Siah-Koh et Safed-Koh. — En 1892, Griesbach a montré que
1. c. s. Middlemiss, Physical Geology of West British Garhwal (Records Geol. Survej of India, XX, 1887, p. 26-40, 2 cartes, 1 pi.), et Crystalline and Metamorphic Rocks of the Lower Himalaya^ Garhwal and Kumaun, Section I (Ibid., p. 134-143, 1 carte, 1 pi.) : « A quaquayersal thrust plane round th« Kalogarhi centre, in post-nummulitic limes » (p. 142).
le Safed-Koh, haute chaîne de montagnes qui, au Sud de la rivière de Kaboul, s'étend de TOuesl à TEst par 34® de lai. N. environ, doit être regardé comme un élément tectonique autonome, situé entre THindou-Kouch et le Sait Rangea Les travaux antérieurs de Waagen et de Wynne permettaient à Griesbach de supposer que le Safed-Koh, malgré les dépressions intermédiaires, a pour prolongement tectonique les chaînons recourbés en arc de cercle du Hazara, qui de l'Ouest atteignent le rebroussement du Jhelam. Les travaux exécutés depuis dans le Hazara par Middlemiss ont confirmé cette hypothèse ^
Entre le col de Shutargardan à TOuest et Muzzaffarabad à TEst (fig. 60), nous sommes en présence d'un arc montagneux morcelé en plusieurs tronçons, au point de vue du relief extérieur, et pour lequel il n'existe pas encore de nom d'ensemble.
A TEst, à partir du rebroussement, les montagnes du Hazara s'orientent d'abord au S.S.W., puis au S.W., et disparaissent sous les alluvions de Haripur. Toute cette région est plissée ou renversée dans la direction de l'E.S.E. ou du S.E., c'est-à-dire vers Taxe du rebroussement. On a déjà vu qu'une grande ligne de dislocation suit la direction générale, puis tourne à l'Ouest en dessinant un arc de cercle et se prolonge sur la rive droite de l'Indus jusqu'au delà de Kohat. Le long de cet accident, les terrains anciens ont été poussés vers l'extérieur, par- dessus la région tertiaire moyenne de Rawalpindi (I, p. S60). Or, cette ligne de dislocation n'est pas isolée. Middlemiss a trouvé que les montagnes du Hazara se divisent en quatre zones ou « blocs », séparées les unes des autres par des lignes analogues (failles-inverses) très nettes (fig. 61).
La première zone, la plus interne, au Nord-Ouest, comprend les terrains les plus anciens, gneiss et schistes en partie très modifiés. La seconde zone est formée do schistes anciens, de terrains mésozoïquos et d'assises nummulitiques inférieures. La troisième zone débute avec le Trias; outre un groupe nummulitique très épais, elle s'étend jusqu'à la « Kuldana Séries », qui termine l'Eocène. C'est alors qu'intervient la ligne de dislocation déjà signalée, au Nord de Rawalpindi. La quatrième zone commence avec les assises supérieures du groupe nummulitique et est constituée en majeure partie par des sédiments miocènes.
1. C. L. Griesbach, Tlie Geology of the Saféd K6h (Records Geol. Survey of India, XXV, 1892, p. 59-109, 2 pi. coupes). Voir à ce sujet La Face de la Terre, l, pi. Il, p. 547.
2. C. S. Middlemiss, The Geology of Uaz'tra and the Black Monnlain (Mein. Geol, Survey of India, XXVI, 1896, 302 p., carte, 11 pi.).
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Cette succession de zones, commençant chacune avec des terrains de plus en plus récents, et leur séparation si nette par de grands chevauchements longitudinaux, témoignent d'une remarquable analogie de structure entreleHazaraet le Nord-Est des Alpes.
Les descriptions que Griesbach a données de la région comprise
Fio. 61. Écailles du Hazara, d'après C. S. Middleiniss (Memoirs of the Geol. Survey
of India, XXVI, 1896).
