Decretum peremptorium in omnes absentes
docteur du Gast choisit Yiolier, Rebuf maintint énergiquement ses deux protégés; Le Clerc et Vedel votèrent pour Rivière, en le désignant pour successeur à Le Girier. G*était ouvrir la porte à de nouvelles complications. Quentin protesta que la régence de Le Girier n*était pas vacante, mais, en face de l'opposition générale et des marques dliostilité de ses collègues, il comprit que ses efforts seraient inutiles et préféra se retirer sans rien ajouter. Prévost et Gorbin Tavertirent que Télection aurait lieu malgré son départ ; il n'en persista pas moins. Les suffrages furent donc recueillis de nouveau : du Gast continua à voter pour Violier ; Rebuf, Le Glerc et Vedel s'accordèrent sur le nom de La Groix. Le 6 mai, le Parlement enregistrait cette élection : « Veu par la a Gourt le procès-verbal de MM. Nicole Provost et Jehan Gorbin, « conseillers, etc.. », et déclarait faite, la double élection de Rivière et de La Groix.
Rebuf avait donc atteint Ron but, mais tout n était pas fini et les dissentiments sortis de ces luttes devaient avoir d'autres effets. Dix jours après, le bedeau de la Faculté se présenta chez Quentin pour l'inviter à venir en personne remettre les clefs des armoires et les livres qu'il retenait encore en sa possession. Les domestiques du doyen empêchèrent l'appariteur de pénétrer jusqu'à lui. Une heure après cet officier se présenta de nouveau, mais Quentin répondit qu'à 4 heures du soir il n'était plus temps de réunir la Faculté. Le conseil décida, faute de mieux, que l'ancien doyen serait mandé pour le mercredi suivant avec injonction expresse de se présenter, sous peine de suspense, et que les coffres ou armoires seraient forcés, de nouvelles clefs faites à ses frais, au cas où il ne comparaîtrait pas. Le 20 arriva et Quentin ne parut pas , mais Rebuf annonça à ses collègues présents, Vedel, La Rivière et La Groix, que les D" Violier et Beauclerc lui étaient venus remettre les clefs des armoires, le livre des statuts * et le petit sceau au nom de Quentin, avec sa démission de décanat. L'assemblée élut incontinent Rebuf pour lui succéder'. Quentin n'était donc plus doyen, mais il demeurait
1. La Faculté élait déjà rentrée en possession da Livre du doyen que Quentin avait confié au conseiller Corbin , et elle avait aussi les trois registres qui demeuraient habituellement entre les mains du Receveur, à savoir :
a) le premier « iu quo ceptum est scribere nomina eorum qui cepenmt studere; in « principio libri articuli et statuta que iurâtur ab bis qui proflteri incipiunt
b) « alter liber qui est scheda matricule.
c) a très alii libri in quibus inserta sunt regesta et compesta dni Quintini, etc. (¥■• Mémorial),
2. Ce n est qu'à cette époque que Rebuf compléta déflnilivement le registre décaqal et qu'il y inscrivit la plupart des faits qne nous avons racontés et que Quentin, pour r honneur de la Faculté, avait passés sous silence.
encore régent. Son intraitable adversaire fît remarquer son absence de la Faculté et lui reprocha amèrement de n'avoir pas demandé d'autorisation pour laisser ainsi le collège comme un corps sans tête ^ Aussi Rebuf, poursuivant sa victoire et son ressentiment et voulant faire sentir que le pouvoir avait un nouveau dépositaire, interdit-il au trésorier de solder à Quentin aucun honoraire avant qu'il eût, d'une part, approuvé l'arrêt du Parlement contre lequel il avait protesté, et de l'autre justifîé valablement de son absence. C'en était trop, la position devenait intolérable. Quentin aima mieux résilier sa charge et ouvrir ainsi à Yiolier la chaire à laquelle il avait tout sacrifié pour l'appeler. Le Parlement fut heureux d'approuver cette transaction, et Violier, qui était digne de l'estime de son vieux maître, sut lui donner une preuve éclatante de son attachement et apporter un peu de baume sur les blessures du glorieux vaincu. Yiolier, en efifet, adressa à la Faculté une première épf tre lui notifiant son admission par le Parlement et dans une seconde missive au style ferme, et courageusement conciliante, il suppliait les docteurs d'oublier les contestations précédentes. Sa demande était humble, mais n'avait rien de bas, il faisait ressortir les mérites de Quentin qui pendant quinze années avait illustré le corps doctoral, l'appelant son « très cher maître » et demandant à être admis en son nom : « vel hoc nomine, quia factura, ut sic dicam, ejus sum... » La Faculté se fît présenter l'acte de renonciation de Quentin passé devant notaire en faveur de Violier et homologué par le Parlement, la supplique au Parlement et l'arrêt de cette Cour, puis, quand elle eut tout consigné dans ses registres, elle refusa définitivement d'admettre Violier, à cause de subreption, parce que la vacance de la chaire n'avait pas été annoncée au collège. Le Parlement mit heureusement à néant ces résistances, et le D** Violier put enfîn être admis à la régence de la Faculté de décret dont sa candidature avait un instant menacé jusqu'à l'existence'...
i. « CoIIe^uiD acephalum ».
2. Violier ne jouit pas longtemps de cette charge si diffîcilement obtenae, car il fut déposé par uo arrêt du 6 mars 1552 pour s'être marié : « Contraxit ledit Violier ma- « trimonium, à cette cause, ob matrimonium contractuip, icelle Faculté a déclaré iceluy « Violier déçu de ladite régence. •