CHAPITRE X
Âltaïdes européennes. — Le horst d'Azov. — Prolongement du Caucase. — Crimée et Plateforme Bulgare. — Balkans et Carpathes; la lisière des Garpathes au Sud-Est. — La Chaîne Cimmérienne. — Coup d'oeil général. — Fractures varisques : i" accidents en rapport avec le plissement; 2" accidents d'origine étrangère : fractures N. ou N.N.E. (rhénanes ou africaines); fractures W.N.W. ou N.W. (hercyniennes ou asiatiques), alignements de Rarpinsky.
Altaïdes européennes. — L'Europe presque toute entière fait partie de l'édifice asiatique. L'accident calédonien (II, p. 116; III, p. 514) en forme la limite; les Hébrides Occidentales, qui viennent ensuite, ainsi qu'un certain nombre des péninsules écossaises, appartiennent à un autre élément, l'élément atlantique (III, p. 512). La région volcanique de l'Islande, avec Jan Mayen, les Färöer, Saint- Kilda et un prolongement qui s'avance jusque dans le Nord-Est de l'Irlande, occupe en partie le domaine atlantique et en partie la zone de l'accident calédonien. Tout le reste de l'Europe doit être attribué à l'édifice asiatique.
Jusqu'à présent, nous avons parlé de deux des éléments asiatiques de l'Europe : les Dinarides (lil, p. 416) et la Plate-forme Russe avec les Ouralides (III, p. 472).
Les Dinarides font partie des arcs périphériques de bordure, et la Plate-forme Russe a été regardée, dans cet ouvrage, comme un fragment du faîte du Baikal (Saïan). Dans l'intervalle s'étendent, dans l'Ouest de l'Asie, les chaînes des Altaïdes Occidentales; elles s'avancent jusqu'à la limite de l'Europe, et dans l'Europe même elles sont représentées par un vaste système de montagnes, qui est encore reconnais-
[1. Traduit par Emm. de Margerie.]
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sable au delà de TOcéan Atlantique et au delà de la Méditerranée. Nous le considérons, en raison de sa position et de beaucoup d'autres circonstances, comme le prolongement naturel des Altaïdes de l'Asie: aussi le désignons-nous sous le même nom*.
Nous allons maintenant partir de la continuité des horsts antépermiens en Europe (II, p. 208), et nous appuyer sur l'esquisse (I, p. 611, fig. 89) dans laquelle j'ai essayé d'indiquer les relations existant entre les chaînes asiatiques et les chaînes européennes; nous tiendrons compte également du schéma des lignes directrices alpines (I, p. 302, fig. 51), où les Dinarides ont été représentées séparément (I, p. 659), et du croquis du tome I (p. 643, fig. 96), qui ajoute à cet ensemble les Balkans et les Carpathes Roumaines.
Dans l'Asie Occidentale se fait jour peu à peu une diversité sensible des directions entre les lignes orientées N.W., qui restent fidèles à l'allure du faîte, et les lignes qui, partant principalement du Tien- Chan. s'infléchissent davantage vers l'W.N.W. Cette divergence finit par devenir si considérable, que les annexes les plus jeunes des Ouralides, les Erghéni, rencontrent presque à angle droit la direction du Caucase, qui est lui-même un rameau des Altaïdes (III, p. 476).
