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FiG. 56. — Coupe de la chaîne du Moustagh-Ata au Sud-Ouest de Yanghi-Hissar, d'après BogdanoTitch ijrœoaux de VExpédilion au Tibet (r.), in-4*>, U, St.-Pétersbourg, 4892,pl. I,fig. 1).
a,Goei8s; y, Granite; «2«, Schistes et quartzites (Dévonien inférieur); g, AUuvions; gl, Glaciers; f, fy Failles. — Échelle des longueurs 1 : 1000000; hauteurs 1 : 300 000.
pdrssentaux granités deKoussérab, c'est-à-dire, d'une façon générale, du versant orienlal des Montagnes de Kachgar. Selon toute vraisemblance, les gneiss du Moustagh-Ata peuvent être rattachés aux gneiss du massif central de la chaîne du Moustagh *. »
Ces faits permettent de constater ce qui suit : Tinterprétation donnée dans un précédent chapitre (I, p. 574-579) est confirmée, en tant que l'inflexion du Kouen-lun Occidental se trouve établie. Les conclusions déduites de l'identité des roches à Sandjou et à Karghalyk sont corroborées par ce nouvel examen. Le gneiss syénitique du col de Yanghi doit être attribué aux culots dévoniens de syénite et de granité. D'autre part, Stoliczka s'est trompé en supposant que le calcaire triasique d'Ak-tach,dans le Pamir, se prolongeait vers le Sud-Est do manière à se raccorder avec les terrains
1. BogdanoTitch, dans Piovtsov, II, p. 83; voir en particulier la carte B. Boloun et Takhta-goroum sont on pleine région montagneuse, du côte du Moustagh.
calcaires fossilifères de la région du Karakoroiim (11, p. 578). On voit au contraire que les massifs de gneiss que Sioliczka eut à franchir entre Balgoun, Tachkourgan et Kanshubar (à FEst d'Aktach) se prolongent non seulement vers le Nord, dans le Moustagh- Ata, mais aussi selon toute probabilité vers le Sud, jusqu'aux hautes montagnes du Moustagh, en passant par la chaîne deTagdoumbach. « A partir de Tagdoumbach, écrit Ivanov, les montagnes augmentent rapidement de hauteur et vont se confondre avec la chaîne du Karakoroum-Moustagh, dont les cimes, se dressant au-dessus des nuages, ont plus de 20 000 pieds [6000 m.] d'altitude* ».
On obtient ainsi un tableau qui diffère plus encore de ce que Ton se représentait jusqu'à présent. Le Motistagh-Ata devient une partie de la c/ioine g?ieissique du Ballistan, qui se dirige au S.E.parle pic Ki {actuellement appelé Mont Godwin-Austen, 8610 m.) vers le lac Pang-kong *.
Sven Hedin a fait connaître un grand nombre de particularités intéressantes de la structure du Moustagh- Ata'. Cet épais massif montagneux ne se termine pas au Ges, mais sa direction, au delà de ce cours d'eau, s'incline davantage au N.N.W. On sait depuis longtemps que le Pamir consiste en une partie étroite, méridienne, à l'Est, et en une partie large, s'orientant E.-W., au centre et à l'Ouest. Nous avons déjà insisté sur l'analogie de cette séparation avec le rebroussement du Jhelam (1, p. 588). La chaîne puissante du Baltistan s'infléchit complètement vers le Nord jusqu'au N. du 39®, et exerce une influence déterminante sur l'allure des Altaïdes, qui viennent du Nord et se propagent à l'Ouest de cette chaîne, exactement comme les chaînes du Nan-Chan, à l'Est de l'autre extrémité de l'arc de Yarkend, arrivent à poursuivre leur développement.
C'est ainsi que Carc de Yarkend arrête^ à FEst et d COuesty les
i. D. Ivanov. Voyage au Pamir, r. (Izvicstiia Soc. Irap. Russe de Gêogr., XX, 1884, p. 44).
2. Cette interprétation se trouve déjà exprimée, sinon pour le Koucn-lun occidental, du moins pour le Moustagh- Ata (la chaîne appelée généralement Kyzyl-Yart), dans Richthofen, China. I, 1877, carte faisant face à la p. 272. — La carte du Pamir de G. N. Curzon (Geogr. Journ., VHI, 1896, p. 96) indique clairement la position des localités signalées; l'indépendance et la constitution différente du Tagdoumbach Pamir, sur lesquelles l'auteur insiste (p. 33 du même vol.), résultent des particularités de structure qui viennent d'être décrites. — Pour l'altitude du Mont Godwin-Auston, voir J. T. Wal-
. ker, Geogr. Journ., 111, 1894, p. 339, et H. H. Godwin-Austen, ibid., p. 431.
