‹ La face de la terreChapitre 98 sur 137 · LÉGENDE DE LA FIGURE · texte numérisé non relu

LÉGENDE DE LA FIGURE

1. Granite, etc.; 3. Schistes cristallins da premier groupe; 3. Schistes cristallins du deuxième groupe; i. Carbonifère et Lias; 5. Dogger et Malm; 6. Crétacé inférieur; 1. Roches eruptives basiques (serpentines, gabbros, etc.); 8. Flysch oligocène; 9. Formations néogènes (« Palla «, lignites. etc.): 10. AUuvions anciennes et récentes; 11. Affleurement des surfaces do charriage (cbevaachementsV — Cette carte, établie avec le concours de F. iSchafarzik pour le territoire du Banat, a été reproduite par Emm. de Martonne {Bévue de Géographie, I, 1906-1907, p. 125, fig. -27).

Echeile i :5ooooo A'/'/omeénfS

FiG. 101. — Carte géologique du Plateau de Mehedintzi, des Monts de la Cerna et du Miroei Planina, d'après G. M. Murgoci {^Anixarxil Institutului Geologie al Românieij 1, 1907,

pi. III).

L'espace que nous avons à considérer comprend les montag^n^s qui s'étendent depuis le Danube jusqu'à 38 kilomètres environ de la coupure transversale de TOlt (I, p. 638, fig. 95), et de la vallée de la Cerna et du Jiu jusqu'au bord méridional du massif. En essayant d'exposer clairement la synthèse de Murgoci, nous nous servirons d'un mode de notation schématique.

Dans l'espace en question, il existe des schistes anciens antépermiens //, et au-dessus une série sédimentaire autochtone B^ formée principalement de calcaires jurassiques et infracrétacés. En outre, on y observe une autre série de schistes anciens / et une seconde série sédimentaire A (Verrucano, traces du Lias, Jurassique; l'étage barrémien en est le dernier terme), autochtone par rapport à /. Cette série A est souvent injectée de diabases, de serpentines et d'autres roches basiques, circonstance que nous désignerons par la lettre o-.

Dans l'ensemble, il existe donc deux unités tectoniques ou nappes, à savoir I -{- A^ ^i II '\- B.

Au N.W., au N. et au N.E. de cet espace, le terme //possède une grande extension. Sur le bord septentrional, à partir de la haute Cerna, puis au Nord des Monts Paring et jusqu'au bord oriental, c'est-à-dire jusqu'à 30 kilomètres environ du cours de l'Oit, // repose sur A c. Il en va de même sur le bord oriental jusqu'à la plaine. De cette façon se trouve circonscrit un espace allongé, de forme ovale. Audessous de A T on aperçoit, à l'intérieur de cet espace, son soubassement autochtone /. En plusieurs endroits, des lambeaux de // se sont conservés au fond des synclinaux, par suite de plissements postérieurs de A T. Par conséquent, // (et aussi B) s'est jadis étendu sur tout cet espace; la succession des terrains est, par conséquent, de haut en bas, la suivante : B '\- IlyAv -\- 1, et on doit considérer toute cette surface comme v ne fenêtre, longue de iiO à 180 kilomètres et large de plus de 80 kilomètres.

Cela revient à dire, en d'autres termes, qu'au Nord du Danube, quand cesse le grand étranglement par torsion, la coulisse II + B. devenant libre, a complètement recouvert la coulisse qui la précède vers le Sud, /-f ^ , et que celle-ci devient visible dans la fenêtre grAce à l'érosion. Il n'est guère possible, actuellement, de dire de quelle distance provient, au Nord-Ouest, ce recouvrement.

Dans cette analyse, nous avons considéré a- comme un accessoire. Il est intéressant pour la géologie des Alpes de constater que cette injection se produit au-dessous du plan de charriage *. Elle a déterminé

1. Un historique des observations relatives aux gisements analogues (travaux de Srâbo. Hussak, Roth v. Telegd, Tielze, Schafarzik)a été donné par L. MrazecetG. M.-Murg<ici dans leur étude : La WehrUte du Ml. Ursu (Bull. Soc. des Se. Bucarest, 1897, n» 3, p. 11-15, pi. Ml).

