‹ La face de la terreChapitre 8 sur 137 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

LE iNORD DE LA SIBÉRIE

l. L'Asie. — 2. L'amphithéâtre dlrkoutsk. —3. Plaine de la Sibérie Occidentale; transgressions du détroit de Tourgaï. — 4. Succession des terrains dans le plateau de la Sibérie Orientale ; Continent de Gondwana, Téthys et Continent de l'Angara. — 5. Vallée de T Angara; plis marginaux; granité de Nijné-Oudinsk. — 6. Podkamennaïa Toungouska. — 7. Nijniaïa Toungouska; bas lénisséi. — 8. Ligne de partage entre le lénisséi et la Lena. — 9. Lena et Vilioui. — 10. Résumé.

1. L'Asie. — L'unité de structure des montagnes de TAsie a été reconnue par les savants qui connaissent le mieux cette partie du monde, et chaque observateur, suivant son point de vue, en a donné une expression différente. En Sibérie, Sémenov parle d'un pays à terrasses étagées : le Gobi représenterait, avec le Khingan, le gradin le plus élevé, le Pays de TAmour et le Sikhota-Alin correspondraient à un second gradin, la mer, avec ses courbes insulaires, à un troisième. En Chine, Richthofen acquiert l'impression que tout le pays s'affaisse, par de grandes flexures, vers TOcéan Pacifique. Au Japon, Naumann compare F Asie à une calotte surélevée du globe terrestre, circonscrite à la périphérie par des cassures. Lorsqu'on est au pied des chaînes renversées de THimalaya, dit Griesbach, il semble qu'on voie la masse entière de l'Asie se mouvoir vers le Sud.

Jetons les yeux sur une carte d'Asie.

Des arcs y sont visibles à l'Est, sur le rivage comme dans les guirlandes d'îles; d'autres segments se montrent au Sud, puis sur le Gange, sur l'Indus, et aussi, plus à l'intérieur, dans l'Iran, dans le Kouen-lun occidental ; ensuite viennent les branches divergentes du Tien-Chan. Ces arcs sont plus ou moins incurvés, tantôt ils se

LE NOllD DE LA SIBÉRIE. il

gênent mutuellement et tantôt des massifs intermédiaires les font dévier ; mais ils n'en sont pas moins manifestement harmoniques, c'est-à-dire disposés suivant un plan d'ensemble , dont l'unité conduit à supposer qu'il existe un sommet commun dans l'intérieur de l'édifice tout entier.

Ce sommet commun est situé au voisinage d'une cassure en arc de cercle, entourant comme un amphithéâtre la région d'Irkoutsk. Près du bord oriental de cet amphithéâtre se trouve le lac Baïkal.

Essayons encore une fois de jeter un coup d'œil général sur la carte.

En nous avançant encore une fois des arcs plissés de la périphérie vers l'amphithéâtre d'Irkoutsk, nous constatons que les formes typiques, des montagnes se modifient de môme dans l'intérieur. Sans doute, la nature a distribué ces sommets et ces chaînes en variant à l'infini ses combinaisons merveilleuses : aucun œil humain ne peut en contempler l'ensemble, et aucune plume ne parviendrait à les décrire dans leur totalité. Néanmoins, nous distinguons sur le bord externe du grand édifice, au voisinage de la mer, de nombreux volcans, le majestueux Klioutchev, la cime effilée du Fouji- Yama, le gouffre du Krakatau, le double cône de Barren Island, plus loin le Koh-i-Taftan et les autres cônes puissants du Baloutchistan méridional. Ensuite, plus près du centre, viennent les pics géants des hautes chaînes, étincelants de glaciers, le Gaurisankar, le Moustagh-Ata, les montagnes du Tibet. Puis les longues murailles rocheuses du Gobi, dressant leur silhouette dénudée audessus des Biel, socles de couches horizontales qui leur servent de ceinture. Arrivés au Nord de la Mongolie, nous trouvons des régions que l'âge a privées de leurs charmes. Des crêtes suprêmes de l'Altaï jusqu'au Sud du Baïkal, jusque vers le cours supérieur de l'Amour et aux rives de la Mer d'Okhotsk, on n'aperçoit que des montagnes soit rasées ou morcelées en horsts d'un faible relief, ou enfin présentant l'aspect caractéristique de hauteurs « monomorphes », comme les appelle Radde. Ce sont des cônes arrondis, plus ou moins isolés ou disposés en groupes, s'élevant sur une large base fort au-dessus de la limite des forêts. Des traînées de blocs et de débris, parmi lesquels apparaissent quelques stries ou quelques taches de neige, recouvrent leurs versants. En Sibérie, on donne aux monts de ce genre le nom de Goletz ou « tête chauve » (fig. 1). Les sommets de la Biéloukha dans l'Altaï, le Mounkou-Sardyk près du lac Kossogol, le Sokhondo et

beaucoup d^autres cimes élevées de ces antiques montagnes présentent plus ou moins cet aspect. Puis, au delà des sources du Vilioui, dans les lointaines solitudes du Nord, nous rencontrerons des montagnes tabulaires étendues, dont le pied et les versants sont faits de terrains paléozoïques anciens restés horizontaux, tandis que le toit est formé par une couverture de roches eflfusives basiques. Ce toit est souvent uni comme une planche, mais souvent

Fio. 1. — Goletz sur le Khon-Kholdoï-Daban (Alpes de Tounkinsk), d'après une photographie communiquée par M. latchevsky.

aussi les fentes et le ruissellement Tont morcelé en créneaux d'aspect fantastique, dans lesquels les superstitieux Toungouses croient voir des revenants. Enfin, nous atteignons la Toundra et les transgressions mésozoïques à Tallure tranquille des rives de la Mer Glaciale.

Ainsi varient les formes; mais c'est seulement s'il était possible d'appliquer des couleurs sur ces contours, et de comparer les jardins ensoleillés de Buitenzorg avec le paysage jaune des terrasses de loess de la Chine (fig. 2) ou avec les nuages de brouil-

si 1 2

es «À P CO

p< I os d

lard qui, aux bouches do la Lena, recouvrent les tombes glacées de tant d'explorateurs morts au service de la science, — c'est seulement alors que Ton pourrait se faire une idée plus nette de la grandeur, de la complexité et de la beauté du sujet dont il va être question dans ce chapitre et dans les suivants.

Les contrastes dans la structure du sol et des montagnes ne sont pas moindres que ceux de leur forme extérieure. Au pied sud do THimalaya s'étendent des couches tertiaires récentes renversées; au Nord du Baikal, on rencontre jusqu'à la Mer Polaire des sédiments cambriens ayant conservé leur horizontalité primitive. De fait, le lac Baïkal est situé au voisinage d'une limite importante. Au Sud de ce lac se trouvent des chaînes courbes, dont l'allure en arc de cercle semblerait beaucoup plus frappante encore, la plupart du temps, si nous n'étions pas habitués à réunir sous certains noms traditionnels, comme Stanovoï, Saïan et Kouen-lun, des tronçons montagneux d'origine différente. Au Nord et à l'Ouest du Baïkal vient la région des couches peu dérangées et des tables solitaires. Mais, plus au Nord, les arcs recommencent; il n'en existe que deux, l'arc de Verkhoïansk et Tare de Taïmyr, ce dernier étant très mal connu et même douteux.

