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Même le débordement des Sudètes sur toute leur largeur se traduit de la façon la plus nette (I, p. 242, fig. 43). Pour le territoire qui vient plus à TEst, le cours de la Vistule et de son affluent le Sann semble jouer un rôle particulièrement important.
Au sommet du triangle Cracovie-Sandomir-Przemysl, occupé par des sédiments récents et limité d'un côté par la lisière des Carpathes et de Tautre par le cours des deux fleuves, surgit, non loin du confluent du Sann, le massif des Montagnes de Sandomir (I, p. 240, 621). On admet qu'à partir de là, dans la direction du S.W., le cours de la Vistule est jalonné par une faille, le long de laquelle s'affaissent les Sudètes. Il est certain, en tout cas, que les Montagnes de Sandomir représentent une avant-chaîne des Sudètes, comparable au Jura, par exemple.
Or, le cours du Sann répond à peu près à la direction prolongée du bord Nord-Est de cette avant-chaîne. Au voisinage de Przemysl le fleuve sort des Carpathes et, dans la partie des Carpathes située à TOuest de ce point, on trouve des blocs qui appartiennent aux terrains des Sudètes ou du Massif de Sandomir. Wöjcik, notamment, a signalé dans ces blocs, au voisinage de Przemysl, tous les étages de Tavant-pays, du Dévonien au Kimeridgien. Ils gisent épars ou forment un conglomérat dans le Flysch oligocène, et Wojcik y voit des pointements de cet avant-pays affaissé, ramenés de la profondeur*.
Ce sont dfes lambeaux de fond; ils attestent que jusqu'à Przemysl, jusqu'au Sann par conséquent, l'avant-pays appartient encore à l'édifice varisque, dont la limite n'est donc atteinte par la lisière des Carpathes qu'à 200 kilomètres à l'Est de Cracovie. M. le professeur Niedzwiezki m'apprend même que les grands lambeaux de terrain houiller ancien, parfois considérés à tort comme exploitables, et qui sont depuis longtemps connus dans le Flysch des Carpathes Orientales, ont été rencontrés jusqu'à Delatyn sur les bords du Prouth (22*20').
Quittons maintenant le bord des Carpathes.
A Lemberg, la base du Sénonien n'a pas encore été atteinte à 501 mètres de profondeur.
Sur le Dniestr apparaît près de Nizniow, à l'fist de Stanislau, un lambeau horizontal transgressif du Jurassique le plus supérieur, horizon qui se prolonge probablement jusque-là depuis le bord Nord- Est des Montagnes de Sandomir ^.
A peu de distance de ce point, au Nord, on trouve sur la Zlota
1. R. Wôjcik, Exotische Blöcke im Flysch von Krahel Wielki bei PrzemyH (Bull, internat. Acad. Se. Cracovie, 1907, p. 499-527).
2. J. V. Siemiradzki, Ueber die Gliederung und Verbreitung des Jura in Polen (Jahrb. k. k. Geol. Reichsanst., XXXIX, 1889, p. 45-54); notamment p. 46.
Lipa (affluent de gauche du Dniestr), au-dessus des grès dévoniens, une dolomie dévonienne à Polypiers, analogue à celle du Massif de Sandomir ^
Alors disparaissent les indices occidentaux, et, le long du Dniestr, la série des couches paléozoïques du horst vient au jour. Elle s'incline doucement vers les Carpathes, dont elle reste séparée par la large vallée du Prouth.
En Moldavie, le horst s'éloigne rapidement des Carpathes. Le Prouth tourne vers TEst et pénètre près de Radautzi dans un plateau crétacé. Simionescu en a conclu que le horst traverse également le Prouth*. La limite méridionale du horst atteint la Mer d'Azov à Berdiansk; il se termine au Nord de cette ville, où il dessine dans le paysage un massif de collines d'une certaine largeur, faisant saillie au-dessus des plaines environnantes. Morozewicz en a donné une carte' (III, p. 510).
Ce pays de collines est appelé horst d'Azov; il fait partie du horst de Podolie.
Revenons à l'extrémité Nord-Ouest. Là, dans les cercles de Doubno et d'Ostrog, il existe, d'après Laskarev, des traces de deux affaissements : le premier, la dépression de Peltcha, est accompagné par le Dévonien supérieur marin des montagnes occidentales; associée au second affleure, près de Rovno, une roche basaltique tout à fait isolée. La limite du horst podolien tourne ensuite vers le Nord, puis longe la rive droite du Dniestr à quelque distance en suivant la direction S.E. Elle traverse le fleuve au voisinage de Krémentchoug et finit par atteindre le bord septentrional du horst d'Azov.