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des actions de contact. Un granité dont la mise en place est plus récente et qui forme la bande de Suschita, associé à /, atteint la longueur de 100 kilomètres environ, sur une largeur de 8 à 10 kilomètres seulement.

Le charriage s'est produit entre Tétage barrémien et le Cénomanien ; l'intrusion <t pénètre jusque dans les couches barrémiennes. Le Cénomanien est précédé par une discordance si profonde que, d'accord avec les observations de Uhlig dans d'autres parties des Carpathes, on peut parler d'une structure ancienne, anté-cénomanienne, et d'une structure plus récente, bien que les lignes directrices soient en gros restées les mêmes.

Cette région peut être désignée sous le nom de fenêtre du Paring.

A la torsion succède à l'Est l'inflexion vers le grand arc carpathique. La longue chaîne gneissique du Cozia(fig. 102), dirigée obliquement vers l'E.N.E. à partir du bord méridional des montagnes, montre le passage d'un régime à l'autre (I, p. 639). Reinhard l'a récemment étudiée*. A l'Est reparaissent encore une fois des schistes anciens; un effondrement, déjà reconnu comme tel par Toula, isole au Sud du Col de Torzburg le Mont Leota, représentant le fragment le plus oriental. L'effondrement lui-même, décrit par Popovici-Halzeg et Simionescu, renferme des couches jurassiques et crétacées affaissées dans une sorte de fossé*. Le Mont Leota est, au Sud-Est, la pierre d'angle des Carpathes.

La lisière des Carpathes au Sud-Bst. — Nous commencerons par le Nord. Czernowitz est sur les couches sarmatiques, qui reposent sur le deuxième étage méditerranéen. Ces terrains d'allure tranquille constituent un pays de collines, qui n'est séparé, au Sud, du Flysch plissé des Carpathes que par une lisière peu développée de Schlier salifère*.

Dans le Nord de la Moldavie, la lisière des Carpathes s'accuse davantage. D'après Athanasiu, un plateau sarmatique s'étend du Nord et du Nord-Est par delà le Sereth jusqu'à la Moldova, puis viennent

1. M. Reinhard, Der Cozia-Gneisszug in den Rumänischen Karpathen (Bul. Soc. Sciint. Bucuresci, XVI, 1906, 103 p., 2 pi. dont 1 carie).

2. V. Popovici-Hatzeg, Note préliminaire sur les calcaires tilhoniques et néocomiens des Districts de Muscel, Dimbovitza et Prahova (Bull. Soc. Géol. de Fr., 3* sér., XXV, 1807, p. 540- 553); du mùme, Sur Cage des conglomérats de Buceyi (ibid. ^ p. GG0-675);et Contribution à Vhistoire tjéologigue des Carpathes roumaines. Étude géologique des environs de Campulung et de Sinaia, Thèse, ln-8**, 220 p., carte géol., Parts, 1808; J. Simionescu, Ceber die Geologie des Quellgebietes des DimboüicioarOy Rumänien (Jahrb. k. k. Geol. Reichsansi., XLVUl, 1808, p. 0-52); du même. Les Ammonites jurassiques de Bucegi (Annales Se. de TUniv. de Jassy, II], 1005, p. 175-203, pi. I-IV); et dans d^autres publications.

3. K. M. Paul, Grundzûge der Geologie der Bukowina (Jahrb. k. k. Geol. Reichsanst., XXVI, 1876, p. 263-330, pl. XVII : carte géol.).

ver^ le Su<Mlue^t les c collines pr^^-rarpathiques ». formées de Sehlier salifêre; irelle^w^i au^rmentent rapidement de largeur eU sur 1«^ bord< du »amtzu 17* IT de lai. >'.j. atteij^ent déjà 2it kilomètres. Le Flysrh est renversé vers l'Est par-dessus sa bordure*.

