainte-Lucie, qui marque la limite septentrionale des possessions hollandaises, Hooze a trouvé une roche que Retgers compare à une porphyrite à hornblende de Pengaron, dans les Monts Bobaris*.

Au voisinage de l'embouchure du Siboekoe, Lehnert signale un granité à gros éléments ^

Malgré cette énorme lacune, l'emboîtement dans la virgation des Philippines et l'analogie des coulisses du Sud-Est do Bornéo avec certaines parties des Philippines sont manifestes. C'est sur du gabbro, de la diabase ou de la diorite que repose, aux Philippines, en un grand nombre de localités, le calcaire nummulitique, qui là aussi entoure des cordillères longues et étroites. Là encore se montre de la houille tertiaire, bien que peut-être postérieure à l'Éocène; mais à Bornéo également, il y a du charbon à des niveaux plus élevés du Tertiaire. Si l'on fait abstraction du volcan de l'île Negros, l'on y

1. J. W. Retgers, Mikroskopische Heschrijving van Gesteenlen afkomstiy van de Oostkusi van Bornéo^ verzameld door J. A. Hooze (Jaarb. y. h. Mijnwczcn in Nederl. O.-lndië, XXIV, 1895, wetensch. ged., p. 81).

2. J. Lehnert, Um die Erde; Erdumseglung S. M. Corvette « Erz Friedrich », in-S", Wien, 1878, p. 819; Tob. Frhr. v. Oesterrcicher dit: « ein granitischer Erdreich » (Mitteil, k. k. Geogr. Ges. Wien, XIX, 1876, p. 217).

LES ALTAÏDES ORIENTALES. 339

voit, comme dans Tîle voisine de Cebu, une chaîne de roches volcaniques anciennes, qualifiées de diorite, puis, du moins àCebû, du calcaire nummulitique (II, p. 282), et par-dessus des couches de houille; et Centeno a déjà fait remarquer que dans ces deux îles, Negros et Cebû, les bancs s'inclinent de part et d'autre, comme si le détroit de Tafion, qui les sépare, occupait Taxe de ce bassin houiller. C'est la répétition de ce que nous venons de constater à 13 ou 14 degrés de latitude plus au Sud, dans le détroit de Laut. Dans les deux cas, l'orientation de ces bras de mer est N.N.E.*.

14. Gélôbes. — Célèbes est encore, dans beaucoup de ses parties, complètement inconnue; mais les résultats des recherches faites jusqu'à cejour permettent dès maintenant de reconnaître que cette grande île doit sa forme « chiragratique » , exactement comme la péninsule de Ghalcidique, à la juxtaposition d'un certain nombre de tronçons hétérogènes*.

Le premier tronçon correspond à la pointe du Nord-Est, Minahassa. Il est formé par une multitude de volcans juxtaposés et fait partie de la zone volcanique qui, du Sud-Est de Luçon, se poursuit à travers Mindanao et les îles Sangi (ou Sanguir)'. Au Nord sont situés, entre autres, le Batu-Angus, le Klabat, etc. Le lac de Tondano (de 1«10' à 1® 17' de lat. N.), d'après Wichmann et Bücking, est entouré à l'Ouest de volcans, et à l'Est d'une croupe andésitique,

1. J. Centeno dit en parlant des couches do combustible de ces iles « qu'elles forment toutes partie d'un même bassin qui, apparaissant sur le versant occidental de Cebù et sur le versant oriental de Negros, passe sous le détroit de Tafion, qui sépare les deux îles » {Memoria geolögico-minera de las Islas Filipvnas, Bol. Com. del Mapa geol. de Espafia, III, 1876, p. 211). « Cette formation houillère (de Poeloe Laut), écrit d3 son côté Hooze, se prolonge sous la mer... apparaissante la surface à TEst et au Sud de Soewangi, près de Tandjong Dewa, aux iles Nangka, etc. » [Onderzoek naar kolen in de Straat Laut y p. 423). — L'âge plus récent des bassins houillers de Cebù ressort aussi de ce fait que Martin y signale une espèce caractéristique du Miocène supérieur de Java, Vicarya callosa; K. Martin, Ueber tertiäre Fossilien von den Philippinen (Sammlungen d. Geol. Reichsmus. in Leiden, V, 1895, p. 59, 66 [trad. anglaise à la suite du mém. de G. F. Becker, Beporl on Ihe Geology of Ihe Philippine Islands (21 st Ann. Rop. U. S. Geol. Survey, 1899-1900, pt. III, 1901, p. 481-625, pi. XLVI-XLVIII]).