Ce massif de terrains anciens a exercé une influence décisive sur la configuration de l'Europe.
Karpinsky a émis l'idée que la déviation du Caucase vers la Crimée était due à la présence de ce horst (III, p. 310). Il est très remarquable de constater que les lignes directrices venant d'Asie se comportent au Sud du horst autrement qu'au Nord.
Le Caucase conserve son allure rectiligne à l'W.N.W. ou au N.W.. direction qui caractérise les rameaux extrêmes des virgations asiatiques, jusqu'au voisinage de la Crimée. Là, la situation change brusquement.
Le rattachement des Carpathes aux lignes asiatiques ne peut se
1. A. Alth i Fr. Bieniasz, Atlas geologiczny GaWcvi, feuille 8, XIII, Monasterzyska^ Cracovie, 1887; texte, p. 49.
2. J. Simioaescu, Erreicht die rassische Tafel liumänien? (Centralblalt f. Mineralogie, etc.. Stuttgart, I90i, p. 193-194); et La Plate-forme russe s'étend-elle jusqu'en Roumanie? (Annales sei en ti f. de Puni vers ité de Jassy, II, 1902, p. 4-6).
3. J. Morozewicz, Observations géologiques faites en 1901 dans les districts d'Alexandrovsk et de Taganrog (Bull. Comité Gêol. S^-Pélersbourg, XX, 1901, pi. VI, p. 574).
produire qu'au Sud du horst : la continuité de la Plate-forme Russe ne peut laisser aucun doute à cet égard. A partir de ce horst, le plissement tourne vers le Nord; au lieu de la ligne droite du Caucase apparaissent désormais les directrices incurvées de l'Europe Centrale.
Il en va tout autrement au Nord du horst. L'allure rectiligne W.N.W. à N.W. persiste sans changement, de même, autant du moins qu'on peut en juger, que les poussées asiatiques vers le Sud. C'est là que commencent les lignes de Karpinsky (I, p. 611, fig. 89, mm).
Nous laisserons de côté, cette fois encore, le plissement de Koulandy, à l'extrémité Nord-Ouest du Lac d'Aral, et les affleurements isolés de la steppe d'Astrakhan.
Bien plus importante est la ligne de VAlal (I, p. 620).
L'Alaï, les Monts du Turkestan, le Malgousar, le Nourataou (III, pi. I, p. 410), le Cheikh Djeli, la Presqu'île de Manghichlak, le bassin houiller du Donetz (I, p. 611, fig. 87, n*" 6), — telle est la série de coulisses qui, d'abord légèrement convexes vers le Sud, puis s'orientant en ligne droite à l'W.N.W., se succèdent du bord septentrional du Pamir jusqu'au bord septentrional du horst d'Azov.
Bogatchev, confirmant les conjectures de Karpinsky, a trouvé sur le versant Sud de la ligne de partage des eaux, entre le Sal et le Manytch, vers 42*'38'de long. E., dans des sables tertiaires, des fragments si abondants de Carbonifère supérieur, riche en fossiles, qu'il y a lieu de croire à la présence d'un récif de ce calcaire à une faible profondeur. La direction de cette ligne de partage recoupe, au delà de Novo-Tcherkask, celle de la voûte principale du bassin houiller du Donetz *.
Déjà au Nord-Est de Konstantinovskaïa, sur le Don, affleure le terrain houiller productif; et au Sud, près de Taganrog, les sondages ont atteint le Dévonien supérieur, qui se présente comme un liséré entre le bord Sud du terrain carbonifère et l'ancien horst cristallin. Ce terrain carbonifère, constituant ce qu'on appelle le bassin houiller du Donetz, est actuellement connu dans la direction du N.W. ou de l'W.N.W. sur 370 kilomètres environ, avec une largeur maximum de 160 kilomètres. Tschemyschew et Loutougin en ont donné un excellent aperçu. A partir du Dévonien supérieur, avec lequel commence l'épaisse série des
1. V. Bogatchew, Observations géologiques dans le bassin de la Rivière Manytch, r. f. (Bull. GoDiité Géol. S*-Péter8bourg, XXII, 1903, p. 73-i62, pi. IV : carie géol.); notamment p. 105 et 153. — Des plis du groupe ouralien apparaissent loin à l'Ouest; voir A. W. Pavlow, Quelques Observations sur les phénomènes tectoniques dans la région de la Medvédilza et de la Basse Volga, r. f. (Bull. Soc. Imp. des Naturalistes, Moscou, nouv. série, XV, i90i, p. 221-231); du même, Traces de phénomènes orogéniques sur le Don entre les établissements de Klietzkaia et près des Trois Iles, r. (Bull. Soc. Imp. des Amis des Se. Nat., Moscou, 1901, p. 1-5); le même, Bull. GoiDité Géol., XXII, 1903, p. 250, r. — Le point où les Erghéni devraient rencontrer le Manytch se trouve par 44° 50' de long. E. environ (III, p. 470).