\A commence le domaine des recherches de Mrazec et de Teisseyre. qui embrassent tout le Sud-Est (pi. V)-.

IléMirmai*^. la plate-forme sarmatique de l'avant-paTS se sépare des cou'-hes salifères par une ra-ssure. Cet accident prend une tell»» importance qu'au Sud de Bacau (au Sud du confluent de la Bistritza et du Sereth). le Flvs^'h affleure dans son alignement sur deux point< situés très en dehors de la bordure des C^rpalhes'. Les couches salifères affectent une disposition en fond de bateau plus ou moin< symétrique, avec un grand nombre de plis de moindre importance, qui sont ;rénéraleraenl renversés.

Plus au Sud encore, au Sud de la rivière Trotus. la poussée du ^t^Xk des Carpathes est encore plus énergique : les couches sarmatiques elles-mêmes se montrent fortement relevées sur le bord de la plateforme. Les couches salifères apparaissent étroitement plissées entre la bordure sarmatique et les écailles du FIvsch, à l'Ouest.

Encore plus au Sud, dans le voisinage du coude des Carpathes, aux environs de Kimnic-Sarat, le tableau a de nouveau changé; là. nous nous trouvons en face de l'extrémité du chaînon montagneux de Matchin (Dobrogea), à une distance de 100 kilomètres environ. — Les hauteurs sarmatiques qui jalonnaient le bord occidental de la plateforme ont disparu; une nouvelle bande sarmatique se dresse au N.E. de ces collines. Elle suit sur une grande distance, conformément à la courbure de la chaîne, la direction S.W. En même temps, des s^-nclinaux sarmatiques existent au-dessus de la formation salifêre elle-même: là. le plissement est donc post-sarmatique.

Au coude même de la chaîne se produisent les modifications suivantes.

Sur le cours supérieur du Buzeu, une bande se sépare peu à peu de

1. s. Athanasiu, Morpholofjische Skizze der nordmoldauischen Karpathen (Bull. Scie. de*i Se. Bucarest, 1(^99, 48 p., carte); et Oeologische Studien in den nordmoldauischen Karpathen (Jahrb. k. k. fieol. Reichsanst.. XLIX, 1899, p. 429-492).

2. L. Mrazec et W. Teisseyre, Aperçu géologique sur les formations salifères et les gisements de sel en Roumanie (Bibl. du Moniteur des Intérêts Pétrnlifères Roumains). In-4% Bukarest. 55 p., itarte, 1902; \V. Teisscyre und L. Mrazec, Dos Salzvorkommen in Rumänien ^OEslerr. ZeiUchr. f. Herfç- .u. Ilüttenwe»«., LI, 1903, p. 197, 217, 231 et 247, nombreuses Og., 1 carte). Voir en outre : Arbeiten der mit dem Studium der Petroleum-Regionen betrauten Commission (hgj^b. V. k. Rumdn. Minist, d. oiï. Arb.). ln-4«, 104 p., Bucarest, 1904 (auteurs de la carte : G. Alimanestianu, L. Mrazec et V. J. Bratianu; on y voit nettement les anticlinaux plus récents).

3. L. Mrazer und W. Tei^<sey^e, Ueber oligocnne Klippen am Rande der Karpathen bei OaeauiMoldau). Hin Beitrag zur Tektonik der rumänischen Karpathen (iahrb, k. k. Geol. Reichsanst., Li. 1901, p. 235-240).

la bordure extérieure du Flysch et, sous le nom d'éperon de Valeni, se prolonge parallèlement à la courbure générale, en décrivant un arc de grand rayon; elle finit par se résoudre en une série de petits îlots de Flysch, qui dépassent le cours de la Prahova *. Ainsi se trouve isolée une longue baie autonome de terrain salifère, la baie de Slanitza (fîg. 103). Son bord septentrional est une cassure, et les gites de sel que Ton trouve plus à TOuest appartiennent au prolongement de ce golfe, comme s'il s'était formé là un véritable graben.