[2. Voir le grand ouvrage de P. und F. Sarasin, Materialien zur Naturgeschichte der Insel Celebes, gr. in-8«, Wiesbaden : Bd. III. Vebei* die geologische Geschichte der Insel Celebes auf Grund der Thierver breitung, vi-169 p., 15 pl. contenant 45 cartes, 1901 ; Bd. IV. Entwurf einer geographisch-geologischen Beschreibung der Insel CelebeSt zi-372 p., 11 pl., 3 cartes, dont 1 carte orographique de Tilc, 1901 (avec Appendice pctrographique par G. Schmidt) ; voir aussi le résumé de F. Sarasin, Ueber die geologische Geschichte des Malayischen Archipels auf Grund der Thierverbreitung (Verhandle Schweizer. Naturf. Ges., 83. Jahresversamlg., Thusis (1900), p. 69-85).]

3. L. Hoeke décrit l'état du volcan de Sangi dans sa note : Verslag omirent eene Reis naar den Vulkaan Awoe op het eiland Groot-Sangi (Natuurk. Tijdschr. v. Ncderl.- Indië, Batavia, LUI, 1893, p. 162-171).

les Monts de Lembean*. Vers le Sud viennent de nouveaux volcans et aussi, d'après Martin, un lambeau de calcaire à Orbitoïdcs du Tertiaire moyen.

D'après les observations des frères Sarasin, la région volcanique se termine à une ligne de dépression courant en biais à travers la presqu'île, et coïncidant en grande partie avec la vallée de la rivière Dumoga ; cette ligne coupe la côte nord un peu à TEst du 124<> et la côte sud un peu à l'Ouest du même méridien. Mais déjà au Nord de la table basaltique du Mongondo, qui indique l'extrémité S. W. de la région volcanique, on a trouvé sur un point, près de Kottabangan, des schistes argileux (plongement à peu près N.E.).

Les îles Togean et Una-Una, dans le Golfe deTomini, sontconsidérées par plusieurs observateurs comme des volcans, situés dans le prolongement de Mi nahassa; d'après une indication des frères Sarasin, le Cap Api, sur la côte méridionale du même golfe, doit également supporter un petit sommet volcanique, qui appartiendrait, lui aussi, à cette zone*.

Le tronçon suivant de Célèbes, Gorontaio, est formé d'une bande de terrains archéens s'allongeant de l'E. à l'W. A l'Est, les Monts Bone (1400 à l SOO m.) en font partie : on y trouve, d'après Sarasin, un granité clair avec une enveloppe de gneiss ; au Nord de ce massif vient la chaîne Huntuk-Buludawa'. A celle-ci se rattache, au Nord de la péninsule, une longue bande granitique E.-W., séparée par une dépression d'une autre bande granitique à peu près parallèle, moins haute et plus courte, au Sud. La bande septentrionale est cou-

1. p. und F. Sarasin, Ueiseöeric/Ue aus Celebes^ I (Zoitschr. Gca. fur Erdkunde. Berlin, XXIX, 1894, p. 351-401, pi. l;J: carte; voir en particulier p. 361, 400). Quelquesuns des Tolcaus de Minahassa ont été également décrits par W. Kukenthal^ Ergebnisse einer zoologischen Forschungsreise in den Molukken und Bornéo (Abhandl. Senckenbergischcn Naturf. Ges., Frankfurt a. M., XXII, 1896, p. 233 et suiv.). [Voir une carte dans Sarasin, ouvr. cité, Bd. IV, pl XI]. H. Bücking donne une petite carte géologique du Nord de Célèbes dans ses Beiträge zur Geologie von Celeöes (Petermanns Alitteil., XLV, 1899, p. 249-260, 273-280, pl. 16). Voir aussi A. Wichmann, Die Binnenseen von Celeöes (Petermanns Mitteil., XXXIX, 1893, p. 227-231, pl. 16: carte); F. Rinne, Skizzen zur Geologie der Minahassa in Nord-Celebes {Zeiischr. Deutsch. Geol. Ges., LH, 1900, p. 327- 347, pl. XIl-XI 11 ; carte) [et M. Koperberg, Verslag omirent de gedurende hetjaar f899 ni de residenlie Menado gedreven geologisch-mijnbouwkundige onderzoekingen en mijnoniginning (Jaarb. v. h. Mijnw. in Nederl. 0. Ind., XXXI^ 1900, p. 30-50, 3 cartes géol.); voir aussi XXX, 1901, p. 115-121].