Nous obtenons ainsi une première division de TEurasie orientale, où l'on peut distinguer les domaines suivants : 1** los doux arcs arctiques ; 2® la plaine do Sibérie ; 3° la grande région externe, plissée en arc de cercle.

Les arcs du Nord sont nettement limités du côté do la plaine ; le cours inférieur do la Lena jalonne dans des circonstances spéciales une partie do la limite do l'arc do Verkhoïansk. Comme on le verra bientôt, la plaine de Sibérie se divise on deux parties distinctes ; la moitié occidentale, le bassin déprimé do l'Ob, est recouverte de sédiments récents. Il est beaucoup plus difficile de définir la limite méridionale do la plaine : la difficulté réside dans la diversité.

Pour faciliter l'intelligence dos faits qui seront exposés dans la suite, nous commencerons par esquisser rapidement la limite méridionale de la plaine do l'Est, dans la partie comprise entre le lénisséi et le Baïkal. Mais, auparavant, je ne puis m'empêcher d'exprimer ma sincère admiration pour les travaux accomplis par nos confrères russes en Sibérie; j'aurai d'ailleurs plus d'une fois l'occasion de les remercier dos avis et des conseils qu'ils ont bien voulu me donner.

2. L^ampliitliëâtre dlrlumtak. — A l*Ouest du Baikal, la bordure méridionale de la plaine recule vers le Sud et forme un vaste amphithéâtre, à Tintérieur duquel est située la ville d'Irkoutsk. Mais Ton voit aussi, sur la fig. 3, se développer dans cet amphithéâtre le cours de TAngara et de la Podkamennaîa Toungouska,

Long. E. Gr,

Fio. 3. — L*amphithéàtre dlrkoutsk.

/V, Primonkii Khrébat; On, Onotskii Khré)>et; AfS, Moonkou-Sardyk. — a. Faille du Ienisseï: b, 6, Faille dn Primorskii Khrébet. — I, I, Massif archéen du lénisséi; II, II, Saïan Oriental (Ergik-Targak); III, Alpes du Kitoî et de Tounkinsk: I\% Plateau du Vitim; V, Massif du Patom; VI, lablonovii Khrébet. — Échelle de 1 : 15000000.

le cours supérieur de la Nijniaïa Toungouska et celui de la Lena. Déjà, la juxtaposition du cours supérieur de tant de rivières montre combien est grande la différence avec le système hydrographique de rOb, dont les branches se réunissent en une seule artère principale. La bordure comprend plusieurs tronçons, qui sont : le massif archéen du lénisséi moyen (I, I), coupé par une faille le long de ce fleuve (a), entre les confluents de la Podkamennaîa Toun-

gouska et de TAngara, et que l'on peut suivre au delà de TAngara, vers le Sud, à Tétat de lambeaux isolés ; puis une longue chaîne plissée (II, II), désignée sur les cartes, dans sa plus grande étendue, sous le nom de Saïan Oriental ou Ergik-Targak, et se prolongeant jusqu'à une certaine distance au delà du lénisséi, près de Krasnoïarsk. Le Mounkou-Sardyk {M S), sur les bords du lac Kossogol, les Alpes du Kitoï et de Tounkinsk (III, III) en font partic. Tout l'Est de la bordure est formé par les monts de la Transbaïkalie, s'étendant des hautes terres du Patom, au Nord (V), jusqu'au delà du haut Plateau du Vitim et de ses prolongements vers le midi (IV, IV), et s'avançant très loin dans l'Est, par delà le versant si souvent nommé du lablonovii, sur Flngoda et la Tchita (VI, VI).

A l'Ouest du lac Baïkal se trouve encore un étroit liséré montagneux (Pr), qui se rattache intimement par sa structure aux monts de la Transbaïkalie. Il se termine près du bord ouest du lac par une faille (A, b). C'est le Primorskii Khrébet ou « Chaîne du Lac ».

Tous les terrains de l'encadrement de l'amphithéâtre d'Irkoutsk sont d'âge précambrien. Tous sont plissés. Ce sont ces parties montagneuses qui forment le bord sud de la plaine de la Sibérie Orientale. Bien différent d'aspect est l'encadrement de la plaine occidentale : là s'avancent les longues branches de la virgation du Ticn-Chan ; les ramifications de la plaine s'étalent dans leurs intervalles, sur rili, sur le Tchou, sur le Syr-Daria. On peut les regarder comme une ceinture méridionale privée d'écoulement, et entourant le grand bassin fluvial de l'Ob.

En avant de cette virgation du Tien-Chan se présente, notamment à l'Ouest de l'Irtych, une chaîne plissée singulière, indépendante, dont l'importance oroçraphique augmente dans la Steppe des Kirghiz.

Après ces remarques préliminaires, je vais essayer de décrire d'abord la plaine, et en premier lieu la plaine occidentale, en m'appuyant sur les documents qui sont à ma disposition. La plaine orientale, ou plutôt le plateau oriental, ne viendra qu'en seconde ligne, comme se rattachant plus étroitement par sa constitution aux régions montagneuses dont il sera question dans le chapitre suivant.

Quant aux arcs du Nord, nous ne nous en occuperons que bien plus tard, parce qu'il sera nécessaire de discuter, au préalable, les rapports de l'Alaska avec la chaîne de Verkhoïansk.

3. Plaine de la Sibérie Occidentale. — Cette plaine s ouvre vers la Mer Polaire, et elle possède au Sud-Ouest une porte qui a permis aux eaux de communiquer, au moins d'une manière temporaire, avec la Mer d'Aral et avec la région méditerranéenne de l'Europe . Cette circonstance rend Tétude de ce vaste domaine particulièrement instructive au point de vue de la nature des grandes transgressions.

A rOuest de Sémipalatinsk sur l'Irtych, et jusque bien au delà d'Akmolinsk, nos cartes indiquent une « Steppe orientale des Kirghiz ». Mais on oublie trop souvent qu'en Sibérie on désigne sous le nom de Steppe toute région pauvre en pluies et en végétation, et surtout en arbres, quelle que soit la forme du sol, et par opposition à la Taïga^ c'est-à-dire à la forêt vierge.

La Steppe orientale des Kirghiz est une vaste contrée montagneuse, où le sol s'élève dans certaines croupes jusqu'à plus de 4000 pieds [1200 m.]. La partie occidentale de ces reliefs ferme vers le Sud-Ouest la plaine de Sibérie, de telle sorte que, du côté de rOural méridional, sur la ligne de partage entre le Tobol et rirghiz, il ne reste qu'un passage relativement étroit : c'est le détroit de Tourgaï.

Ce détroit a rendu possibles les communications temporaires avec les eaux du Touran et de la Méditerranée.

La limite occidentale de la plaine est formée par l'Oural ; quant à la limite orientale, il faut la chercher au voisinage du lénisséi. latchevsky a montré que, de l'Est, des roches archéennes s'avancent jusqu'au lénisséi et disparaissent sur les bords mêmes du fleuve, entre le confluent de l'Angara et un point situé tout près du confluent de la Podkamennaïa Toungouska (Toungouska « Pierreuse » ou Toungouska « des Montagnes »), le long d'une cassure très continue dont la lèvre occidentale est affaissée (a, fîg. 3j *.