L'Asie possède, comme l'Europe, des plis plus anciens et des plis plus récents que le Carbonifère supérieur ou le Permien; ils se séparent souvent par une discordance; mais, en Asie, l<îs plis plus récents font encore partie des mêmes montagnes et n occupent pas dans Vespace xin domaine particulier. Les observations de Merzbacher et de Keidel sur la rivière Kok-Chal, dans le Sud du Tien-Chan, nous en fournissent un exemple : on y observe, dès la base du Carbonifère inférieur, une discordance aussi nette que dans la Bretagne ou en Silésie, et le mouvement qui correspond à la base du Carbonifère supérieur y est
1. Ce que Ton cnlend ici par « Altaïdes » n'est pos identique avec la désignation Tréquemment employée d' • hercynienne ». Marcel Bertrand dit : « Le mot de chaîne hercynienne, que j'ai proposé pour l'ensemble des plissements carbonifères du Nord de l'Europe, a été critiqué non sans raison, puisque le sens que je lui ai donné est une extension et, par suite, une déviation de i<on sens primitif. Je continue à l'employer, sans le défendre, en attendant qu'on en ait proposé un meilleur. • {Sur la continuité du phénomène de plissement dans le bassin de Paris; Bull. Soc. Gi'ol. de Fr., 3* sér., XX, i892, p. iiÔ, note 3). Le nom a été étendu, depuis, à des chaînes anté-permiennes situées dans beaucoup d'autres parties de la Terre. Il fut créé par l'inoubliable maître pour marquer, avant toute chose, une antithèse avec les Alpes.
En dénnissant son - herzynisches System •, Leopold de Buch avait en vue surtout la direction N.W. (orogrnphique); Marcel Bertrand s'appuyait sur l'âge des accidents tectoniques. Dans le présent ouvrage, où il s'agit de déterminer les grandes lignes de la structure, le fait considéré comme essentiel est la liaison avec l'Âltal (111, p. 250-251); et il existe un grand nombre de chaînes anté-permiennes qui n'appartiennent pas aux Altaïdes: tel est, en Europe, le soubassement Carnique des Dinarides. Il aurait d'ailleurs été difficile de nous servir, ici, d'un terme qui continue (i être employé dans un sens différent, conforme à son acception primitive (voir, par exemple, H. Lepsius, Geologie von Deutschland).
également reconnaissable. Des interruptions se sont produites, mais dans Tensemble, le plissement s'y est répété suivant les mêmes lignes, et une bordure externe commune est poussée vers le Sud par-dessus les couches du Gobi *. Un exemple semblable nous est offert dans Tare marginal de l'Himalaya par la zone des Siwaliks. Beaucoup d'autres cas analogues pourraient être indiqués.
En Europe, il en est autrement.
Dans la partie méridionale de la Plate-forme Russe, celle que les géologues russes désignent sous le nom de c borst d*Azov i>, surviennent deux modifications importantes.
Les chaînes des Altaïdes, plissées jusque-là vers le Sud, se montrent désormais plissées vers le Nord; et cette inversion est d'autant plus remarquable que les prolongements de la Chaîne du Timan-Kanin au Nord, et^ aussi les Dinarides au Sud, conservent jusquen Europe le plissement asiatique vers le Sud^ de telle sorte que, dans l'intervalle, les Altaïdes apparaissent comme une exception.
La seconde modification consiste en ce que les chaînes qui sont plus récentes que le Carbonifère supérieur ou le Permien se séparent nettement dans Vespace, Elles sont presque exclusivement cantonnées dans les dépressions des Altaïdes, encadrées de lignes qui, très souvent, sont obliques à la direction des Altaïdes. On peut regarder ces chaînes encadrées comme des Altaïdes posthumes. Les Chaînes Alpines (Alpides) en représentent le terme principal.
Les Alpides possèdent une bordure tertiaire. Dans la zone varisque, au Nord des bassins houillers de la Belgique, par exemple, on n'observe rien d'analogue. D'une façon générale, d'ailleurs, des plissements récents ne sont visibles que très rarement dans les horsts des Altaïdes de l'Europe et leur amplitude y est médiocre. // semble que le cadre soit devenu rigide et que le plissement^ à partir du Carbonifère supérieur, se soit restreint aux aires affaissées.
Nulle part, sur le globe, on ne connaît encore de cas analogue, sauf peut-être en Mandchourie, où des fragments anciens, plissés pour leur compte, ont été signalés au milieu des plis plus récents.
Ces deux modifications ont besoin, Tune et l'autre, de quelques commentaires.