couches, on n'observe aucune discordance jusqu'à la base du Tertiaire, qui est horizontal. Certains terrains, d'ailleurs, par exemple le Trias et rinfracrétacé, n'y sont pas représentés avec certitude. En outre, on n y voit aucun accident à la base du Carbonifère supérieur ou du Permien. niveau qui est caractérisé en tant d'endroits par une discordance. Les parties méridionales du bassin sont formées, au moins dans le domaine du Kalmiouss, par les étages les plus anciens, c'est-à-dire par le Dévonien supérieur et les premières assises du Carbonifère; les couches y affectent une allure tranquille, qui n'est troublée que par des failles longitudinales et par des fossés (Gräben). C'est seulement en se rapprochant du centre qu'on voit apparaître des plis : il y a un anticlioal principal et aussi des voûtes en forme de dômes elliptiques (brachyanticlinaux), des voûtes dont le flanc Sud est très incliné, enfin des plissements et des froissements aigus, influencés par la répétition de roches présentant une résistance très inégale et par la formation de cassures et de failles inverses*.
Borissiak^ a montré comment ces plis étroits se perdent au Nord- Ouest dans la direction d'Oussioum (fig. 98); là, ils sont complètement rasés, et les voûtes apparaissent à la surface de la plaine à l'étal d'ellipses isolées s'orientant N.W., affectant une structure concentrique plus ou moins réguJière. et présentant presque toujours un pendage plus accentué vers le Sud. Les terrains les plus anciens sont le plus énergiquement plissés; les terrains plus récents le sont moins, et le Crétacé l'est à peine. Enfin, tout cet ensemble disparait sous la couverture oligocène ^
Le Dniepr jalonne le bord méridional, et l'on trouve encore très en amont, près de Kanev, des accidents dans le Jurassique et le Crétacé'.
1. Th. Tschernyschew et L. Loutougin, Le bassin du Donetz (Guide des Excursions du VII* Congrès Géol. International, S'-Pélersbourg, 1897, XVI). In-8% 55 p., 2 cartes. Au Sud, il est vrai, en certains points, la Craie repose directement sur le terrain carbonifère tout en présentant une forte inclinaison. — P. P. Piatnitzky, Observations sur les dépôts crétacés des bords du Don et des affluents gauches du Dnjépr, r. (Trav. Soc. des Naturalistes Univ. Imp. Kharkov, III, 1889, 178 p.; notamment p. 143). — Karpinsky suppose qu*il existe des traces analogues dans l'intérieur de la Russie d'Europe : Sur les résultats de quelques sondages dans le bassin du Pripet, r. (Bull. Acad. Imp. Se. S*-Pétersbourg, VI« série, 1907, p. 243-246); je n'ai pas cru devoir tenir compte ici des Montagnes de Sandomir.
2. A. Borissjak, Ueber die Tektonik des Donez-Höhenzuges in seinen nordwestlichen Ausläufern (Centralblatt f. Mineralogie, etc., 1903, p. 644-649, carte")^ et Geologische Skizze des Kreises Jsjum und der angrenzenden Theile der Kreise Pawlograd und Zmiew. Das nordwestliche Grenzgebiet des Donezrueckens, r. a. (Mém. Comité Géol., Nouv. série, n° 3, 1905). In-4", ti-423 p.. 3 pl., 1 carte géol. Quelques-uns de ces dômes présentent, par exception, un pendage plus accusé vers le N, ; le dernier, au Nord-Ouest, est recoupé à angle droit par un décrochement méridien important, qui est plus récent qu'une partie de la série tertiaire.
3. Voir le t. 1 du présent ouvrage, p. 604; Karitzky n'a cru y voir que des glissements locaux; Trav. Soc. des Naturalistes, Univ. Imp. Kharkov, IX, 1888, p. 381-394. Laskarev semble les attribuer aux accidents de bordure du horst de Podolie.
