é* Mémorial, an
1. Hotomann, élèyede rUniTersité d^OrlétOB, fut docteur en droit à dix -huit ans. D quitta ta chaire de Paris pour embrasser le protestantisme, enseigna tour à tour à Lausaone, Strasbourg, Valence, Bourges, Genève et Bâle , et remplit plusieurs hautes fonctioot. — Cf. L Coooirr, François Hotomann, la France Gaule.
3. Viroruffi doctrina illustrium qui hoc seculo in Gallia floruerunt, elogia Authore ScacTola Sammarthano. — Augustoriti Pictonum M.DCVI, p. 99.
4. pASQunii, lettre 18, U?re XIX (éd. U Amsterdam, 1723), p. 566.
gnalions pas son passage à la Faculté. Nous avons à dire quel concours de circonstances ouvrit au grand romaniste une des chaires de l'école de Paris*. Né à Toulouse d'un foulon nommé Gujans, il dut à Arnaud du Ferrier' la connaissance des premiers éléments de la jurisprudence. Cujas était un homme comme il en aurait fallu beaucoup à Paris. Les langues anciennes et surtout la grecque lui étaient connues à fond; la philosophie et Thistoire lui avaient donné leurs grandes leçons, la grammaire et l'éloquence de tous les âges avaient formé son goût, la poésie même ne l'avait pas trouvé insensible à ses charmes. Tout concourait donc àperfectionner sa science puissante. Aussi, quand à vingt-cinq ans * il ouvrit un cours privé sur les Institutes, malgré le peu de confiance que les leçons particulières de droit inspiraient alors, il vit se presser autour de lui des disciples choisis appartenant aux vieilles familles de robe. Ces brillants succès n'engagèrent pourtant pas Toulouse à lui ouvrir les portes de son Université, Gahors fut plus avisée, et en quelques mois la renommée du jeune maître devint si générale que l'école de Bourges à laquelle aucune autre ne pouvait alors disputer la préséance pour le droit civil s'empressa de le réclamer*. Des intrigues, inspirées par la jalousie, le forcèrent à en partir peu après, mais ce ne fut pas pour longtemps, car, malgré l'accueil enthousiaste de l'Université de Valence, il revint enseigner dans la capitale du Berry*. Il ne fallut rien moins que la prière de Marguerite, duchesse de Savoie, pour attirer Cujas à Turin afin de relever par sa réputation l'Université de cette ville alors bien déchue. Comblé d'honneurs et de richesses, le savant romaniste revint l'année suivante en France et s'arrêta quelque temps à Valence où ses^ biens servirent à réparer les désastres des guerres civiles. Une foule d'auditeurs célèbres parmi lesquels on distinguait Scaliger et Jacques-Auguste de Thou suivaient ses doctes leçons. Bourges pourtant l'attirait toujours, mais à peine était-il arrivé, que la guerre civile l'obligea de s'en éloigner, et, c'est grâce à cette circonstance, malheureuse
1. Cf. Bbrrut Samt-Prix, Histoire de Cujas (à la suite de son Histoire du droit romain).
2. Du Ferrier qui fut dans la suite ambassadeur de France au concile de Trente, puis à Venise. Il avait commencé par être conseiller au Parlement de Toulouse (1543-1545) ; il entra en 1551 à celui de Paris, et quatre ans plus tard était nommé président aux .^nquétes, puis maître des requêtes. 11 fut toujours honoré de la confiance royale et mourut chancelier du roi de Navarre.