La longue chaîne des Monts Adak (III, p. 491) suit jusqu'au Nord de rOussa, à travers la Bolchesemelskaïa Toundra, la direction de la chaîne majeure de l'Oural, qui, dans ces parages, est presque exactement N.E. *. Puis les Ouralides envoient au N.W., vers la Novaïa
1. U. Keidel, Geologische Untersuchungen im Südlichen Tian-Schany etc. (Neues Jahrb. f. Min., Beilage-Bd. XXII, 1906, p. 266-384, pl. XIV : carte); en particulier p. 277.
2. Th. Tschernyschew, Quelques nouvelles données sur la géologie de la Bolchesemelskaïa
Zemlia, un rameau passant par Tlle de Vaigatz et un second dans la direction Timan-Kanin (III. p. 497). Dès 1891, Reusch a remarqué que, sur les bords du Varanger et du Tanafjord, des grès bruns et gris et des schistes, qui se montrent plissés, représentent le prolongement des roches observées par Bothlingk à la Presqu'île des Pêcheurs, au large de la cote Nord de la Péninsule de Kola. En même temps, on y a trouvé des intercalations de blocs polis et striés*. On regardait alors ces grès comme affaissés en contre-bas des terrains primitifs situés au Sud; mais Ramsay a reconnu depuis, sur la côte Nord de Kola, que ces grès appartiennent réellement à la bordure d'une chaîne plissée du Nord au Sud, qui n'est autre que le prolongement de la chaîne des Monts Timan.
L'Ile Kildin est la première trace de ce bord montagneux. La Presqu'île des Pêcheurs en constitue un second reste: dans l'étranglement qui sépare le Srednii Pouostrov (la « Presqu'île du Milieu ») du continent passe la limite avec les formations archéennes. La direction est N.N.W.; le plongement des couches au N.E. indique un chevauchement de la bordure *.
Les recherches de Dal nous apprennent que ces plis occupent toute la largeur de la Presqu'île de Varanger jusqu'au Tanafjord'.
L'ûge de ces grès est inconnu ; on suppose qu'ils sont dévoniens. Ils sont, en tout cas, postérieurs aux mouvements calédoniens du Nord de la Norvège, car leurs plis croisent la direction de ces derniers.
Dans le Nord de l'Europe dominent, par conséquent, des mouvements dirigés vers le Sud. Il est inutile d'insister sur leur prépondérance au Sud, dans les Dinarides. Le plissement, dirigé vers le Nord, de la partie des Altaïdes située à l'Ouest du Horst d'Azov est bien, par conséquent, une exception, qui se maintient jusqu'au delà de l'Océan Atlantique.
Il nous faut maintenant considérer les champs d'affaissement des Altaïdes et les horsts qui les délimitent, ceux-là mêmes qui en forment le cadre.
Toundra, r. (Bull. Acad. Imp. Se. S'.-PéU»rsbourg, VI« série, i907, p. 205-208). — Le Pytkov (et non Poulkov) Kamen, à l'Est de rembouchure de la Petchora (III, p. 491), est formé de schistes à séricite, comme la Presqu'île de Kanin.
1. H. Reusch, Det nordlige Norges geologi (Norges Geol. Undersogelse, n° 4, 1892. p. 22-51 [résumé anglais, p. 198-200]); voir aussi Aarbog for 189Î (Ibid., n" 1, 1891, p. 78-85 [et angl., p. 97-100]). A. Strahan, On Glacial Phenomena of Palœozoic Age in the Varanger Fiord (Quart. Journ. Geol. Soc. London, LUI, 1897, p. 137-146, pi. VIII-X).
2. W. Ramsay, Neue Beiträge zur Geologie der Halbinsel Kola (Fennia, XV, 1899, n** 4, p.Ml).
3. Adolf Dal, Geologiske iagttagelser omkring Varanger fjorden (Norges üeol. UndersÖgelse. n"" 28, Aarbog: f. 1896 til 99, Kristiania, 1900 : n** 5, 16 p., résumé en anglais, carte) ; H. Reusch. Ein Teil des timanschen Gebirgssystems innerhalb Norwegens (Geogr. Zeitschrift, v. Uettner, VI, 1900, p. 391-392, carte).
Nous connaissons déjà les horsts de Tare varisqiie et armoricain (II, p. 147 et 131).