1. Gneiss; 2. « Tanols»; 3. Schistes ardoisiers; 4. Infra-trias; 5. Trias; 6. Jurassique et Crétacé;
7. Nammulitiqne ; 8. Kuldana (couches de passage) ; 9. Murree (Miocène) ; 10. Dépôts meubles,
Alluvions; 11. Failles. — Échelle de 1 : 750 000 environ.
entre Peshawar et la vallée du Logar, de même que les données antérieures et les dernières observations faites par Hayden dans les montagnes du Khaibar et au Sud de ce col, permettent de reconnaître les traits généraux suivants* :
1. A. B. Wynnc, The Trans-'Indus Sait Region in the Kohdti District (Mem Geol.
Une chaîne principale de gneiss, de micaschistes et d'autres roches anciennes, venant de Kunar et probablement de beaucoup plus loin à l'Est, se dirige vers TOuesten franchissant le cours inférieur de la rivière de Kunar, traverse la rivière de Kaboul non loin de Jalalabad et se prolonge dans la direction de Khurd-Kaboul. Entre ces deux dernières localités, elle porte le nom de Siah-Koh et forme la ligne de partage des eaux entre la rivière de Kaboul et le Surkhab. Mais elle doit se continuer plus au Sud-Ouest, dans la direction de la vallée du Logar. Dans cette chaîne, les couches plongent au Nord, dans le gneiss entre Khurd-Kaboul et la vallée du Logar cette inclinaison est au Nord-Ouest. En d'autres termes, toute la chaîne est renversée vers l'extérieur, c'est-à-dire vers le
Shinii j ; : i ! | [ RnwajaAngur
Fia. 62. —Coupe à travers les prolongements du Safed-Koh au Sud de Kaboul (Kharwar), d'après C. L. Oriesbach (Records Geol. Survey of India, XXV, 1892, pt. 2, pi. I).
1. Oneiss; 2. Calcaire (carbonifère ?) ; 8. Schistes; 4. Calcaires métamorphiqaes; 5. Couches à graphite ; 6. Marnes (triasiques ?) ; 7. Calcaires à Lithodendron (Rhétien) ; 8. Granite ; 9. Roches eruptives (Trapp) ; 10. AUuvions ; f, f, Failles.
Sud et le Sud-Est (fig. 62), de même que toutes les autres parties du Safed-Koh, dont il nous reste à parler.
Au Siah-Koh succède vers le Sud une zone de sédiments dont l'âge est probablement carbonifère. A TEst, vers le Khaibar, s'y adjoignent des couches permiennes et sans doute toute la série mésozoïque, où Ton remarque en particulier des calcaires à Dicerocardium et à Lithodendron. A TOuest, la zone calcaire venant de Kunar traverse la rivière de Kaboul et la vallée du Surkhab; elle franchit le col de Lataband, et il est probable qu'au Sud-Ouest elle s'étend de même, au Sud de Khurd-Kaboul, jusque dans la vallée du Logar. Elle est percée par des massifs de syénite et de granité, et quelquefois caractérisée par la présence du rubis.
Au Sud du Siah-Koh, cette zone calcaire parait être suivie d'une
Survey of India^ Pt. 2, XI, 1875, p. 101-226, carte, 9 pi.); Note on the Terliary Zone and underlying rocks in the North- West Panjdb (Records Geol. Survey of India, X, 1877, p. 107-132, carte, 1 pi.); et A geological Reconnoissance from the Indus al Kushalgarh to tfie Kurram ai Thal on the Afghan Frontier (Ibid., XII, 1879, p. 100-114, carte); W. Waagen, coupe de la Ritiére de Kaboul à Kalabagh par Khushalgarh (in : Sait Range Fossils^ vol. IV> pt. i ; Palaeontolog^ia Indica, Ser. XIII, 1889, p. 13 et suiv.). T. H. Holdich a donné une carte de la partie orientale du Safed Koh jusqu'au méridien de Kohat 1 Tiräh (Geogi*. Journ., XII, 1898, p. 337-361).
zone schisteuse, puis d'une nouvelle rangée de montagnes calcaires précédant la chaîne majeure, la chaîne du Safed-Koh. Celle-ci se dresse au-dessus de la plaine à une quinzaine de kilomètres à rOuest de Peshawar, mais son point culminant est situé beaucoup plus à rOuest, au Sikaram (4816 m.). La constitution en est fort mal connue; on n'y signale pas de gneiss; dans les parties supérieures, des schistes, des serpentines et des calcaires anciens semblent occuper de grandes surfaces.
Une grande dislocation, une faille-inverse avec chevauchement vers le Sud, à ce qu'il semble, sépare la chaîne maîtresse d une zone mésozoïque qui vient ensuite, du côté du Sud. A l'Est, Hayden a trouvé au Sud du Safed-Koh quatre bandes parallèles, où les terrains mésozoïques, toujours renversés vers le Sud, dominent*. A rOuest, cette zone mésozoïque est connue au col de Shutargardan ; de là elle se dirige au Sud-Ouest par le col de Kalan (3537 m.) vers le pays de Kharwar et la ville de Ghazni, située au Sud des sources du Logar. Ici encore, à l'Ouest, Griesbach a reconnu le chevauchement qui limite cette zone vers le Nord. Dans TUrakzai, cette zone est disposée en écailles successives. Au Sud de cette zone, vers Kohat, on atteint le grand chevauchement que nous avons signalé dans l'Est, au Nord de Rawalpindi, sur la lisière septentrionale de la région miocène. De Kohat, il tourne au Sud-Ouest et aboutit à Thal, sur la rivière Kuram.