Comme le prolongement de l'éperon de Valeni au S.W. et à

Fip. 103. — L*éperon de Valeni, d'après une esquisse communiquée par M. le Prof. Mrazec.

Échelle de 1 : 800000 environ.

rW.S.W. est fort important à connaître pour l'exploitation du pétrole, on y a exécuté de nombreux forages ; et, grâce aux études de Mrazec et de Teisseyre, on connaît cet éperon beaucoup mieux probablement que ce n'est le cas pour aucune autre extrémité libre.

Les axes de tous les plis s'enfoncent dans l'éperon vers le S.W., puis vers l'W.S.W. A l'époque où se formaient les dépôts salifères miocènes, une partie de l'éperon devait être déjà émergée sous forme de péninsule. L'îlot de Cosmina est un anticlinal oligocène renversé vers le Sud, et recouvert de terrain salifère miocène ainsi que d«

[1. il résulte des dernières observations faites par les ^ologues roumains que Téperon de Flysch de Valeni n'est pas en place, mais fait partie d'une nappe de charriage, comne Bergeron l'avait supposé dès 1904; J. Berf?eron, Observations relatives à la structure de la haute vallée de la Jalomita et des Carpathes roumaines (Bull. Soc, Géol. de Fr., 4" sér., IV, t904, p. 54-77, carte et coupes dans le texte). L. Mrazec, La tectonique de l'éperon paléogène de Valeni (Revue du Pétrole, i'* année. 1908, p. 247-250, carte et coupe).]

couches inéotiques légèrement plissées. Dans la vallée de la Doftana, on constate des renversements post-pontiques. Près de Moreni, les couches levantines les plus récentes prennent même part à la formation d'une voûte. Mrazec et Teisseyre disent que le plissement a duré jusqu'à Tépoque quaternaire. Le Lœss n'est pas disloqué. Vers l'extrémité des plis, c'est-à-dire vers l'W.S.W., des couches de plus en plus récentes prennent part au mouvement; c'est ce que ces géologues appellent des « plis mourants »; peut-être devrait-on les qualifier plutôt de <c plis naissants ]» *. Ils attestent la longue durée et la continuité du phénomène.

Ainsi, de la Bukovine jusquaux environs de Valent, on constate des plissements de plus en jdus récents.

Au voisinage du coude du Danube, dans la contrée de Baragan (à rW^N.W. de Tchernavoda, au Sud de la basse Jalomitza), un forage a percé à 178 mètres de profondeur la base de l'étage pontique, à 318 mètres celle de l'étage sarmatique, et a atteint après 4 mètres seulement d'argiles bigarrées la Craie supérieure (probable) à silex, . terrain que la sonde n'a plus quitté jusqu'à 783 mètres. On ne signale pas, sur ce point, de couches méditerranéennes ou éocènes.

A Bucarest, un sondage a rencontré des bancs épais d'argile et de sable à Paludines et Unios; il n'a atteint des traces certaines du Sarmatique qu'à 800 mètres et a été arrêté à 1 008 mètres dans ce même étage'.

Ces faits ont conduit à reprendre une hypothèse exprimée autrefois par Cobalcescu. D'après ce géologue, la falaise disposée en arc de cercle qui forme la rive droite du Danube répondrait à une cassure. Draghicenu pensait que cette ligne défaille Galatz-Tchernavoda-Sistov (peut-être même Kalafat) « appartient au même système que la fracture de Slanitza' ». Murgoci fait cependant observer, que, près de Roustchouk, le calcaire crétacé existe également sur la rive gauche; aussi conteste-t-il l'existence de la faille, en attribuant la falaise aux érosions du fleuve.