Un autre fragment important des Altaïdes est la Meseta Ibérique (II, p. 198). Le bassin des Asturies (II, p. 201, fig. 40) a été considéré ici même comme la partie la plus interne d'une torsion plus ancienne, analogue au coude de Gibraltar. Termier croit pouvoir mieux en expliquer la structure par le charriage de nappes. Les observations futures en décideront. Tandis qu'une ligne allongée et presque droite, courant d'Oporto vers le S.S.E., jalonne la limite occidentale de la Meseta, du côté des terrains secondaires, on voit surgir en dehors de leurs affleurements, au large du Cap Carvoeiro, des îlots de granité et de gneiss, les Barlengas, comme s'il existait au-dessous de l'Océan un prolongement des roches anciennes.
La Montagne Noire est un rameau autonome des Altaïdes, incorporé au Sud du Plateau Central par des contours communs, mais qui se distingue de ce massif ancien par une direction différente (W.S.W.) et par des charriages évidents. Les Cévennes en sont le prolongement à l'E.N.E. Les montagnes des environs de Barcelone, au delà des Pyrénées, montrent une structure analogue. Nous aurons à considérer de plus près la Montagne Noire quand nous parlerons des Pyrénées.
Comme tous les horsts que nous venons de citer, la branche Corsarde atteste son appartenance aux Altaïdes par la superposition discordante du Carbonifère supérieur. Elle comprend la plus grande partie de la Corse et toute la Sardaigne, s'oriente S.S.E. et est visible sur 3 degrés 3/4 de latitude. Des transgressions mésozoïques spéciales la caractérisent; il y aura lieu d'y revenir en parlant de l'Apennin Septentrional.
Un massif autonome est formé par la Calabre et les Monts Péloritains, dans le Nord-Est de la Sicile. Il montre, au-dessus de ses terrains anciens, une transgression cénomanienne de type africain, dont les traces sont également connues en Sardaigne. On signale en Sicile de grands charriages, affectant des territoires entiers; mais on ignore s'ils influent, et jusqu'à quel degré, sur ce massif lui-même.
Outre les fragments cités, on voit surgir au milieu des chaînes de plissement plus jeunes des parties plus anciennes, encore reconnaissablés. C'est le cas, en particulier, dans les Pyrénées, et aussi au Pelvoux, au Tœdi et sur d'autres points. Dans les Alpes Slyriennes, on voit parfois la série fossilifère commencer avec les empreintes végétales du terrain houiller moyen ou supérieur.
Dans ces conditions, il est très difficile de se faire une idée de la structure primitive des Altaïdes Occidentales, et ce n'est que de façon tout à fait provisoire que l'on peut admettre, en se basant sur la
constitution des Âppalaches, la situation de la Montagne Noire contre le Plateau Central et Tallure de leurs rameaux en Afrique, qu'elles ont dû former une grande virgation, s'ouvrant vers le Sud-Ouest et le Sud.
Le^ affaissements qui ont affecté ce grand édifice ne suffisent jms, en certains points de V espace, pour les chaînes plus récentes se poussant Vune après V autre \ ailleurs, ces chaînes, dessinant de vastes courbes, laissent des espaces vides entre elles et le cadre irrégulier qui leur sert d'enveloppe, dans l'Allemagne du Sud par exemple. De même, le front méridional de la Meseta dépasse vers l'Ouest l'arc de Gibraltar *. Mais les nouveaux plis se dirigent en certains points perpendiculairement aux anciens; c'est ce qui arrive pour les Sudètes et pour le Haut-Atlas.
L'exemple le plus frappant de cet état de choses se présente dans les Alpes. Après les premières inflexions, si violentes, des Portes de Fer et du Sud-Est de la Transylvanie, les Carpathes débordent en décrivant un grand arc sur le Sud de la Plate-forme Russe et passent par-dessus les Sudètes. C'est seulement la Bohême Méridionale qui les fait rentrer dans le cadre des horsts varisques, ainsi qu'en un entonnoir. Désormais incapables de chevaucher sur l'avant-pays comme les Carpathes, ou de se décharger par l'émission d'une branche libre, les Alpes deviennent le siège des charriages les plus énergiques.