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C'est là, entre 31** et 32*^ de long. E., d après Tétat actuel des recherches, que se termine la zone de dislocations que nous avons suivie depuis les bords du Manytch.
Prolongement du Caucase. — Tournons-nous vers le bord méridional du horst d'Azov.
En 1885, en essayant de tracer le prolongement des lignes directrices de l'Asie, j'ai mené une de ces lignes du Caucase vers Kertch et je lui ai donné, en Crimée, une courbure du N.W. au S.W. (I, p. 611, fig. 89). En même temps, j'ai signalé l'antériorité du fragment montagneux de la Crimée par rapport aux mouvements plus récents du Caucase. Le massif de Matchin, dans la Dobrogea, a dû être laissé de côté comme un problème non résolu (I, p. 6.29, 630).
La structure du Caucase diffère de celle des autres chaînes de montagnes par un grand nombre de particularités. Sa direction rectiligne ressemble, comme on l'a vu, à un étoilementdu Tien-Chan. Les couches sarmatiques y sont portées jusqu'à l'altitude de 2 200 mètres. Le Caucase central a été assimilé à un grand pli couché vers le S.W. Au Sud- Est, la partie méridionale disparait sous la vallée de la Koura.
Les observations récentes ont fait connaître un grand nombre de détails, notamment la découverte de Pseudomonotis ochoiica et de l'étage rhétien*, mais elles n'ont guère modifié, en ses traits essentiels, le tableau d'ensemble tracé par Abich^. Néanmoins, on se demande encore comment, avec une pareille structure, les sédiments mésozoïques
1. Th. Tschernyschew, Sur la découverte dii Trias supérieur dans le Caucase du Nordj r. (Bull. Acûd. Imp. des Se. S^-Pétersbourg, VI* série, 1907, p. 277-280). La présence d'espèces de TAsie Mineure, telles que Spirigera Mamovinii, etc., est remarquable.
[2. Principales publications récentes sur la Géologie du Caucase : Guide des Excursions du VIP Congrès Géologique International, S*-Pétersbourg, 1897, in-8°, nombreuses cartes et pi. (voir les Excursions XVII-XIX et XXII-XXVIII : Notices de N. Karakasch, A. Konchin. F. Loewinson-Lessing, K. Bouguevitch, S. Simonowitch, etc.); Marcel Bertrand, Les excursions du VII* Congrès géologique international en Russie. Le Caucase (Bull. Soc. Géol. de Fr., 3'sér., XXV, 1897, p. 713-719); Alb. Heim, Querprofil durch den Central-Kaukasus, längs der crusinischen Heerstrasse, verglichen mit den Alpen (Vierteljahrsschr. Naturforsch. Gesellsch. Zürich, XLllI, 1898, p. 25-45, pl. II); L. von Ammon, Petrographische und palaeontologischc Bemerkungen Über einige Kaukasische Gesteine (in : G. Merzbacher, Aus den Hochregionen des Kaukasus, Wanderungen, Erlebnisse, Beobachtungen. 2 vol. in-S**, nombreuses pl., cartes, Leipzig, 1901; II. p. 719-807); K. Bogdanowitsch, Zwei L'ebersteigungen der Hauptkette des Kaukasus, r. a. (Mém. Comité Géol., S»-Pétersbourg, XIX, n*» 1, 1902). In-4% xvni-209 p., carte, 3 pl. coupes : de Derbent à Noukha et de Kouba à Chemakha; Moriz von Déchy, Kaukasus. Reisen und Forschungen im Kaukasischen Hochgebirge, 3 vol. gr. in-8°, avec nombreuses pl., vues panoramiques, photogr. et cartes (voir notamment t. 111, Bearbeitung der gesammelten Materialien : Paläontologie, von K. Papp; Pétrographie, von Fr. Schafarzik; Physiogeographie, von M. v. Déchy; p. 141-404, 11 pl.), Berlin, 1905-1907; K. Bogdanowitsch, Das Dibrar System im südöstlichen Kaukasus, r. a. (Mém. Comité Géol., nouv. série, Livr. 26). In-4^ vi-182 p., carte géol., 2 pl. de coupes, 9 pl. fossiles, 1906; H. Höfer, Die Geologie des Erdöls, des Erdgases, Erdwachses und des Asphalts, ln-8^ Leipzig, 1909, p. 383-443, pl. V-VIII: résumé des travaux de G. Michailowsky, K. Kalickij, D. Golubjatnikow, etc., sur les districts pétrolifères de la Kouban, Grozny, la Presqu*lle d'.Apchéron, Tchatma, etc.]
du Sud peuvent différer autant de ceux du Nord. Il est probable que Tamplitude du chevauchement vers le Sud est très considérable.