L'allure de ces zones parallèles, leur charriage général vers le Sud, la présence de longs chevauchements sont autant de traits communs avec le Hazara. De l'autre côté, elles se rapprochent des chaînons des Monts Suliman, qui se dirigent en droite ligne du Sud au Nord (I, p. 554). Mais Griesbach déclare que les Monts Suliman, dans le pays des Waziris, se décomposent en une série de nœuds et de chaînons isolés qui, plus au Nord, tournent peu à peu à la direction des Monts des Urakzai (au Nord-Est de Thal). Cette jonction en arc de cercle se traduit aussi par la déviation au Sud-Ouest que sul)it la ligne de dislocation entre Kohat et Thal et qui se manifeste à l'Ouest dans toutes les zones, dans la direction de la vallée du Logar ou du col de Shutargardan vers Ghazni.
Sur la fig. 60, on a tracé, outre les lignes dont il vient d'être question, les lignes schématiques que Waagen a indiquées pour le Sait Range. Celles-ci restent en dehors de toutes les autres. Waagen compare la région tertiaire située dans l'intervalle, au Nord du
1. H. H. Hayden, On the Geology ofJïrah and the Bazar Valley (Mem. Geol. Sur- Tey of India, XXVIII, pt. 1, 1898, p. 96-117, pi, V-VI).
Sait Range, à la plaine mollassique de la Suisse et le Sait Range à la chaîne du Jura. Nous avons déjà vu dans quelle mesure le voisinage de Tavant-pays se fait sentir en ce lieu \
En résumé, le résultat de ces pénibles travaux sur la région comprise entre la rivière de Kaboul et le Jhelam, travaux qui font tant d'honneur à tous ceux qui y ont pris part, est le suivant :
Toute la région est sous Tinfluence d'un mouvement général, dirigé dans le Hazara vers TEst, près de Jalalabad vers le Sud, puis vers le Sud-Est, et dans les Monts des Waziris vers TEst. Les chaînes, étroitement serrées les unes contre les autres à l'approche du rebroussement de l'Himalaya, c'est-à-dire vers le Jhelam, entre Muzaffirabad et Rawalpindi, divergent dans la direction de l'Ouest. Le premier groupe forme le Siah-Koh et le Safed-Koh, avec leurs prolongements alignés au S.W. Le second groupe passe par Khushalgarh et Kohat et se coude brusquement dans les Monts des Urakzai et aux environs de Thal, où il est remplacé par les chaînons Nord- Sud des Monts des Waziris et le faisceau des Monts Suliman. Un troisième groupe correspond "aux accidents du Sait Range, qui dessinent deux courbes séparées par le renfoncement de Kalabagh. Le Sait Range est donc une annexe des chaînes iraniennes, et l'on ne saurait y voir, comme je l'avais admis jusqu'à présent, une sorte de pîilier irrégulier précédant l'Hindou-Kouch.
4. Sewestan. — A TOuest de Thal,^Wynne a trouvé des roches eruptives. Un peu plus au Sud, en allant de Bannu dans la vallée du Tochi vers l'Ouest, Smith a rencontré d'abord les conglomérats de Siwalik, plongeant fortement vers l'Est sous les alluvions de la plaine, et suivis régulièrement à l'Ouest par les étages antérieurs de la série tertiaire, puis par le terrain crétacé ^. Smith a été surpris de la ressemblance de structure entre ce territoire et les montagnes situées à 300 kilomètres plus au Sud, à l'Ouest de Dera- Ghazi-Khan. Plus en amont, dans la vallée du Tochi, apparaissent des serpentines et des gabbros, puis des trachyles et des amygdaloïdes basaltiques qui, au point de vue de l'âge, semblent s'intercaler entre le sommet du terrain crétacé et l'Éocène moyen. Il y aurait
i. Waagen, Salt Range Fossils^ IV, p. 28 et 32. [Pour une discussion des récents travaux stratigraphiques dont cette région a été Tobjet, voir F. Noetling, Beiträge zur Geologie der Salt Range, insbesondere dei* permischen und triassischen Ablagerungen (Neues Jahrb. f. Min., XIV. Beilage-Bd., 1901, p. 369-471, 2 tableaux).]