La rive droite du fleuve est escarpée et rocheuse ; elle coupe à angle aigu les terrains anciens, dont la direction est N.W.-S.E. La rive gauche est plate, les terrains anciens ont disparu, et sur tout le vaste espace qui s'étend jusqu'à l'Ob, on ne voit s'élever, au milieu des alluvions récentes, que des restes isolés d'une couverture de grès tertiaire friable, aujourd'hui presque complètement détruite»

Un peu en amotit du confluent de la Podkamennaïa Toungouska, le lénisséi s'élargit* Des écueils rocheux, connus sous le nom de

!. L. latchevsky, Äap/)or/ sommaire sur l'Arrondissement minier duNorddeVIénisséi, h (Gornyi Journal [Joiirnal dcö mines Russes], 1894, n"» 1, p. 127 et suiv.).

«Soixante-dix Iles», s'élèvent dans son lit. Près du village d'Ossinovoï, les terrains anciens passent sur la rive gauche, et de là ils se poursuivent vers la région des sources du Tass. L'affaissement a donc cessé en ce point.

Occupons-nous maintenant des sédiments qui remplissent la dépression de TOb.

En dehors des importants travaux de Karpinsky sur les rapports de rOural et du Caucase, dont nous aurons à parler plus tard, il convient de signaler dès à présent quelques résultats relatifs à la provenance des transgressions, dont la science est redevable aux études des géiologues russes.

La transgression du Jurassique moyen, partant des régions arctiques, atteint la Russie Centrale en passant par le bassin de la Petchora ; on Ta signalée près de Cracovie et jusqu a Textrémité orientale de la Bavière ; au Sud de la Russie, elle pénètre à travers la dépression du Touran jusqu'au Baloutchistan et entoure les rives de l'Océan Indien. Jusqu'à présent, cette transgression est inconnue dans la Sibérie Occidentale.

Nikitin a réuni les faits qui prouvent d'une manière concluante que la mer de l'étage volgien est venue du Nord, et qu'au contraire la transgression de la Craie moyenne et supérieure s'est avancée sur les plaines de la Russie d'Europe en venant de l'Ouest et du Sud*.

Sokolov a montré que vers la ßn de la période éocène, et en tout cas à l'époque de l'Oligocène inférieur, il existait dans la Russie méridionale une vaste mer, qui communiquait librement avec la mer oligocène inférieure de l'Allemagne du Nord. Cette mer se retira avant l'époque de 1' « étage de Poltava », c'est-à-dire avant l'époque des forêts de l'ambre ^

La dernière transgression de la Mer Glaciale dont les traces soient visibles, dans les parages les plus septentrionaux de la Russie, était sans aucun doute d'origine arctique. Elle est postérieure à une notable partie de l'époque glaciaire.

Le cours actuel du Tobol indiqme le tracé de l'ancienne communication des eaux à travers le détroit de Tourgaï. Les affluents qu'il reçoit dans son cours supérieur, sur la rive gauche, permettent de constater que les terrains de l'Oural continuent à régner

1. s. Nikitin) Les vestiges de la période crétacée dans la Russie centrale, r« f. (Mém. Comité géoL, V, n« 2, 1888, carte).

2. N» Sokûlow, Die üntertertiären Ablagerungen Sildrusslands, r. a. (Mënii Comité géol., tXj n« 2, 1893» 2 cartes [yoir La Face de la Terre, II, p. 503^ fig. 90]).

èO LA KACE DE LA TERRE.

jusqu'à une grande distance à FEst du bord des montagnes, avec la même direction et à une faible profondeur au-dessous de la surface. Encore assez haut en amont de Koustanaï et au-dessus du confluent de TAïat, Krasnopolsky a trouvé sur le Tobol du porphyre, de la porphyrite et du Dévonien ; et sur TAïat, entre Nikolaïevsk et le confluent, le même géologue a vu du porphyre, de la diabase, des traces de Carbonifère, des couches mésozoïques à empreintes végétales et de la Craie supérieure marine*.

Sur l'Aïat, la Craie horizontale recouvre des couches paléozoïques redressées. Elle renferme Ostrea vesicularis, Ostrea acutirostris, Belemnitella lanceolata, etc. Son faciès est tout à fait européen. Mais, d'après les observations actuelles, elle ne dépasse pas rAïat; en effet, par un contraste absolu avec ce qu'on observe dans l'Europe Centrale, aucune trace certaine de la transgression du Crétacé supérieur n'a encore été signalée jusqu'à présent dans toute retendue des plaines de la Sibérie, à moins qu'il ne faille considérer comme telle un lambeau très éloigné, situé sur la Sossva, dans le Nord-Est de l'Oural, lambeau dont nous reparlerons bientôt et dont les caractères sont d'ailleurs difl'érents.

Après l'époque crétacée, les mers tertiaires envahissent le détroit de Tourgaï. Wissotzky a donné un intéressant aperçu de la répartition des dépôts qu'elles ont laissés en Sibérie (fig. 4)*. Ces dépôts commencent, comme dans la Russie d'Europe, avec un des derniers horizons del'Éocène; c'est un grès grossier verdàtre,glauconieux, contenant des dents et des vertèbres de Poissons et les restes mal conservés de Pholadomyes, de Cyprines, d'Huîtres, etc. C'est là du moins l'aspect qu'ils présentent sur le haut Tobol.

Les sédiments oligocènes inférieurs sont surtout argileux et ont une grande extension. Ils forment une série de lambeaux sur le versant nord des collines de la Steppe des Kirghiz et s'avancent même jusqu'auprès de Sémipalatinsk, dans la vallée de l'Irtych, Là, ils affectent l'aspect d'argiles feuilletées gypsifères, d'un gris violacé ou bigarrées, où l'on trouve CyprinUy Ftistis graciliSj Fustis multistilcatus, etc. Mais ils s'étendent aussi très loin vers le Nord.

1. Krasnopolsky, Travaux de ta Section minière dans la Sibérie occidentale en 1898 (Bull. Comité géol. S'-Pétersbourg, XIII, 1894, p. 181, 182 r. et 194, 195 f.); du même: Recherches géologiques dans le bassin du Tobol, r. f. (Explorations géologiques et minières le long du Chemin de fer de Sibérie, livr. XX, 50 p., 1 carte, St.-Pëterebourg, 1899). Le plongement du Déyonien, inférieur à 60«', est S.W. 255«, ce qui répond & la direcüon N.N.W. 345».

2. N. Wyssotzky, Aperçu sur les dépôts tertiaires et posttertiaires de la Sibérie occipentale, r. f.(Erplor. géol. Ch. de fer de Sibérie, V, 1893, p. 69-94, carte).

Fédorov les a observés sur la Sossva au delà du 63® de lat. Nord, et ils affleurent sous la même latitude, à TEst de ce point, près de Souréisk, au bord de TOb. On ne saurait douter que la mer oligo-

i:ij.ooo.ooo

o 10 loo loo :irv) 400

Fio. 4. — Extension des dépôts tertiaires dans la Sibérie Occidentale, d'après Yissotzky 1. Dépôts marins éocones et oligocènes ; 2. et S. Formations d'eau douce du Tertiaire moyen et supérieur; 4. Dépôts récents d'origine fluviale et lacustre; 5. Dépôts à blocs erratiques; 6. Produits de la dernière transgression arctique.

cène inférieure de TAUemagne a pénétré à FEst de TOural, par le détroit de Tourgaï, jusqu'au domaine actuel de la Mer Glaciale.

