Bt Mémorial, an. 1541. — 1«' Décanat de Jean Quentin
fut prise en septembre 1544 : la Faculté cx)nviDt d'enseigner publiquement les Institutes de Justinien par Torgane des maîtres ordinaires '. Ce fut alors que Hotomann et Beaudouin dont nous avons parlé plus haut, commencèrent ces fameuses leçons qui attiraient rue Saint-Jean de Beauvais tout ce que Paris renfer* mait d*érudits jurisconsultes et d*espTits distingués *. Les élèves avaient déjà entre les mains un manuel des Institutes approuvé en 1545 par les régents ' et le Parlement, reconnaissant l'autorité de la Faculté en matière d'approbation, défendait de rien publier qui eût trait au droit civil sans qu'elle eût apposé son vi8a\ C'était une affirmation irrécusable de compétence. Remarquonsle en passant, la censure des livres de droit civil attribuée par la Cour au doyen de la Faculté de décret, est un argument très puissant en faveur du rôle juridique de cette école. Si Ton n'eût pas enseigné le droit romain à Paris, les docteurs-régents, parmi lesquels on élisait annuellement le doyen, n'auraient pas été tenus d'en être instruits, et n'auraient pas été aptes à en juger! Au reste, les docteurs s'occupaient de plus en plus de recherches relatives aux études civilistes. François Poillet, qui mourut en 1547, après avoir quitté l'école pour se marier, avait employé plusieurs années à la composition d'une Historia Juris romani que termina son gendre Philippe le Boindre. En 1547, parut un nouveau livre manuel sur la seconde partie du Digeste. Ainsi, la littérature juridique parisienne se lançait dans la voie ouverte par la renaissance romaniste. Pendant ce temps, le D^J.dela Croix exposait devant son auditoire le a tit. de Actio. libr. quarto Justi. * » ; le D' Hingonius « utriusque Juris doctor et illustrissimi principis Delphinis professer « traitait de la division des choses, et /. B. Sapin expliquait les Institutes dans leur entier. Dans le courant des vacances de l'année suivante, le D»" FàbiHtius traita de la vente, lès D" Thierry et du Bourg, des testaments; le D' Masuer, de la division des choses, et un licencié, Charles de Tréviole, des ser-»* vitudes. Le programme des leçons, dont on trouvera plus loin le^ détail, pourra servir à suivre l'enchaînement des matières de droit civil proposées à l'étude des élèves durant tout le cours de^ cette période. L'enseignement du droit romain était donc devenu quasi officiel. A côté de ces leçons spéciales, on établit en 154d
' 1. I»« Mémorial, ao. 1544. — Décanat de Vedel. Le Boindre, vice^oyeo en Tab- •ence motivée du doyen.
2. 16 août 1546. — Cf. Pasqoikr, Icltre 13, livre XIX. ' 3. Voir plus loin le texle de cette approbation, au chapitre VIT.