2. F. H. Smith, On the Geology ofthe Töchi Valley (Records Geol. Survey of India, XXVIIl, 1895, p. 106-110, pl. 3 : coupes) ; H. H. Havden, On Some fgneous Rocks from the Töchi Valley (Ibid., XXIX, 1896, p. 63-69).
donc jusque-là, et cette circonstance mérite d'être notée, des produits éruptifs se plaçant à peu près sur Thorizon des trapps du Dekkan. Les chaînes du Suliman (I, p. 555), dont La Touche a dernièrement donné une carte partielle, figurant les régions culminantes*, se détachent dans ces parages de Tare iranien principal, en isolant
FiG. 63. — L'arc du Sewestan, d'après la feuUIe 44 de VAtlas Universel de Géographie de Vivien de Saint-Martin et Fr. Schrader, dessinée par G. Bagge (Épreuve communiquée par MM. Hachette et C'% éditeurs). — Échelle de 1 : 5 000 000.
du côté de TEst un petit territoire distinct auquel on peut donner le nom de région du Sewestan (fig. 63).
La direction des chaînes du Suliman, qui est presque exactement N. S. au Takht-i-Suliman, tourne au S.S. W. avant d'atteindre le 30® parallèle, et entre 28<> et 29*» de lat. N. le bord externe des croupes moins élevées qui les prolongent s'oriente de TE. à TW. A partir de là, cette bordure, interrompue à plusieurs reprises par des anticli-
1. T. D. La Touche, Geology of the Sherani Hills (Records Gcol. Survey of India, XXVI, 1893, p. 77-96, carte, 5 pi.). Ce mémoire renferme (p. 93) quelques remarques intéressantes sqr le rebroussement du Nord.
naux plus saillants, recule très loin au Nord-Ouest, en dessinant un angle rentrant, puis rencontre les chaînes méridiennes qui séparent le Baloutchistan de Tlndus. C'est dans cet angle rentrant que passe la route du col de Bolan et de Quetta.
A rintérieur de l'espace ainsi délimité, de multiples faisceaux de plis exécutent la même conversion, vers le W. N.rW. et enfin le N.N.W., comme le montrent nettement les levés géologiques de Thal-Chotiali*(fig. 64).
La plupart du temps, ces faisceaux de plis ont une structure simple, et ce n'est guère qu'au bord sud-est de la région qu'il semble se produire un renversement. Comme dans les hautes chaînes du Suliman, ils sont formés en majeure partie de couches tertiaires et crétacées. Le plus ancien étage visible est un calcaire compact, dans lequel Lala Kishen Sing a trouvé des Amnaonites. Noetling y a signalé la présence du Macrocephalites macrocephahiSy en montrant que ce niveau correspond au « Châri Group » de Waagen, dans le Katch *. Il résulte en outre des recherches de Noetling que dans cette région, au-dessus du Néocomien à Belemnites latus, vient du Sénonien supérieur, sans l'intermédiaire des dépôts crétacés moyens qui sont si développés dans le Nord de l'Afghanistan.
Un échantillon isolé, provenant de la vallée d'un des affluents du Zhob, dans le Nord du Sewestan, a permis à Mojsisovics d'annoncer la présence de l'étage alaunique du Trias supérieur ^
5. Afghanistan et Iran. — Portons nos regards sur le col de Bolan et les environs de Quetta. Dans cette région, ce ne sont pas seulement les plis du Sewestan, incurvés au N.W., et ceux des chaînons méridionaux de l'Indus, dirigés N. -S., qui se rencontrent. La carte du territoire compris entre Sibi et Girishk, par Gricsbach, montre avec netteté comment, jusqu'au delà de Kandahar et jusqu'à l'Hilmend, se succèdent des chaînes et des tronçons de chaînes
1. R. D. Oldham, Report on the Geology and Economie Resources of the Country adjoining the Sind-Pishin Railway between Sharigh and Spintangi (Records Geol. Survey of India, XXIII, 1890, p. 93-110, carte), et Report on tfte Geology of Thal Chotidli and part ofthe Mari Country (Ibid., XXV, 1892, p. 18-29, carte et 5 pi.); C. L. Griesbach, On the Geology of the Country between the Chappar Rift and Hamai in Baluchistdn (Ibid., XXVI, 1893, p. 113-147, carte et ? pi.).
2. Fr. Noetling, The Fauna of the Kellaways of Maidr Drik (Palaeontologia Indica, Ser. XVI, Baluchistan, vol. I, pt. 1, 1895, 22 p., 13 pi.), et Preliminary Report on the Western Mari Hills and Zhob KaW«/ (General Report Geol. Survey of India for 1898-99, p. 50-63).