Vers le milieu ou la fin de la période oligocène, toute communication rnarine par le détroit de Tourgaï ce^se, Les argile^ jparipes

commencent à alterner avec des bancs de Ugnite; on trouve de l'ambre ; il y a des sables blancs. Exactement comme dans la Russie méridionale, c'est la phase des forêts de Fambre qui succède au retrait de la mer. Désormais, les mers européennes ne communiquent plus avec TOcéan Arctique par la voie de Tourgaï.

L'horizon qui vient ensuite, dans TOuest delà Sibérie, et qu'on doit peut-être attribuer déjà au Miocène, correspond à des couches minces d'une argile gypsifère d'un gris brun, contenant parfois des eaux salées et servant de lit à des lacs saumâtres. Ces argiles n'affleurent que dans les vallées, où elles s'étendent d'ailleurs, comme les précédentes, jusqu'au delà du 62® de lat. N.

Au-dessus se présentent les dépôts d'eau douce du Tertiaire moyen et supérieur, dont l'extension est très considérable. Ce sont surtout des grès tendres, horizontaux, associés à des lignites ; leur flore a été décrite par Heer comme miocène *. Ces dépôts d'eau douce se montrent déjà dans le détroit de Tourgaï lui-même et forment en avant des montagnes de la Steppe des Kirghiz une bordure fort large, qui s'étend vers le Nord jusqu'à laloutorovsk, sur le Tobol, puis jusqu'à Kaïnsk et bien plus loin encore vers l'Est, dans la Sibérie Orientale. Il est possible, d'ailleurs, que cette zone représente différents étages tertiaires. Sur l'Irtych, à 60 verstes en aval d'Omsk, on a trouvé une dent de Mastodon tapiroides.

Les Unios sculptées dont Tchersky et Martensont fait connaître Ja présence près d'Omsk portent le cachet des gisements levantins de l'Europe méridionale '^

Nous ne dirons rien ici des formations glaciaires et des dépôts à Elephas primigenius.

En résumé, la série des terrains comporte, dans le Sud-Ouest de la plaine sibérienne, des couches marines comprises entre le Sénonien et le milieu environ de la période oligocène, et correspondant aux mers qui ont passé par le détroit de Tourgaï; puis viennent des couches d'eau douce, représentant l'intervalle allant de l'horizon des forêts de l'ambre probablement jusqu'à l'étage levantin.

Il en va tout autrement dans le Nord. Nous devons les données

1.0. Hcor, Beitrüge zur Fossilen Flora Sibiriens und des Amurlandes y K. Miocène Pflanzen aus Sild-West-Sibirien. Pflanzen von Simonowa im westlichen Ost-Sibirien (Mém. Acad. Imp. Sc. S*-Pétcrsbourg, 7« s6r., XXV, n» 6, 1878, p. 36-48, pl. IX-XIV).

2. E. V. Martens, Fossile Süsswasser-Conchylien aus Sibirien (Zcitschr. Deutsch. Geol. Ges., XXVI, 1874, p. 741-751); F. vcn Czerski [Tchersky], Zur Frage über das Alter der in den Umgebungen von Omsk voi kommenden Schichten (Ibid., XXVIII, 4876 p. 2n-22i}.

les plus détaillées sur cette région à Fédorov*. Du 62^ delat.N. jusq^u*au voisinage du 64®, et sans doute encore bien plus loin vers le Nord, on voit dans le fond des vallées une argile verte à géodes, s'élevant rarement à une certaine hauteur au-dessus des basses eaux. D'après les fossiles, Nikitin y distingue deux horizons,àla base Tétage volgien à Olcostephaniis okensis et au-dessus le Néocomien. En un point, sur la Sossva, Fédorov a trouvé des schistes argileux ou argiles grasses de couleur sombre, contenant de nombreux fragments de Baculites. Ce lambeau, auquel nous faisions allusion tout à l'heure, est le seul gisement connu jusqu'à présent, dans le Nord de la Sibérie, d'un dépôt qu'on puisse rapporter à la Craie supérieure. Il n'est guère possible, d'après les données actuelles, de préciser davantage la comparaison avec la Craie méridionale de type européen (II, p. 484).

Les sédiments d'eau douce paraissent manquer dans cette partie de la région du Nord, dont la surface est recouverte par des formations plus récentes encore.

On connaît des traces de la dernière transgression arctique jusqu'à Obdorsk.

Récapitulons maintenant ce qu'on sait sur l'extension des mers. L'étage volgien et le Néocomien n'apparaissent que dans le Nord. La Craie supérieure de type européen n'est visible que dans l'extrême Sud-Ouest, au voisinage du détroit de Tourgaï. A côté se rangent les couches à Baculites, d'affinités douteuses, de la Sossva, L'Éocène supérieur affleure dans le Sud-Ouest. La mer oligocène inférieure relie le détroit de Tourgaï au domaine actuel de l'Océan Glacial. La dernière transgression arctique, de môme que celles de Tétage volgien et dû Néocomien, ne s'observe que dans le Nord.

Dans toute cette région, on no voit aucune trace de plissements récents. Du côté de l'Ouest, les plis complètement rasés de TOural disparaissent sous le manteau dos sédiments plus modernes, sans

1. E. Fedoroff, Note sur V existence des sédiments du système crétacé et des dépôts à blocs erratiques dans la partie voisine à l'Oural de la Sibérie septentrionale t r. f. (Bull. Comité géol., VI, 1887, p. 439-450); du même : Nouvelles Observations géologiques dans l'Oural septentrional (Ibid., VIII, 1889, p. 7-20); pour les traces du terrain jurassique, voir le môme, Gornyi Journal, 1897, II, p. 384. Il convient de noter ici que F. Schmidt signale la présence sur le bas Ienisseï, au Korcpovskoïé Simovié, d'un fragment de Micrabacia coronula Goldf., remanié dans l'argile quaternaire, d'où ce savant conclut à une grande extension du Cénomanicn dans le Nord (Mém. Acad. Imp. Se. S^-Pétersbourg, 1' sér., XVIII, n» 1, 1872, p. 23, 25, 162, pi. II, fig. 10). Toutefois, je ne connais aucun autre gisement du mémo genre dans l'ensemble des régions arctiques [à moins qu'il ne faille considérer comme tel les couches néocomiennes à Theococyathus Nathorsti que G. Lindström a fait connaître à la Terrd du Roi Charles (Ûfversigt k. Vetensk.-Akad. Fôrhandl. Stockholm, LVI, 1900, p. 5-12).].

que Ton puisse dire jusqu'où ils s'étendent ainsi dans la direction de TEst.