± P. und F. Sarasin, Reiseberichte aus Celebes, IJI (Zeitschr. Ges. fur Erdkunde, Berlin, XXX, 1895, p. 350, 352). Le Cap Api s'appelle aussi Cap du Feu, mais ce nom proviendrait do ce que l'on y voit des gaz inflammables s'échapper du sol.

3. P. und F. Sarasin, Reiseberichte aus Celebes, I (Zeitschr. Ges. für Erdkunde, Berlin, XXIX, 1894, p. 376, 392, 393). Bûcking met en doute qu'il y existe du gneiss.

LES ALTAÎDES ORIENTALES. Uï

péo trc^s brusquement du côté du Nord ; van Schelle et Wichmann sont d'accord pour considérer la chaîne granitique de Gorontalo comme un horst. D'après Wichmann, la vallée comprise entre les; deux bandes saillantes serait une fosse d'affaissement '. A Sumalata (122® 30'), d'après Biicking, les filons métallifères sont encaissés dans une brèche eruptive h gros éléments que ce savant qualifie de porphyrite. On y signale de la diorite.

M. l'ingénieur dos mines Hundeshagen a bien voulu me faire connaître que les filons métallifères du Nord de Célèbes se présentent dans une roche qu'il considère comme une diorite et qui englobe d'assez gros fragments de schiste argileux. La direction de ces gîtes, à l'Ouest de Palell, dans le royaume de Bwool, est N.N.E. ou N.E. A l'angle nord-ouest do Célèbes, de 1 à 8 kilomètres de Tontoli et près de la côte, Hundoshagen a vu des schistes anciens rouges et verts recoupés par du granité, et si fortement plissés et failles qu'il était impossible d'en déterminer la direction générale. En doux ou trois points, cette direction paraissait otre N.-S. Au Stroomen Cap, sur la côte sud jusqu'à Sitjollo et encore bien au delà du Cap Dampelas, le granité prédomine. Les volcans manquent*.

Les hautes montagnes situées à l'endroit où la presqu'île se recourbe vers le S.W. et le S. et qui bordent le Golfe de Tomini au Nord-Ouest n'ont pas été explorées.

Au fond du golfe, sous l'Equateur, une dépression profonde court à travers Célèbes et sépare les montagnes du Nord de celles du Sud.

Sous le parallèle de Ü® 45' de lat. S., Célèbes a été traversée par Wichmann; à cette latitude, on trouve à l'Ouest une bordure de grès et de conglomérat, puis du gneiss et un peu de granité jusqu'à la côte orientale ^

Ce massif fait probablement partie des cordillères que les frères Sarasin ont suivies très loin au Sud-Est, à partir de TextrémitéS.W. du Golfe de Tomini *. Plusieurs chaînes parallèles de micaschistes

4. C. J. van Schelle, Opmerkingen over de Geologie van een gedpelle der Afdeeling Gorontalo (Jaarb. v. h. Mijnweien in Ned. O.-Indië, XVIII, 1889, wctcnsch. 2«** god., p. 115-158, cartes); G. \V. W. C. Baron van HoßvcU, De AssiHent-Eesidmtie Gorontalo (Tijdschr. K. Nederl. Aardrijksk. Gon. Leiden, 2. Ser., VIH, 1891, p. 26-43, cartel), et Bijschrifi hij de kaart der Tomini-Bochl (Ibid , 2. Ser., X, 1893, p. 64-72, carte II); Wichmann, Pctermanns Mitteil., XXXIX, 1893, p. 2Ö5-258, pi. 16: carte du lac de Limbotto.

2. Les schistes rouges »ont signalés par les frères Sarasin dans la chaîne de l'Oleidu, dont Taltiludo est de 1137 mètres; P. und F. Sarasin, Reiseherichte aus Celebes, H (Zeitschr. Ges. für Erdkunde, Berlin, XXX, 1895, p. 226-234, pi. 10 : carie).

3. A. Wichmann, Bericht über eine Reise nach dem Indischen Archipel, I (Tijdschr. K. Nederl. Aardrijksk. Gen., 2. Ser., VII, 1890, p. 985-993, pl. XII : carte).

4. P. und F. Sarasin, Heiseberichte aus Celebes, Jll (Zeitschr. Ges. für Erdkunde,

et de quartzites, quelquefois de diabase et de serpentine, s'orientent vers le Sud depuis l'extrémité de ce golfe, puis tournent au S.S.E. en dessinant un escarpement qui longe la rive orientale du lac Posso. Ce lac a plus de 300 mètres de profondeur et doit être regardé comme jalonnant un accident tectonique.