3. Sven Hedin, Forschungen über die physische Geographie des Hochlandes von Pamir im Frühjahr i894 (Zeitschr. Ges. für Erdkunde, Berlin, XXIX, 1894,. p. 289-346, pl. 8-12 : cartes); Die Gletscher des Mus-tag-ata (Ibid., XXX, 1895, p. 94-134, pl. 5-6 : cartes); et Der kleine Kara-kulund Basiik-kul (Petermanns Mitteil., LXI, 1895, p. 87-92, carte).
lonyues vagues ietrestres venant de f Altaï, 11 est étroit sur toute sa longueur ; les ramifications occidentales du Kouen-lun central (Arka- Tagh,etc.) le séparent de Tare de rHimalaya,de même que les montagnes en partie mésozoïques qui s'étendent au Sud; d'autre part, il s'y rattache par Tintlexion de la chaîne principale du Baltistan du Nord-Ouest au Nord.
Sur le versant nord de sa partie méridionale se trouvent des lambeaux des couches à empreintes végétales de la série de l'Angara, qui possèdent une extension si extraordinaire en Sibérie. C'est là qu'elles se terminent. Au Sud de la bande dévonienne et granitique de la Chaîne Russe, mais encore au Nord de la chaîne gneissique du Baltistan, ces couches à plantes sont rem placées par la série si variée des dépôts mésozoïques marins.
Là commence le domaine de la Téthys. Mais nous ne connaissons que les limites des sédiments, et encore n'est-ce que dans la mesure où elles ont été étudiées jusqu'à présent : demain, peutêtre, le hasard d'une découverte heureuse peut modifier les conclusions admises. Ces limites des sédiments ne doivent en aucune façon être assimilées à première vue aux limites des mers anciennes. Les couches à empreintes végétales du versant nord de l'arc de Yarkend ont subi des dislocations posthumes, et les sédiments mésozoïques du Sud ont été soumis aux plissements les plus violents. Même au milieu des glaciers des chaînes du Baltistan, une zone de calcaire métamorphique court à une grande hauteur à travers le gneiss, dans lequel elle parait former un synclinal ou un coin s'ouvrant au Sud-Ouest (I, p. 373). Les terrains mésozoïques de cette région, pour autant que je les connais, n'affectent nulle part un faciès élastique ou littoral; ce sont presque uniquement des calcaires plus ou moins purs.
Les phénomènes dynamiques ont atteint une telle intensité que les contours primitifs des mers mésozoïques, contours qui ont sans doute varié d'ailleurs au cours des âges, ont disparu. Provisoirement, nous devons nous contenter des résultats généraux suivants : nulle part, dans le horst du Baikal, on ne connaît de sédiments cambriens certains; plus au Sud, il existe des sédiments paléozoïques, et au-dessus, les couches à empreintes végétales de la série de l'Angara; enfin, à partir du bord sud de l'arc de Yarkend, ces couches à plantes disparaissent et les dépôts marins mésozoïques les remplacent.
La partie orientale de l'arc de Yarkend a déjà été étudiée en même temps que le Nan-Chan occidental.
2. Himalaya. — L'Himalaya est formé dans sa partie occidentale par une série de chaînes de montagnes puissantes, se succédant Tune en arrière de Tautre, qui sur toute leur largeur, des alluvions du Sud jusqu'au Moustagh, sont plissées et renversées vers le Sud-Ouest (I, p. 565).
Les éléments principaux que nous y avons reconnus sont les suivants : 1® les avant-monts tertiaires ; 2^ le Pir Panjal et le Dhauladhar, constitués par des schistes et du granité; 3** le bassin paléozoïque supérieur et mésozoïque de Kashmir; 4® la zone gneissique de Zanskar; 5® la zone paléozoïque et mésozoïque de Spiti, etc. ; 6® la zone éocène et basaltique du haut Indus; 7® la zone syénitique et gneissique deLadakh; 8° les restes, pinces dans les roches cristallines, d'une zone paléozoïque supérieure et mésozoïque (Braldu et Baltistan); 9® la zone gneissique du Moustagh et du Baltistan.