Quoi qu'il en soit, une dépression importante s'étend entre le

1. Le prolongement ultérieur de Téperon, sous la forme d'un anticlinal légèrement renversé vers le Sud, a été élabli par les sondages ; L. Mrazec et W. Teisseyre, Comunieare preliminara asuprd structurii geohgice a rcgiunii Campina Bustenari (An. Acad. Roman., Bucuresti, Ser. Il, XXVlll, 1905-1906, p. 491-510, pi. l-ll : carte et coupe); Mrazec, Contribution à la géologie de Gura Œnitzei-Moreni (Moniteur Pétrol. Roum., 20 septembre 1905, p. 785-789); \oir aussi Arb. Petrol. Comm., p. 90, et Guide des Excursions du 3* Congrès International du Pétrole, 1907. Mrazec note que, dans les anticlinaux chevauchés, le banc de sel perce fréquemment les couches surincombantes, et devient visible à la surface en formant de véritables récifs (■ Durchspiesste Anticlinalen »).

2. Note du Prof. Mrazec, présentée à PAcadémie de Bucarest, le 16 février 1907; G. Murgoci, Guide des Excursions du 3* Congrès International du Pétrole, 1907, V, p. 227.

3. M. M. Draghicenu, Studii as asupra Ilidrologiei subtereane diu punctul de vedere a alimentarei Oraselor, etc. ln-4', 181 p., carte, Bucuresti, 1895; en particulier p. 52 et 54.

Danube et les Carpathes, et tout le Massif de Matchln s'abaisse, en aval d'Hirchova, dans la direction de cette fosse.

La Chaîne Cimmérienne. — Les dernières recherches dont le Massif de Matchin a été Tobjet ont eu pour but d'élucider certains problèmes stratigraphiques *. Pascu a fait paraître une carte nouvelle ^ Quant à la structure de ces montagnes, on ne peut que dire, aujourd'hui encore, qu'il y a là un fragment, dont la direction, E.-W. ou W.N.W. au voisinage de la mer, tend à se rapprocher de plus en plus de N.W. en allant vers l'intérieur. Au Sud-Ouest, les roches vertes (« Diabas-Pelit », d'après Peters) présentent un large développement; au Nord-Est, il existe en outre une série ancienne (phyllades et Verrucano près de Toultcha), et le gneiss du. Nord-Ouest passe pour en représenter le terme le plus inférieur. Au milieu de ces roches, les sédiments mésozoïques s'avancent en bandes plus ou moins allongées jusque très loin dans le delta, ainsi que des nappes de porphyre et de mélaphyre. Le Trias est représenté par un grand nombre d'horizons. Le Crétacé supérieur est transgressif.

Ce massif est un fragment d'une unité beaucoup plus vaste : c'est là une conclusion qui ne saurait faire l'objet d'aucun doute. Par sa situation et par son ûge anté-crétacé, il semblerait devoir se rattacher à la Crimée. D'accord avec Mrazec, nous désignerons cette unité, comprenant les Montagnes de la Crimée, l'Ile des Serpents et le Massif de Matchin, sous le nom de Chaîne Cimmérienne,

La Plate, forme Bulgare et les steppes de Crimée s'y rattachent.

L'escarpement sous-marin qui court du Cap Emineh au Cap Staritch, et le long duquel le fond de la Mer Noire s'abaisse de — 70 ou 80 mètres à — 1000 ou 1800 mètres, a été regardé ici-même (I, p. 630), d'accord avec plusieurs auteurs, comme l'indice d'une ancienne jonction entre la Crimée et les Balkans. Mais cette falaise ne correspond pas à la direction des couches; Draghicenu la considère comme le bord d'un affaissement; cette manière de voir paraît être celle qui s'accorde le mieux avec les faits.

A insi se délimite un domaine oie le plissement est partout antérieur au Néocomien. C'est un fragment d'avant- pays mésozoïque, intercalé

1. K. A. Redlich, Geologische Studien in Bumänien, II (Verhandl. k. k. Gool. Reichsanst.,

1896, p. 402-502); V. Anastasiu, Le Trias de la DobruHgea (Bull. Soc. Géol. de Fr., 3«sér., XXV,

1897, p. 890-894). [Voir aussi V. Aoastasiu, Coniribulion à Vétude géologique de la Dobrogea {Roumanie). Terrains secondaires. Thèse. In-8*, 133 p., 1 cnrte géol. à 1 : 800,000. Paris, 1898.] Un aperçu généra] est donné par F. Toula, Eine geologische Reise in der Dobrudsciia (Schriften des Vereines zur Verbr. naturw. Kenntn. Wien, XXXHI, 1803, p. 543*604).