Toute la chaîne tourne alors au S.E. et à TE.S.E.; la ligne du lac Posso est donc comprise dans le faisceau des chaînons parallèles et dans son prolongement, à Taltitudo de 400 mètres, se trouve le lac Matanna, dont la profondeur atteint 480 mètres et dont le lit descend par conséquent au-dessous du niveau de la mer.

Ces chaînons, après avoir pénétré dans la presqu'île sud-est de Célèbes, dévient rapidement de TE. S.E. au S.W. ; la ligne de dépression change également de direction, et là, au Nord et au Sud du 3° de lat. S., son tracé croise le lac Towuti, le plus grand des lacs de Célèbes. Les frères Sarasin appellent cette série de grands lacs le «Seengraben ». Il est probable que les chaînes de montagnes continuent à suivre la direction S.W. ou S. S.W. dans la presqu'île du Sud-Est.

Ces mêmes bandes atteignent l'extrémité septentrionale du Golfo de Boni. Ensuite vient, dans la partie nord-est de la presqu'île méridionale, le massif montagneux du Latimodjong, qui se dirige au S.E. et dépasse 3000 mètres.

Au reste, la presqu'île méridionale possède une structure essentiellement différente. Déjà entre 3« 15' ot 3« 45' de lat. S., les frères Sarasin n'ont trouvé, entre les Monts Latimodjong et la côte ouest, que des dépôts tertiaires. Ce sont des argiles grises à coquilles saumâtres ou d'eau douce et plantes terrestres, recouvertes de calcaires blancs. Toute la série est plissée suivant la direction E.-W. ; les calcaires, qui occupent les synclinaux, peuvent dépasser i 000 mètres. Au rocher de Loko, un pointement volcanique tertiaire se présente au milieu de ces dépôts*. Comme des terrains tertiaires analogues s'étendent du lac Posso jusqu'au Golfe de Tomaiki et que, d'après Wichmann, le promontoire à l'Ouest de la Baie de Palos paraît également constitué par une roche eruptive tertiaire et des sédiments tertiaires, il est probable que des dépôts tertiaires recouvrent comme d'un manteau la plus grande partie de ces cordillères.

Berlin, XXX, 1895, p. 311-352, pi. 15 : carte), et IV : Durchquerung der südlichen Half*insel (Ibid., XXXI, 1896, p. 21-49, pl. 2 : carte).

1. P. und F. Sarasin, Reiseberichte aus Celebes, IV (Zeitschr. Ges. fUr Erdkunde, Berlin, XXXI, 1896, p. 30, pl. 2 : carte).

LES ALTAÏDES ORIENTALES. 343

Mais poursuivons Texamen de la presqu'île méridionale. A une faible hauteur au-dessus de la mer, on y trouve les lacs de Sidereng et de Tempe. Le sol se relève vers le Sud; nous connaissons sa structure par les travaux de Wichmann *.

Le large massif isolé du Latimodjong (3** 43' de lat. S,), qui s'élève au Nord des lacs et dont nous avons déjà parlé, est peut-être un volcan. Vers le Sud s'étendent deux chaînes, séparées par une vallée longitudinale : la chaîne deTOuest, située du côté du détroit de Makassar, est de beaucoup la plus importante, et atteint 1 000 mètres. Elle consiste en roches basaltiques, andésitiques, et aussi leucitiques, et en dépôts tertiaires. La chaîne de TEst est formée de couches tertiaires récentes. Le tout est plissé suivant la direction N.-S., devenant N. 60* W. vers l'extrémité sud-est.

Le Golfe de Boni est regardé comme résultant d'un effondrement. Au Sud, les deux chaînes sont rattachées l'une à l'autre par le grand massif volcanique du Rantaeng (Lompo-Battang, 3057 m.), qui ferme ainsi la vallée longitudinale*. Les terrains archéens ne sont connus qu'à l'état de cailloux roulés dans Tune des vallées fluviales.

L'île allongée de Saieijcr, au Sud de Célèbes, consiste dans sa partie orientale, qui est élevée et s'incline vers TE. d'une pente rapide, en roches volcaniques, dans l'Ouest en dépôts marins récents*.

Le Sud de la presqu'île sud-est de Célèbes m'est inconnu. Dans la presqu'île de l'Est, entre les golfes de Tomaiki et de Tomini, où se trouve la haute chaîne du Tokalla, Verbeek signale sur un grand nombre de points de la diabase, de la péridotite et d'autres roches basiques.