Tous les géologues qui ont étudié de près cet ensemble de hautes montagnes admettent que leur formation est le résultat d'une longue succession de phénomènes tectoniques, dont le début remonte à une haute antiquité. Mais ces phénomènes ont continué jusqu'à la fin de Tère tertiaire, peut-être même jusqu'à Tépoque actuelle, en suivant toujours un même plan.
La description détaillée de la zone figurant ici sous le n® 5, zone qui ne se sépare pas toujours très nettement de la zone n® 6, que Griesbach a donnée pour la région comprise entre la vallée de Spiti et la frontière du Népal, au Nord de la chaîne gneissique la plus élevée, confirme ce résultat; en la rapprochant des travaux des géologues de rinde, on peut préciser un certain nombre de ces phases*.
Dans l'Himalaya, de même que dans l'Afghanistan et jusque dans le Nord de la Perse, Griesbach constate qu'il existe vers la fin de l'époque carbonifère les indices de grands changements physiques.
Dans les districts de Spiti, de Painkhanda et de Johar, on remarque une discordance importante à la base des Producius Shales d'âge permien, dont la teinte sombre est caractéristique. Cette discordance qui, comme on l'a déjà vu, équivaut probablement à la « transgression tibétaine » de l'arc de Yarkend, n'avait pas
1. CL. Oriesbach, Geology of the Central Himalayas (Mem. Geol. Survey of India, XXIII, 1891, XI-232-X1X p., 2 cartes, 27 pi.). Pour les questions générales de ce genre, voir par exemple R. D. Oldham, Essays in Theoretical Geology, 3. The Age and Origin of the Himalayas (Geol. Mag., Dec. 3, VIII, 1891, p. 8 et 70), et C. A. McMahon, The Geological History of the Himalayas (Proc. Geologists* A88oc.,XIV, 1895, p. 80-96).
échappé à Stoliczka ; elle correspond au début du « Zanskar System » de Lydekker.
Parmi les phénomènes postérieurs, notons seulement le fait que, sur le haut Indus, la mer éocène possédait un rivage au Sud de la chaîne de Ladakh (zone 7; voir I, p. 573); lallure des couches parait indiquer qu'après Tépoque éocène, lors du refoulement général du N.E. au S.W., les coulisses se sont rapprochées les unes des autres. Peut-être y existait-il, à Tépoque éocène, ime ligne disjonctive pourvue de volcans*.
Enfin le renversement des Siwaliks (içone 1) atteste la persistance de ces mouvements. —
En voyant lextraordinaire largeur du territoire où se manifeste ce mouvement uniforme vers le S.W., il était à prévoir qu'on y retrouverait un jour des dislocations tangenti elles comparables en importance à celle des Alpes Suisses; et en efiFet, des observations récentes y ont révélé la présence de pareils accidents. On les trouve dans la zone 5, h la limite entre le Kumaon et le Tibet, et nous possédons à leur sujet des descriptions dues à deux observateurs éminents, Griesbach et Diener, descriptions qui concordent absolument sur tous les points de fait *.
Dans cette région, la série des couches paléozoïques est visible jusqu'aux quartzites blancs du Carbonifère. Au-dessus de ces quartzites viennent les schistes noirs à Productus, la longue série si variée des dépôts triasiques, qui sont toujours noirs ou d'un gris foncé, les calcaires blancs ou gris clair de l'horizon du Dachsteinkalk, les épais schistes noirs appartenant au Jurassique moyen ou supérieur et en partie au niveau de Berrias {Spiti Shales), enfin les grès de Gieumal, analogues au Flysch. Ces deux derniers étages forment les hautes surfaces de Chaldu et de Kiogarh, h. une altitude de 17000 à 19 000 pieds [5 200-5800 m.].
Toute cette série, de bas en haut, est concordante, du moins à partir de la discordance qui succède aux quartzites carbonifères. Elle est surmontée par des lambeaux d'une seconde série, dont plusieurs apparaissent complètement isolés, couronnant les sommets.
[1. Voir G. A. Me Mahon, Pelrological Soles on some Peridolites, Gabbros, and Associated Rocks from Ladakh, North-Westem Himalaya (Mem. Geol. Survey of India, XXXI, pt. a, 1901, p. 303-329, pi. 17-18).]