3. Didymites afghanicus; Edm. y. Mojsisovics, Beiträge zur Kenntniss der obertriadischen Cephalopoden-Faunen des Himalaya (Denkschr. k. Akad. Wiss. Wien, Math.naturw. CL, I^XIII, 1896, p. 611). L'échantillon avait été eayoyé par M. Griesbach.
qui toutes s'orientent parallèlement du N.E. au S.W. *. Elles proviennent sans doute de l'espace compris entre le Safed-Koh et l'extrémité septentrionale des chaînes du Suliman. Elles coupent en biais l'arc du Sewestan, limitent cette région au Nord-Ouest et arrivent avec leur direction S.W. à l'Ouest de Quetta. Elles sont également indépendantes des chaînes de l'indus, qui courent du Nord
Flu. 64. — Environs de Thal-Chotiali (Baloutchistan Britannique), d'après R. D. Oldham (Records Geol. Survey of India, XXV, 1892, p. 18).
1. Caleaires massifs et couches à Bëlemnites (Crétacé); 2. Dunghan (Couches de passage) ; 3. Ghâxij ; 4. Spintangi (Tertiaire inférieur) ; 5. Siwalik (Tertiaire supérieur) ; 6. Quaternaire et alluvions. — Echelle de 1 : 1 000 000.
au Sud (Monts Hala, Khirthar et Laki ; 1, p. 553). D'ailleurs, la première chaîne importante qu'on trouve au Nord-Ouest de Quetta, la chaîne des Monts Kojak, n'appartient pas à ce groupe, mais à celui des chaînes de l'indus.
Les chaînes de l'indus s'amorcent comme un nouveau faisceau de plis, dont la largeur augmente rapidement vers le Sud. Il ressort des observations très instructives de Vredenburg sur la bordure du bassin fermé que le prolongement méridional de la chaîne des Monts Kojak est situé à l'Est de Nushki. De ce point jusqu'aux alluvions de
1. C. L. Oriesbach, Mem. Geol. Survey of India, XVIII, part 1, 1881, en particulier p. 4-9.
rindus, en passant par Kélat, la largeur de la bande p lissée atteint déjà 150 kilomètres environ. La chaîne orientée S.S.W. qui forme à partir de Nushki le bord sud-est de la plaine de Kharan, atteint une altitude supérieure à 9000 pieds [2750 m.]. Tandis qu'au col de Bolan les calcaires éocènes et crétacés dominent, Ton voit ici des montagnes de Flysch éocène. A partir de Nushki, leurs chaînons s'écartent de plus en pluset tournent en même temps au S.W., à TW. et enfin au N.W., en enveloppant le Hamun-i-Mashkel vers le Sud. D'autres rangées, dessinant une courbe moins tendue, intermittente, achèvent d'isoler ce bassin fermé, en le séparant au Nord de la cuvette beaucoup plus vaste du Goad-i-Zirreh et de THilmend *.
En général, les chaînes ont la structure de plis très réguliers, déjetés vers le Sud, et parfois découpés en écailles. Mais dans quelques exemples examinés de plus près, Vredenburg a constaté que quand une dépression existe au Nord d*un pli, le déjettement change de sens et tourne au Nord, c'est-à-dire vers la dépression.
De grandes intrusions de granité et de diorite pénètrent jusque dans les assises les plus récentes de la série nummulitique, mais on en trouve les éléments à Tétat de cailloux roulés dans les couches de Siwalik, qui lui succèdent.
En même temps que Vredenburg, A. H. Me Mahon a parcouru ces régions ; les échantillons recueillis ont été étudiés par C. A. Me Mahon et Th. Holland. Les roches intrusives du versant occidental des Monts Kojak sont des granitites à biotite et à hornblende ; elles se prolongent au Sud-Ouest dans les Monts Sarlat et apparaissent aussi dans les reliefs situés entre THilmend et le Mashkel. Des diorites quartzifères et des diorites micacées à augite s'y associent et ont été retrouvées jusqu'au point extrême atteint du côté de l'Ouest (29^50' de lat. N., 60® 53' de long. E.), dans les chaînes persanes, orientées N. W. *.
1. E. Vredenburg, Raluckislan Désert (Oencral Report Geol. Survoy o£ India for 1898-99;p. 63-68 et 1899-1900, p. 50-52). [Voir aussi Report for 1900-1901, p. 30-35; et A Geoloffical Sketch of the Balûchistfin Désert and part of Eastern Pei^sia (Mem. Geol. Survey of India, XXXI, part 2, 1901, p. 180-302, pi. IV- XVI, et 3 cartes).] Une représentation d'ensemble des plis est donnée par les cartes de T. H. Holdich, The Perso- Baluch Boundary (Geogi'. Journ., IX, 1897, p. 416-422), et An Orographie Map of Afghanistan and Baluehistan (Ibid., XVI, 1900, p. 527-531).
