‹ La Faculté de droit dans l'ancienne Université de Paris,Chapitre 121 sur 281 · Arrêt de · texte numérisé non relu

Arrêt de

« Supplicant Laurentius Rivière et Jacobus Lacroix, cum et « programmati vestro uterque in Jure responderit, atque ventum ce sit ut nunc à Tobis electio sit celebranda. Aller supplicantium a alteri multis rétro annis, tum familiaritate, tum amicitiâ iis- « demque studiis ita coniunctus est, ut omnia societatis iura sibi « cum altero communia esse debere putet, et, quemadmodum « anteà multis annis ambo iura publiée progressi sunt, ità, nunc « quoque un& profiteri desiderant. Quarë, rogant sunmioperè (si c ità Tobis yideatur), ut in C!ornetii locum munusque regentiœ « ambo sufflciantur, é& lege, ut iura omnia, emolumentaque c (piibus ille fruebatur inter eos dividentur pro œquis portioc nibus... »

La lecture de Ces deux actes terminée dans rassemblée, le conseil eut à émettre son avis. Robert du Gast persista dans le jugement qu'il ai^t une première fois porté. Rebuf qui, vraisemblablement, avait inspiré la tactique habile de ses protégés, fît ressortir avec force Tabsence d'empêchement, puisque le Parlement ne considérait pas l'absence de grade comme une raison d'incapacité. Le Clerc et Vedel, sans s'avancer aussi loin que Rebuf, consentaient à admettre Rivière, pourvu qu'il fit serment de se faire promouvoir au doctorat avant d'exercer la régence. Quentin usant d'une distinction subtile, remarqua que le Parlement avait ordonné d'admettre à la discussion, mais non à la régence tous les licenciés, à cause de la pénurie de sujets dont souffrait alors la Faculté. Dans le cas présent, il n*en était plus de même, on avait sous la main des étudiants de Paris capables de remplir plus dignement les charges du doctorat : il fallait donc les choisir de préférence ^ Ces motifs le poussaient à donner sa voix à Violier et en sa qualité de doyen, il s'opposait formellement à la division de la chaire vacante.

La majorité, néanmoins, était contre Quentin, et, quelle que fût la justesse de ses sentiments, puisqu'il n'avait pu convaincre ses collègues, il lui fallait se résoudre à clore la séance dans le sens de leurs votes. Pierre Rebuf triomphait. En qualité de sénieur d'âge, il mit le doyen en devoir* d'accéder aux vœux de la Faculté. Quentin, de son côté, n'était pas homme à céder, surtout quand il croyait sa conscience engagée; il en appela donc au Parlement et donna sa démission. Tout le monde fût étonné de ce brusque résultat, et à peine avait-il quitté la salle du conseil que les docteurs le réélisaient incontinent et lui en faisaient parvenir

i. « Nec agrit nostrit titieDiihos, tlienot irrigtiidotl » disail-U, dans ton langage imagé.

la nouvelle. Ce tut peine perdue, car, quelques instants plus tard, Violier et un autre docteur apportaient à P. Rebuf les insign^es de la dignité décanale, ainsi que le « Livre* » et Tinformaient que Quentin, abdiquant d'une façon définitive, refusait de s'occuper, désormais, des affaires du collège *. Voici donc où l'ambition des uns, le favoritisme imprudent ou la résistance orgueilleuse des autres pouvait conduire en quelques jours un corps enseignant, aussi important et aussi considéré.

Rebuf, doyen d'âge, prit incontinent en main l'exercice des affaires; il se fit remettre le Registre, déposé sous la garde de Mr Corbin, et y constatant certaines omissions dans le récit des événements précédents, il se mit à le compléter à sa manière. Enfin, malgré les protestations de Violier, il conféra les insignes du doctorat à Rivière et procéda à sa mise en possession de la chaire qu'il partageait avec La Croix (22 mars). Pendant ce temps, le Parlement examinait lentement les intérêts des parties dissidentes. La cause de Violier fut appelée le 22 avril, avec M* Séguier pour soutenir l'accusation en qualité d*avocat du Roi. De part et d'autre, on s'incrimina vivement, on se traita de simoniaques et de parjures, et le résultat fut que défendeurs et plaignants se trouvèrent déboutés de leur demande. Les choses ne pouvaient cependant demeurer en cet état. La Faculté n'avait plus de chef, puisque Quentin, malgré sa réélection, refusait absolument d'en présider les conseils et se regardait, désormais, comme un étranger; la position de Rebuf n'était pas légale et chacun de ses actes pouvait être attaqué et annulé; il fallait à tout prix sortir de cette impasse. Rebuf se décida à en prendre les moyens et il convoqua le Conseil dans la forme solennelle, afin d'amener Quentin à faire un esclandre. Celui-ci s'abstint encore. Une députation lui fut envoyée, il ne se rendit pas à ses prières. Rebuf indiqua alors une réunion plénière pour le jeudi suivant et il envoya au doyen récalcitrant une invitation péremptoire *.

La séance n'eut pas lieu aux écoles, mais au Palais, où les conseillers Provost et Corbin, retenus par d'autres devoirs, avaient appelé les régents. Du Gast, Quentin, Le Clerc, Vedel et Rebuf s'y trouvèrent réunis. Les commissaires du Parlement voulurent alors concilier les intérêts divers et terminer à l'amiable l'affaire de la malencontreuse élection. Un nouveau scrutin fut ouvert. Le

1. Il doit 8*agir ici du Livre des Statuts de la Faculté, car le lirre dit « da doyen » fut remit entre les mains du conseiller Corbib.

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