2. G. L. Griesbach, Notes on the Central Uimalayas (Records Oeol. Survey of India, XXVI, 1893, p. 19-25, carte, pi. 1-2); C. Diener, Ergefmisse einer geologischen Expedition in den Central-Himalaya von Johar, Hundes, und Painkhanda (Denkschr. k. Akad. Wiss. Wien, Math.-naturw. Cl., LXII, 1895, p. 533-607, pl. I-VIII); et Notes on the Oeological Structure of the Chitichun Region (Mem. Geol. Survey of lodia, XXVIII, pt. 1, 1898, p. 1-27).
LA FACE DE LA TERllE.
Cette seconde sérieousériederecouvrementestdifférentedelasérie normale de Spiti. Le terme le plus ancien qu'on y ait signalé jusqu'à présent est un calcaire blanc où abondent les 6'amaro/?Aorm, Lo/tusia et autres fossiles permiens caractéristiques; cet horizon est absolument inconnu dans la série inférieure. Il est surmonté par un Trias marin, où Diener avait distingué deux niveaux et où Krafft a
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FiG. 57. — Les lambeaux de recouvrement (Klippen) de Chitichun et de Balclidura (Hundes méridional], d'après Diener. — Échelle de 1 : 400 000.
La frontière du Tibot passe par les cols Utadhura (ô361 m.) et Kiogarh-Ghalda (5315 m.)- Plus au Nord-Est se trouve le lac Manasarowar.
reconnu des divisions plus nombreuses. La zone du Ceratites subrobiistxis (base des bancs à Spirife?' Stracheyi de Krafft) affecte dans les lambeaux de recouvrement Taspect d'un marbre rouge, tandis que dans la série normale de Spiti elle se présente à Tétat de calcaire noir compact*. Puis vient un calcaire de teinte claire, analogue au Dachsteinkalk de la série inférieure. Enfin Krafft, comme M. Griesbach a eu l'obligeance de m'en informer, a trouvé dans ces lambeaux du Lias à Arietiles, étage qui n'a pas encore été découvert dans la série inférieure. A ces « témoins » sont associés des
i. A. von Krafft, Stratigraphical Notes on the Mesozoic Rocks of Spiti [GQneral Report Geol. Survey of India for 1899-1900, p. 204).
pointements deporphyrite diabasique, qu'on peut voir aussi en filons dans les Spiti Shales et le grès de Gieumal du substratum.
La distribution de ces lambeaux est indépendante des plis du substratum (fig. 57), et quoique les schistes qui sont par-dessous soient fortement froissés, on peut néanmoins constater au lambeau le mieux connu, celui qui a été désigné sous le nom de Ghitichun I, que leur allure est horizontale. Un grand nombre de petites failles et de miroirs traversent ces Klippen, mais les fossiles ne sont pas déformés par la pression.
D'une façon générale, ces lambeaux forment une traînée en arc de cercle entre Ghitichun I et le Kungribingri (S 843 m.), au sommet duquel Diener a encore trouvé un bloc de calcaire blanc permien.
La particularité la plus remarquable de ces gisements est la différence de nature des deux séries. Ge contraste rappelle la différence de faciès entre les lambeaux de recouvrement des Alpes Occidentales, provenant de la zone du Briançonnais,et leur substratum, où les couches affectent le faciès helvétique. Grâce aux progrès que les études de ces dernières années ont fait faire à la classification du Trias, Diener, en examinant les fossiles recueillis sur le versant oriental du Ghitichun I, a pu déterminer d'avance Thorizon où il y aurait lieu de chercher ces fossiles au Spiti, et Krafft les y a retrouvés, en effet, mais dans une roche différente. Gette circonstance suffit pour montrer que la série supérieure a dû se former dans d autres conditions physiques que la série inférieure, et à une grande distance ; il est évident que ces lambeaux ne peuvent être ni des têtes d'anticlinaux, ni des paquets de couches ramenées verticalement des profondeurs par faille ou entraînées dans leur ascension vers la surface par des roches eruptives * ; et, de même que pour les lambeaux de recouvrement de la Suisse, l'hypothèse d'un charriage lointain est la seule à laquelle on puisse s'arrêter.