Il existe sur les deux versants des plis sarmatiques, et même plus récents. Au Sud, ces terrains sont plissés avec les sédiments antérieurs à partir du Nord. Sur le versant septentrional de la chaîne, ils affectent une grande régularité, par exemple près de Derbent* et de Stavropol. Abich savait que les plis du versant Nord se prolongent au delà de l'extrémité N.W. de la chaîne, en décrivant une courbe légèrement convexe vers le Nord; c'est sur cette constatation qu'est basée la ligne directrice tracée sur la fig. 89 du tome I (p. 611).
Près d'Anapa, le Caucase se termine sous la forme de chaînons de Flysch crétacé s'orientant N.W. ^. Au Nord de ce point commence le territoire étudié par Androussov (fig. 99) ^
Au Nord, un premier groupe de plis tertiaires récents, parallèles au Caucase, s'étend au delà de Temriouk jusque dans la moitié Nord de la Presqu'île de Taman; ces plis prennent peu à peu la direction E.-W., traversent ainsi orientés le détroit de Kertch, occupent la moitié Nord de la presqu'île du même nom, se recourbent doucement vers le S.W., diminuent d'importance et se terminent en atteignant les steppes de la Crimée.
Un groupe méridional commence par se rattacher au précédent et remplit l'espace qui le sépare de la bordure Nord du Caucase. Ces nouveaux plis occupent la moitié méridionale de la Presqu'île de Taman; en s'écartant peu à peu de la direction des plis du Nord, ils acquièrent sur la côte Sud-Est de Taman la direction S.W., se poursuivent avec cette même allure dans le Sud-Est de la Presqu'île de Kertch et disparaissent sous la Mer Noire.
L'angle compris entre ces deux groupes de plis divergents est occupé par une plaine, qui forme le Sud-Ouest de la Presqu'île de Kertch et qui est limitée du côté des plis par la falaise appelée
\ . Un pli brusque, isolé, de roches sarmatiques, qui, au-dessus de Derbent, est renverse en sens contraire, vers le N.E., fait song^er, par sa structure étrange, au glissement en retour de couches inclinées; D. V. Goloubiatnikow, Explorations géologiques des espaces naphtifères du district de Kaïtago-Tabasaran {Daghestan) et des alentours de la ville de Derbent, T. t. (Bull. Comité GéoL, XXI, 1902, p. 697-754, pi. VIII-IX).
2. S. Nikitin, Constitution géologique du District Novorossiisk^ gouv, de Tchernomorié, r. f. (Bull. Comité Géol., XXI, 1902, p. 653-670).
3. N. Andrussow, Die Geotektonik der Halbinsel Kertscli, r. (.Matériaux pour la Géol. de la Uussie, XVI, 1893, p. 63-336, 2 pi., 1 carte géol.); du même, Environs de Kertch (Guide des Excursions du Vil' Congrès Géol. Internat., 1897, XXX, p. 1-16, carte des lignes dii«ctrice$) ; du même, Geologische Untersuchungen im Kubanischen Gebiet zwischen dem Fl. Adagum und dem Kubanischen Liman, r. a. (Travaux Soc. des Naturalistes S'-Pétersbourg, XXVIII, livr. 5, 1899, p. 179-214); du même, Recherches géologiques sur la Presqu'île de Taman, r. (Matériaux pour In Géol. de la Russie, XXI, 1904, p. 255-381, pi. IX-XVI : carte); et dans d'autres publications.
Parpatch. Cette plaine peut être regardée comme une sorte d'enveloppement, ou comme un glacis, de l'extrémité orientale des montagnes de la Crimée. Cette extrémité orientale affleure près de Theodosia sous la forme de rochers tithoniques.
Androussov a placé tout d'abord l'époque de la formation de ces plis entre l'étage sarmatique et l'étage méotique. Plus tard, des discordances reconnues en différents horizons l'on conduit à l'opinion que la formation des plis et leur arasement partiel ont pu marcher de pair, et que le phénomène a même pu durer jusqu'après l'époque pontique.