Les Alpes se terminent aux îles Baléares ; mais il existe au Nord un nouveau champ d'affaissement, dans lequel prennent naissance les plis provençaux, qui vont se rattacher aux Pyrénées dans des circonstances particulières. De même, la Meseta, jusqu'au delà de Santander, n'atteint pas l'Océan : une chaîne de plis récents la limite de ce côté, — il s'agit là probablement du bord d'une nouvelle dépression.
Dans l'affaissement de l'Ouest du Portugal (fîg. 95) se manifestent aussi des plissements récents. Là, le Culm, dont nous avons considéré la discordance comme le symptôme précurseur de la formation des Altaïdes, joue un rôle important dans la constitution de la Meseta. De nombreuses intrusions granitiques troublent le tableau, et l'on doit se méfier, plus encore qu'ailleurs, des conclusions tirées du simple examen de la surface. Il résulte des documents publiés par Choffat que la série plissée récente débute, comme dans le Nord des Alpes Orientales, avec
i. Th. Fischer, Versuch einer wissenschafUichen Orographie der Iberischen Halbinsel (Petermannä Mitteil.. XL, 1S94, p. 249-236 et 277-285, pl. 17 : carte). D'après Choiïat, une Jonction avec la bordure, dans l'Alfçarve, n'est pas démontrée.
LéCENDC DE LA FIGURE 95.
1. Archéeu; 2. Précambrien etCambrion: 3. Silurien et Dévonien; Carbonifère (H); 4. Roches eruptives anciennes (granité, etc.); 5. Bordure mésozoïque do la Meseta; 6. Roches ömptives postcrétacées; 7. Bassins tertiaires et alluvions; 8. Lijjpies de faite; 9. Anticlinaux, et<:. ; 10. Synclinaux; 11. Failles et décrochements; 1-2. Effondrements. — Échelle de 1 : 3000 000.
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Fio. 95. — Croquis tectonique du Portugal, d'après P. CholTat {Communicaçôes do Serviço Geologieo de Portugal, Tom. VII, 1907).
le Trias, que les plis sont généralement peu saillants et assez courts, mais que, dans la Chaîne de TArrabida, qui atteint la mer au Cap EspicheP, il se produit, sous Tinfluence de mouvements violents, une structure imbriquée, avec écailles faisant face au S.S.E. (fig. 96). Malheureusement, cette chaîne est si courte qu'il n*est guère possible de se prononcer sur l'importance que peut avoir cette direction exeptionnelle ^
L'effondrement de Paris et de Londres présente également des plis récents (Weald, etc.).
La présence de ces plis posthumes récents dans les grandes dépressions des Altaïdes, même quand une jonction immédiate avec l'Asie
Fig. 96. — Coupe de la Chaîne de TArrabida, d'après P. Choffat {Notice sur la Carte hypsométrique du Portugal, In-8*', Lisbonne, 1907, p. 48, flg. 1).
Les accidents successifs sont supposés ramenés sur une même ligne transversale. I. Pli et effondrement du littoral; II. Pli couché du Formosinho; III. Chevauchement de S. Luiz; IV. Cheyauche«" ment de Palmella. — D. Lias et Bajocien ; B. Bathonien; J. Jurassique supérieur; C. Crétacique; O. Oligocène; M*. Miocène inférieur; M*. Miocène supérieur. — Échelle des longueurs, 1 : 80000 environ.
manque, indique une force plissante très générale, qui ne se manifeste qu'à l'intérieur du cadre.
Il faut remarquer en outre que des affaissements analogues se sont produits même en dehors des Altaïdes. La dépression de Venise et celle de la Mer Egée se trouvent dans les Dinarides; un fragment de la table désertique africaine est effondré sous le Sud-Est de la Méditerranée. Mais aucun de ces effondrements situés en dehors des Altaïdes ne montre de plissement récent.