4. Succession des terrains dans le plateau de la Sibérie Orientale. — Le plateau de la Sibérie Orientale diffère complètement du vaste bassin si régulier de TOb, rempli de dépôts récents. En se dirigeant vers TEst, à partir de ce bassin, on rencontre sur le lénisséi les terrains archéens qui appartiennent à la bordure de Tamphithéâtre d'Irkoutsk (fig. 3). A Tintérieur de cet amphithéâtre commence le plateau oriental, resserré par la bordure en question au Sud-Ouest, au Sud et au Sud-Est, et limité au Nord-Est par Tare de Verkhoïansk. Au Nord-Ouest, Tare de Taïmyr pénètre dans sa masse, et c'est seulement à TEst et à TOuest de ce segment que le plateau atteint, sur une largeur relativement peu considérable, la Mer Glaciale.

Au Sud de ce territoire s'élèvent de larges croupes, peu découpées, souvent entièrement recouvertes de sombres forêts vierges et de marécages ; puis, en particulier sur la ligne de partage entre le lénisséi et la Lena, viennent des montagnes tabulaires, aux parois escarpées, atteignant ordinairement une altitude de 600 à 700 mètres. C'est plus au Nord encore que passe la limite des forêts et que commencent les toundras, dont le sol ne dégèle jamais.

De grandes rivières, aux débâcles formidables, sillonnent le pays et se rendent au lénisséi vers l'Ouest, à la Lena vers l'Est et à l'Océan Glacial vers le Nord. Il est probable que la majeure partie du bassin de l'Aldan doit être considérée comme un prolongement de ce plateau. La vallée de la Lena, encaissée de plus de 300 mètres sur une longue distance, appartient au plateau, sauf son extrémité inférieure, qui est comme emprisonnée dans les plis du faisceau de Verkhoïansk. La disposition de l'Olenek est tout à fait analogue. L'Anabara et la Khatanga tombent directement dans la Mer Glaciale, en sortant du plateau. Les trois Toungouskas représentent le drainage occidental et le Vilioui le drainage oriental.

Du bord des montagnes au Sud d'Irkoutsk (52®) jusqu'à l'embouchure de l'Anabara (au delà du 73*^), ce plateau occupe plus de 21 degrés en latitude.

Quatre éléments prennent part à sa constitution.

Le premier est une vaste plate- forme paléozoïqiie qui existe, selon toute probabilité, au-dessous de la région tout entière, de Textrème Sud jusqu'à la Mer Glaciale. Elle forme la partie inférieure ou toute la hauteur des versants, et l'on en aperçoit les

traces dans la plupart des vallées. Elle commence avec les équivalents des couches à Olenellus du Cambrien inférieur ; le calcaire prédomine, mais on y remarque aussi une série de grès rouges et de marnes gypsifères et salifères bigarrées que nous plaçons dans le Silurien inférieur, d'après les recherches de M. de ToU, et qu'il convient de distinguer, par conséquent, des couches gypsifères et salifères qui affleurent près de Minoussinsk, en dehors de cette région, couches dont l'âge est dévonien*.

La plate-forme est, par endroits, formée de couches absolument horizontales. Mais, sur le bord de l'amphithéâtre, se présentent de véritables plissements, dont l'intensité est d'autant plus grande qu'on s'approche davantage de ce bord. Vers le centre de l'espace circonscrit par cette limite, le plissement est très faible, et tout le reste de la plate-forme affecte une allure qui n'est pour ainsi dire pas dérangée. Autant qu'on peut Taftirmer en l'état actuel des recherches, le substratum des sédiments cambriens n'est visible nulle part, sauf un affleurement de schistes argileux métamorphiques que Czekanowski a rencontré sous les bancs cambriens près de Djédaïsk, dans le sillon d'érosion de la Lena, en amont du confluent du Patom.

Sur cette plate-forme cambrienne et silurienne reposent, en particulier dans la moitié méridionale, — c'est le second élément, — de nombreux lambeaux, grands et petits, de couches à empreintes végétales. Elles montrent que la plus grande partie de la plateforme, pendant une durée fort longue, n'a pas été recouverte par la mer. Ce sont des grès et des conglomérats, plus rarement des argiles feuilletées, souvent accompagnés de couches de houille exploitables. On y trouve en un grand nombre de localités Aspleniumwhitbyen$e\ toutefois, il n'est pas certain que tous ces bassins soient exactement contemporains. Oswald Heer les a placés dans le Jurassique moyen. Depuis, différentes opinions ont été exprimées au sujet de leur âge; des affinités multiples avec les flores du continent de Gondwana, dans l'Inde, ont été mises en lumière pour leurs prolongements méridionaux, situés dans l'Altaï, et Zeiller assimile en partie au Permien les dépôts à empreintes végétales de cette région ^

1. E. Baron Toll, Sur Vextension des dépôts cambiHens et silmnens inférieurs en Sibérie, r. (Verhandl. d. Russisch-k. Mineralog. Ges., 2. Ser., XXXIII, 1895, p. 273- 281); Ueber die Verbreitung des Untersilur und Cambrium in Sibirien (Neues Jahrb. f. Min., 1895, II, p. 157-166); Eduard von Toll, Beitrüge zur Kenntniss des sibirischen Cambrium,! (Mém, Acad. Imp. Sc. S»-Pétcrsbourg, 8« sér., VIII, n« 10,1899, 57 p., 8 pi.).

2. Parmi les nombreuses publications relatives à ces flores, je me contenterai de

Des lambeaux de ce genre ne se montrent pas seulement, d'ailleurs, sur le plateau de la Sibérie Orientale, jusqu'au pied de Tare de Verkhoïansk, ils s'étendent encore au loin dans l'intérieur de l'Asie. Nous pourrons suivre les traces de leurs diverses flores à travers la Mongolie, une grande partie de la Chine et le Japon. Dans le Sud de la Chine, on doit leur attribuer les « couches rouges » du Bassin Rouge, de même que le « grès supra-houiller » de Richthofen dans le Nord de la Chine. Ce grès supra-houiller a été porté, dans le Nan-Chan, jusqu'au-dessus de la ligne des neiges éternelles, car la limite de ces sédiments, dont l'origine continentale est manifeste, ne coïncide pas avec la limite des grandes chaînes de montagnes. En outre, ils reparaissent très loin à l'Ouest, en Perse comme sur le bord oriental de l'Oural, et ils pénètrent même en Europe.

Ce n'est pas le lieu de discuter ici la question de l'âge des diverses flores. 'La plupart appartiennent sans doute au terrain jurassique; quelques-unes sont rhétiennes, d'autres probablement permiennes. Au Japon, elles vont jusqu'à l'époque crétacée. D'une façon générale, on peut dire que l'état actuel de nos connaissances rappelle celui qui existait dans l'Inde avant qu'on ne fût