2. R. Pascu, Studii geologice si miniere in Judelului Tulcea (Servie Minelor). In•8^ 50 p., Bucuresti, 1004.

entre le hors! d'Azov et les plis plus récents des Balkans et des Garpathes. On ne connaît aucun autre exemple d'un fragment intermédiaire analogue. Les bouches du Danube lui appartiennent.

Une seule formation peut venir en ligne de compte, comme représentant le prolongement possible de la Chaîne Cimmérienne : ce sont les bandes mésozoïques de l'intérieur des Carpathes, par exemple ceile qui longe à l'Est le massif gneissique de la Moldavie et la traînée des Monts Persâny en Transylvanie.

Uhlig a établi que la zone mésozoïque du Sud de la Bukovine et du massif moldave n'adecte pas, comme on l'admettait jusqu'à présent, une structure unilatérale, avec plongement au N.E., mais qu'elle possède une aile symétrique au N.E. Cette zone répond donc à une véritable cuvette; elle perd ainsi toute individualité tectonique et se trouve faire partie d'un ensemble plus vaste. Le Trias, le Lias et le Jurassique y sont représentés, comme dans la Chaîne Cimmérienne. Plusieurs discordances apparaissent au sein de cette série, comme en Crimée, et la transgression du Crétacé supérieur s'y manifeste également. Le calcaire à Caprotines repose parfois directement sur les schistes cristallins ou sur le Trias '.

La discordance entre le Trias et le calcaire à Caprotines sur le plateau du Rareu« dans les Carpathes de la Bukovine, a la même importance que la transgression du Carbonifère supérieur sur les noyaux montagneux varisques, dans les Alpes : elle signale la réapparition des caractères de l'avant-pays.

Il faut tenir compte, en outre, de la présence de roches cimmériennes sur la ILsière des Carpathes Orientales. Ces roches ont été décrites par de nombreux observateurs, et en dernier lieu par Zuber ^

Uhlig a distingué une zone interne de conglomérats et de blocs d'origine carpathique, dans le Flysch, et une zone externe. Les blocs de cette zone externe sont considérés, d'un commun accord, comme étant en majeure partie de provenam^e étrangère aux (^pathes.

Un calcaire blanc, qui, sans doute, est presque toujours jurassique, se trouve tout le long de la lisière des Carpathes. A l'Ouest s'y ajoutent des terrains dont les analogues se trouvent en place dans les Sudètes; mais à l'Est, on trouve aussi une roche verte singulière, qui tantôt ressemble à un schiste lustré, et tantôt se montre dure et résistante. Zuber y voit une transformation dynamique des tufs, associés aux dia-

1. V. Ulli ig. Vorläufiger Bericht über eine geologische Reise in das Gebiet der goUenen Bistritz (Sitzunpsber. k. Âkad. Wiss. Wien, Math^m.-naturwiss. CI., XCVJII, Abth. L 1880, p. 728-743), et Ueber die Beziekimgen der südliehen Klippenzone zu den Ostkarpalhen (ibid., CVI, AbUi. I, 181)7, p. 188-206, carte schémalique).

2. R. Zul)eT, Neue Karpathemtuéien (iahrb. k. k. Geol. ReidiMOSt, LH, 1002, p. 245- 238); les données antérieures ont été recueillies dans ce mémoire.

bases, qui forment sur une largeur notable le Sud-Ouest du Massif de

Matchin ; ce géologue a même publié une série de coupes (lig. 104), qui

représentent l'enfoncement de cette chaîne sous la bordure des Carpathes ^ .

