Arrêt da Parlement, janvier
certaines railleries indécentes à radresse du clergé français. La fameuse plaisanterie : « ab hispanicà scabie incidimus in morbum « gallicum » venait d'être lancée et réjouissait fort les réunions particulières. Le cardinal de Lorraine, devant qui cette bouffonnerie avait été répétée, s'en trouva très mortifié. Louis de Saint- Gelais Lansac, ambassadeur de France S s'adressa à ce sujet un jour à Antoine Le Cirier, évêque d'Avranches, en présence de plusieurs évoques étrangers, et l'assura que la protection royale ne manquerait pas aux Français. La menace fit de l'efiel, et Le Cirier, de son côté, ne se gêna pas pour se placer ouvertement dans l'opposition.
Le Clerc fut un des maîtres les plus connus de cette époque. En 1541 il était déjà pro-conservateur des privilèges de l'Université de Paris, mais, comme Le Cirier, il fut souvent obligé de demander des remplaçants. En 1543, on lui accorda vacance pour ses cours ordinaires, puis, sur une attestation de deux médecins, on lui permit de se retirer en conservant ses privilèges. Ce fut le docteur Bourserai qui lui tint lieu de substitut. Le Clerc était, malgré ses infirmités, un homme de valeur, et sa retraite fut une véritable perte pour les étudiants. Il consacra ce qui lui restait de forces au service de l'Université entière en sauvegardant ses intérêts généraux et le chef de l'État, qui avait été à même d'apprécier ses mérites exceptionnels, le chargea de défendre au concile de Trente la réputation du savoir ecclésiastique français. Nous nous plaisons à citer la lettre du roi, qui prouve le cas qu'on faisait en haut lieu des professeurs de droit de Paris :
« A nostre cher et bien ainié maistre Pierre le Clerc, conserva^ c^ leur des privilèges de tiostre Université de Paris.
« De par le Roy,
« Cher et bien amé, pour ce que nous vous avons choisy avec ce ung bon nombre de gens doctes et sçavans de ûre royaulme <K pour accompaigner les ambassadeur et prélatz que envoyons à a Trente pour le faict du concile. A ceste cause, nous voulons et « vous mandons que incontinant la pûte receu, vous aiiez à parce tir et vous rendre à Paris le plus diligemment qu'il vous sera « possible, où le trésorier de nostre espargne vous fournira arec gent tant pour vous monter et mestre en equippaige, que pour « faire ledict voiage. De quoy vous ne ferez faulte et vous nous
1. Laosac représeDtait le roi en compagnie d^Arnaod <hi Ferrier, président au Pari»» ment de Paris, et de Gui de Faur-Pibrac
« ferez service en ce faisant. Donné à Yernon le xix* jour de feb- € vrier 1545.
a FRANÇOIS. 'SOUCHBTEL *. »
La Faculté fut flattée de cette marque d'estime accordée à un de ses membres. Au mois d'avril 1547, Le Clerc obtint de se retirer avec les avantages honorifiques et utiles dus à vingt années d'enseignement, et le D' Sapin lui fut donné comme substitut définitif. Les arrêts du Parlement Tobligèrent, en 1552, à remettre la moitié de ses émoluments à celui qui le remplaçait.
Nous connaissons déjà Vedel ou Yedello, scribe et trésorier de la Faculté, de la Croix, Rivière et Violier, qui tinrent les principaux rôles dans la malheureuse élection que nous avons décrite ; nous n'en parlerons pas davantage.
Vers lamême époque se distinguèrent aussi /Vanpoi^ ffotomann* et François Baudoin, que Pasquier estimait beaucoup. Les qualités de Baudoin nous sont dépeintes dans les termes suivants par Sainte-Marthe. Ce professeur était, nous dit cet auteur : « Homo « facundissimus ipsoque oris ac totius corporis habitu non injuc cundus. Ex historiarum ac civUis disciplinas conjunctione suis « prslectionibus gratiam ac venerem afferebat, atque eam sœpe c vidimus hoc splendido doctrinœ apparatu Lutetiœ profitentem, « cum ad ejus auditorium primœ notœ homines, Episcopi, senac tores, équités libenter et maximâ frequentia convenirent '. » Et Pasquier, parlant d'Hotomann et de son ami Baudoin dans une lettre adressée à Loysel fait d'eux les éloges suivants : « Je puis « vous dire que l'un des plus grands heurs que je pense avoir « recueilli en ma jeunesse, fut qu'au lendemain de l'Assomption c Notre-Dame, l'an 1546,Hotoman et Balduin commencèrent leurs « premières lectures de droit aux Écoles de Décret en cette ville « de Paris. Celui-là, à sept heures du matin, lisant le titre : « De c actionibus > : cettui-ci, à deux heures de relevée, lisant le titre c De publicis judiciis » en un grand théâtre d'auditeurs, et ce jour c même, sous ces deux doctes personnages , je commençai d'étuc dier en droit ^. »
Cujas est une personnalité trop connue pour que nous ne si-