Ges lambeaux ne viennent pas du Sud ; le refoulement général des montagnes du N.E. au S.W. s'y oppose. D'autre part, au Nord s'étend d'abord la zone éocène (6), puis la puissante zone gneissique et syénitique de Ladakh (7), et alors seulement viennent les prolongements probables des lambeaux mésozoïques pinces dans
[1. Les récentes études de A. von Krafft ont toutefois montré que» dans le Laptal (SO'iS' lat. N., SO'IS' long. E.), de nombreux blocs calcaires, considérés d'abord comme H exotiques », font partie de brèches eruptives, associées à des laves andésitiques d'âge éocène et antérieures au plissement de la région; ces blocs proviennent de divers niveaux compris entre le Permo-Carbonifère et le Lias (General Report Geol. Surve\' of India for 1900-1901, p. 27-28). Voir aussi C. Diener, Zur Erinnerung an Albrechl von Krafft (Jahrb, k. k. Oeol. Reichsanst., LI, 1901 p. 156).]
les roches cristallines du Braldu, où d'après la direction Ton pourrait conjecturer que se trouvent les racines en forme de coin de ces lambeaux de recouvrement. Or on ne connaît nulle part, dans le Trias de ces régions, — qu'il s'agisse de la série normale de Spiti, des lambeaux de recouvrement du Hundes ou des bandes septentrionales du Braldu et du Baltistan, — le moindre indice d'une formation littorale. On doit admettre que les sédiments triasiques se sont jadis étendus sur toute la zone de Ladakh, et que, comme
Singhe-I^a (5058 m.)
Fio. 58. — Lambeau nummulitique du Singhe-La dans le Zanskar, d*apr^9 l,a Touche (Record« Oeol. Supvey of India, XXI, 1888, p. 182).
dans les Alpes Occidentales, ils ont été plissés avec elle et plus tard enlevés par l'érosion.
Les roches eruptives ne peuvent <^tre considérées que comme un phénomène secondaire ou accessoire.
Ces indices de mouvements tangontiels d*une amplitude extrême permettent de penser que bien des phénomènes restés jusqu'à présent énigmatiques, dans THimalaya, s'expliqueront un jour par l'hypothèse de lambeaux de recouvrement. Et en disant cela, je no songe pas seulement au lambeau absolument isolé de calcaire noir ä NummuliiesRamondiqm couronne les quartzites paléozoïques ausommet du PicZ^ (5638m.), au voisinage du col de Singhe-La (fig. 38)*, mais aussi à toute une série de faits signalés plus au Sud, et en particulier au massif de granité gneissique du Kalogarhi, dans le Garhwal, à l'Est de la gorge par laquelle le Gange sort des montagnes (fig. 59). Les descriptions très précises de Middlemiss et
1. T. D. La Touche, Re discovery ofNummuUtes in Zdnskdr (Records Geol. Survey of India, XXI, 1888, p. 160-162, 1 pL); Singhe. Là est par 33- 58' de lat. N., et 16« 58' de long. E.
rétonnement dont fut saisi ce consciencieux observateur lorsqu'il vit que, de toutes parts, les sédiments récents s'enfonçaient sous ce massif permettent de croire que ce géologue serait arrivé à une autre interprétation, ou plutôt que sa première impression aurait persisté, si les lambeaux de recouvrement de Chitichun avaient été connus dès cette époque, ou les faits qui depuis ont été mis en lumière dans les Alpes Suisses entre TAar et l'Arve. La série qui sort de support au massif du Kalogarhi comprend des sédiments
CD ■ mu IHD □
FiG. 59. — Ellipse cristallioo duKalogarhi (Garhwal), d'après C. S. Middlemiss (Records Geol. Survey of India, XX, 1887, p. 40).
1. Série schistease; 2. D* grenatifère; 3. Granito; 4. Brèche volcanique; 5. Ardoises pourprées; 6. Calcaires massifa; 7. Tal (MésosoXque) ; 8. Nummulitiquc ; 9. Siwalik (Tertiaire supérieur); 10. AUnvions ; 11. Failles. - Échelle de i : 750000.
mésozoïques et des couches à Nummulites; elle forme un vaste pli synclinal; le granité gneissique recouvre sans aucune transition rÉocène*.
D'après les faits actuellement connus, il est probable qu'au bord méridional de THimalaya, un certain nombre de grands lambeaux de roches cristallines ont été charriés sur TEocène.