citer : 0. Hcer, Beiträge zur Juraflora Ostsiftinens und des Amurlandes (Mém. Acad. Imp. Se. S^-Pétcrsbourg, 1" sér., XXII, n« 12, 1876, 122 p., 31 pi), et Nachträge zur Jura-Flora Sibiriens, gegründet auf die von Herrn Richard Maak in Ust-Balei gesammelten Pflanzen (Ibid., 7- sér., XXVII, n» 10, 1880, 34 p., 9 pl.); J. Schmalhausen, Beiträge zur Jura-Flora Russlands (Ibid., V sér., XXVII, n» 4, 1879, 96 p., 16 pl.); O. Feistmantel, Further Notes on the Corrélation of the Gondwdna Flora with other Floras. (Records Geol. Survey of India, XIII, 1880, p. 190-193) ; C. Kosmovsky, Quelques mots sur les couches à végétaux fossiles dans la Russie Orientale et en Sibérie (Bull. Soc. Imp- Naturalistes de Moscou, nouv. s(^r., V, 1891, p. 170-177); R. Zeillcr, Remarques sur la flore fossile de l'Altaï à propos des dernières découvertes paléobotaniques de MM. les D" Bodenbender e/ Kurte dans la République Argentine (Bull. Soc.Géol. de Fr., 3» sér., XXIV, 1896, p. 471-487). — Le Rhipidopsis gingkoides apparaît ici, de même que sur la Petchora, dans les couches de Barakar de Tlnde, et dans la province Argentine de San Luis (Zeiller, Mém. cité, p. 469, etc.). Les opinions, au point de vue de l'âge de la faune, ne sont pas moius divergentes; Fr. Brauer, J. Rcdtonbacher et L. Ganglbauer trouvent que les insectes recueillis sur TAngara, à Oust-Baléi, avec les plantes décrites par Hcer, présentent la plus grande analogie avec ceux du Lias [Fossile Inseklenaus der Juraformation Ost-SiàirienSf Mém. Acad. Imp. Se. S^-Pétcrsbourg, 7* sér., XXXVI, n» 15, 1889, 22p., 2 pl.); une espcce>sst identifiée avec une espèce des Stonesfield Slates. J. V. Rohon place les poissons de Medviesko près Atchinsk dans le Dévonien [lieber fossile Fische vom oberen Jenisseï, Mém. Acad. Imp. Se. S*-Pétersbourg, 7* sér., XXXVI, n« 13, 1889, 17 p., 2 pl.) ; A. Smith Woodward a examiné les mêmes échantillons et les attribue au Permien ou au Trias [On a new Palaeoniscid Fish from Siberia^ Annals and Magaz. of Nat.Hist.,6^»»Ser.,XII,1893, p. 286, pl.X); voir aussi J.V. Rohon, Die Jura-Fische von Ust^Balei in Ost-Sibirien (Mém. Acad. Imp. Se. S*-Petcrsbourg, 7- sér., XXXVIII, n" 1, 1890, 16 p., 2 pl.) ; H. Becker serait disposé k mettre Oust-Baléi dans le Lias [Zur Kenntniss der ostsibirischen Jura fische, Mittheil. Natur wiss. Ver. f. Neuvorpommern u. Rügen, XXVI, 1895, p. 173-180).

arrivé au classement définitif des diverses flores de la série de Gondwana.

Le Continent de Gondwana est limité vers le Nord par une large zone de formations marines de l'ère mésozoïque. Cette zone s'étend de Sumatra et de Timor, par le Tonkin et le Yun-nan, à l'Himalaya el au Pamir, à THindou-Kouch et à l'Asie Mineure. On doit la regarder dans son ensemble comme le reste d'une mer qui traversait remplacement actuel de l'Asie sur toute sa largeur. Neumayr l'a appelée « Méditerranée Centrale », et nous la désignerons ici sous le nom de Téthys, La Méditerranée d'Europe, telle qu'elle existe de nos jours, est un reste de la Téthys*.

Les couches à empreintes végétales que nous venons de signaler en Chine, en Mongolie et en Sibérie témoignent de l'existence d'un second grand continent, au Nord de la Téthys, pendant l'ère mésozoïque. Nous donnerons ici à cet ancien continent le nom de Continent de V Angara, emprunté au grand cours d'eau qui en marque à peu près le centre; et comme des lambeaux très étendus de ces dépôts à empreintes végétales se trouvent sur les bords de cette rivière et au Sud de son cours, nous les désignerons dans cet ouvrage sous le nom de série de V Angara, Notre but n'est point, par là, de créer une dénomination nouvelle et définitive, mais, au contraire, en nous servant de ce terme provisoire, neutre en quelque sorte, de ne pas préjuger de l'âge exact des différents lambeaux. Cette expression répond à l'ensemble des flores perraiennes et mésozoïques de ce continent, et est analogue à celle qui sert à désigner, dans le Sud, la flore du Gondwana. La classification de la série de l'Angara et lassimilation chronologique de ses termes successifs à ceux de la série de Gondwana doivent être réservées à de futures études.

Môme après la disparition de la Téthys, une notable partie du continent de TAngara, et en particulier tout le Sud du plateau de la Sibérie Orientale, n'a plus été recouvert par la mer. C'est ce qu'attestent de nombreux lambeaux de couches lignitifères, associés à des flores tertiaires. Telle est la flore de Simonovo, surleTchoulym,

i. Ed. Suess, Are Great Océan Depths Permanent? (Natural Science, II, n* 13, March, 1893, p. 180-187); E. Mojsisovics von Mojsvâr, Beitr/ige zur Kenntniss der obertriadischen Ceptialopodenfaunen des Himalaya (Donkschr. K. Akad. Wiss. Wien, Mathem.-naktarw. Cl., LXIII, i896, p. 686-700); Upper Triassic Cephalopoda Faunœ of Ihe Himalaya (Palœontologia Indica, Scr. XV : Himalayan Fossils^ vol. III, pt. i, i899, p. 139-157), et dans d'autres publications. Pour l'orthographe du nom, je mo range à l'avis de A. Bittner, Bemerkungen zur neuesten Nomenclatur der alpinen Trias^ in-8°, Wien, «896, p. 18.

décrite par Oswald Heer. Ces dépôts tertiaires pénètrent profondément dans les vallées des montagnes méridionales, et quand bien même ils ne seraient pas tous du même âge, leur dispersion sur de vastes surfaces est une preuve incontestable de Tabsence de la mer. Ce sont les prolongements des dépôts analogues qui existent dans le bassin de TOb*.

Cest par la disparition de la Téthys et par la jonction de l'ancien Continent de F Angara avec le fragment indien du Continent de Gondwana qu'est née l'Asie actuelle.

Un contraste des plus tranchés sépare, de toutes les formations lacustres ou subaériennes qui caractérisent le continent de l'Angara, le troisième élément, les transgressions des mers mésozoïques qui, à différentes reprises, ont pénétré du Nord sur Tancienne plateforme. Leur rôle dans la configuration extérieure du plateau de la Sibérie Orientale est aussi effacé que celui de la série de l'Angara, mais leur intérêt n'est pas moindre. D'après l'état actuel des recherches, elles atteignent leur limite méridionale sur le cours moyen du Vilioui, au voisinage du 62«» de lat. N. Mais comme des couches à empreintes végétales de la série de l'Angara sont connues sous des latitudes plus élevées, dans la vallée de la Lena, il y a lieu d'admettre que les contours du continent ont oscillé quelque peu pendant l'ère mésozoïque*.

Pour la connaissance de ces transgressions, M. de Toll s'est acquis de nombreux titres à la gratitude du monde savant par ses voyages successifs dans les toundras arctiques (fig. 5). Sur le cours inférieur de l'Anabara, au Nord du 72® de lat. N., jusqu'à la Mer Glaciale, cet explorateur a reconnu la zone de VAmaltAeus margaritatus du Lias, la zone du Cardioceras cordatum du Jurassique inférieur, l'étage volgien et le Néocomien^

1. 0. Heer, Beiträge zur Fossilen Flora SibiiHens und des Amur landes ^ V. Miocène Pflanzen aus Südwest-Sibirien, Pflanzen von Simonowo im westlichen Ost-Sibirien (Flora fossilis arcticaf Y ; Mém. Acad. Imp. Sc. S^-Pétcrsbourg, V sér., XXV, n» 6, 4878, p. 36-48, pi. IX-XIV). Pour la difflcultë d'une détermination d'âge exacte, consulter J. Schmalhausen, Ueber tertiäre Pflanzen aus dem Thaïe des Flusses Buchtorma am Fusse des AUaigebirges (Palaeontographica, XXXIII, 1887, p. 181).