FiG. 99. — Le Détroit de Kertch, d'après Androussov. Les traits forts indiquent les anticlinaux néogënes. — Échelle de l : 1 850000.
Les renversements sont dirigés comme dans la chaîne principale, c'està-dire dans le sens asiatique, vers le S. ou le S.E.
La nature nous offre ici un exemple très instructif de la façon dont les plis récents, au lieu d'être resserrés les uns contre les autres par un massif étranger plus ancien (Theodosia), se partagent au contraire en faisceaux divergents. Le faisceau septentrional se termine librement, le faisceau méridional s'affaisse sous la mer.
Au large de la côte Sud de Kertch, près d'Opouk, au voisinage du point où la falaise de Parpatch atteint la mer, surgissent quelques petits récifs d'accès difficile, les Korabli (Caravelles, vaisseaux); Dubois de Montperreux savait déjà qu'ils sont formés par une roche cristalline étrangère à la région. Androussov signale sur la côte voisine des fragments détachés d'amygdaloïde avec zéolithes, des micaschistes argileux, etc.; M. de Vogdt considère les Korabli comme une trace des montagnes de la Crimée.
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Grimée et Plate-forme Bulgare. — La bifurcation des plis récents du Caucase est déterminée par un fragment d'une chaîne importante. Lorsqu'on se rapproche de ce fragment à partir des steppes de la Crimée, c'est-à-dire en venant du Nord, on traverse le Miocène, le calcaire à Nummulites et tout le terrain crétacé, y compris le Néocomien inférieur, qui se succèdent en couches doucement inclinées vers le Nord. Le calcaire infracrétacé à Caprotines forme une falaise escarpée faisant face au Sud, c'est-à-dire aux montagnes.
Le Néocomien recouvre presque horizontalement, en discordance, le Lias et le terrain jurassique plissés (I, p. 630). Ces terrains, associés à des laccolithes singulières*, passaient pour constituer tout le massif plissé de la Crimée S jusqu'à ce que M. de Vogdt eût découvert, près de Simféropol et à l'Est de cette ville, une série de couches plus anciennes. Cette série comprend : un calcaire carbonifère supérieur à Schwagerina, des conglomérats et des grès à plantes terrestres, des schistes à Pseudomonotis ochotica, et du Lias inférieur du type des couches austro-alpines de Hierlatz. C'est seulement au-dessus que se montre la série liasique et jurassique, d'ailleurs très développée '. Des lambeaux de Lias recouvrent le Trias en discordance. Vogdt compare les montagnes de la Crimée, tant en ce qui concerne leur âge plus ancien que leur série stratigraphique, aux montagnes de Malchin (Dobrogea). Encore à l'extrémité Sud-Ouest de la côte, près de Phoros. Borissiak a trouvé Pseudomonotis ochotica^, La direction des plis, dans l'Est, près de Theodosia, estE.-W.; près de Simféropol elle est E. 15' N. et au Sud-Ouest de la péninsule domine la direction N.E.; ainsi se produit un arc légèrement convexe vers le Nord-Ouest. Il faut d'ailleurs distinguer deux phases de dislocation principales, d'abord entre le Trias et le Lias, puis entre le Jurassique et le Néocomien. Des discordances sont également signalées au milieu des couches plus récentes. Leur nombre est plutôt surprenant; il semble que, dans cette région, de nouveaux plissements se soient produits à plusieurs reprises dans des conditions qui se modifiaient sans cesse.
En Bulgarie, Peters et Athanasiu ont fait connaître sur certains
[1. Voir le Guide des Excursions du VII* Congrès Géologique International, S*-Pétersbourg, 1897, in-S**. Excursions XXXI et XXXIII : Notices de A. Lagorio et N. Golovkinsky, avec 2 cartes géol. et 1 pi. de coupes.]
[2. Voir la thèse de E. de DanilofT, Le district de Yalta (Crimée), Étude de Géographie Physique. In-8% 171 p., 9 pi. dont 2 cartes géol. Paris, 1905.]
3. K. K. V. Vogdt, Sur les dépôts sédimentaires les plus anciens de la Crimée^ r. (Travaux Soc. des Naturalistes Saint-Pétersbourg, XXXU, 1901, Procès-verb., p. 302-304, 1902). — Le> roches cristallines qui ont été signalées en Crimée paraissent devoir être considéFèes comme formant des enclaves dans le Néocomien. Je suis redevable à M. de Vogdt de précieuses indications et esquisses sur ce sujet.