‹ La Faculté de droit dans l'ancienne Université de Paris,Chapitre 202 sur 281 · CHAPITRE IV Maîtres célèbres, (l · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV Maîtres célèbres, (l

Le peu que nous avons dit jusqu'ici de la réforme capitale produite par la royale et absolue sécularisation de 1679, de l'introduction du droit romain jusque-là interdit, et du droit français systématiquement laissé dans l'ombre, suffit à faire comprendre que l'ancienne Faculté de décret a cessé, à partir de ce moment, d'exister sous sa forme vénérable'. 1679 inaugure une nouvelle ère d'enseignement lentement préparée depuis les statuts de Henri IV, pendant laquelle l'individualité des professeurs et des doyens a beaucoup plus de peine à se faire jour, que pendant les périodes précédentes. Nous aurons désormais l'enseignement officiel toujours inspiré par les déclarations royales, mais l'existence autonome de la Faculté est terminée. Des hommes remar-

1. Le roi désignait cepeadant le D' Ruelle pour la première place d'agrégé qui viendrait à vaquer.

2. Déclaration du roi concernant la Faculté de droit : Versailles, 26 février 1780.

3. Elle perdit jusqu'à son nom et fut désormais constamment appelée : Faculté des droits.

quables et des administrateurs distingués illustrèrent néanmoins l'école par leurs qualités personnelles, soit à partir de 1659, soit encore depuis 1679, le roi se plut à élever leur situation à la hauteur de celle des magistrats et à les combler d'honneurs*, mais ils ne conservèrent pas l'indépendance un peu mutine de leurs prédécesseurs. Nous allons présenter d'abord quelques-uns des maîtres les plus marquants qui précédèrent la réforme ou qui s'y trouvèrent mêlés , puis nous donnerons la liste complète des doyens qui se succédèrent depuis cette époque jusqu'à la Révolution.

/(^ani>ot^;a< (1609-1688), le collaborateur énergique du doyen Buisine, avait enseigné le droit canon pendant quatre années au Collège de France (1651-1655) quand les (commissaires ^ chargés de pourvoir à la vacance des chaires, jetèrent les yeux sur lui. Ils ne pouvaient assurément mieux faire que de choisir l'ancien protégé de Richelieu, le savant docteur in utroque de Toulouse. Son élection eut lieu le 24 mai 1655', il prit possession le 26 du même mois et 6t son acte d'installation le 18 du mois suivant. Ses cours et ses ouvrages nous montrent sous son vrai jour le juriste consommé, fils et petit-fils d'avocats au Parlement, qui avait étudié sous Michel Yergier et Jean Majorât. Ses connaissances, au reste, ne se bornaient pas au droit, elles embrassaient Thistoire et la Lioguistique, comme le témoigne une lettre du cabinet du roi adressée à la Faculté et lui notifiant que Sa Majesté € voulant employer Doujat son historiographe et secrétaire inter- € prête en langue turque, commandait à la Faculté de le faire « jouir malgré son absence, des droits, émolumens et pensions t universitaires^ >. Il mourut à son poste de régent en 1688.

Pierre HàLley ou Halle (1611-1689) fut élu régent en même temps que Doujat. Professeur de rhétorique à Caen, à l'âge de vingt-quatre ans, il ne tarda pas à devenir recteur de cette académie, et c'est alors qu'il reçut le grade de docteur in lUroque en présence de M. le chancelier Seguier que le roi avait envoyé en Normandie pour apaiser la sédition des Vanupieds, Grâce à ce magistrat qui honora immédiatement le jeune recteur de sa haute

1. « Qui ad publicè docendum electi fuisseat , illos oroaTit bonoribos, nobiliUte do- 1 navit, adscrïpsit numéro Magistralum, ab oncribus publicis fecit immunes ; atque iU, « noQ solum juventuti quam instituere debereot, sed et civibus omnibus , voluit esse « spectabiles » (Discours d'Ed, Martin de 1772, p. 20).

2. Ces commissaires étaienl Mathieu Mole, Talon, Harlay et Bignon.

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