2. II existe une indication douteuse sur un gisement plus méridional d'Ammonites le long du Tchadobelz, affluent de droite de l'Angara (vers 98 ou 99*> de long. E.) dont le confluent se trouve par 58'>40' environ ; les échantillons ont été détruits lors de l'incendie du Musée d^Irkoutsk; latchevskj, Gornyi Journal, 1894, II, p. 305.

3. Baron E. W. Toll, Expédition aux îles de la Nouvelle-Sibérie et aux rives de VOcéan Polaire, r. (Izviestiia Soc. Imp. Russe de Géogr., XXX, 1894, p. 446), et Esquisse géologique des Iles de la Nouvelle Sibérie et principaux buts de l'Exploration polaire, r. (Mém. Acad. Imp. Se. S*-Pétersbourg, 8« sér., IX, n» 1, 1899, p. 10, 11). [La carte géologique qui accompagne ce mémoire est reproduite dans les Mitteilungen de Petermann, XLVI, 1900, pi. 13]. Nordenskjöld a rapporté de l'île Préobrajensku une grande

Les dépôts triasiques, qui sont très développés dans la chaîne de

Fia. 5. — Carto géologique du Nord de la Sibérie Orientale, d'après E. de Toll (Petermanns Mitteil., XL VI, 1900, pi. i3).

1. Cambrien; 2. Conches rouges (Silarien inférieur); 3. Silurien supérieur; 4. Trapp et Dia« base; 5. Dévonien; 6. Carbonifère; 7. Trias; 8. Granite; 9. Jurassique; 10. Étage volgien; 11. Néocomien; 18. Lignites (Miocène); 13. Dépôts post-tertiaires. — Échelle de 1 : 15 000 000.

Verkhoïansk et qui s'avancent même, comme on le verra plus loin,

Bélemnlte, qui est peut-être jurassique; B. Lundgren, Om en Belemnit frân Preobro' êc/ienie-ôn (Öfvcrsigt K. Vetenskaps-Akad. Fôrhandl. Stockholm, XXXVIII, n« 7, 1881, p. 3-7).

jusqu'à Tembouchure de TOlenek, n'ont pas encore été rencontrés dans le domaine de la plate-forme paléozoïque. Quant à la transgression arctique post-glaciaire, ses traces se montrent disséminées sur toute la partie extrême de l'Asie, au Nord (II, p. 771).

Enfin, comme quatrième élément, des épanchements de laves basiques très étendus prennent part à la constitution de ce plateau. Tantôt ils rétrécissent le cours des fleuves, que dominent de hautes parois de rochers, tantôt ils forment les lignes de partage sur de grandes longueurs, tantôt enfin ils se présentent comme le toit de montagnes tabulaires au profil escarpé. Souvent, ces roches eruptives se divisent en colonnes prismatiques; on les réunit parfois sous la dénomination de « Trapp de Sibérie », ou même on les désigne par le simple nom de Basalte. Czekanowski, que ses longs et pénibles voyages avaient conduit à maintes reprises sur ces nappes de lave, admettait leur contemporanéité, principalement à cause de l'altitude uniforme de buttes tabulaires fort éloignées, latchevsky a dernièrement repris cette question, et s'est également prononcé en faveur de l'unité de tous ces gisements, ou du moins d'une très grande partie d'entre eux'.

Mais l'unité et la contemporanéité sont deux choses difl'érentcs, et les divisions que la série sédimentaire nous permet de distinguer, dans le temps, ne sont pas limitées par des circonstances identiques à celles qui déterminent la marche des grands phénomènes éruptifs. Tantôt on constate un certain parallélisme chronologique, comme en Hongrie, vers le milieu de l'ère tertiaire, où des roches eruptives difl'érentes paraissent caractériser les étages successifs; tantôt encore, on observe le contraire. Les basaltes du Groenland occidental renferment les restes de flores qui s'échelonnent de la Craie inférieure aux âges tertiaires. Les basaltes du Vicentin embrassent, au point de vue de la date de leur émission, toute la période comprise entre l'Éocène inférieur et les derniers termes de l'Oligocène supérieur, au moins. Les roches basiques de la Sibérie Orientale s'étendent jusqu'à l'embouchure du lénisséi, et il est fort possible qu'elles se rattachent aux roches basiques analogues qui jouent un si grand rôle à la Terre François-Joseph et, plus au Nord, dans les régions arctiques. Or, nous aurons occasion de constater plus tard que ces roches, à la Terre François-

1. Journal de V Expédition de A. L. Czckanovski le long des rivières Toungouska, Olenek et Lena en 1873 -75^ publié par F. Schmidt, r. (Zapiski Soc* Imp. Russe de Gcogr., XX, 1896, p. 171 et suiv.) ; L» latchovsky, Rapport sommaire sur Varrondissemenl minier du Nord du lénisséi, i*. (Gornyi Journal, 1894, I, p. 136).

Joseph, à la Terre du Roi Charles, etc., sont très probablement d'âge jurassique.

Selon toute probabilité, ces grands épanchements sibériens doivent avoir une commune origine. Ils ont duré, du moins sur quelques points, jusqu'à une époque très tardive, mais la date du début des éruptions est inconnue.

Nulle part on ne voit se dresser de volcan important. La présence de petits cônes de cendres confirme, plutôt qu'elle ne la réfute, une hypothèse formulée dans ces derniers temps, en particulier par MM. Michel-Lévy et Arch. Geikie, et d'après laquelle les grands épanchements ne proviendraient pas de bouches isolées, mais de véritables réseaux de fentes.

Dans lexposé qui va suivre, je commencerai par jeter un coup d'œil sur la bordure du plateau, dans le Sud; puis je décrirai successivement les affluents de droite du lénisséi, les affluents de gauche de la Lena et la vallée de la Lena elle-même ; je terminerai par un regard sur le domaine arctique.

6. Vallée de l'Angara. — Le bord de l'amphithéâtre, au Sud dlrkoutsk et tout le long du Primorskii Khrébet, à l'Ouest, est sans aucun doute une cassure. Les terrains archéens, comme Tchersky l'avait déjà reconnu, sont coupés perpendiculairement à leur direction ; mais, ainsi que ce géologue l'avait également constaté, les couches paléozoïques du plateau, à l'approche de cette cassure, perdent leur horizontalité, se disposent en plis plus ou moins parallèles à l'accident en question, et même, par places, dans son voisinage immédiat, se montrent très violemment plissées.

En face du massif archéen de l'Elovskii Khrébet, au Sud d'Irkoutsk, les couches paléozoïques forment un synclinal dirigé E.N.E. ; en même temps leur inclinaison atteint 70®.