2. A. H. Me Mahon, The Southern borderlands of Afghanistan (Geogr. Journ., IX, 1897, p. 393-415); C. A. and A. H. Me Mahon, Notes on some Volcanic and other RockSj which occur near the Baluehistan- Afghan Fronttei\ Iteiween Chaman and Persia (Quart. Journ. Geol. Soc, LUI, 1897, p. 289-309, carte); Th. H. Holland, An Account of the Geological Spécimens cotlected hy the Afghdn-Balïtch Boundary Commission of 1896 (Records Geol. Survey of India, XXX, 1897, p, 125-1.29, pi. XV : carte; voir aussi xnêroe vol., p. 252, 253).
A côté de ces roches eruptives anciennes, il existe des dislocations tout à fait récentes.
Les Monts Kojak sont traversés par un tunnel de chemin de fer, à Fextrémité ouest duquel se trouve la station de Sanzal. Le 20 décembre 1892 se produisit un violent tremblement de terre, et Ton vit s'ouvrir au voisinage de Sanzal, sur le parcours d'une dépression du sol correspondant à une ancienne fente, une fissure très longue. Griesbach a décrit les accidents qui ont affecté la voie ferrée au point de croisement. La fissure courait N.E.-S.W; les employés de la ligne n'ont trouvé l'extrémité de la fente ni dans un sens, ni dans l'autre*.
D'après A. H. Me Mahon, cette fente traverse en biais la crête de la chaîne principale en s'élevant jusqu'à 7000 pieds [2130 m.], atteint alors une vallée, coupe obliquement les versants de plusieurs contreforts des Monts Kojak, et jalonne le pied des Monts Sarlat sur toute leur longueur jusqu'à Nushki. Là, après un parcours de 180 kilomètres environ, son extrémité n'a pas encore été reconnue. Elle a souvent l'aspect d'une tranchée de chemin de fer et on l'utilise en certains points comme route. Ce serait donc une vraie ligne disjonclivPy de formation contemporaine.
Dans la chaîne de Sarlat, à l'Ouest de la fente, se montrent des cendres volcaniques. C'est le début d'une longue série de pointements de cendres, de ponces et de laves, principalement andésitiques, qui montrent que les Monts Ghagai, entre l'Hilmend et le Mashkel, malgré la présence locale de roches anciennes, sont en majeure partie d'origine volcanique.
A ces observations se rattachent très heureusement les renseignements donnés par Blanford sur la région comprise entre la côte et Kirman, renseignements dont il a déjà été question au 1. 1 (p. S32). Plusieurs des chaînes infléchies au N.W. sont accompagnées de grands volcans. Les Monts Ghagai ne forment que la zone la plus interne, orientée E.-W. ; les autres groupes ou chaînes volcaniques sont situés en dedans des chaînes dirigées N.W. Une première chaîne de ce genre est celle des grands cônes volcaniques appelés Koh'i'Basman et Koh-i-Naushada, Ge dernier, qui porte aussi le nom de Koh-i-Taftan,aétégravi parSykes; son altitude est de 12 800 pieds environ [3820 m.], 13 500 pieds d'après la carte de Holdich [4114 m.], et son cratère, en i 894, était rempli de vapeurs chaudes sulfureuses*.
1. CL. Griesbach, Notes on the Earthquake in Balüchistdn on the iOth December, i89£ (ïlecords Geol. Survey of India, XXVI, 1893, p. 57-61, 3 pi.).
2. P. Molesworth Sykes, Récent Journeys in Persia (Qcogr. Journ., X, 1897, p. 568-
Une seconde zone correspond aux pointements signalés par Blanford entre Bampour et Bam ; peut-être le Koh'Hazar{ii 500 pieds [4 420 m .]) , entre Bam et Kirman, en fait-il encore partie. Là nous arrivons au domaine des travaux étendus de Stahl ; ces études nous montrent sans doute que dans les montagnes courant au N.W., à partir de Kirman, on n'a pas trouvé jusqu'à présent de cendres et de laves récentes, mais qu'elles reparaissent sur un grand nombre de points dans une chaîne située plus à TOuest, celle qui court à l'Ouest de Bahramabad et de Yezd, et qu'elles s'étendent même jusqu'au delà de Koum (35®delat. N.)^ Sur les cartes de Stahl, on voit en outre que les longues coulisses partant de Kirman et du bord occidental du grand désert de Dacht-i-Lout possèdent déjà la direction N.W. caractéristique des chaînes du Zagros. Toutefois, il ne semble pas qu'elles représentent autant de voûtes régulières : une chaîne ne présente sur de longuesdistancesquedes couches plongeantau S.W., comme si elle ne correspondait qu'à la moitié d'un anticlinal, une autre affecte une structure synclinale, etc.