Près de Krâsna, en Bukovine, Alth et Paul ont trouvé à la limite

de fa mer

PiQ. 104. — Évolution de la Chaîne Cimmérienne an voisinage des Carpathes Orientales, d'après R. Zuber (Ja/ir&. k, k. Geol. BnUjfisQnsl,, LU, 1002, p. 257;.

A, (!oupc sciiématiquo àr01ip;orônc; B, au Miocène inférioar; C, au Miocène supérieur; D, éUtt actueJ. — Mi. Ile do Marmarosch: Kp. Carpathes: l)b. Chaîne de la Dobrogca; Pd. Plate-forme de la Podolic; Fm. Mordu Flysch; Kl. Klysch ; K„ K,. Zôno des conglomérats ot des blocs exoti(|ues ; Sm. Mer do l'étage sali f 6 re: Um. Mer du Miocène supérieur; Js. Sédiments récents.

externe des Carpathes un lambeau absolument isolé de calcaire blanc, long de 4 kilomètres et large de 200 mètres k peine, en partie bréchoïde, reposant sur des schistes appartenant déjà peut-être à l'étage

I. Neminar a décrit cette roche, en 1877, ('omme èlant un schisle vert avec nombreuses petites écailles de hornblende, dont la résistance et le caractère massif augmentent en roÎMn de l'abondance de ce minéral. Dès cette époque, Paul et Tietae pemsaîenl qu'elle était tout à fait étrangère, et peut^Hre en platte au même point (Jahrb. k. k. Geol. Reichsanst.,

qui vient immédiatement ensuite, — un agglomérat vert, formé de fragments anguleux des mêmes schistes *.

Uhlig désigne la roche du Nord de la Moldavie comme un schiste chloriteux d'un vert foncé. « On constate avec étonnement, dit ce géologue, que des chaînons montagneux entiers sont constitués par des blocs de cette roche, à l'exclusion de toute autre. C'est le cas, par exemple, pour la bande, longue d'environ 10 kilomètres, qui s'étend entre la ville et le couvent de Niamtz, bande où les affleurements sont excellents... »^

On a eu recours à différentes hypothèses pour rendre compte de ces faits. Presque toujours, on a imaginé une sorte de « muraille littorale » {Strandwall) \ finalement, il a été impossible de repousser plus longtemps une autre conjecture, à savoir qu'on aurait réellement affaire aux restes d'une chaîne de montagnes n'appartenant ni aux Carpathes, ni au horst de Podolie. Zuber a également émis cette idée, et il qualifie les montagnes de la Dobrogea de « troisième voussoir, placé en avant des Carpathes i».

En fait, l'entraînement jusqu'à la surface du sol de lambeaux arrachés au substratum Cimmérien fournit la seule explication satisfaisante des faits observés.

Coup dœil général. — Parmi les branches aboutissant au Nord du horst d'Azov, l'alignement de l'Alaï est le seul qui présente une certaine continuité. Il conserve la direction rectiligne des chaînes asiatiques, de même que le mouvement asiatique vers le Sud, autant du moins qu'on peut en juger d'après le redressement du flanc Sud des anticlinaux dans le bassin houiller du Donetz.

Au Sud du horst d'Azov, on ne peut, de même, suivre avec netteté qu'un seul alignement, celui de l'Hindou-Kouch. Le Caucase affecte une allure rectiligne, asiatique, avec plissement vers le Sud, toujours comme en Asie, et il disparaît sous le Pont-Ëuxin. Des plis tertiaires plus récents, poussés vers la chaîne à partir du Nord, se bifurquent en face d'un fragment du Massif Cimmérien.

La Chaîne Cimmérienne se moule sur le horst d'Azov et rétrécit l'ouverture par laquelle pénètrent les plis plus récents.

Les Balkans commencent a l'Est par des plissements récents, d'une faible amplitude, comme si l'on se trouvait au voisinage d'une extrémité libre ; plus à l'Ouest, en particulier sur l'Isker, on observe dans

XXVII, 1877, p. 125). Mrazec conflrme sa ressemblance avec certaines roches de la Dobrogea.

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