Au Nord du point où l'Angara sort du Baikal, le plissement est encore plus prononcé. Près de Kadilnaïa (à 30 verstes au Nord de TAngara), ces couches s'élèvent jusqu'à 711 mètres au-dessus du Baïkal; leur chute sur le lac est si brusque qu'à environ 1 000 mètres de la rive, la profondeur de ce dernier atteint 1 100 mètres. Ces plis paléozoïques s'infléchissent de la direction E.N.E. à la direction N., puis W.N.W., comme s'ils voulaient suivre exactement la cassure occidentale du massif archéen du Primorskii Khrébet. Au Nord de cette région, au Nord de la baied'Oulountoui, commence môme un renversement des terrains paléozoïques dans la direction opposée au lac. Sur la haute Golooustna, qui sépare

les Monts Onot (On, fig. 3) de la zone archéenne du Primorskii Khrébet, les couches sont également renversées et le plissement paraît s'étendre à toute la largeur des Monts Onot*.

Même dans le sillon de la Lena, à mi-chemin entre Vitimsk et Kirensk, Obroutchev a trouvé les sédiments paléozoïques légèrement plissés suivant la direction N.E. ^.

De Tautre côté de Tamphithéâtre, à TOuest de la ville de Nijné- Oudinsk (407 m.), on voit surgir au-dessus de la région paléozoïque une montagne isolée de granité à amphibole, qui attire les regards d'une grande distance à la ronde. Son sommet, la Krouglaïa, atteint environ 4200 pieds (1 828 m.). Ijitzky a pu y constater des phénomènes de contact et montrer que le granité est postérieur aux roches paléozoïques encaissantes; en outre, ce géologue a trouvé dans une seconde localité, située à environ 100 verstes au Nord- Ouest, dans le bassin du Toumanchet (affluent de gauche de la Birioussa), un autre massif granitique, entouré d'une auréole de contact'. Grâce aux observations de Bogdanovitch , nous savons que la limite nord-est du granité de Nijné-Oudinsk ressemble à une flexure, que les terrains paléozoïques de ce bord nord -est plongent vers le granité, qu'un lambeau des mêmes couches existe encore près du sommet de la Krouglaïa, et que dans l'espace compris entre le massif granitique et la lisière du territoire archéen elles affectent une allure plissée *.

Mais les plis ne restent pas cantonnés au bord de l'amphithéâtre.

D'après Bogdanovitch, la flexure de Nijné-Oudinsk est suivie au

1. L D. Tchersky, Compte rendu des recherches géologiques sur les rives du \ lac Baïkal^ !'• partie, r. (Zapiski Section Sibérie Orientale Soc. Imp. Russe de Géogr., XII, 1886, p.i-xxix, 1-405,5 pi.) ; Résultats de l'étude du lac Baïkal, r. (Matériaux pour la Géol. de la Russie, XIII, 1889, p. 1-48 [et Zapiski Soc. Imp. Russe de Géogr., XV, n'3, 1886, p. 1-48] carte géol. en 2 f.), et autres publications indiquées ci-après. On trouve dans l'édition russe de Karl Ritter, Géographie de VAsîe.., Sibérie OrienlalCy Lac Baïkal... et... Transbaïkalie, r. (réd. par P. P. Séménov, l. D. Tchersky et G. G. v. Petz, 2 vol. in-S", S^-Pétersbourg, 1894-1895), un grand nombre de données, extraites de divers documents, sur la structure des rives du Baïkal ; voir en particulier I, p. 153; II, p. 94, 168, 176, 185, 888.

2. W. Obrutschew, Die altpalaeozoischen klastischen Gesteine des Lenathales zwischen Katschug und Witimsk im Ost-Sibirieny r. a. In-8% 212 p., carte, 2 pi. Irkoutsk, 1892 (Zapiski Section Sibérie Orientale Soc. Imp. Russe de Géogr., II, n« 1). Dés i829, Ad. Erman observait ces coupes remarquables des bords de la Lena; Reise um die Erde durch Nord-Asien und die beiden Oceane in den Jahren i828, 1829 und 1830. Historicher Bericht. In-8% II, Berlin, 1838, p. 206, 216, 242, etc.

3. N. Ijitzky, Explorations géologiques le long du chemin de fer de Sibérie en 1894, r. f. (Explor. géol. Ch. de fer Sib., III, 1896, p. 65-104, carte IV; voir notamment p* 89).

4. K. Bogdanovitch, Matériaux pour la géologie du Gouvernement d'Irkoutsk, r. f. (Explor. géol. Ch. de fer de Sibérie, II, 1896, p. 1-284, 8 pi. de cartes et profils) ; voir en particulier p. 24-30 et la coupe, pi. lY, fig. 4.

Nord par des failles dirigées W.N.W., puis par de légères ondulations qui se propagent jusque dans la série des couches à empreintes végétales de TAngara. Toutefois, ces accidents ne conservent pas leur direction primitive à TW.N.W., mais tournent peu à peu en approchant de la vallée de TAngara, et finissent par prendre une direction perpendiculaire à la précédente, N.E. ou E.N.E., de façon à devenir parallèles aux Monts Onot, de l'autre côté de Tamphithéâtre ; il en résulte que le tracé de ces plis récents dessine une sorte de fer à cheval, grossièrement concentrique aux contours de Tamphithéâtre; Bogdanovitch les regarde comme la conséquence de mouvements qui se seraient fait sentir suivant les directions anciennes, et suppose qu'il y a eu compression des bords vers le centre de Tamphithéâtre, c'est-à-dire à peu près vers l'Angara*.

Ces plis bordant l'amphithéâtre seront désignés désormais sous le nom de plis marginaux. Leur caractéristique est la dimi* nution de l'intensité du plissement, en allant du bord concave de l'amphithéâtre vers lïntérieur. Au contraire des plis des grandes chaînes asiatiques, ils sont déjetés vers le Nord. Mais, chose singulière, quoiqu'on y voie même des renversements, ils ne forment pas de chaîne de montagnes indépendante.

Les lambeaux de couches tertiaires à lignites sont toujours horizontaux.

De larges affleurements des couches de l'Angara s'étendent à une faible distance de la bordure. De Nijné-Oudinsk, on les suit le long de l'Oka jusqu'à la ligne du chemin de fer transsibérien, et aux environs d'Irkoutsk la rivière Angara les traverse sur une largeur considérable. Là, elles atteignent sur une faible longueur la rive du Baïkal et vont mourir au Nord sous la forme de lambeaux isolés, recouvrant la plate-forme silurienne. Des basaltes et des buttes tertiaires les surmontent. Bogdanovitch admet avec raison que, pendant la partie correspondante de l'ère mésozoïque, il existait, à l'intérieur de l'amphithéâtre, un grand lac d'eau douce.

A l'Ouest, les épanchements basiques deviennent plus continus; c'est ainsi qu'une bande allongée et étroite de ces laves s'étend de Nijné-Oudinsk dans la direction du N.W. ; elle est traversée par la Birioussa et se prolonge sous le nom de Kamennii Khrébet (« Oête Pierreuse ») jusqu'à Kansk. Ijitzky l'a décrite ^ Une seconde traînée, beaucoup [plus large, court de Nijné-Oudinsk, d'après les levés de latchevsky, dans la direction du N.N.W. ; elle occupe le

Page 1