Les plissements alpins ont été précédés ou accompagnés par des affaissements qui, à en juger par les roches à Radiolaires, ont atteint
[1. Voir la belle monographie de P. Choiïat, publiée par la Commission du Service Géo* logique du Portugal : Essai sur la Tectonique de la Chaîne de VArrahida. In-4°, 89 p., 10 pi. : cartes, coupes et photogr. Lisbonne, Impr. Nationale, 1908.]
2. P. Choiïat, Pli-faille et chevauchements horizontaux dans le Mésozoïque du Portugal (C. R. Acad. Se. Paris, CXLI, 1905, 2« sem., p. 335-337); et surtout : Notice sur la Carte hypsométrique du Portugal (Extr. des Communicaçôes du Service Géol. du Portugal, VII, fasc. I, 1907). In-8% 7i p., 1 carte tectonique.
r,40 LA FACE DE LA TERRE.
au moins 4 000 mètres à l'époque jurassique. Mais des affaissements ont également suivi le plissement. Le bassin de Vienne avec sa ceinture de sources thermales, la Hongrie avec Tare de ses volcans tertiaires, le champ d'affaissement si bien délimité de lltalie Occidentale, avec ses volcans, en sont des exemples. Nous nous sommes déjà demandé s'il ne se prépare pas encore aujourd'hui, dans l'effondrement tyrrhénien, un élargissement (I, p. 112). Des effondrements circulaires y ont pris naissance à une époque très tardive, par exemple dans le Roussillon. Dans certaines fenêtres, complètement isolées au milieu des Alpes, et qui, d'ailleurs, n'auraient pas pu résulter d'un affaissement, nous serons amenés à nous poser la question de savoir s'il n'existe pas dans les Alpes elles-niênies un pUsseiiient secondaire, à Viniérieur du cadre (Secundäre Rahmenfatung).
Il résulte de ce qu'on vient de dire qu'aucune partie de la face de la Terre n'offre de plus grandes difficultés, pour qui veut la décrire d'une façon quelque peu ressemblante, que la partie des Altaïdes située à l'Ouest du horst d'Azov. Elle sera l'objet des chapitres suivants. La région pontique, où s'opère le contact direct avec l'Asie, est d'une telle importance qu'il y aura lieu d'en parler tout d'abord. Mais l'Asie ne pénètre pas seulement en Europe sous la forme de grandes chaînes plissées. Beaucoup de raisons tendent à prouver que certaines fractures allongées, s'orientant W.N.W. ou N.VV. (a lignes de Karpinsky »), sont également de provenance asiatique.
Nous décrirons d'abord les environs de la Mer Noire et les lignes de Karpinsky.
Ensuite nous passerons aux Altaïdes d'Europe, avec leurs prolongements dans l'Amérique du Nord et dans le Nord de l'Afrique, et enfin viendra l'étude des chaînes plus récentes, enserrées dans ce cadre préexistant.
Le horst d'Azov. — Au Sud de la Plate-forme Russe (III, p. 508) s'individualise un horst. Ses limites ont été définies avec précision par Teisseyre * et Laskarev '-. On le désigne sous le nom de horst de Podolie ou Plate-forme Podolienne (fig. 97).
La lisière des Carpathes porte l'empreinte de grands charriages.
i. W. Teisseyre, Versuch einer Tektonik des Vorlandes der Karpathen in Galicien und in der Bukowina (Verhandl. k. k. Geol. Reichsanst., 1903, p. 289-308); du même, Der paläozoische Horst von Podolien und die ihn umgebenden Senkungsfelder (Beitr. zur Geol. u. Paläont. Oesterr.- Unjrarns u. des Orients, XV, 1903, p. 101-126, pl. XII-XIII : caries).
2. V. Laskarev, Recherches géologiques dans les districts d'Ostrog et de Douhno (Volhynie)^ r. f. (Bull. Comité Géol. S'-Pétersbourg, XXIII, 1904, p. 425-461, pl. XIV); du môme, Notes sur la tectonique de la plate-forme cristalline de la Russie méridionale^ r. f. (Ibid., XXIV, 1905, p. 235-293, pl. V : carte).
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