La série des couches est différente de celle des chaînes extérieures de l'Iran. Les épais calcaires à Nummulites et Alvéolines qui, superposés aux calcaires à Hippurites, s'étalent à partir du col de Bolan dans les chaînes de l'Indus, forment les faisceaux de plis méridionaux du Baloutchistan et la plus grande partie des chaînes du Zagros jusqu'en Mésopotamie. Dans les chaînes internes, les calcaires à Hippurites existent bien encore, mais au-dessous, les terrains antérieurs prennent un grand développement. Plusieurs étages du terrain jurassique sont connus, et dès le voisinage de Kirman, dans les Monts Durmanou, de la houille et des couches à empreintes végétales sont associées à des bancs d'origine marine à Goniomya et Pecien. Ce sont ces mêmes couches à empreintes végétales, attribuées tantôt à divers étages du Lias et tantôt à l'étage rhétien, mais qui probablement n'appartiennent pas toujours exactement au même horizon, qui s'étendent à partir de là sur le Nord de la Perse et le Caucase, puis que l'on retrouve dans les Balkans, en Serbie, dans les Alpes Orientales (faciès des couches de Gresten), jusqu'au delà de Bayreuth et plus loin encore ^
597); voir aussi sa note, Quart. Journ. Geol. Soc., LUI, 1897, p. 292-293; E. Vredenbnrg donne quelques détails sur les volcans récents (General Report Gcol. Snrvoy of India for 1898-99, p. 67) [et Mem., XXXI, pt. 2, 1901, p. 270-287, pi. IV, XI V-XVl, et cartes 2-3).
1. A. F. Stahl, Reisen in NotHl- und Zentral- Persien (Peiermanns Miiteil., Krgänzungsbeft Nr. 118, 1895, 39 p., 3 cartes), et Zur Geologie von Persien; Geognostische Beschreibung von Nord- und Zentral-P ersten (Ibid., Erg&nzungshcft Nr. 122, 1897, 72 p.» 3 cartes, 1 pl. de coupes).
2. Voir un bon aperçu dans Frid. Krasser, Ueber die fossile Flora der rhätiscken
Dans la même coulisse apparaît, au Sud d'Abdid (par environ 57* de long. E. et 31<>10' de lat. N.), au-dessous des calcaires crétacés, du Dévonien à Tentaculites et à Spirifer ArckiaciK
Sous cette latitude, les terrains paléozoïques ne manquent pas d'ailleurs dans les chaînes du Zagros, du côté interne; c'est ce qui résulte des voyages de Rodler dans le Louristan*. Vers le Nord- Ouest, ils se rattachent à la grande région schisteuse de Tlrak; quelques pointements isolés de granitite se présentent, et finissent par aboutir au grand massif granitique de TElvend, près de Hamadan, et aux contrées dont il a déjà été question d après les données de Loftus, Tietze et Wähner (I, p. 653). La constance de la direction N.W. est confirmée plus au Nord par les travaux de Frech et Arthaber en Arménie'.
Nous avons vu que les Monts Kojak, au Nord-Ouest de Quetta font partie des chaînes de Tlndus, dont les branches orientales longent ce fleuve en se dirigeant du N. au S. tandis que les branches occidentales, s'écartant de plus en plus vers le S.W., entourent les bassins fermés du Mashkel et de THilmend en décrivant une grande courbe, puis se prolongent au Nord-Ouest. A ces prolongements N.W. appartiennent en fait les chaînes de Kirman et de Yezd, et plus à TOuest, l'ensemble des chaînes du Zagros, le long du Golfe Persique et jusqu'au rebroussement de l'Arménie. Il se trouve en même temps, et cette circonstance est remarquable, qu'au
Schichten Persiens (Sitzuasgber. k. Akad. Wiss. Wien, C, 1891, Abth. 1, p. 413-432); pour rextensioa de ces dépôts, Toir la carte de Pompeckj, Zeitschr. Deutsch. Geol. Oes., XLIX, 1897, p. 828).