On ne peut dire de quelle façon la chaîne des îles orientées de l'E. à rW. (Obi, Taliabo, etc.) se prolonge à Célèbes. Sans perdre de vue cette grande lacune de nos connaissances, les remarques suivantes sont seules permises aujourd'hui :

A Célèbes se montrent de longues bandes de terrains anciens, en partie entourées de couches tertiaires plissées. Les mieux connues de ces bandes sont : le tronçon orienté de l'Est à TOuest de Goron-

1. A. Wichmann, Celeàes (Tijdschr. K. Nederl. Aardrijksk. Gen., 2. Ser.. VII, 1890, p. 921-982, pi. Xll : carte), et Petermanns Mitteil., XXXIX, 1893, p. 278-282; voir aussi son mémoire Leucitgestein von der Insel Ceieùes (Natuurk. Tijdschr. voor Ned. Indië, Batavia, LUI, 1893, p. 315-331, 1 pi.), et un article de J. W. Retgers, Jaarb. v. h. Mijnwezenin Xedcrl. O.-Indië, XXIV, 189.*i, wctensch. ged., p. 124 et suiv.

[2. Poop une carte de ce massif, voir P. u. F. Sarasin, Materialien zur Naturgeschichte der Insel Celebes, Bd. IV, 190!, pl. XII.)

3. A. Wichmann, Zur Geologie der Insel Sa/e/;>r( Natuurk. Tijdschr. voor Ned.-Indie, UV, 1895, p. 236-268, carte dans le toxte, p. 267).

talo, que Ton considère comme un horst; puis la rdgion nord-ouest de l'île, où règne la direction N.N.E et N.E.; enfin le groupe de chaînes parallèles qui, de la Baie de Palos, courent à travers le centre de Célèbes et la presqu'île du Sud-Est, en changeant plusieurs fois de direction et en encadrant le « fossé des lacs ». Minahassa est de formation volcanique récente, et fait partie de la zone de Sangi. Toute la presqu'île méridionale est volcanique et tertiaire. La presqu'île du Nord-Est est caractérisée par des roches eruptives

En terminant, signalons une particularité qui concerne les roches à leucite. La longue liste des 121 volcans de Java et des îles voisines qu'ont publiée Verbeek et Fennema débute par cinq volcans qui, séparés des autres géographiquement, s'en distinguent aussi par le fait qu'ils ont seuls fourni jusqu'à présent des roches à leucite. Au point de vue de leur âge relatif, ils remontent certainement à l'époquo tertiaire, bien que les éruptions de certains d'entre eux aient peutêtre recommencé plus tard. Ils forment une série légèrement incurvée, commençant au Nord-Ouest à Bawean, île située au Nord de Java, et se prolongeant jusqu'à la côte nord-est de Java, au Sud de l'île Madoera. Le plus oriental de ces volcans, à l'extrémité N.E. de Java, est le Ringguit, qui possède un cratère de 10 kilomètres et demi de diamètre, le plus grand de Java*.

A ce segment d'arc leucitique paraissent se rattacher les roches à leucite, également tertiaires, que Wichmann a rencontrées dans le Sud-Ouest de Célèbes, comme s'il existait un arc leucitique, d'ailleurs interrompu. Mais, d'un jour à l'autre, la découverte de nouveaux gisements peut nous apprendre que cette hypothèse ne repose que sur l'imperfection de nos connaissances.

15. Halmahera. — Les notions que l'on possède sur la structure de cette île reposent, en dehors de la description orographique de Campen, sur les renseignements donnés par Verbeek. En outre Kükenthal a publié des observations relatives surtout au Nord, et Retgers a décrit des échantillons de roches provenant de diverses parties de Halmahera'.

Verbeek distingue plusieurs lignes volcaniques (fig. 54) ; elles

[1. Pour un essai de carte tectonique de Célôbcs, voir P. und F. Sarasin, ouvr. cité, IV, p. 299, fig. 17 : Schematischer Entwurf der Streichungslinien von Celebes.]

2. Verbeek et Fennema, Description géologique de Java et Madoura^ II, p. 994.

3. C. F. H. Campen, Het Eiland Halemahera (Tijdschr. voor indische Taal-, Landen Volkenkunde, Batavia, XXVIII, 1883, p. 240-313, en particulier p. 247). D'après Campen, l'orthographe Halmaheira est défectueuse. W. Kükcnthal, Ergp/misse einer zoolo-

LES ALTAÏDEfs ORIENTALES.

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appartiennent presque exclusivement au côté occidental de Tîle et leur tracé, bien que s'incurvant, est dans l'ensemble parallèle au méridien. Les volcans anciens consistent en andésite à hornblende et en andésite micacée, plus rarement en andésite pyroxénique ou ne basalte. Dans un très grand nombre de cas, les cratères ont disparu. Un de ces alignements anciens commence à TOuest de Tex-

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