1. A. F. Stahl, Mém. cité, p. 63 et 68. [Sur la route de Kachan à Ispahan, eatro Kohrud et Soh, J. de Morgan a recueilli un certain nombre do fossiles permiens marins, analogues à ceux du Sait Range, une ammonite aptienne, enfin une faune éocône (Lutëcien) très riche (H. Dourillé, Comptes rendus VIII* Session Congrès gèol. Internat, en France, 1*' fasc, Paris-Lille, 190i, p. 442).]
2. A. Rodler, Bericht über eine geologische Reise im westiichen Persien (Sitzungber k. Akad. Wiss. Wien, XCVIII, 1889, Abth. I, p. 28-39), et Brief aus Suitanabad {AmcigüT k. Akad. Wiss. Wien, 18. Oct. 1888) ; une carte du pays des Bakhtyaris, sur laquelle ap^ paraît nettement la tendance de toutes ces chaînes à s*orionter au N. W., est donnée par H. A. Sawyer, The Bakhtiari Mountains and Upper Elam (Oeogr. Journ., IV, 1894, p. 481-505). Dans ce mémoire, on signale également la présence de granité et môme d'un Tolcan récent. [Voir aussi la Carte de VElam de J. de Morgan, Mission Scientifique en Perse, /, Études géographiques y atlas in-f", Paris, 1895. Les nombreux fossiles rapportés du Pays des Bakhtyaris et du Louristan par cet explorateur ont permis à H. Douvillé d'y reconnaître la présence d*une faune de Rudistes associée aux Lofttisia, que Ton avait jusqu'à présent considérés comme éocèncs, et de deux niveaux appartenant à la Craie supérieure (couches à Oursins et couches à Cérites), dont la richesse en fossiles est extraordinaire (Comptes rendus VIII* Session Congrès géol. Internat., p. 442-446).]
3. Fr. Frech und G. ▼. Arthaber, Ueber dos Paläozoicum in Hocharmenien und Per-^ sien, mit einem Anhang über dié Kreide von Sirab in Persien (Waagen und Arthabcr's Mitlheü. Paläont. Inst, üniversit. Wien, XII, 1900, p. 157-308), pl. XV-XXII, carte géoL)
point de courbure maximum de ces longues chaînes, dans le Baloutchistan et l'Afghanistan, on ne connaît jusqu'à présent que des sédiments récents, et c'est seulement dans leurs prolongements N.W., dans les coulisses de Kirman et du Louristan et plus au Nord- Ouest encore, qu'apparaissent des terrains paléozoïques, et d'une façon générale des terrains anciens. Kurrachee (2S*> de lat. N.), au voisinage des bouches de l'Indus, n'indique pas la limite vers le Sud des arcs du Baloutchistan, qui continuent sous la mer. Et pourtant ce point est situé à 8 ou 9 degrés de latitude plus au Sud que la zone externe du rebroussement sur le Jhelam. C'est donc d'autant que l'arc iranien s'est avancé vers le Sud, par rapport à l'Himalaya. Le bord externe du rebroussement arménien, à la rencontre
Porta« Caspiennos
Zarin-Koh
Karegatch ^
Noun.R.
Fio. 65. — Coupe de la chaîne de l'Ëlbourz passant par le Demavend, d'après A. F. Stahl (Petermanns Mitteil., Ergänzungsheft Nr. 122, 1897, pl. 4, flg. V).
p, Terrains primaires;/, Lias; j, Terrain jurassique moyen et supérieur; er^ Terrain crétacé: ^ Torrains tertiaires; a//, Alluvions : 5, Diorite et diabaso ; a, Andésite, basalte, trachyte; T, Tufs volcaniques. — Échelle des longueurs 1 : 1 000 000 ; hauteurs ,1 : 25 000.
des chaînes iraniennes et du faisceau du Taurus, se trouve compris, aux environs de Diarbékir, entre 37** et 38*» de lat. N., et ces parties de Tare orientées N.W. reculent par conséquent plus encore vers le Nord que les chaînes méridiennes du Suliman et de rindus ne s'étaient avancées vers le Sud. Les arcs éocènes du Baloutchistan acquièrent par là dans Tédifice iranien une situation excentrique, au Sud-Est. Mais dans Tlran, on constate qu'à l'extrême Nord-Ouest, im arc secondaire^ la chaîne de VElbourz, se dresse sur le bord sud de la Mer Caspienne, comme un faisceau presque indépendant.
Il résultait déjà des travaux antérieurs, et en particulier de ceux de Tietze, que TElbourz est un arc de type central-asiatique refoulé vers le Sud (I, p. 633), comprenant des plis étroitement serrés que recoupent souvent des failles et auxquels est superposé le cône volcanique du Demavend (fig. 63). Les travaux de Stahl fournissent de nombreux détails sur certaines parties de TOuest, du Centre et de
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